



{"id":4136,"date":"2014-04-01T15:31:31","date_gmt":"2014-04-01T13:31:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4136"},"modified":"2014-04-03T07:57:40","modified_gmt":"2014-04-03T05:57:40","slug":"visibilite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4136","title":{"rendered":"Ces entreprises qui pr\u00e9f\u00e8rent ne jamais communiquer"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/102013\/Image_Jour_020414.png\" alt=\"Image_Jour_020414.png\" title=\"Image_Jour_020414.png\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>\u00abMoins on en dit, mieux on se porte.\u00bb Le ton est sec et le clic qui met fin \u00e0 la conversation t\u00e9l\u00e9phonique sans appel. \u00abPourquoi?\u00bb a-t-on tout juste eu le temps de demander \u00e0 Jacques Loichat, patron du fabricant de bo\u00eetiers de montres Orolux. \u00abJe passe mon temps \u00e0 travailler, pas \u00e0 parlementer avec des journalistes.\u00bb L&rsquo;entreprise de 290 employ\u00e9s bas\u00e9e au Noirmont, dans le canton du Jura, ne communique pas. Et n&rsquo;a pas l&rsquo;intention de s&rsquo;expliquer sur ce choix.<\/p>\n<p>Elle n&rsquo;est pas la seule \u00e0 adopter cette strat\u00e9gie du silence. Bon nombre de soci\u00e9t\u00e9s romandes se montrent tr\u00e8s discr\u00e8tes. L&rsquo;exemple embl\u00e9matique est sans conteste celui de Rolex. Le chiffre d&rsquo;affaires du g\u00e9ant horloger genevois? L&rsquo;\u00e9volution de ses ventes? Le nombre de ses employ\u00e9s? Aucune information sur la marche des affaires ne filtre de la forteresse. Autre grand acteur du tissu \u00e9conomique romand, le leader mondial des encres de s\u00e9curit\u00e9 Sicpa, dont le si\u00e8ge se trouve \u00e0 Prilly, brille \u00e9galement par sa discr\u00e9tion.<\/p>\n<p>La liste ne s&rsquo;arr\u00eate pas l\u00e0: Sonceboz, une entreprise bernoise de moteurs et de syst\u00e8mes d&rsquo;entra\u00eenement, renvoie \u00e0 son site internet lorsqu&rsquo;elle est sollicit\u00e9e. La soci\u00e9t\u00e9 nyonnaise de construction Perrin Fr\u00e8res refuse cat\u00e9goriquement de r\u00e9pondre \u00e0 la presse. On peut encore citer Multicuirs, fabricant d&rsquo;objets en cuirs install\u00e9 \u00e0 Meyrin (GE), ou le producteur jurassien de bo\u00eetes de montre Louis Lang. Ces deux PME de taille importante gardent non seulement les journalistes \u00e0 bonne distance mais ne disposent m\u00eame pas d&rsquo;un site internet. On ne trouve leur trace que dans l&rsquo;annuaire et le registre du commerce. Les raisons de cette r\u00e9serve? Logiquement, les entreprises concern\u00e9es n&rsquo;ont pas souhait\u00e9 les exprimer.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne concerne surtout l&rsquo;industrie et le secteur de la construction, observe Fr\u00e9d\u00e9ric Burnand, charg\u00e9 de communication pour la F\u00e9d\u00e9ration vaudoise des entrepreneurs. \u00abIl s&rsquo;agit de soci\u00e9t\u00e9s qui ne s&rsquo;adressent pas au grand public mais \u00e0 une client\u00e8le de professionnels.\u00bb Victoria Marchand, r\u00e9dactrice en chef de Cominmag, magazine romand sp\u00e9cialis\u00e9 dans le marketing et la communication, le confirme. \u00abEn Suisse, beaucoup de PME dont le produit n&rsquo;est pas directement destin\u00e9 au consommateur, qui disposent d&rsquo;une client\u00e8le \u00e9tablie qu&rsquo;elles ne cherchent pas \u00e0 \u00e9toffer, ne voient pas l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;\u00eatre visibles. Elles connaissent en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s bien leur march\u00e9 et leurs concurrents et parviennent \u00e0 remplir leur carnet de commandes sans s&rsquo;exposer.