



{"id":4234,"date":"2014-08-28T17:10:30","date_gmt":"2014-08-28T15:10:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4234"},"modified":"2021-11-10T17:02:02","modified_gmt":"2021-11-10T16:02:02","slug":"medecine-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4234","title":{"rendered":"Hommes et femmes in\u00e9gaux face \u00e0 la maladie"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Largeur_28082014.png\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/Largeur_28082014.png\" alt=\"Largeur_28082014.png\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Les hommes et les femmes ne sont pas affect\u00e9s de la m\u00eame mani\u00e8re par les maladies. Certaines sont m\u00eame r\u00e9serv\u00e9es aux femmes. Professeure de m\u00e9decine \u00e0 la Harvard Medical School (USA) et directrice du Centre Connors, qui \u00e9tudie la biologie des genres, Paula Johnson explique pourquoi la m\u00e9decine ne peut pas ignorer ces diff\u00e9rences.<\/p>\n<p><strong>En quoi les hommes et les femmes sont-ils diff\u00e9rents face \u00e0 la maladie? <\/strong><\/p>\n<p>Le sexe est une construction g\u00e9n\u00e9tique: il existe des diff\u00e9rences fondamentales entre les hommes et les femmes au niveau de leurs g\u00e8nes. Lorsque ces divergences sont cumul\u00e9es \u00e0 l\u2019influence de nos hormones, de notre environnement et de notre genre &#8212; soit les r\u00f4les, comportements et attitudes que la soci\u00e9t\u00e9 attribue \u00e0 chaque sexe &#8212;, cela d\u00e9bouche sur une expression diff\u00e9renci\u00e9e de la maladie chez les hommes et les femmes.<\/p>\n<p><strong>Pouvez-vous nous donner un exemple d\u2019une maladie qui affecte diff\u00e9remment les deux sexes?<\/strong><\/p>\n<p>Les femmes diab\u00e9tiques ont beaucoup plus de risques de d\u00e9velopper de l\u2019hypertension que les hommes souffrant de cette affection. De m\u00eame, les maladies cardio-vasculaires provoquent comme sympt\u00f4me une oppression de la poitrine chez les deux sexes, mais les femmes ont bien plus de risques d\u2019\u00e9prouver \u00e9galement de l\u2019essoufflement ou de la g\u00eane dans l\u2019abdomen sup\u00e9rieur. Comme on a moins \u00e9tudi\u00e9 ces maladies chez les femmes, ce dernier sympt\u00f4me est souvent confondu avec un trouble de la v\u00e9sicule biliaire, ce qui peut mener \u00e0 un diagnostic erron\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Au-del\u00e0 de ces diff\u00e9rences g\u00e9n\u00e9tiques, les hommes et les femmes r\u00e9agissent-ils aussi autrement \u00e0 leur environnement? <\/strong><\/p>\n<p>Bien s\u00fbr. Le stress touche, par exemple, beaucoup plus les femmes que les hommes. Il existe un syndrome, appel\u00e9 \u00abc\u0153ur bris\u00e9\u00bb, qui survient lorsque l&rsquo;on vit un \u00e9v\u00e9nement traumatique, comme la perte subite d\u2019un \u00eatre cher ou un changement majeur dans son environnement physique suite \u00e0 un tremblement de terre, et qui provoque un disfonctionnement du muscle cardiaque. Or, la vaste majorit\u00e9 des patients qui contractent ce syndrome sont des femmes d\u2019\u00e2ge moyen. Il n\u2019y a presque pas d\u2019hommes. Les deux sexes ne sont pas non plus \u00e9gaux face \u00e0 l\u2019ob\u00e9sit\u00e9. Les zones du cerveau li\u00e9es au d\u00e9sir de nourriture ne sont pas les m\u00eames chez les hommes et les femmes. Une \u00e9tude vient de d\u00e9montrer que lorsque les femmes se retrouvent dans un contexte violent, leur risque d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 augmente, ce qui n\u2019est pas le cas chez les hommes.