



{"id":4126,"date":"2014-03-19T17:58:51","date_gmt":"2014-03-19T15:58:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4126"},"modified":"2014-03-24T00:12:22","modified_gmt":"2014-03-23T22:12:22","slug":"sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4126","title":{"rendered":"Le toubib ne parlait pas fran\u00e7ais!"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/102013\/medecine_internationale.jpg\" alt=\"medecine_internationale.jpg\" title=\"medecine_internationale.jpg\" height=\"311\" border=\"0\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Un sentiment \u00ab\u00e9trange\u00bb. C\u2019est l\u2019adjectif qui vient \u00e0 l\u2019esprit de Ma\u00eblle pour \u00e9voquer sa m\u00e9saventure m\u00e9dicale. Lorsqu\u2019elle se rend aux urgences \u00e0 Gen\u00e8ve pour une conjonctivite, cette \u00e9tudiante de 25 ans ne s\u2019attend pas \u00e0 tomber sur une jeune soignante qui ne parle pas un mot de fran\u00e7ais. \u00abElle s\u2019exprimait en anglais et semblait venir des pays de l\u2019Est. Il fallait s\u2019accrocher pour tout comprendre!\u00bb <\/p>\n<p>Melinda, une Genevoise de 30 ans, a v\u00e9cu une exp\u00e9rience similaire, aux urgences du bout du lac \u00e9galement: \u00abUne partie de mon visage \u00e9tait paralys\u00e9e et apr\u00e8s une attente de plusieurs heures dans l\u2019angoisse, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e par une assistante russe avec qui j\u2019ai d\u00fb communiquer en langage des signes. La suite de ma prise en charge s\u2019est bien pass\u00e9e, mais comme premier contact, alors qu\u2019on ne sait pas si on va gu\u00e9rir, c\u2019est stressant!\u00bb<\/p>\n<p>Des m\u00e9decins non francophones dans des h\u00f4pitaux romands? \u00abOn observe de telles situations, confirme Jean-Fran\u00e7ois Steiert, vice-pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration suisse des patients. Il y avait d\u2019ailleurs eu un d\u00e9but de discussion au niveau f\u00e9d\u00e9ral afin d\u2019exiger un minimum de comp\u00e9tences linguistiques pour obtenir l\u2019autorisation de pratiquer.\u00bb <\/p>\n<p>Jean Dambron, pr\u00e9sident de l\u2019association genevoise Le Relais, qui soutient les proches de personnes souffrant de troubles psychiques, dresse le m\u00eame constat et enregistre une amplification du ph\u00e9nom\u00e8ne: \u00abParmi les 60 derni\u00e8res familles que j\u2019ai re\u00e7ues, pr\u00e8s de 10% se sont plaintes de ce probl\u00e8me. C\u2019est d\u2019autant plus aigu en psychiatrie, o\u00f9 le lien humain entre le m\u00e9decin, le patient et les proches est capital.\u00bb<\/p>\n<p>La source de cette situation est principalement \u00e0 chercher du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019afflux de praticiens \u00e9trangers en Suisse. Le pays affronte une p\u00e9nurie de personnel soignant et recrute massivement hors des fronti\u00e8res. Le CHUV compte 42% de non-Suisses parmi ses employ\u00e9s et les HUG 52%. Beaucoup de frontaliers, mais aussi des ressortissants du Portugal, d\u2019Espagne, d\u2019Europe de l\u2019Est ou de Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p>Les h\u00f4pitaux romands assurent fixer des crit\u00e8res \u00e9lev\u00e9s concernant la ma\u00eetrise du fran\u00e7ais. Mais ce n\u2019est pas toujours \u00e9vident. \u00abL\u2019\u00e9quation consiste \u00e0 trouver des m\u00e9decins \u00e0 la fois comp\u00e9tents et francophones\u00bb, r\u00e9sume Jean-Fran\u00e7ois Steiert. \u00abLes assistants (ndlr: m\u00e9decins en formation post-gradu\u00e9e)sont les premiers concern\u00e9s, compl\u00e8te le Dr Pierre-Fran\u00e7ois Cu\u00e9noud, vice-pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des m\u00e9decins suisses. La Suisse en manque et ils arrivent parfois de l\u2019\u00e9tranger avec des connaissances lacunaires en fran\u00e7ais. Ils s\u2019am\u00e9liorent vite, mais entre-temps, il faut bien les mettre en contact avec les patients, surtout lorsque les cadres sont d\u00e9bord\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame si l\u2019envergure r\u00e9elle du ph\u00e9nom\u00e8ne est difficile \u00e0 mesurer et que notre enqu\u00eate n\u2019a pas mis au jour d\u2019erreur m\u00e9dicale qui en aurait d\u00e9coul\u00e9, les r\u00e9percussions ne doivent pas \u00eatre prises \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. \u00abLorsque la communication avec le m\u00e9decin est entrav\u00e9e, le patient d\u00e9veloppe un sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, explique une conseill\u00e8re romande de l\u2019Organisation suisse des patients, qui a tenu \u00e0 conserver l\u2019anonymat. Or les malades inquiets r\u00e9agissent moins bien aux soins.