\u00bb Elles privil\u00e9gient le bouche-\u00e0-oreille et une pr\u00e9sence cibl\u00e9e dans des \u00e9v\u00e9nements professionnels et les foires.<\/p>\n<p>Dans le cas de grandes compagnies comme Rolex, l&rsquo;opacit\u00e9 fait partie d&rsquo;une gestion de l&rsquo;image parfaitement ma\u00eetris\u00e9e. Du c\u00f4t\u00e9 des PME, en revanche, le mutisme provient surtout d&rsquo;une certaine timidit\u00e9 et d&rsquo;une m\u00e9connaissance des codes de communication. \u00abLe service de presse d&rsquo;une PME se r\u00e9sume souvent \u00e0 son directeur, qui n&rsquo;est pas form\u00e9 pour cette t\u00e2che, note Fr\u00e9d\u00e9ric Burnand. Il craint de d\u00e9voiler des \u00e9l\u00e9ments qui seront mal interpr\u00e9t\u00e9s et pr\u00e9f\u00e8re donc se taire.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Culture de la discr\u00e9tion<\/strong><\/p>\n<p>Victoria Marchand constate \u00e9galement que beaucoup de patrons ne savent pas quoi dire sur leur entreprise: \u00abIls m&rsquo;expliquent qu&rsquo;ils n&rsquo;ont rien \u00e0 raconter.\u00bb Sans oublier l&rsquo;aspect financier. \u00abFaire appel \u00e0 des sp\u00e9cialistes \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur ou engager une personne comp\u00e9tente a un co\u00fbt\u00bb, ajoute Jean-Christophe Francet, charg\u00e9 de cours au SAWI, le Centre suisse d&rsquo;enseignement du marketing, \u00e0 Lausanne.<\/p>\n<p>Les PME redoutent de divulguer des informations qui pourraient \u00eatre exploit\u00e9es par la concurrence, analyse Aline Isoz, directrice de l&rsquo;agence de communication lausannoise Blackswan, qui a d\u00e9march\u00e9 de nombreuses entreprises de la r\u00e9gion. La sp\u00e9cialiste met aussi en avant une certaine culture helv\u00e9tique de la discr\u00e9tion: \u00abLorsqu&rsquo;ils doivent parler d&rsquo;eux, les Suisses se montrent plut\u00f4t frileux. L&rsquo;av\u00e8nement de nouveaux canaux de communication complique la donne. Certaines firmes affichent une r\u00e9action de repli face aux nouveaux outils, car elles craignent de perdre le contr\u00f4le de leur image. Un article de presse n\u00e9gatif pourra facilement \u00eatre retrouv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide de Google. La trace d&rsquo;une mauvaise passe sera conserv\u00e9e pendant des ann\u00e9es sur la Toile. Dans ce contexte, elles en disent simplement le moins possible.\u00bb<\/p>\n<p>Aline Isoz observe aussi une m\u00e9fiance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des journalistes et des professionnels des relations publiques. \u00abCommunication constitue presque un gros mot. J&rsquo;ai souvent entendu: Oh non, pas ceux-l\u00e0! A l&rsquo;heure o\u00f9 tout un chacun peut \u00e9crire n&rsquo;importe quoi sur n&rsquo;importe qui, les r\u00f4les et la cr\u00e9dibilit\u00e9 des diff\u00e9rents acteurs se m\u00e9langent dans la t\u00eate des gens.\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;opacit\u00e9 peut repr\u00e9senter une strat\u00e9gie int\u00e9ressante. Rolex soigne son image \u00e0 travers la publicit\u00e9, ses actions de sponsoring et sa fondation, et cultive le myst\u00e8re autour de ses rouages internes. \u00abIl s&rsquo;agit d&rsquo;une marque tr\u00e8s forte, un des leaders du march\u00e9. Quoi qu&rsquo;elle fasse, elle reste une r\u00e9f\u00e9rence dont on parle, explique Victoria Marchand. Elle est ma\u00eetre de la situation et les m\u00e9dias doivent simplement s&rsquo;adapter. Dans ces circonstances, elle a raison de miser sur la retenue.