



{"id":4249,"date":"2014-09-17T16:16:24","date_gmt":"2014-09-17T14:16:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4249"},"modified":"2014-09-18T09:27:25","modified_gmt":"2014-09-18T07:27:25","slug":"alimentation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4249","title":{"rendered":"Thurella, l\u2019empire thurgovien du bio"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/jus_1.jpg\" alt=\"jus_1.jpg\" title=\"jus_1.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Une antique maison \u00e0 colombages, en bordure du village thurgovien de T\u00e4gerwilen, abrite les bureaux de l\u2019entreprise Thurella. On devine non loin les champs et le lac de Constance. \u00abNous travaillons avec 26 paysans de la r\u00e9gion, explique Clemens R\u00fcttimann, le directeur de la soci\u00e9t\u00e9 qui poss\u00e8de la marque de jus de fruits et l\u00e9gumes bio Biotta. Notre ancrage est r\u00e9solument local. Toutes les carottes et les betteraves qui se trouvent dans nos produits viennent de T\u00e4gerwilen. Les fruits sont import\u00e9s mais les jus sont tous fabriqu\u00e9s et mis en bouteilles ici.\u00bb<\/p>\n<p>Un coup d\u2019\u0153il au site de production rappelle pourtant que les 12 millions de bouteilles qui sortent chaque ann\u00e9e de la manufacture ne sont pas destin\u00e9es uniquement aux \u00e9piceries du coin. Plus d\u2019un tiers partent pour de lointaines destinations, comme cette palette charg\u00e9e de produits sur laquelle figure l\u2019indication \u00abRussie\u00bb. \u00abNotre jus de betteraves, par exemple, conna\u00eet un grand succ\u00e8s aux Etats-Unis\u00bb, raconte Clemens R\u00fcttimann. Pomme de terre, chou blanc, airelles ou encore cassis, les jus Biotta sont commercialis\u00e9s dans 36 pays, jusqu\u2019en Chine et aux Etats-Unis. Avec un succ\u00e8s croissant: les exportations ont progress\u00e9 de 18% en 2013.<\/p>\n<p>Thurella, qui regroupe Biotta et l\u2019entit\u00e9 allemande de concentr\u00e9s de l\u00e9gumes Gesa, a enregistr\u00e9 l\u2019an dernier un chiffre d\u2019affaires de 45,7 millions de francs. \u00abNotre origine suisse fait notre force, souligne le CEO. Pour les consommateurs, elle constitue un gage de qualit\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9, un aspect d\u2019une grande importance dans le secteur de l\u2019alimentaire. A l\u2019\u00e9tranger, nous cultivons une image d\u2019entreprise \u00e0 taille humaine (la soci\u00e9t\u00e9 compte 67 employ\u00e9s, ndlr). Le produit est cher, certes, mais il existe des niches de consommateurs pr\u00eats \u00e0 payer pour ces sp\u00e9cificit\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Biotta profite de l\u2019engouement des consommateurs pour les produits bio. En 2013, le chiffre d\u2019affaires du bio en Suisse a d\u00e9pass\u00e9 les 2 milliards de francs, en augmentation de 12% sur un an, indique Bio Suisse. Observ\u00e9 au niveau global, le march\u00e9 p\u00e8se 163 milliards de dollars, selon une estimation de l\u2019organisation britannique Organic Monitor.<\/p>\n<p>\u00abLes scandales alimentaires, l\u2019apparition de nouveaux labels, la recherche croissante du bien-\u00eatre, et l\u2019augmentation de l\u2019offre stimulent cette progression, analyse Christine Demen Meier, responsable du d\u00e9partement Entrepreneuriat et innovation \u00e0 l\u2019Ecole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne et titulaire de la chaire Food &amp; Beverage. Le bio pla\u00eet toujours davantage aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de consommateurs, qui ont grandi avec une plus grande conscience des principes de d\u00e9veloppement durable.