<\/p>\n<p><strong>Existe-t-il carr\u00e9ment des maladies r\u00e9serv\u00e9es aux femmes? <\/strong><\/p>\n<p>Oui, la lymphangiol\u00e9iomyomatose (LAM), une maladie rare qui provoque un d\u00e9r\u00e8glement des cellules pulmonaires et finit par d\u00e9truire cet organe, n\u2019affecte que les femmes. Elle n\u2019est souvent diagnostiqu\u00e9e que tr\u00e8s tardivement, lorsqu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 trop tard, car les m\u00e9decins ne pensent pas \u00e0 tester leurs patientes pour voir si elles ont cette affection. De m\u00eame, la plupart des maladies auto-immunes, comme la scl\u00e9rose en plaques, le lupus ou l\u2019arthrite rhumato\u00efde, sont beaucoup plus fr\u00e9quentes chez les femmes. Lorsqu\u2019un homme contracte l\u2019une de ces affections, les cons\u00e9quences sont en revanche bien plus mortelles pour lui.<\/p>\n<p><strong>Face \u00e0 ces divergences, faut-il pr\u00e9voir des m\u00e9thodes de diagnostic diff\u00e9renci\u00e9es entre hommes et femmes?<\/strong><\/p>\n<p>Pour certaines maladies, oui. Lorsque l&rsquo;on applique un cath\u00e9t\u00e9risme cardiaque, le test standard utilis\u00e9 pour d\u00e9tecter une maladie cardio-vasculaire, \u00e0 une femme, le r\u00e9sultat est souvent n\u00e9gatif. Cet examen, qui consiste \u00e0 observer la circulation sanguine et la pression dans le c\u0153ur et les vaisseaux au moyen d\u2019une sonde et d\u2019un produit contrastant, permet de rep\u00e9rer la formation d\u2019un blocage des art\u00e8res lorsqu\u2019il est tr\u00e8s visible, ce qui est en g\u00e9n\u00e9ral le cas chez l\u2019homme. Chez les femmes, en revanche, il ne parvient pas \u00e0 d\u00e9tecter la plaque qui est r\u00e9partie de fa\u00e7on plus uniforme et diffuse le long des vaisseaux sanguins. Il arrive donc fr\u00e9quemment qu\u2019on renvoie une femme chez elle en lui disant qu\u2019elle est en bonne sant\u00e9, alors qu\u2019elle souffre d\u2019une maladie cardio-vasculaire.<\/p>\n<p><strong>Que faire alors? <\/strong><\/p>\n<p>Nous disposons d\u2019outils de diagnostic mieux adapt\u00e9s aux particularismes des maladies cardio-vasculaires chez les femmes: une \u00e9chographie intravasculaire ou une FFR (fractional flow reserve), qui permet de mesurer le flux dans les art\u00e8res, seraient plus \u00e0 m\u00eame de rep\u00e9rer une pr\u00e9sence discr\u00e8te de plaque dans les vaisseaux sanguins. Mais, encore une fois, les m\u00e9decins doivent songer \u00e0 utiliser ces m\u00e9thodes. Ils doivent se souvenir qu\u2019il existe des diff\u00e9rences entre les sexes.<\/p>\n<p><strong>Et lorsqu\u2019un m\u00e9decin soigne un patient, doit-il penser \u00e0 lui prescrire un traitement diff\u00e9rent en fonction de son sexe? <\/strong><\/p>\n<p>Cela vaut la peine d\u2019y songer. Souvenez-vous de cette \u00e9tude parue au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 qui pr\u00e9conisait la prise d\u2019une aspirine par jour pour pr\u00e9venir les crises cardiaques. Eh bien, elle \u00e9tait fond\u00e9e sur une cohorte de patients exclusivement m\u00e2les. Lorsqu\u2019on a finalement test\u00e9 cette hypoth\u00e8se chez les femmes, il y a un peu plus de huit ans, on s\u2019est rendu compte que l\u2019aspirine ne faisait de l\u2019effet qu\u2019aux patientes de plus de 55 ans et permettait de pr\u00e9venir les attaques c\u00e9r\u00e9brales, pas les crises cardiaques.<\/p>\n<p>Autre exemple: il y a quelques ann\u00e9es, on s\u2019est mis \u00e0 tester une th\u00e9rapie contre le cancer du poumon qui s\u2019en prenait aux mutations g\u00e9n\u00e9tiques pr\u00e9sentes \u00e0 la surface des cellules canc\u00e9reuses. Initialement, les r\u00e9sultats ne semblaient pas tr\u00e8s prometteurs. Mais en y regardant de plus pr\u00e8s, on s\u2019est rendu compte que ce traitement fonctionnait tr\u00e8s bien aupr\u00e8s d\u2019une majorit\u00e9 de femmes (82%). En fait, on a constat\u00e9 que les mutations g\u00e9n\u00e9tiques qu\u2019il ciblait n\u2019existent pratiquement que chez les femmes. Il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9couverte cruciale, qui favorise l\u2019\u00e9laboration de traitements personnalis\u00e9s en fonction du sexe.