\u00bb<\/p>\n<p>Ne pas s&rsquo;exposer au regard du public est aussi une bonne option pour une entreprise qui ne conna\u00eetrait pas suffisamment bien les r\u00e8gles du jeu. L&rsquo;absence de communication est alors pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 une mauvaise communication. \u00abSi l&rsquo;on prend l&rsquo;exemple des r\u00e9seaux sociaux, il n&rsquo;y a rien de pire qu&rsquo;une page Facebook qui n&rsquo;est pas mod\u00e9r\u00e9e. Dans la m\u00eame veine, mieux vaut se passer de site Web que pr\u00e9senter un site b\u00e2cl\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des cons\u00e9quences risqu\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Les sp\u00e9cialistes avertissent cependant que se retrancher derri\u00e8re son silence peut se retourner contre l&rsquo;entreprise. En cas de crise &#8212; licenciements, gr\u00e8ve&#8230; &#8212; une soci\u00e9t\u00e9 qui ne s&rsquo;est pas confront\u00e9e au regard du public depuis des ann\u00e9es se trouvera d\u00e9munie. \u00abElle part dans une position plus favorable si elle a \u00e9t\u00e9 transparente par le pass\u00e9, tranche Jean-Christophe Francet. L&rsquo;opacit\u00e9 peut \u00eatre mal interpr\u00e9t\u00e9e et engendrer un d\u00e9ficit de cr\u00e9dibilit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Pour Aline Isoz, ne pas communiquer constitue rarement une bonne strat\u00e9gie. \u00abEn prenant la parole, on d\u00e9cide de ce qui se dit. En gardant le silence, les autres ont tout le loisir de critiquer. Une entreprise ne devrait rien dissimuler hormis ses secrets de fabrication. La ligne \u00e0 tenir: ne pas toucher au nerf de la guerre, mais faire conna\u00eetre ses sp\u00e9cificit\u00e9s et son fonctionnement.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLa transparence joue un r\u00f4le dans la comp\u00e9titivit\u00e9, note Jean-Christophe Francet. Elle permet de conserver sa client\u00e8le en se diff\u00e9renciant dans un environnement concurrentiel, de convaincre clients, fournisseurs et actionnaires et de recruter les meilleurs talents. Un employ\u00e9 potentiel commencera probablement par faire une recherche sur l&rsquo;entreprise.\u00bb<\/p>\n<p>Et les mentalit\u00e9s \u00e9voluent. A la F\u00e9d\u00e9ration vaudoise des entrepreneurs, Fr\u00e9d\u00e9ric Burnand constate que les patrons du canton communiquent davantage que par le pass\u00e9. \u00abIl y a dix ans, la plupart des PME de 50 ou 100 employ\u00e9s n&rsquo;avaient aucune structure de communication. Aujourd&rsquo;hui, le directeur prend des cours, fait appel \u00e0 des professionnels, confie la gestion de son site \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Elles ont pris conscience qu&rsquo;il fallait relever ce d\u00e9fi.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certaines PME se montrent tr\u00e8s discr\u00e8tes et refusent de communiquer sur leurs activit\u00e9s. Un choix souvent motiv\u00e9 par la prudence, l&rsquo;incomp\u00e9tence ou la timidit\u00e9, mais qui peut aussi relever d&rsquo;une v\u00e9ritable option strat\u00e9gique.<\/p>\n","protected":false},"author":19904,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4136","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4136","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19904"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4136"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4136\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4136"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4136"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4136"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}