



{"id":4118,"date":"2014-03-10T15:19:13","date_gmt":"2014-03-10T13:19:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4118"},"modified":"2014-03-18T17:03:07","modified_gmt":"2014-03-18T15:03:07","slug":"cyclisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4118","title":{"rendered":"Le boom du v\u00e9lo romand"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.largeur.com\/wp-content\/uploads\/102013\/100314_1.jpg\" alt=\"100314_1.jpg\" title=\"100314_1.jpg\" height=\"310\" border=\"0\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Qu\u2019il soit citadin, tout-terrain, artisanal ou \u00e9lectrique, le v\u00e9lo s\u00e9duit les foules. Et cet engouement profite aux entreprises romandes du secteur. Aux c\u00f4t\u00e9s des incontournables BMC et Scott, porte-\u00e9tendards suisses bien connus des passionn\u00e9s, d&rsquo;autres entreprises locales se sont impos\u00e9es dans ce cr\u00e9neau: DT Swiss, Redalp, V\u00e9locit\u00e9, Wattworld, TaxiBike ou encore Tandem. Portraits.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abDiversifier et sp\u00e9cialiser ses produits est une force\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>L\u2019entreprise DT Swiss fabrique des pi\u00e8ces destin\u00e9es aux v\u00e9los haut de gamme. Depuis sa cr\u00e9ation en 1994, elle conna\u00eet une croissance \u00e9clatante et ne cesse d\u2019\u00e9largir son offre.<\/em><\/p>\n<p>Les chiffres parlent d\u2019eux-m\u00eames. En 1994, DT Swiss compte 28 employ\u00e9s pour un chiffre d\u2019affaires annuel de 9,5 millions de francs. Aujourd\u2019hui la soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e \u00e0 Bienne emploie 450 personnes, dont 180 en Suisse, et le montant de ses ventes s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 100 millions de francs. Un succ\u00e8s qui s\u2019explique notamment par une forte capacit\u00e9 \u00e0 saisir les tendances du march\u00e9.<\/p>\n<p>A ses d\u00e9buts, DT Swiss produit essentiellement des rayons, une activit\u00e9 h\u00e9rit\u00e9e de son anc\u00eatre, une entreprise de tr\u00e9filage active depuis 1934. Elle r\u00e9alise ensuite ses propres moyeux de roues en acqu\u00e9rant la licence exclusive d\u2019une technologie mise au point par H\u00fcgi, une petite entreprise al\u00e9manique. Ces produits jouissent rapidement d\u2019une bonne r\u00e9putation en raison de leur qualit\u00e9 et la PME biennoise parvient \u00e0 se construire une renomm\u00e9e mondiale. Alors que le VTT est en plein essor aux Etats-Unis, elle devient fournisseur de la prestigieuse marque am\u00e9ricaine Cannondale et s\u2019implante dans le Colorado pour s\u2019en rapprocher.<\/p>\n<p>DT Swiss d\u00e9veloppe par la suite de nombreux autres produits: des amortisseurs en 2001, des jantes en 2003 et des fourches en 2008 apr\u00e8s avoir rachet\u00e9 Pace, un fabricant anglais. Avec des rayons, des moyeux et des jantes, l\u2019entreprise peut fabriquer des roues compl\u00e8tes, une activit\u00e9 qui repr\u00e9sente aujourd\u2019hui 40% de son chiffre d\u2019affaires. \u00abNous avons rapidement compris que l\u2019industrie du v\u00e9lo se d\u00e9veloppait comme l\u2019industrie automobile, d\u00e9clare Marco Zingg, directeur de la soci\u00e9t\u00e9. Les marques ne voulaient plus seulement des pi\u00e8ces mais des syst\u00e8mes complets.