



{"id":4164,"date":"2014-05-14T09:36:05","date_gmt":"2014-05-14T07:36:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4164"},"modified":"2014-05-15T09:27:26","modified_gmt":"2014-05-15T07:27:26","slug":"innovation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4164","title":{"rendered":"Medtech et biotech: les entreprises romandes en pointe"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/102013\/largeur_credit_Lucia_Whittaker.jpg\" alt=\"largeur_credit_Lucia_Whittaker.jpg\" title=\"largeur_credit_Lucia_Whittaker.jpg\" border=\"0\" height=\"310\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Le futur de la m\u00e9decine se joue aussi dans la campagne fribourgeoise. En bordure du village de Villaz-Saint-Pierre, dans un b\u00e2timent ultramoderne au milieu des champs, RegenHU d\u00e9veloppe des imprimantes 3D pour le domaine m\u00e9dical. Elle participe au r\u00eave de chercheurs du monde entier: utiliser l&rsquo;impression 3D pour fabriquer des organes vivants implantables sur des patients. Pour la PME de 11 employ\u00e9s, le potentiel commercial est \u00e0 la hauteur de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9diatique: elle a d\u00e9j\u00e0 s\u00e9duit des clients de tous les continents et vendu une quarantaine de ses machines.<\/p>\n<p>RegenHU fait partie des quelque 750 soci\u00e9t\u00e9s qui ont transform\u00e9 la Suisse romande en p\u00f4le de l&rsquo;innovation m\u00e9dicale. Elles b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un environnement hors du commun, une concentration d&rsquo;acteurs qui a valu \u00e0 la r\u00e9gion le surnom de \u00abHealth Valley\u00bb. On y trouve plus de 500 laboratoires priv\u00e9s et publics, 5000 chercheurs, des parcs scientifiques, des incubateurs, deux h\u00f4pitaux universitaires et des hautes \u00e9coles. \u00abSelon nos estimations, le secteur repr\u00e9sente environ 25 000 emplois\u00bb, pr\u00e9cise Beno\u00eet Dubuis, pr\u00e9sident de Bioalps, la plateforme des sciences de la vie de Suisse occidentale, et directeur du Campus Biotech de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>De la start-up \u00e0 la multinationale \u00e9tablie depuis des d\u00e9cennies, les entreprises se r\u00e9partissent en deux cat\u00e9gories. Une partie oeuvre dans le domaine des technologies m\u00e9dicales, un secteur qui produit dispositifs m\u00e9dicaux, instruments de laboratoire, proth\u00e8ses ou implants. L&rsquo;autre se consacre aux biotechnologies.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 la r\u00e9gion b\u00e2loise, essentiellement centr\u00e9e sur l&rsquo;industrie chimique et pharmaceutique, la Suisse romande se d\u00e9marque par sa diversit\u00e9. \u00abElle poss\u00e8de une longue histoire dans la m\u00e9decine et la biologie &#8212; il suffit d&rsquo;observer le nombre de rues de Gen\u00e8ve qui portent le nom d&rsquo;illustres scientifiques &#8212; et aussi dans la microtechnique, souligne Beno\u00eet Dubuis. La ma\u00eetrise du petit et du complexe, h\u00e9rit\u00e9e de la tradition horlog\u00e8re, s&rsquo;est mu\u00e9e en comp\u00e9tence cl\u00e9 pour le domaine des technologies m\u00e9dicales.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un savoir-faire de pointe<\/strong><\/p>\n<p>\u00abAujourd&rsquo;hui, la Suisse romande profite pleinement d&rsquo;un savoir-faire de pointe dans des domaines allant de la biologie aux syst\u00e8mes d&rsquo;information, en passant par la m\u00e9decine, la chimie et les micro et nanotechnologies. Le dynamisme de la r\u00e9gion s&rsquo;appuie sur les synergies entre ces diff\u00e9rentes disciplines, qui permettent l&rsquo;\u00e9mergence de nouvelles solutions pour les patients. L&rsquo;exemple du stent (une proth\u00e8se servant \u00e0 maintenir les vaisseaux ouverts, ndlr) illustre bien cette convergence: il s&rsquo;agissait lors de ses premi\u00e8res utilisations dans les ann\u00e9es 1980 d&rsquo;un simple dispositif m\u00e9tallique. Aujourd&rsquo;hui, on greffe sur sa surface des mol\u00e9cules pour le rendre plus efficace.