\u00bb Certaines sp\u00e9cialit\u00e9s sont plus expos\u00e9es. \u00abIl est nettement plus probl\u00e9matique qu\u2019un m\u00e9decin de premier recours, charg\u00e9 d\u2019orienter le patient et de d\u00e9celer d\u2019\u00e9ventuels diagnostics sous-jacents, ne soit pas francophone qu\u2019un radiologue ou qu\u2019un chercheur\u00bb, note Jean-Fran\u00e7ois Steiert.<\/p>\n<p>Ces probl\u00e8mes de langue n\u2019entra\u00eenent pas uniquement des cons\u00e9quences n\u00e9fastes. Pour Tobias Herold, un g\u00e9n\u00e9raliste zurichois de 31 ans qui exerce depuis novembre \u00e0 la permanence d\u2019Onex (GE), les m\u00e9decins non parfaitement francophones compensent ce handicap par une \u00e9coute accrue des patients: \u00abIl m\u2019arrive de devoir demander aux malades le nom d\u2019une partie du corps en fran\u00e7ais, s\u2019amuse-t-il. Ils en rigolent en g\u00e9n\u00e9ral. La relation entre le patient et le praticien est alors moins polaris\u00e9e.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>7% <\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est la proportion de m\u00e9decins en exercice en Suisse romande qui indiquent ne pas parler fran\u00e7ais, selon la F\u00e9d\u00e9ration des m\u00e9decins suisses, qui tient des statistiques d\u00e9taill\u00e9es. Il est toutefois difficile de juger de l\u2019\u00e9tat exact de leurs connaissances.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>La loi n\u2019oblige pas \u00e0 ma\u00eetriser la langue locale<\/strong><\/p>\n<p>Les \u00e9tablissements fixent eux-m\u00eames leurs crit\u00e8res, et la loi n\u2019oblige pas le personnel des h\u00f4pitaux romands \u00e0 parler le fran\u00e7ais. Les HUG exigent un niveau de fran\u00e7ais de standard C1 pour les soignants, soit d\u2019\u00eatre capable de s\u2019exprimer spontan\u00e9ment et couramment, selon le directeur des ressources humaines, Jacques Hertzschuch. Au CHUV, le porte-parole Darcy Christen indique qu\u2019il est \u00abessentiel que tout soignant soit en mesure d\u2019\u00eatre compris par le patient et de le comprendre\u00bb.<\/p>\n<p>Ces r\u00e8gles sont flexibles. \u00abLorsque nous ne trouvons personne, une d\u00e9rogation est possible, \u00e0 condition que la nouvelle recrue s\u2019engage \u00e0 acqu\u00e9rir le niveau exig\u00e9 dans un d\u00e9lai rapide\u00bb, pr\u00e9cise Jacques Hertzschuch. Il s\u2019agirait de situations \u00abexceptionnelles\u00bb. La tol\u00e9rance est aussi plus grande pour les sp\u00e9cialistes qui ne se trouvent pas en contact avec les patients, ajoute de son c\u00f4t\u00e9 Darcy Christen.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le quotidien Le Matin.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019afflux de m\u00e9decins \u00e9trangers dans les h\u00f4pitaux romands complique parfois la communication avec les malades. Les professionnels de la sant\u00e9 reconnaissent un probl\u00e8me.<\/p>\n","protected":false},"author":19892,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4126","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4126","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19892"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4126"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4126\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4126"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4126"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4126"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}