\u00bb<\/p>\n<p>Toujours pour suivre la tendance, DT Swiss ouvre une filiale \u00e0 Ta\u00efwan en 2005. \u00abAu d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, la plupart des fabricants de v\u00e9lo, europ\u00e9ens et am\u00e9ricains, ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Ta\u00efwan pour des questions de co\u00fbt. Il \u00e9tait essentiel de rester proche d\u2019eux, surtout pour des raisons de logistique.\u00bb Deux ans plus tard, la marque ouvre une autre filiale en Pologne, o\u00f9 elle transf\u00e8re ses activit\u00e9s de montage des roues. La d\u00e9marche lui permet de rester comp\u00e9titive sur le march\u00e9 europ\u00e9en avec une main d\u2019\u0153uvre nettement moins ch\u00e8re qu\u2019en Suisse. En 2011, l\u2019entreprise investit de nouveaux locaux \u00e0 Bienne. Surface totale: 15&rsquo;000 m2, l\u2019\u00e9quivalent d\u2019environ trois terrains de football. Dans son usine de production, la sophistication des machines est frappante. Des engins servent \u00e0 courber les jantes, d\u2019autres compressent les rayons pour leur donner la bonne taille, tandis que des robots testent les roues mont\u00e9es en simulant les impacts sur des terrains accident\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour l\u2019avenir, la soci\u00e9t\u00e9 compte continuer \u00e0 diversifier ses produits et \u00e0 les perfectionner. \u00abIl y a 15 ans, un VTT \u00e9tait relativement simple, avec des freins \u00e0 \u00e9triers et un seul type de roues. Aujourd\u2019hui, on trouve plusieurs tailles de roues, des syst\u00e8mes de pneus sans chambres \u00e0 air, des freins \u00e0 disque, des cadres adapt\u00e9s aux diff\u00e9rentes pratiques. Il faut pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 cette sp\u00e9cialisation du mat\u00e9riel.\u00bb Une sp\u00e9cialisation qui passe \u00e9galement par la customisation. En effet, les marques sont toujours plus nombreuses \u00e0 demander des produits sp\u00e9ciaux en petites s\u00e9ries. Pour les roues par exemple, DT Swiss suit la demande de ses clients \u00e0 partir de 250 paires.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abAvoir du recul favorise l\u2019innovation\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Nouvelle venue bas\u00e9e en Valais, Redalp r\u00e9invente le v\u00e9lo de descente. La PME commence \u00e0 faire parler d\u2019elle au-del\u00e0 des fronti\u00e8res suisses.<\/em><\/p>\n<p>Le downhill est une discipline cycliste \u00e0 part. Le principe consiste \u00e0 d\u00e9valer des pentes accident\u00e9es ultra raides le plus vite possible. Autant dire que le mat\u00e9riel est soumis \u00e0 rude \u00e9preuve. Ing\u00e9nieur m\u00e9canicien de formation, Andreas W\u00fcthrich, qui a fond\u00e9 la marque Redalp \u00e0 Crans-Montana en 2011 avec sa femme Claudia Shade, a d\u00e9velopp\u00e9 lui-m\u00eame un cadre de v\u00e9lo downhill unique en son genre. Le produit se distingue par sa barre principale articul\u00e9e qui lie le guidon \u00e0 l\u2019axe de la roue arri\u00e8re. Cette invention, que l\u2019entrepreneur a fait breveter, permet d\u2019accro\u00eetre la stabilit\u00e9 et d\u2019amortir les chocs. Autre caract\u00e9ristique du v\u00e9lo Redalp: une pi\u00e8ce sp\u00e9ciale tend constamment la cha\u00eene afin d\u2019emp\u00eacher qu\u2019elle vibre dans les bosses.<\/p>\n<p>\u00abVendre une id\u00e9e est presque impossible, explique Andreas W\u00fcthrich. J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 d\u2019investir personnellement pour produire mes cadres en quantit\u00e9 limit\u00e9e.