



{"id":4213,"date":"2014-07-30T17:58:15","date_gmt":"2014-07-30T15:58:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4213"},"modified":"2014-07-30T23:52:25","modified_gmt":"2014-07-30T21:52:25","slug":"creativite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4213","title":{"rendered":"Entreprises: les \u00absuccess stories\u00bb al\u00e9maniques"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/102013\/Image_Jour_300714.png\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Image_Jour_300714.png\" alt=\"Image_Jour_300714.png\" \/><\/p>\n<p>Des tables de bois clair, des grands bols blancs remplis de salades color\u00e9es ou de quinoa\u2026 L&rsquo;antenne londonienne du restaurant v\u00e9g\u00e9tarien Tibits a apport\u00e9 un morceau de Zurich au coeur de la capitale britannique. Le bol\u00e9ro en soie rose de la maison zurichoise Fabric Frontline port\u00e9 par Michelle Obama en 2011 a expos\u00e9 le savoir-faire helv\u00e9tique jusqu&rsquo;\u00e0 la Maison-Blanche. Et les start-up GetYourguide ou Doodle sont devenues les leaders mondiaux de l&rsquo;organisation de vacances et de la prise de rendez-vous en ligne. Ces entreprises ont un point commun: elles sont toutes n\u00e9es outre-Sarine. Comment expliquer leur succ\u00e8s?<\/p>\n<p>Nos voisins germanophones profitent en premier lieu de la taille de leur bassin de population. \u00abLeur march\u00e9 potentiel comprend 70% de la Suisse, alors que les Romands doivent se contenter d&rsquo;une poign\u00e9e de cantons francophones\u00bb, fait remarquer Roland Rupp, le directeur de l&rsquo;Association Suisse des PME. La barri\u00e8re de la langue les coupe aussi des centres d\u00e9cisionnels, concentr\u00e9s outre-Sarine, surtout dans le triangle d&rsquo;or zurichois. Thierry Volery, professeur \u00e0 l&rsquo;institut de recherche sur les PME de l&rsquo;Universit\u00e9 de Saint-Gall, note pour sa part que \u00ables al\u00e9maniques dominent les associations fa\u00eeti\u00e8res, l&rsquo;administration f\u00e9d\u00e9rale, les organes de soutien \u00e0 l&rsquo;entrepreneuriat comme la Commission pour la technologie et l&rsquo;innovation (CTI) et les organisations d&rsquo;aide \u00e0 l&rsquo;exportation comme Swiss global Entreprise\u00bb.<\/p>\n<p>Les PME d&rsquo;outre-Sarine b\u00e9n\u00e9ficient en outre d&rsquo;un bassin d&rsquo;expansion naturel germanophone comprenant pr\u00e8s de 90 millions de consommateurs (80,6 millions en Allemagne et 8,4 millions en Autriche). \u00abLes soci\u00e9t\u00e9s al\u00e9maniques se tournent en premier lieu vers l&rsquo;Allemagne, lorsqu&rsquo;elles veulent s&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, indique le professeur. Or, il s&rsquo;agit du premier partenaire \u00e9conomique de la Suisse, qui est donc naturellement port\u00e9 \u00e0 soigner les relations avec ce pays, et aussi du moteur de croissance de l&rsquo;Europe.\u00bb<\/p>\n<p>Alors que les entrepreneurs al\u00e9maniques profitent des retomb\u00e9es de la locomotive allemande, les Romands privil\u00e9gient en g\u00e9n\u00e9ral la France, un march\u00e9 en berne. Ces deux pays pr\u00e9sentent des diff\u00e9rences structurelles importantes. \u00abUn entrepreneur suisse peut facilement passer la fronti\u00e8re avec l&rsquo;Allemagne et installer une antenne en Bavi\u00e8re ou dans le Bade-Wurtemberg, rel\u00e8ve Tobias Gerfin, CEO de la soci\u00e9t\u00e9 zurichoise d&rsquo;ustensiles de cuisine design Kuhn Rikon. Ce n&rsquo;est pas le cas en France, o\u00f9 il faut imp\u00e9rativement avoir une pr\u00e9sence \u00e0 Paris. Ouvrir un bureau dans le Jura fran\u00e7ais ne servira \u00e0 rien.