\u00bb<\/p>\n<p>La \u00abHealth Valley\u00bb attire entreprises et investissements. Le groupe biotechnologique belge UCB Farchim a consacr\u00e9 plus de 300 millions de francs \u00e0 la construction d&rsquo;une nouvelle unit\u00e9 de production \u00e0 Bulle, dans le canton de Fribourg. L&rsquo;immense b\u00e2timent de 24 000 m2, soit plus de trois terrains de football, devrait \u00eatre inaugur\u00e9 courant 2014. A une \u00e9chelle plus modeste, global imaging, une PME parisienne de 80 collaborateurs, sp\u00e9cialis\u00e9e dans les syst\u00e8mes informatiques d\u00e9di\u00e9s \u00e0 l&rsquo;imagerie m\u00e9dicale, a ouvert une filiale \u00e0 Lausanne fin 2012.<\/p>\n<p>\u00abEtre pr\u00e9sent en Suisse fait office de carte de visite, indique Patrick Pirazzoli, directeur de global imaging. Cela renvoie une image positive de la soci\u00e9t\u00e9. On connaissait depuis longtemps les universit\u00e9s et h\u00f4pitaux de la r\u00e9gion. Depuis quelques ann\u00e9es, on pense aussi \u00e0 la Suisse romande comme un p\u00f4le de d\u00e9veloppement scientifique et technologique. La Suisse repr\u00e9sente un march\u00e9 int\u00e9ressant pour nos produits. C&rsquo;est pour la recherche et le d\u00e9veloppement que nous avons choisi de nous y implanter. Nous mettons en place des collaborations avec divers centres d&rsquo;expertise pour faire avancer nos projets, notamment dans le domaine du big data et du data mining.\u00bb Pour pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier du r\u00e9seau local rapidement, global imaging a install\u00e9 ses locaux \u00e0 l&rsquo;Innovation Park de l&rsquo;EPFL.<\/p>\n<p>Le lien entre industries et milieux acad\u00e9miques et hospitaliers constitue l&rsquo;une des sp\u00e9cificit\u00e9s de la r\u00e9gion. Les entreprises misent sur le dialogue bien \u00e9tabli entre public et priv\u00e9. C&rsquo;est notamment le cas de Medtronic, un des leaders mondiaux des technologies m\u00e9dicales, dont le si\u00e8ge europ\u00e9en ainsi que trois unit\u00e9s de production se trouvent en Suisse romande. \u00abNous entretenons des contacts tr\u00e8s riches avec les universit\u00e9s, les \u00e9coles d&rsquo;ing\u00e9nieurs et les m\u00e9decins, commente Eric Gasser, le porte-parole du groupe. Nous travaillons avec ces partenaires sur de nouvelles th\u00e9rapies, pour am\u00e9liorer nos outils de production et pour des \u00e9tudes cliniques. Nous collaborons aussi avec des dizaines de PME de la r\u00e9gion.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Soutiens pour les start-up<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLes chercheurs ne s&rsquo;enferment pas dans leur tour d&rsquo;ivoire, rench\u00e9rit Herv\u00e9 Lebret, responsable d&rsquo;innogrants \u00e0 l&rsquo;EPFL, un programme de bourse pour start-up. L&rsquo;EPFL a toujours \u00e9t\u00e9 proche de l&rsquo;\u00e9conomie et des PME locales.