\u00bb Pour la r\u00e9alisation, il d\u00e9niche des fabricants \u00e0 Ta\u00efwan qui acceptent de produire en petites s\u00e9ries. Il faut savoir que la plupart des cadres de v\u00e9los, toutes marques et toutes cat\u00e9gories confondues, sont produits dans des usines ta\u00efwanaises. Les v\u00e9los sont ensuite assembl\u00e9s \u00e0 Crans-Montana par ses soins. Avant de se lancer dans l\u2019aventure Redalp, Andreas W\u00fcthrich d\u00e9veloppait aussi des cadres, mais de motos de course. Entre 1990 et 2000, il a travaill\u00e9 pour de grandes \u00e9quipes italiennes, allemandes et suisses, un parcours qui lui a permis d\u2019avoir un regard ext\u00e9rieur sur les VTT de descente. \u00abDans le downhill, la plupart des fabricants proc\u00e8dent en grossissant des v\u00e9los normaux. Pour ma part, j\u2019aime dire que j\u2019ai all\u00e9g\u00e9 une moto.\u00bb<\/p>\n<p>Actuellement, la marque est pr\u00e9sente dans trois points de vente \u00e0 Crans-Montana, Gland et Sallanches en France. Pour 2014, Andreas W\u00fcthrich compte d\u00e9velopper la vente directe. \u00abOn ne peut pas couvrir beaucoup de r\u00e9gions avec les magasins. Pour quelqu\u2019un qui se trouve loin d\u2019un point de vente, il est int\u00e9ressant de pouvoir se fournir directement via internet.\u00bb<\/p>\n<p>Plusieurs riders suisses et fran\u00e7ais roulent d\u00e9j\u00e0 sur des v\u00e9los de la marque, ce qui lui permet de faire conna\u00eetre son mat\u00e9riel sur les circuits de comp\u00e9tition au niveau national et international. \u00abJ\u2019ai aussi des demandes des Etats-Unis, d\u2019Australie ou encore d\u2019Angleterre, mais je veux d\u2019abord renforcer la soci\u00e9t\u00e9 en Suisse et en France avant d\u2019essayer de l\u2019agrandir.\u00bb Trois mod\u00e8les sont disponibles aujourd\u2019hui, soit un de plus qu\u2019en 2012. \u00abLe v\u00e9lo de descente de Redalp est vraiment int\u00e9ressant, note Derek Wedge, professeur de downhill \u00e0 Crans-Montana. Une fois lanc\u00e9, il offre une excellente stabilit\u00e9 pour le rider et on n\u2019entend m\u00eame pas la cha\u00eene ou le d\u00e9railleur vibrer.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abLe v\u00e9lo permet d\u2019\u00eatre hyper r\u00e9actif\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>La soci\u00e9t\u00e9 de cyclomessagerie V\u00e9locit\u00e9 s\u2019est impos\u00e9e comme leader du secteur en Suisse romande.<\/em><\/p>\n<p>Des livraisons assur\u00e9es dans les 25 minutes pour les plus urgentes: voil\u00e0 la marque de fabrique de V\u00e9locit\u00e9. \u00abNotre cr\u00e9neau est la r\u00e9activit\u00e9, indique Raoul Payot, directeur associ\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente \u00e0 Lausanne, Neuch\u00e2tel et Yverdon-les-Bains. Un client qui nous appelle pour livrer un colis peut compter sur un d\u00e9lai maximum d\u2019une heure au centre-ville.\u00bb Une telle rapidit\u00e9 n\u00e9cessite une organisation minutieuse: depuis la centrale de l\u2019entreprise bas\u00e9e \u00e0 Lausanne, une personne se charge de la gestion des appels provenant des clients tandis que deux autres, appel\u00e9es \u00abdispatcheurs\u00bb, font le lien avec les coursiers. V\u00e9ritables athl\u00e8tes, les livreurs peuvent rouler entre 50 et 80 kilom\u00e8tres par \u00abshift\u00bb, les cinq heures que dure la journ\u00e9e de travail pour ces cyclistes. Sept \u00e0 huit coursiers sillonnent constamment les routes de la r\u00e9gion lausannoise pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande. Dans ses trois villes d\u2019activit\u00e9, l\u2019entreprise effectue entre 250 \u00e0 300 courses quotidiennes.