\u00bb<\/p>\n<p>Les entrepreneurs al\u00e9maniques b\u00e9n\u00e9ficient par ailleurs d&rsquo;un environnement optimal sur le plan de la formation et de la disponibilit\u00e9 de personnel qualifi\u00e9. \u00abNotre proximit\u00e9 avec l&rsquo;Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9ral de Zurich (ETHZ) nous a permis d&rsquo;engager les meilleurs ing\u00e9nieurs de Suisse, estime Michael Brecht, le directeur de Doodle. Tous les membres de notre \u00e9quipe, \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;un seul, proviennent de cette institution.\u00bb<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 1em; line-height: 1.3em\">Globalement, les universit\u00e9s des cantons germanophones ont longtemps \u00e9t\u00e9 davantage ax\u00e9es sur la pratique que celles de Suisse romande, plus acad\u00e9miques. \u00abElles ont pris conscience tr\u00e8s t\u00f4t de l&rsquo;importance de collaborer avec les entreprises, juge Paul Coudret, conseiller \u00e9conomique de la Chambre de commerce et d&rsquo;industrie de Fribourg, un canton \u00e0 cheval sur les deux r\u00e9gions linguistiques. L&rsquo;Universit\u00e9 de Saint-Gall le fait depuis plus de trente ans avec les PME, celle de B\u00e2le avec la pharma et celles de Berne et Lucerne avec le tourisme.\u00bb<\/span><\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 romand, il a fallu attendre l&rsquo;arriv\u00e9e de Patrick Aebischer \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;EPFL \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990 et le d\u00e9veloppement des hautes \u00e9coles sp\u00e9cialis\u00e9es de Suisse occidentale quelques ann\u00e9es plus tard pour voir \u00e9merger un int\u00e9r\u00eat fort pour la recherche appliqu\u00e9e, poursuit l&rsquo;\u00e9conomiste.<\/p>\n<p>L&rsquo;argent, \u00e9ternel nerf de la guerre, favorise aussi les PME et start-up al\u00e9maniques. La plupart des entrepreneurs \u00abfont leur march\u00e9\u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelon national, voire international, pour trouver des sources de financement, mais \u00abil en existe une plus grande densit\u00e9 en Suisse al\u00e9manique, indique Jordi Montserrat, codirecteur de Venture Kick, une plateforme de financement pour les start-up. Certains business angels se sont m\u00eame sp\u00e9cialis\u00e9s dans le soutien \u00e0 une industrie particuli\u00e8re, comme BioBaC, dans la pharma, \u00e0 B\u00e2le.\u00bb Les grandes banques, principale source de cr\u00e9dit pour les PME, ont \u00e9galement le regard tourn\u00e9 vers la Suisse al\u00e9manique.<\/p>\n<p>\u00abCredit Suisse et UBS sont issus d&rsquo;\u00e9tablissements b\u00e2lois et zurichois\u00bb, d\u00e9taille Paul Coudret. Sans tomber dans la caricature, la plupart des experts interrog\u00e9s reconnaissent l&rsquo;existence d&rsquo;un certain esprit entrepreneurial \u00abinn\u00e9\u00bb outre-Sarine. \u00abLa rigueur, la ponctualit\u00e9 et le s\u00e9rieux des al\u00e9maniques sont des \u00e9l\u00e9ments culturels qui expliquent en partie leur succ\u00e8s\u00bb, note Thierry Volery. Ces qualit\u00e9s ne sont pas tomb\u00e9es du ciel. \u00abLa Suisse al\u00e9manique poss\u00e8de une base industrielle solide et diversifi\u00e9e, notamment h\u00e9rit\u00e9e des industries chimiques et textiles du XIXe si\u00e8cle, sur laquelle les entrepreneurs d&rsquo;aujourd&rsquo;hui peuvent s&rsquo;appuyer\u00bb, rel\u00e8ve Paul Coudret.