



{"id":4232,"date":"2014-08-26T16:36:21","date_gmt":"2014-08-26T14:36:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4232"},"modified":"2014-08-26T16:43:19","modified_gmt":"2014-08-26T14:43:19","slug":"science","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4232","title":{"rendered":"En qu\u00eate de l\u2019immortalit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/201408\/immortel.jpg\" alt=\"immortel.jpg\" title=\"immortel.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>La science de l\u2019immortalit\u00e9 a de tout temps fait r\u00eaver les chercheurs. En 1914 d\u00e9j\u00e0, le chirurgien fran\u00e7ais Serge Voronoff esp\u00e9rait prolonger la vie des humains en leur implantant des testicules de singe. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la recherche d\u2019une m\u00e9thode pour stopper &#8212; ou du moins ralentir &#8212; le vieillissement a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un regain de jeunesse. En 2013, Google a fond\u00e9 une start-up, Calico, qui a pour objectif de trouver un rem\u00e8de \u00e0 la vieillesse. Autre exemple, Dmitry Itskov, un multimillionnaire russe, a r\u00e9uni des chercheurs du monde entier pour travailler sur la th\u00e9matique. \u00abLe nombre de projets augmente pour une simple raison: nous nous approchons du but final, explique Aubrey de Grey, un sp\u00e9cialiste de la question. Pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9, nous disposons d\u2019un bagage de connaissances assez large pour savoir comment augmenter l\u2019esp\u00e9rance de vie. Ce n\u2019est plus qu\u2019une question de temps.\u00bb <\/p>\n<p><strong>1. Rajeunir le c\u0153ur des souris<\/strong><\/p>\n<p>Amy Wagers et Richard T. Lee, des chercheurs du Harvard Stem Cell Institute (USA), ont connect\u00e9 chirurgicalement la circulation sanguine d\u2019une souris \u00e2g\u00e9e \u00e0 celle d\u2019un rongeur plus jeune. Apr\u00e8s seulement quatre semaines, les sympt\u00f4mes d\u2019insuffisance cardiaque li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e2ge du rongeur plus \u00e2g\u00e9 avaient disparu. \u00abLes muscles du c\u0153ur d\u2019une souris, comme celui d\u2019un \u00eatre humain d\u2019ailleurs, s\u2019\u00e9paississent avec l\u2019\u00e2ge, ce qui augmente les risques de maladies cardiaques, explique Richard T. Lee. Lors de notre exp\u00e9rience, le c\u0153ur de la souris plus \u00e2g\u00e9e avait clairement retrouv\u00e9 la taille de celui du rongeur plus jeune. On pouvait le constater \u00e0 l\u2019\u0153il nu.\u00bb Les chercheurs ont aussi remarqu\u00e9 que ce rajeunissement \u00e9tait caus\u00e9 par la pr\u00e9sence d\u2019une hormone sanguine, GDF-II. Ils essaient maintenant d\u2019\u00e9tablir quels sont les effets de cette hormone sur d\u2019autres organes. \u00abNous souhaitons lancer des essais cliniques dans quatre ou cinq ans.\u00bb<\/p>\n<p><strong>2. Le paradoxe de la s\u00e9lection naturelle<\/strong><\/p>\n<p>La s\u00e9lection naturelle favorise les organismes qui ont les meilleures aptitudes de survie et de reproduction. Selon cette logique, elle devrait a priori emp\u00eacher la transmission de g\u00e8nes qui d\u00e9clenchent le processus de vieillissement. Ce qui n\u2019est pas le cas. Le chercheur britannique John Pannell, professeur au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution de l\u2019UNIL, a voulu comprendre pourquoi. Pour cela, il a \u00e9tudi\u00e9 la long\u00e9vit\u00e9 d\u2019une plante, la \u00abSilene latifolia\u00bb. \u00abC\u2019est un paradoxe. Le