<\/p>\n<p>Tout commence en 1999. Blaize Felberbaum, ancien comp\u00e9titeur cycliste qui a depuis quitt\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9, fonde V\u00e9locit\u00e9 au retour d\u2019un voyage aux Etats-Unis, berceau de la cyclomessagerie. \u00abDes coursiers \u00e0 v\u00e9lo existaient d\u00e9j\u00e0 dans les ann\u00e9es 1990 en Suisse al\u00e9manique et \u00e0 Gen\u00e8ve, raconte Raoul Payot. Blaize Felberbaum a constat\u00e9 que le type d\u2019entreprises qui faisaient appel \u00e0 leurs services dans ces r\u00e9gions existaient aussi \u00e0 Lausanne.\u00bb Le fondateur de V\u00e9locit\u00e9 d\u00e9bute l\u2019aventure seul dans la capitale vaudoise. Ses principaux clients? Des entreprises juridiques ayant besoin d\u2019envoyer en urgence des documents sign\u00e9s ou encore des soci\u00e9t\u00e9s d\u2019arts graphiques qui doivent rapidement transmettre des bons \u00e0 tirer. Petit \u00e0 petit, le service se d\u00e9mocratise et ses utilisateurs se font plus nombreux. En 2011, V\u00e9locit\u00e9 fusionne avec Poste-it cyclomessagerie, une PME fond\u00e9e notamment par Raoul Payot et active \u00e0 Neuch\u00e2tel et Yverdon-les-Bains.<\/p>\n<p>Depuis ses d\u00e9buts, V\u00e9locit\u00e9, dont le chiffre d\u2019affaires a atteint 1,7 million de francs en 2012, conna\u00eet une croissance annuelle de 15 \u00e0 20%. La soci\u00e9t\u00e9 emploie aujourd\u2019hui 17 personnes et peut compter sur une r\u00e9serve d\u2019une quarantaine de coursiers.<\/p>\n<p>En plus de s\u2019occuper de livraisons au sein des trois villes, V\u00e9locit\u00e9 propose un service inter villes. Pour cela, la soci\u00e9t\u00e9 se greffe sur le r\u00e9seau Swissconnect, qui comprend quarante entreprises de cyclomessagerie \u00e0 travers la Suisse et fonctionne avec les CFF. Un wagon d\u00e9di\u00e9 aux marchandises permet \u00e0 ces soci\u00e9t\u00e9s de s\u2019envoyer des colis de villes en villes pour en assurer la livraison. Depuis 2009, V\u00e9locit\u00e9 diversifie son offre et propose \u00e9galement un service de livraison de courses \u00e0 domicile \u00e0 Lausanne et Yverdon-les-Bains.<\/p>\n<p>Pour l\u2019avenir, V\u00e9locit\u00e9 envisage de d\u00e9velopper des \u00abhubs\u00bb en p\u00e9riph\u00e9rie des villes. Objectif: regrouper les colis provenant des grands transporteurs comme DHL ou TNT pour ensuite les livrer \u00e0 v\u00e9lo au centre-ville. \u00abIl s\u2019agit de projets de grande envergure. Nous travaillons actuellement \u00e0 leur d\u00e9veloppement en collaboration avec des acteurs politiques et \u00e9conomiques.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abNous essayons d\u2019\u00eatre la Volkswagen du v\u00e9lo \u00e9lectrique\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>La PME genevoise Wattworld profite de l\u2019engouement pour l\u2019e-bike. Elle exporte ses bornes de chargement dans toute l\u2019Europe.<\/em><\/p>\n<p>La tendance la plus fulgurante dans le monde du deux-roues ces derni\u00e8res ann\u00e9es? Le succ\u00e8s du v\u00e9lo \u00e9lectrique, sans aucun doute. Le march\u00e9 romand a vu \u00e9clore des entreprises avides de profiter du ph\u00e9nom\u00e8ne. Parmi elles, la pionni\u00e8re genevoise fond\u00e9e en 2004 Wattworld, qui commercialise sa propre marque baptis\u00e9e Watts, continue de se d\u00e9marquer.