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 romand, il n&rsquo;y avait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pratiquement que l&rsquo;industrie horlog\u00e8re, concentr\u00e9e dans le Jura, \u00e0 La Chaux-de-Fonds et \u00e0 Bienne, deux villes excentr\u00e9es par rapport aux principaux p\u00f4les \u00e9conomiques et financiers romands. R\u00e9sultat, les start-up al\u00e9maniques parviennent plus souvent et plus facilement \u00e0 convertir leurs bonnes id\u00e9es et lev\u00e9es de fonds initiaux en croissance durable que leurs consoeurs romandes.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>PORTRAITS<\/p>\n<p><strong>1. Fabric Frontine: les foulards haute couture<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge, l&rsquo;industrie textile a longtemps domin\u00e9 les exportations helv\u00e9tiques. Chaque vall\u00e9e entre B\u00e2le et Saint-Gall ou entre Schaffhouse, Berne et Glaris avait sa sp\u00e9cialisation: dentelle, soie, rubans ou broderies. Au milieu du XIXe si\u00e8cle, la rive gauche du lac de Zurich est ainsi devenue la plus importante productrice de soie au monde. Une tradition perp\u00e9tu\u00e9e aujourd&rsquo;hui par Fabric Frontline, une maison fond\u00e9e il y a trente ans dans la ville des bords de la Limmat qui vend des foulards et des pi\u00e8ces en soie de haute qualit\u00e9. \u00abNous utilisons les meilleures \u00e9toffes de Chine, d\u00e9taille Riccardo Pfenninger, le directeur de l&rsquo;entreprise, qui emploie une vingtaine de personnes. Elles sont ensuite transform\u00e9es et imprim\u00e9es en Italie, puis roulott\u00e9es \u00e0 la main en appenzell.\u00bb<\/p>\n<p>Le label Swiss made, synonyme de qualit\u00e9 et d&rsquo;une longue histoire avec le textile, est vital pour la soci\u00e9t\u00e9, qui compte parmi sa client\u00e8le des grandes maisons comme Dior, Chanel ou Vivienne Westwood, ainsi que de nombreux clients priv\u00e9s en Allemagne, en Russie, en Asie ou au Moyen-Orient. Son ancrage zurichois lui permet aussi de s&rsquo;appuyer sur une autre tradition helv\u00e9tique: le design. \u00abNos foulards sont imm\u00e9diatement reconnaissables gr\u00e2ce \u00e0 leurs imprim\u00e9s audacieux, tr\u00e8s color\u00e9s et inspir\u00e9s par la nature ou les animaux, souligne Riccardo Pfenninger. Le groupe a sa propre \u00e9quipe de designers. La Suisse a beaucoup de gens tr\u00e8s cr\u00e9atifs et un march\u00e9 du travail lib\u00e9ral qui nous permet de les recruter facilement. La plupart ont acquis un solide bagage \u00e9ducatif ici, puis se sont perfectionn\u00e9s dans une grande \u00e9cole de design \u00e0 Paris, Londres ou Berlin avant de revenir travailler en Suisse.\u00bb<\/p>\n<p><strong>2. Doodle: rendez-vous dans le cloud<\/strong><\/p>\n<p>Chaque mois, 20 millions d&rsquo;internautes se connectent \u00e0 la plateforme suisse Doodle pour organiser un rendez-vous professionnel, une f\u00eate d&rsquo;alumni ou une r\u00e9union de famille. Fond\u00e9e en 2007 par deux ing\u00e9nieurs de l&rsquo;ETHZ, ses d\u00e9buts \u00e9voquent ceux des nombreuses start-up de la Silicon Valley n\u00e9es dans un garage avant de devenir globales. \u00abAu d\u00e9part, la croissance s&rsquo;est faite de mani\u00e8re virale, sans investissements dans le marketing, explique Michael Brecht, son directeur. En 2011, Tamedia a pris des parts dans Doodle, avant d&rsquo;en racheter la majorit\u00e9 aux deux fondateurs en 2014, dans l&rsquo;optique d&rsquo;en faire un groupe international.