



{"id":4239,"date":"2014-09-04T17:28:30","date_gmt":"2014-09-04T15:28:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4239"},"modified":"2014-09-04T17:37:30","modified_gmt":"2014-09-04T15:37:30","slug":"web","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4239","title":{"rendered":"La lecture sur l\u2019internet rend-elle idiot? Pas si s\u00fbr!"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Image_Jour_050914.png\" alt=\"Image_Jour_050914.png\" title=\"Image_Jour_050914.png\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>\u00abPour vraiment lire un texte, je pr\u00e9f\u00e8re l\u2019imprimer. Sur le web, je passe \u00e0 autre chose: je clique sur un lien, puis ex\u00e9cute une recherche sur Google et, finalement, je suis compl\u00e8tement d\u00e9connect\u00e9 de ce que je faisais au d\u00e9part!\u00bb L\u2019exp\u00e9rience de Jo\u00ebl Pinson, doctorant \u00e0 l\u2019Institut des hautes \u00e9tudes en administration publique (IDHEAP) de Lausanne, fait \u00e9cho \u00e0 celle de nombreux utilisateurs de l\u2019internet. Une \u00e9tude de l\u2019Universit\u00e9 Victoria, \u00e0 Wellington, en Nouvelle-Z\u00e9lande, entend ainsi confirmer ce qui n\u2019\u00e9tait jusqu\u2019alors qu\u2019une supposition: le web serait responsable de nos difficult\u00e9s de concentration.<\/p>\n<p>Sur la base de ce constat, l\u2019\u00e9quipe n\u00e9o-z\u00e9landaise a aussi cherch\u00e9 \u00e0 savoir si l\u2019environnement en ligne affectait nos comportements de lecture. Quelque 200 personnes de nationalit\u00e9s diff\u00e9rentes ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9es. Verdict: leur niveau de concentration, de compr\u00e9hension, d\u2019assimilation et de m\u00e9morisation s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 plus faible pour du contenu en ligne que hors ligne.<\/p>\n<p>En Suisse, ces r\u00e9sultats ne convainquent pas les sp\u00e9cialistes de la question. \u00abSi cette \u00e9tude effectue bien une distinction entre lecture on line et off line, aucune diff\u00e9rence n\u2019est faite entre la lecture sur ordinateur, tablette ou liseuse. Or, ce n\u2019est pas la m\u00eame chose\u00bb, souligne Sebastian Dieguez, chercheur au d\u00e9partement de neurologie de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg. Le scientifique met \u00e9galement en doute les m\u00e9thodes d\u2019analyse, qui reposent sur un sondage envoy\u00e9 via Facebook et ne dispose pas d\u2019un \u00e9chantillon repr\u00e9sentatif.<\/p>\n<p><strong>Les atouts de l&rsquo;internet<\/strong><\/p>\n<p>Un avis partag\u00e9 par Olivier Glassey, sociologue \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, sp\u00e9cialiste des modes d\u2019appropriation des technologies de l\u2019information et de la communication (TIC): \u00abC\u2019est d\u00e9licat de demander \u00e0 des personnes de se prononcer elles-m\u00eames sur leurs habitudes de lecture, car elles n\u2019ont pas toujours le recul n\u00e9cessaire.\u00bb Lui-m\u00eame s\u2019en est rendu compte \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une \u00e9tude qu\u2019il a men\u00e9e sur la pratique de lecture chez les adolescents: \u00abNous nous sommes aper\u00e7us que ces derniers avaient parl\u00e9 du temps pass\u00e9 \u00e0 lire des romans, mais qu\u2019ils avaient oubli\u00e9 de mentionner celui occup\u00e9 \u00e0 lire des messages de leurs amis sur les r\u00e9seaux sociaux, parce qu\u2019ils ne consid\u00e9raient pas cela comme de la lecture\u2026\u00bb<\/p>\n<p>Le postulat selon lequel les nouvelles technologies rendent idiot est devenu r\u00e9current dans la litt\u00e9rature anglo-saxonne. D\u2019ailleurs, l\u2019\u00e9tude de l\u2019Universit\u00e9 de Wellington se fonde notamment sur un article, publi\u00e9 en 2008, au titre \u00e9vocateur: \u00abIs Google making us stupid?\u00bb Le journaliste am\u00e9ricain Nicholas Carr, associ\u00e9 \u00e0 des scientifiques, y d\u00e9nonce l\u2019impact n\u00e9gatif de l\u2019internet sur nos cerveaux et surtout sa propension \u00e0 nous priver de nos capacit\u00e9s de concentration. \u00abCes chercheurs estiment que l\u2019espace qu\u2019on accorde \u00e0 la lecture et \u00e0 la r\u00e9flexion est en danger, souligne Olivier Glassey. Leur observation, qui a \u00e9merg\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, a jou\u00e9 un r\u00f4le important \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019internet \u00e9tait encore peu remis en question.\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, opposer lecture web et hors ligne est contre-productif, juge le Lausannois: \u00abS\u2019il est l\u00e9gitime de vouloir pr\u00e9server un espace de lecture monolithique et m\u00e9ditative, il ne faut pas pour autant disqualifier les autres formes de lecture. D\u2019autres capacit\u00e9s cognitives sont d\u00e9velopp\u00e9es sous l\u2019effet de l\u2019internet, qu\u2019il convient aussi de valoriser, comme l\u2019\u00e9cr\u00e9mage ou le choix des informations. Celles-ci sont encore trop souvent consid\u00e9r\u00e9es dans le syst\u00e8me scolaire comme une version d\u00e9grad\u00e9e de la lecture traditionnelle.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Alarmisme infond\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Le neuropsychologue de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg Sebastian Dieguez d\u00e9nonce un courant de pens\u00e9e alarmiste: \u00abCes chercheurs veulent nous faire croire que l\u2019introduction massive des nouvelles technologies ferait \u00e9merger des individus narcissiques, avec des troubles de l\u2019attention. Or, il n\u2019y a aucune \u00e9tude r\u00e9ellement s\u00e9rieuse qui l\u2019a d\u00e9montr\u00e9!\u00bb<\/p>\n<p>Nos supports de lecture ont bel et bien chang\u00e9 depuis l\u2019introduction de l\u2019internet, passant des nervures du papier aux pixels de l\u2019\u00e9cran. Mais de tels bouleversements ont d\u00e9j\u00e0 eu lieu par le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Olivier Glassey \u00e9tablit notamment un parall\u00e8le avec le fait de regarder un film \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et au cin\u00e9ma. \u00abPlus que le m\u00e9dia lui-m\u00eame, c\u2019est le contexte qui joue. Le cin\u00e9ma est un univers pr\u00e9serv\u00e9, avec peu de distractions; alors qu\u2019en regardant la t\u00e9l\u00e9vision, nous sommes pris dans le flux des actions quotidiennes et sommes interrompus, comme pour descendre les poubelles ou zapper une publicit\u00e9.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les usagers du web lisent davantage mais sont plus dissip\u00e9s et retiennent moins bien que les lecteurs d\u00e9connect\u00e9s, selon des chercheurs n\u00e9o-z\u00e9landais. Leur \u00e9tude est contest\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":20165,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-4239","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-technophile","technophile"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4239"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4239\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}