<\/p>\n<p><strong>Comment faire pour que ce genre de succ\u00e8s ne reste pas un cas isol\u00e9? <\/strong><\/p>\n<p>On doit am\u00e9liorer la compr\u00e9hension des diff\u00e9rences entre hommes et femmes. Vous savez, il a fallu attendre l\u2019adoption d\u2019une loi en 1993 pour que les femmes soient m\u00eame incluses dans les \u00e9tudes cliniques aux Etats-Unis. Les premi\u00e8res informations dont nous disposons sur leurs r\u00e9actions face \u00e0 la maladie ne datent que d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Souvent, on sait que les femmes vivent la maladie diff\u00e9remment, comme dans le cas des affections cardio-vasculaires, mais on ne sait pas pourquoi. Il faut s\u2019assurer que les femmes soient syst\u00e9matiquement incluses dans les essais cliniques &#8212; tout comme les animaux de sexe f\u00e9minin dans la phase pr\u00e9-clinique &#8212; et que les r\u00e9sultats soient rapport\u00e9s en tenant compte du sexe, ce qui n\u2019est pas toujours le cas. Aujourd\u2019hui encore, seuls 33% des participants aux \u00e9tudes sur les maladies cardio-vasculaires sont des femmes. De m\u00eame, en neuroscience, 66% des \u00e9tudes pr\u00e9cliniques sont r\u00e9alis\u00e9es uniquement sur des animaux m\u00e2les ou dont le sexe n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Comment expliquer ces d\u00e9ficiences? <\/strong><\/p>\n<p>Suite \u00e0 certains scandales atroces, comme celui de la Thalidomide (un m\u00e9dicament utilis\u00e9 dans les ann\u00e9es 1950 et 1960 comme anti-naus\u00e9eux chez les femmes enceintes qui provoquait de graves malformations cong\u00e9nitales, ndlr), on a longtemps voulu \u00e9viter \u00e0 tout prix d\u2019inclure dans des essais cliniques des personnes qui pourraient \u00eatre enceintes. Mais ce n\u2019est pas l\u2019unique raison: nous vivons dans un monde fond\u00e9 sur un mod\u00e8le masculin. Une plus grande diversit\u00e9 de profils, et surtout davantage de femmes, au sein de la profession m\u00e9dicale et parmi les chercheurs aurait s\u00fbrement pour effet de changer la donne.<\/p>\n<p><strong>Ces in\u00e9galit\u00e9s se retrouvent-elles sur le plan financier? <\/strong><\/p>\n<p>Oui. La recherche sur les maladies f\u00e9minines ou qui touchent davantage les femmes est souvent sous-financ\u00e9e. Le cancer du poumon re\u00e7oit tr\u00e8s peu d\u2019argent. Or, il tue davantage de femmes aux Etats-Unis que les cancers des ovaires, de l\u2019ut\u00e9rus ou du sein cumul\u00e9s. Les femmes non fumeuses ont aussi trois fois plus de risques de le contracter que les hommes non-fumeurs.<\/p>\n<p><strong>Concr\u00e8tement, comment faire pour changer les choses? <\/strong><\/p>\n<p>Les journaux scientifiques pourraient adopter comme pr\u00e9-requis l\u2019obligation pour les chercheurs de syst\u00e9matiquement rapporter leurs r\u00e9sultats par sexe. On pourrait aussi imaginer la cr\u00e9ation d\u2019un label qui permette de voir en un coup d\u2019\u0153il si un m\u00e9dicament ou un appareil m\u00e9dical a pris en compte la dimension du sexe lors de son \u00e9laboration et a \u00e9t\u00e9 test\u00e9 \u00e0 la fois sur les hommes et les femmes. Enfin, on doit absolument inclure ce qu\u2019on sait d\u00e9j\u00e0 dans la formation des m\u00e9decins. Cela permettra de briser le cycle.