\u00bb Aujourd&rsquo;hui, le groupe compte 15 employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Le march\u00e9 suisse commence \u00e0 \u00eatre satur\u00e9. \u00abNous visons une croissance centr\u00e9e sur les pays germanophones, francophones et anglophones, note le responsable, qui a rejoint l&rsquo;entreprise au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e pour superviser cette expansion. Le but est d&rsquo;atteindre 200 millions d&rsquo;usagers.\u00bb La plateforme, d\u00e9j\u00e0 disponible dans 16 langues, pr\u00e9sente aussi un potentiel de croissance int\u00e9ressant aupr\u00e8s des hispanophones, lusophones et dans les pays scandinaves. Si la Suisse repr\u00e9sente un terreau id\u00e9al pour lancer un projet comme Doodle, gr\u00e2ce \u00e0 la disponibilit\u00e9 d&rsquo;ing\u00e9nieurs informatiques qualifi\u00e9s, le pays manque de vision lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de penser global. \u00abLa plupart des entreprises se contentent du march\u00e9 suisse, voire allemand, estime Michael Brecht. Mais elles ne pensent pas \u00e0 s&rsquo;\u00e9tendre au-del\u00e0.\u00bb<\/p>\n<p><strong>3. Kuhn Rikon: la casserole de luxe<\/strong><\/p>\n<p>Les casseroles de Kuhn Rikon font pratiquement partie du patrimoine helv\u00e9tique, aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;autres objets au design iconique comme le couteau suisse, la montre Swatch ou la fameuse horloge de gare. Cette entreprise familiale fond\u00e9e en 1926 dans le T\u00f6sstal, une vall\u00e9e zurichoise connue pour son industrie textile, s&rsquo;est d&rsquo;abord fait remarquer dans les ann\u00e9es 1940 avec l&rsquo;invention de l&rsquo;autocuiseur \u00e0 vapeur Duromatic, devenu son produit phare.<\/p>\n<p>Au milieu des ann\u00e9es 1970, elle lance le Durotherm, une casserole \u00e0 double paroi qui permet de cuisiner \u00abplus rapidement, plus sainement et en consommant moins d&rsquo;\u00e9nergie\u00bb, raconte Tobias Gerfin, son directeur. Le tournant qui fera de Kuhn Rikon une marque culte survient au milieu des ann\u00e9es 2000, lorsque la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9cide d&rsquo;engager une \u00e9quipe de designers pour am\u00e9liorer l&rsquo;esth\u00e9tique de sa gamme. \u00abCela nous a permis de renouveler et de rajeunir notre client\u00e8le.\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le groupe, qui compte environ 160 employ\u00e9s, vend pr\u00e8s de 70% de ses casseroles \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, essentiellement aux Etats-Unis, en Espagne, en Grande-Bretagne et en Allemagne. Une partie de la production a toutefois d\u00fb \u00eatre d\u00e9localis\u00e9e en Asie. Tobias Gerfin explique qu&rsquo;il \u00e9tait devenu \u00abtrop on\u00e9reux de tout fabriquer en Suisse, en raison du co\u00fbt des salaires et de la force du franc suisse\u00bb. Ce continent, qui a r\u00e9cemment v\u00e9cu l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une classe moyenne, repr\u00e9sente aussi l&rsquo;un des principaux march\u00e9s d&rsquo;expansion pour l&rsquo;entreprise zurichoise, aux c\u00f4t\u00e9s des grands pays europ\u00e9ens, comme l&rsquo;Allemagne, la France et la Pologne, pr\u00e9cise le CEO.