<\/p>\n<p>Pilot\u00e9e par J\u00e9r\u00f4me Steimer et son cousin Ivan Steimer, ing\u00e9nieur \u00e9lectrique de formation et \u00abinventeur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9\u00bb, la PME cr\u00e9e et assemble ses v\u00e9los. Elle mise sur l\u2019innovation, par exemple avec des batteries rechargeables, et choisit ses pi\u00e8ces avec un soin tout particulier afin de se d\u00e9marquer des produits standardis\u00e9s des grandes marques. Les composants viennent de Ta\u00efwan, de R\u00e9publique tch\u00e8que, de Hongrie ou encore, pour certains moteurs, de Suisse. La soci\u00e9t\u00e9, pr\u00e9sente dans toute la Romandie par le biais de revendeurs et dans les magasins Sport XX de Migros, emploie six personnes et a \u00e9coul\u00e9 800 v\u00e9los en 2012. Elle table sur des ventes \u00e9quivalentes en 2013.<\/p>\n<p>Avec des prix allant de 1900 \u00e0 3800 francs selon les mod\u00e8les, Wattworld se positionne dans le milieu de gamme. \u00abNous essayons d\u2019\u00eatre la Volkswagen du v\u00e9lo \u00e9lectrique, s\u2019amuse J\u00e9r\u00f4me Steimer. Le spectre des utilisateurs s\u2019\u00e9largit toujours davantage: au d\u00e9but, le v\u00e9lo \u00e9lectrique attirait surtout les personnes d\u2019un certain \u00e2ge et les \u00e9colos endurcis. Aujourd\u2019hui, il touche tous les publics. Nos clients l\u2019utilisent pour remplacer la voiture ou le scooter, le plus souvent pour se rendre au travail, et par tous les temps.\u00bb<\/p>\n<p>Le v\u00e9lo \u00e9lectrique suscite aussi l\u2019int\u00e9r\u00eat des entreprises et des municipalit\u00e9s. Pour \u00eatre en phase avec cette \u00e9volution, la PME s\u2019est engag\u00e9e dans le d\u00e9veloppement de bornes de chargement, qu\u2019elle commercialise depuis 2010. Baptis\u00e9 Mobility Parc, le syst\u00e8me pens\u00e9 pour un usage collectif permet de recharger les v\u00e9los et de g\u00e9rer leur acc\u00e8s par les utilisateurs de mani\u00e8re automatis\u00e9e. La formule a s\u00e9duit des entreprises qui les mettent \u00e0 la disposition de leurs employ\u00e9s, par exemple la Tribune de Gen\u00e8ve. WattWorld exporte son produit en Belgique, au Luxemboug, en Italie ou encore en France. Elle a par exemple fournit 100 bornes de recharge \u00e0 l\u2019organisation belge de v\u00e9lo en libre-service BlueMobility. Au Nord de l\u2019Italie, la PME genevoise est pr\u00e9sente dans le parc national du Grand Paradis avec un r\u00e9seau de 70 v\u00e9los. En tout, elle a d\u00e9j\u00e0 \u00e9coul\u00e9 300 unit\u00e9s de son invention et les demandes continuent d\u2019affluer. \u00abC\u2019est un march\u00e9 d\u2019avenir, analyse J\u00e9r\u00f4me Steimer. A court terme, le cr\u00e9neau des entreprises est le plus facile \u00e0 exploiter. Mais le secteur du tourisme pr\u00e9sente un tr\u00e8s gros potentiel.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Des v\u00e9los-taxis pour esquiver les embouteillages<\/strong><\/p>\n<p><em>A Gen\u00e8ve, l\u2019offre de TaxiBike s\u00e9duit businessmen press\u00e9s et touristes. La start-up ambitionne d\u2019\u00e9tendre son concept \u00e0 d\u2019autres villes de Suisse romande.