\u00bb<\/p>\n<p>Dans un march\u00e9 des boissons bio de plus en plus globalis\u00e9 et comp\u00e9titif, la marque cherche aussi \u00e0 atteindre de nouveaux clients, plus jeunes, en d\u00e9poussi\u00e9rant l\u2019image de ses jus de l\u00e9gumes. Elle a rachet\u00e9 \u00e0 la fin 2012 la soci\u00e9t\u00e9 zurichoise de smoothies (des boissons \u00e0 base de fruits mix\u00e9s) Traktor, n\u00e9e en 2003 et aujourd\u2019hui en plein essor. Elle a \u00e9galement lanc\u00e9 en 2014 de nouveaux produits: des smoothies m\u00e9langeant fruits et l\u00e9gumes, dans de petites bouteilles en PET, disponibles au rayon frais. Le tout accompagn\u00e9 d\u2019un design modernis\u00e9, loin de celui de ses traditionnels flacons de verre, et d\u2019une campagne de publicit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>\u00abIl y a trente ans, les mamans achetaient du jus de carottes Biotta \u00e0 la pharmacie. Elles en donnaient \u00e0 leurs enfants un verre par jour car c\u2019\u00e9tait bon pour la sant\u00e9, raconte Clemens R\u00fcttimann. Aujourd\u2019hui, les consommateurs cherchent ce type de produits sains dans les supermarch\u00e9s et les kiosques des gares.\u00bb<\/p>\n<p>Pour l\u2019ensemble de l\u2019exercice 2013, Thurella a d\u00e9gag\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice net de 3,37 millions de francs en baisse de 13%, un repli notamment d\u00fb au rachat et \u00e0 l\u2019int\u00e9gration de la marque Traktor. Le b\u00e9n\u00e9fice op\u00e9rationnel (EBIT) a lui l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9 \u00e0 4,24 millions de francs. Le chiffre d\u2019affaires de 45,7 millions de francs repr\u00e9sente une progression de 26,5% par rapport \u00e0 l\u2019exercice pr\u00e9c\u00e9dent. Cette forte croissance est due en partie \u00e0 la vente d\u2019une cidrerie que le groupe poss\u00e9dait \u00e0 Egnach (TG) jusqu\u2019\u00e0 fin 2013.<\/p>\n<p>Cette op\u00e9ration vient clore une p\u00e9riode de profonde restructuration pour Thurella. Durant la d\u00e9cennie 2000, la direction du groupe a poursuivi une strat\u00e9gie d\u2019expansion ambitieuse avec des rachats tous azimuts et une entr\u00e9e \u00e0 la Bourse de Berne en 2006. La vision du management d\u2019alors \u00e9tait de transformer Thurella en petit Coca-Cola suisse. Une tactique qui ne paiera pas.<br \/>\nEn 2009, lourdement endett\u00e9, le groupe essuie une perte de pr\u00e8s de 60 millions de francs. En l\u2019espace de deux ans, le cours de l\u2019action d\u00e9gringole de 600 \u00e0 30 francs, plus de la moiti\u00e9 des 250 emplois de la soci\u00e9t\u00e9 sont supprim\u00e9s et la direction se voit sanctionn\u00e9e par les actionnaires. Une nouvelle strat\u00e9gie s\u2019impose. Thurella d\u00e9cide de se concentrer sur la marque Biotta et se s\u00e9pare de ses autres activit\u00e9s, notamment des jus de pommes Obi et Rittergold.<\/p>\n<p>Thurella a \u00e9galement choisi de se retirer de la Bourse de Berne d\u2019ici \u00e0 la fin du mois de juillet pour migrer vers la plateforme OTC de la Banque Cantonale de Berne. \u00abEtre cot\u00e9 en Bourse implique des d\u00e9penses importantes, notamment pour la r\u00e9vision des comptes et la communication des r\u00e9sultats. L\u2019option \u00e9tait int\u00e9ressante lorsque l\u2019entreprise affichait un chiffre d\u2019affaires de 200 millions de francs, mais plus maintenant.\u00bb<\/p>\n<p>Le directeur de Thurella souligne que la phase de restructuration est d\u00e9sormais termin\u00e9e et que la soci\u00e9t\u00e9 a retrouv\u00e9 une \u00abtaille raisonnable qui lui correspond\u00bb. Bj\u00f6rn Zern, sp\u00e9cialiste des valeurs secondaires, responsable du blog schweizeraktien.net et ancien r\u00e9dacteur en chef des magazines \u00abSwiss Equity Magazin\u00bb et \u00abNZZ Equity\u00bb, estime que \u00ables r\u00e9sultats annuels de 2013, avec notamment un EBIT respectable, prouvent que Thurella tient le bon cap\u00bb.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans Swissquote Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019entreprise de Suisse orientale conna\u00eet un succ\u00e8s plan\u00e9taire: elle exporte les jus de fruits et l\u00e9gumes de sa marque phare Biotta dans plus de 30 pays.<\/p>\n","protected":false},"author":19904,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4249","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4249","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19904"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4249"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4249\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4249"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}