<\/p>\n<p><strong>4. Tibits: le fast-food v\u00e9g\u00e9tarien<\/strong><\/p>\n<p>La plupart des clients de Tibits le disent: il leur a fallu manger dans cet \u00e9tablissement \u00e0 plusieurs reprises avant de remarquer qu&rsquo;il ne servait pas de viande, tant son offre s&rsquo;\u00e9loigne des canons habituels de la nourriture v\u00e9g\u00e9tarienne. \u00abLorsque nous avons ouvert le premier Tibits, en 2000 \u00e0 Zurich, il n&rsquo;existait qu&rsquo;une poign\u00e9e de restaurants v\u00e9g\u00e9tariens et la plupart \u00e9taient assez dogmatiques, raconte Daniel Frei, l&rsquo;un des trois fr\u00e8res qui a cofond\u00e9 la cha\u00eene. Nous avons voulu cr\u00e9er un lieu ouvert \u00e0 tous, y compris aux carnivores.\u00bb<\/p>\n<p>Chez Tibits, on trouve un grand buffet de plats chauds et froids vendus au poids, dans un cadre design. Si Zurich &#8212; seule ville de Suisse avec la masse critique n\u00e9cessaire pour tester le concept &#8212; s&rsquo;imposait \u00e0 l&rsquo;origine, l&rsquo;enseigne dont la client\u00e8le est \u00e0 pr\u00e8s de 70% f\u00e9minine a depuis ouvert des restaurants \u00e0 Berne, B\u00e2le et Winterthour. En 2008, elle s&rsquo;est aventur\u00e9e \u00e0 Londres. \u00abNous avions parmi nos clients beaucoup d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires qui pendulaient entre Londres et Zurich, relate le cofondateur de Tibits. Ils nous ont encourag\u00e9s \u00e0 cr\u00e9er une antenne l\u00e0-bas.\u00bb<\/p>\n<p>Un second restaurant londonien verra le jour sous peu et une enseigne pop-up desservira la gare de Lucerne jusqu&rsquo;en d\u00e9cembre, avant de se transformer en adresse permanente \u00e0 l&rsquo;automne 2015. La cha\u00eene emploie d\u00e9sormais 320 personnes. \u00abNous examinons aussi la possibilit\u00e9 de nous installer en Allemagne, voire aux Etats-Unis\u00bb, glisse Daniel Frei. Face \u00e0 cet expansionnisme, la Suisse romande fait figure de grande absente. \u00abNous avons cherch\u00e9 un lieu \u00e0 Gen\u00e8ve et \u00e0 Lausanne, mais sans succ\u00e8s\u00bb, dit Daniel Frei. Les Romands ont une culture de la table bien \u00e0 eux, h\u00e9rit\u00e9e de la France. \u00abIls ont plus de r\u00e9ticences face aux plats v\u00e9g\u00e9tariens. Ils ne sont pas tout \u00e0 fait pr\u00eats pour notre concept.\u00bb<\/p>\n<p><strong>5. GetYourGuide: le eBay du voyage<\/strong><\/p>\n<p>Vous allez \u00e0 New York au mois d&rsquo;ao\u00fbt? GetYourGuide vous propose de louer un v\u00e9lo dans Central Park, de survoler la ville en h\u00e9licopt\u00e8re ou d&rsquo;acheter un billet Coupefile pour l&rsquo;Empire State Building. Vous pr\u00e9f\u00e9rez Barcelone? Le site d&rsquo;organisation de voyages sugg\u00e8re de visiter le stade et le mus\u00e9e du FC Barcelone, d&rsquo;explorer la cit\u00e9 catalane en Segway ou d&rsquo;effectuer un parcours gastronomique en bus. Lanc\u00e9e en 2008, cette agence de voyages virtuelle, qui fait l&rsquo;interm\u00e9diaire entre les prestataires de services touristiques et le grand public, permet de r\u00e9server des excursions ou d&rsquo;acqu\u00e9rir des billets en ligne pour pr\u00e8s de 25&rsquo;000 produits dans plus de 2000 destinations.<\/p>\n<p>\u00abNous nous sommes inspir\u00e9s du mod\u00e8le peer-to-peer, raconte son CEO Johannes Reck. Nous avons voulu cr\u00e9er une sorte de eBay pour les touristes.\u00bb La start-up n&rsquo;a pas eu de peine \u00e0 convaincre les prestataires de voyage de s&rsquo;associer \u00e0 elle. \u00abLa plupart \u00e9taient tr\u00e8s mal repr\u00e9sent\u00e9s sur Internet et avaient besoin d&rsquo;une plateforme int\u00e9gr\u00e9e pour vendre leurs services.