vieillissement et la d\u00e9t\u00e9rioration de l\u2019organisme emp\u00eachent la survie et la reproduction\u00bb, dit-il. Son \u00e9quipe a men\u00e9 une \u00e9tude exp\u00e9rimentale de g\u00e9n\u00e9tique quantitative. \u00abNous avons d\u00e9couvert que les organismes ne d\u00e9veloppent pas de mutations g\u00e9n\u00e9tiques au d\u00e9but de leur vie, car ils ont plus de chances de se reproduire, explique le scientifique. Par contre, d\u00e8s qu\u2019ils commencent \u00e0 prendre de l\u2019\u00e2ge, ces organismes ont moins de chances de se reproduire. Ils d\u00e9veloppent alors des signes de s\u00e9nescence.\u00bb Les g\u00e8nes qui causent le vieillissement sont ensuite transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration pour une raison importante: \u00abOn aurait pu attendre que la s\u00e9lection naturelle supprime ces g\u00e8nes, mais ils offrent une s\u00e9rie d\u2019avantages, notamment reproductifs, dont il est difficile de se passer.\u00bb Un constat qui permet de mieux comprendre le fonctionnement du vieillissement, et d\u2019augmenter les chances de trouver un traitement.<\/p>\n<p><strong>3. Les sept causes du vieillissement<\/strong><\/p>\n<p>Le Britannique Aubrey de Grey est un symbole de la lutte contre le vieillissement. Avec sa barbe, son teint p\u00e2le et sa longue silhouette, l\u2019ancien informaticien form\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Cambridge et autodidacte en biog\u00e9rontologie, a un air shakespearien. Il a identifi\u00e9 sept causes au processus du vieillissement, comme le non-remplacement des cellules qui meurent, la r\u00e9tention des cellules qui devraient mourir, les mutations dans le g\u00e9nome nucl\u00e9aire et mitochondrial et l\u2019accumulation des d\u00e9chets \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des cellules. Il a lanc\u00e9 SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence), une fondation bas\u00e9e aux Etats-Unis, qui travaille sur ces sept points. \u00abNous finan\u00e7ons des projets de m\u00e9decine r\u00e9g\u00e9n\u00e9rative et nous en conduisons un certain nombre, explique Aubrey de Grey. Notre but est de pr\u00e9venir les maladies li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e2ge.\u00bb L\u2019homme est convaincu que le premier homme qui va vivre jusqu\u2019\u00e0 1000 ans est d\u00e9j\u00e0 en vie: \u00abJ\u2019estime qu\u2019il y a 30 \u00e0 40% de chances que les gens de mon \u00e2ge, dans la quarantaine, soient assez jeunes pour profiter de ces th\u00e9rapies.\u00bb  <\/p>\n<p><strong>4. La reproduction, cl\u00e9 de la long\u00e9vit\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>Les recherches de Hugo Aguilaniu, de l\u2019Ecole normale sup\u00e9rieure de Lyon, sont parties d\u2019un constat: au moment de la reproduction, les organismes animaux rajeunissent radicalement. \u00abAu moment de la conception d\u2019un enfant, des cellules \u00e2g\u00e9es de plusieurs dizaines ann\u00e9es &#8212; celles de ses parents &#8212; fusionnent pour cr\u00e9er des cellules d\u2019\u00e2ge z\u00e9ro, explique Hugo Aguilaniu. Je voulais comprendre comment cela fonctionnait.\u00bb Le chercheur fran\u00e7ais a notamment observ\u00e9 un ver n\u00e9matode nomm\u00e9 \u00abCaenorhabditis elegans\u00bb, et d\u00e9couvert que le taux d\u2019oxydation de ses ovocytes diminuait fortement au moment de la reproduction. \u00abUne fois le processus mis en \u00e9vidence, nous serons capables d\u2019identifier les g\u00e8nes et les prot\u00e9ines correspondantes qui pourraient ralentir le vieillissement chez l\u2019\u00eatre humain.