<\/p>\n<p><strong>Les patientes peuvent-elles faire quelque chose? <\/strong><\/p>\n<p>Elles doivent syst\u00e9matiquement poser des questions autour du sexe \u00e0 leur m\u00e9decin. Lorsqu\u2019il leur prescrit un traitement, elles doivent lui demander: \u00abVa-t-il m\u2019affecter diff\u00e9remment parce que je suis une femme?\u00bb; \u00abA-t-il \u00e9t\u00e9 test\u00e9 sur les femmes?\u00bb Cela obligera les praticiens \u00e0 se pencher sur la question et \u00e0 partir en qu\u00eate de r\u00e9ponses. Cela peut faire bouger les choses dans la bonne direction.<\/p>\n<p><strong>Ce manque de prise en consid\u00e9ration est-il limit\u00e9 aux femmes?<\/strong><\/p>\n<p>Non, on observe \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne avec les minorit\u00e9s raciales, qui sont \u00e9galement affect\u00e9es de fa\u00e7on diff\u00e9renci\u00e9e par la maladie et souvent exclues des essais cliniques. On sait, par exemple, que les fumeurs afro-am\u00e9ricains d\u00e9veloppent un cancer du poumon plus rapidement que les blancs, mais on ne sait pas pourquoi. Il y a aussi un effet cumulatif: les femmes afro-am\u00e9ricaines sont le groupe de la population qui a le plus de risques de d\u00e9velopper une maladie cardio-vasculaire et d\u2019en mourir jeunes.<\/p>\n<p><strong>Au final, cela ne nous m\u00e8ne-t-il pas vers une m\u00e9decine toujours plus personnalis\u00e9e? <\/strong><\/p>\n<p>Tout \u00e0 fait. Plus on int\u00e8gre ces divers param\u00e8tres &#8212; le sexe, l\u2019ethnicit\u00e9 &#8212; dans la recherche m\u00e9dicale, et plus on peut d\u00e9velopper des solutions de diagnostic, des th\u00e9rapies et des m\u00e9thodes de pr\u00e9vention adapt\u00e9es aux sp\u00e9cificit\u00e9s de chacun. Cela ne profite d\u2019ailleurs pas qu\u2019aux femmes ou aux minorit\u00e9s. Les hommes aussi b\u00e9n\u00e9ficieraient d\u2019une prise en charge m\u00e9dicale davantage fond\u00e9e sur leurs particularismes biologiques.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Biographie<\/strong><\/p>\n<p>Pionni\u00e8re de la m\u00e9decine centr\u00e9e sur les femmes, notamment dans le domaine des maladies cardio-vasculaires, Paula Johnson a plusieurs cordes \u00e0 son arc. Elle enseigne la m\u00e9decine \u00e0 Harvard, dirige le Centre Connors, consacr\u00e9 \u00e0 la biologie de genre, et se trouve \u00e0 la t\u00eate de la division charg\u00e9e de la sant\u00e9 f\u00e9minine au Brigham and Women\u2019s Hospital, \u00e0 Boston. Cette chercheuse de 54 ans a auparavant travaill\u00e9 durant pr\u00e8s de vingt-cinq ans dans divers d\u00e9partements de cet \u00e9tablissement, comme le service des transplantations cardiaques ou du contr\u00f4le de la qualit\u00e9.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine IN VIVO (no 3).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les femmes ne sont pas suffisamment repr\u00e9sent\u00e9es dans les essais cliniques. Explications de Paula Johnson, professeure de m\u00e9decine \u00e0 la Harvard Medical School.<\/p>\n","protected":false},"author":19062,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4234","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4234","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19062"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4234"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4234\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12301,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4234\/revisions\/12301"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4234"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4234"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4234"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}