\u00bb au sein de la grande \u00e9cole lausannoise, la relation est m\u00eame entretenue par une unit\u00e9 d&rsquo;une vingtaine de personnes, la vice-pr\u00e9sidence pour l&rsquo;innovation et la valorisation. \u00abElle met de l&rsquo;huile dans les rouages. Les PME peuvent lui exprimer leurs besoins. Elles sont ensuite mises en contact avec le laboratoire adapt\u00e9. Inversement, un chercheur peut trouver de l&rsquo;aide s&rsquo;il voit un potentiel de commercialisation de ses id\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Les structures d&rsquo;aide aux start-up et les moyens financiers \u00e0 disposition repr\u00e9sentent un autre ingr\u00e9dient cl\u00e9 du syst\u00e8me. \u00abCe qui est possible ici ne le serait pas forc\u00e9ment ailleurs, note Herv\u00e9 Lebret, car plusieurs outils ont \u00e9t\u00e9 mis en place: soutiens cantonaux, f\u00e9d\u00e9raux &#8212; comme la Commission pour la technologie et l&rsquo;innovation &#8212; ou provenant des \u00e9coles, fondations, prix et business angels. De nombreux investisseurs se sont par ailleurs sp\u00e9cialis\u00e9s dans les sciences de la vie, comme le fonds Vinci Capital.\u00bb<\/p>\n<p>Herv\u00e9 Lebret note toutefois qu&rsquo;obtenir du financement reste \u00abplut\u00f4t difficile\u00bb en Suisse, en comparaison avec les Etats-Unis par exemple. \u00abLe niveau d&rsquo;investissement est demeur\u00e9 bas ces derni\u00e8res ann\u00e9es, observe Francesco de Rubertis, associ\u00e9 dans le secteur des sciences de la vie pour la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;investissement index Ventures. Mais les indicateurs sont d\u00e9sormais au vert. On devrait assister \u00e0 un afflux de nouveaux capitaux qui profitera aux PME d&rsquo;une certaine taille et, par ricochet, aux jeunes pousses qui se lancent sur le march\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Concurrence intensifi\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cette conjonction d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments favorables, la \u00abHealth Valley\u00bb n&rsquo;est pas \u00e0 l&rsquo;abri de coups durs. Tout le monde a encore en m\u00e9moire la fermeture du site genevois de l&rsquo;entreprise pharmaceutique allemande Merck Serono en 2012, et la disparition de 1250 emplois. La soci\u00e9t\u00e9 annon\u00e7ait alors le transfert d&rsquo;une partie des postes de recherche genevois vers Boston et P\u00e9kin pour \u00abtirer parti [\u2026] du p\u00f4le d&rsquo;excellence biotechnologique de Boston, et assurer un d\u00e9veloppement clinique de pointe dans les march\u00e9s en croissance\u00bb. Autre d\u00e9fection: le groupe biopharmaceutique irlandais Shire a annonc\u00e9 en novembre 2013 qu&rsquo;il quittera Eysins, dans le canton de Vaud, o\u00f9 il s&rsquo;est install\u00e9 en 2010 et emploie 220 personnes, pour Zoug.<\/p>\n<p>\u00abRetenir les soci\u00e9t\u00e9s \u00e9trang\u00e8res constitue un challenge, rel\u00e8ve Beno\u00eet Dubuis. Il faut \u00e9viter les entreprises \u00abhors sol\u00bb, qui profitent de la r\u00e9gion pour une p\u00e9riode limit\u00e9e avant de repartir.\u00bb D&rsquo;autant plus que la concurrence \u00e9trang\u00e8re ne cesse de s&rsquo;intensifier. \u00abHier, des pays comme l&rsquo;inde, la Chine et le Br\u00e9sil \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des centres de production. Aujourd&rsquo;hui, on r\u00e9alise qu&rsquo;ils ont bien plus \u00e0 offrir et que leur niveau d&rsquo;innovation augmente fortement. La Suisse romande doit imp\u00e9rativement rester attractive et flexible, \u00e9viter d&rsquo;instaurer de nouvelles barri\u00e8res politiques et administratives. Dans cette optique, le vote pour la r\u00e9introduction de quotas de travailleurs \u00e9trangers le 9 f\u00e9vrier dernier repr\u00e9sente un mauvais signal.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Suisse romande compte 750 entreprises actives dans les technologies du vivant. 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