\u00bb Le chercheur emploie aussi une autre approche: \u00abNous analysons l\u2019impact de certains g\u00e8nes qui ont le potentiel d\u2019augmenter la long\u00e9vit\u00e9 de l\u2019organisme.\u00bb Il en existerait une cinquantaine, ayant notamment un impact sur la r\u00e9sistance au stress. \u00abLe probl\u00e8me, c\u2019est que si on les active, on risque de mettre en danger les capacit\u00e9s reproductives de l\u2019humain.\u00bb Le chercheur a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pos\u00e9 des brevets sur certains g\u00e8nes, comme le nhr-80. \u00abNous continuons notre travail, mais nous sommes encore \u00e0 plusieurs ann\u00e9es avant de commencer des exp\u00e9rimentations sur un \u00eatre humain.\u00bb<\/p>\n<p><strong>5. Les promesses de la m\u00e9duse immortelle<\/strong><\/p>\n<p>En 1988, un jeune chercheur allemand, Christian Sommer, d\u00e9couvre la m\u00e9duse \u00abTurritopsis dohrnii\u00bb sur les c\u00f4tes italiennes, lors d\u2019une recherche sur les hydrozoaires. Il remarque alors que les petits \u00eatres transparents ne meurent pas. En 1996, une \u00e9quipe de chercheurs constate que cette m\u00e9duse peut retourner \u00e0 l\u2019\u00e9tat de polype, la plus jeune \u00e9tape de sa vie, \u00e0 n\u2019importe quel moment. L\u2019\u00eatre g\u00e9latineux peut ainsi \u00ab\u00e9chapper \u00e0 la mort\u00bb et devenir immortel. Une transformation comparable \u00e0 celle d\u2019un poulet qui pourrait redevenir un \u0153uf, puis un poussin. Cette d\u00e9couverte a attir\u00e9 l\u2019attention d\u2019un chercheur japonais, Shin Kubota, qui est convaincu que cette m\u00e9duse d\u00e9tient la cl\u00e9 de la long\u00e9vit\u00e9 chez les humains. L\u2019homme a publi\u00e9 plus d\u2019une cinquantaine d\u2019articles scientifiques sur le fonctionnement de ces cr\u00e9atures. Il n\u2019a pas encore perc\u00e9 le secret de leur immortalit\u00e9. <\/p>\n<p><strong>6. Une mol\u00e9cule pour rallonger la vie<\/strong><\/p>\n<p>Rafael de Cabo travaille pour le National Institute on Aging, un institut gouvernemental cr\u00e9\u00e9 par le Congr\u00e8s am\u00e9ricain en 1974 pour \u00e9tudier le prolongement de la vie. Il a notamment d\u00e9couvert que l\u2019activation de la prot\u00e9ine sirtuine 1 retardait le d\u00e9clenchement des maladies caus\u00e9es par la vieillesse. \u00abNous avons utilis\u00e9 une petite mol\u00e9cule nomm\u00e9e SIRT1720 sur des souris, pour augmenter leur taux de sirtuine 1\u00bb, explique le chercheur d\u2019origine espagnole. Il a donn\u00e9 une dose de 100 mg de SRT1720 \u00e0 des souris \u00e2g\u00e9es de six mois jusqu\u2019\u00e0 la fin de leur vie. R\u00e9sultat: l\u2019esp\u00e9rance de vie des souris a augment\u00e9 de 8,8% et leurs fonctions musculaires se sont am\u00e9lior\u00e9es. A l\u2019inverse, leur poids et la proportion de graisse dans leur organisme ont diminu\u00e9. \u00abNotre recherche a montr\u00e9 que nous pouvons d\u00e9velopper des mol\u00e9cules pour diminuer les effets des maladies m\u00e9taboliques et chroniques li\u00e9es au vieillissement.\u00bb Le National Institute of Aging pr\u00e9voit de lancer des tests cliniques d\u2019activateurs de sirtuine 1 courant 2014.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine IN VIVO.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De plus en plus de projets scientifiques cherchent \u00e0 prolonger l\u2019esp\u00e9rance de vie des \u00eatres humains. 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