\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;entreprise, qui compte plus de deux millions d&rsquo;usagers par mois et domine le march\u00e9 europ\u00e9en de l&rsquo;organisation de voyages en ligne, a d\u00e9marr\u00e9 \u00e0 Zurich, mais son si\u00e8ge principal se trouve d\u00e9sormais \u00e0 Berlin. \u00abLa Suisse est un pays cher, d\u00e9taille Johannes Reck. On y trouve de tr\u00e8s bons ing\u00e9nieurs et de bonnes possibilit\u00e9s de financement initial, mais il est difficile pour une entreprise comme la n\u00f4tre d&rsquo;y cro\u00eetre et de rester comp\u00e9titive sur le front des salaires, surtout face \u00e0 des firmes comme Google (qui a un centre europ\u00e9en \u00e0 Zurich, ndlr).\u00bb La start-up emploie d\u00e9sormais une centaine de personnes. Outre Berlin, elle a \u00e9galement un bureau \u00e0 Las Vegas.<\/p>\n<p><strong>6. Wilmaa: la t\u00e9l\u00e9vision en ligne<\/strong><\/p>\n<p>Le bon vieux t\u00e9l\u00e9viseur est en passe de perdre son monopole face \u00e0 la TV en ligne, qui se regarde sans contrainte horaire ou g\u00e9ographique depuis la multitude d&rsquo;\u00e9crans que l&rsquo;on a d\u00e9sormais en permanence sur soi (laptops, smartphones, tablettes). Flairant l&rsquo;opportunit\u00e9, Thomas Gabathuler a lanc\u00e9 Wilmaa en 2008, une plateforme de t\u00e9l\u00e9vision en ligne disponible pour l&rsquo;heure uniquement en Suisse. \u00abNous avons cr\u00e9\u00e9 la premi\u00e8re web-TV au monde, qui se regarde par le biais d&rsquo;un navigateur internet, sans qu&rsquo;il faille t\u00e9l\u00e9charger de programme\u00bb, note Michael Loss, le porte-parole de la firme.<\/p>\n<p>Wilmaa rassemble plus de 250&rsquo;000 usagers par mois, des deux c\u00f4t\u00e9s de la Sarine, et propose quelque 70 cha\u00eenes en visionnage gratuit. En avril, la jeune pousse zurichoise, qui compte aujourd&rsquo;hui une vingtaine d&#8217;employ\u00e9s, a compl\u00e9t\u00e9 son offre avec le lancement d&rsquo;une Wilmaa Box, qui permet de regarder la TV sur son poste de t\u00e9l\u00e9vision, mais en passant par internet. Si la plateforme de web-TV s&rsquo;adresse \u00e0 un public jeune (14-40 ans), la Wilmaa Boy a pour but de capter aussi les usagers plus \u00e2g\u00e9s (25-70 ans).<\/p>\n<p>Wilmaa a profit\u00e9 de sa position quasi monopolistique en Suisse pour cro\u00eetre, \u00e0 l&rsquo;abri de la concurrence. Seuls Teleboy et Zattoo proposent une offre similaire. Mais d&rsquo;ici \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e, elle devra faire face \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e en Suisse du g\u00e9ant de la TV \u00e0 la demande Netflix. Michael Loss ne pense pas que Wilmaa en souffrira. \u00abNous combinons la possibilit\u00e9 de regarder la t\u00e9l\u00e9vision de fa\u00e7on non lin\u00e9aire, en revenant sur les \u00e9missions manqu\u00e9es durant sept jours, et l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 un contenu diversifi\u00e9 fait \u00e0 la fois d&rsquo;\u00e9missions, de s\u00e9ries et de films, y compris suisses.\u00bb Ni les cha\u00eenes classiques ni Netflix ne peuvent en dire autant.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l&rsquo;image de Doodle, plusieurs jeunes soci\u00e9t\u00e9s ont r\u00e9ussi \u00e0 se d\u00e9velopper rapidement en Suisse al\u00e9manique. Portraits et recettes gagnantes.<\/p>\n","protected":false},"author":19062,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4213","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4213","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19062"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4213"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4213\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}