<\/em><\/p>\n<p>Les v\u00e9los-taxis de TaxiBike ont comme un air de rickshaws, ces tricycles qui sillonnent les grandes villes du Sud de l\u2019Asie. Le confort en plus. Dans la version de l\u2019entreprise genevoise, point de moteur p\u00e9taradant, mais un p\u00e9dalier \u00e0 assistance \u00e9lectrique. Une coque prot\u00e8ge les passagers des intemp\u00e9ries, une prise sp\u00e9ciale leur permet de brancher leur propre musique et des couvertures sont \u00e0 disposition quand la temp\u00e9rature baisse.<\/p>\n<p>\u00abQue ce soit pour se rendre d\u2019un point \u00e0 un autre ou pour une balade, nos clients sont attir\u00e9s par le c\u00f4t\u00e9 \u00abfun\u00bb de l\u2019offre, qui rappelle les vacances, expliquent S\u00e9bastien Roevens et Aubin Delavigne, les deux fondateurs de l\u2019entreprise. Son aspect \u00e9cologique joue \u00e9galement un r\u00f4le important. Le concept pla\u00eet beaucoup aux touristes qui veulent visiter la ville autrement. Mais une bonne partie de nos utilisateurs font appel \u00e0 nous pour gagner du temps. Notre client\u00e8le r\u00e9guli\u00e8re est compos\u00e9e surtout d&rsquo;hommes d\u2019affaires et de banquiers.\u00bb Les v\u00e9hicules de TaxiBike, qui peuvent transporter deux personnes, ont l\u2019autorisation d\u2019emprunter les pistes cyclables, ce qui leur permet d\u2019\u00eatre bien plus rapides que les autres moyens de transports s\u2019il y a des embouteillages. \u00abNous nous positionnons sur les petites courses au centre-ville, en g\u00e9n\u00e9ral inf\u00e9rieures \u00e0 trois kilom\u00e8tres. Nous sommes compl\u00e9mentaires aux taxis traditionnels. Mais aussi aux transports publics, qui n\u00e9cessitent parfois plusieurs changements pour de courtes distances.\u00bb<\/p>\n<p>Depuis sa cr\u00e9ation en 2011, la PME, qui emploie entre quatre et 12 personnes selon la saison, a trouv\u00e9 son public avec ses courses factur\u00e9es 7 francs pour deux kilom\u00e8tres. Ses revenus proviennent aussi de la vente des espaces d\u2018affichage publicitaires situ\u00e9s sur les v\u00e9hicules. \u00abLa publicit\u00e9 fait partie int\u00e9grante du mod\u00e8le. Les v\u00e9hicules sont con\u00e7us \u00e9galement pour cette fonction. Nous sommes principalement pr\u00e9sents au centre-ville, dans les points n\u00e9vralgiques o\u00f9 se trouvent les gens, et le support mobile et original attire naturellement l\u2019\u0153il. Gr\u00e2ce \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s de v\u00e9lo-taxi partenaires \u00e0 B\u00e2le, Zurich, Coire et Berne, nous pouvons m\u00eame proposer des campagnes nationales.\u00bb Le nombre de v\u00e9hicules, achet\u00e9s chez un fabricant allemand, est pass\u00e9 de trois \u00e0 six. Taxibike pr\u00e9voit d\u2019\u00e9toffer encore sa flotte pour atteindre dix v\u00e9hicules l\u2019ann\u00e9e prochaine et \u00e9tudie une expansion dans le canton de Vaud, notamment dans la ville de Montreux. Les deux jeunes entrepreneurs, qui se sont lanc\u00e9s dans l\u2019aventure durant leurs \u00e9tudes, se consacrent d\u00e9sormais \u00e0 plein temps \u00e0 leur soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abNous voulons conserver notre \u00e9tat d\u2019esprit alternatif\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Le magasin de v\u00e9los Tandem, \u00e0 Lausanne, se d\u00e9marque avec un concept original de d\u00e9p\u00f4t-vente.<\/em><\/p>\n<p>\u00abNous assistons \u00e0 un gros boom du v\u00e9lo \u00e0 Lausanne depuis 10 ans, une tendance encore renforc\u00e9e par l\u2019arriv\u00e9e du v\u00e9lo \u00e9lectrique, s\u2019enthousiasme Pierre Dormal. Il suffit de regarder les infrastructures mises en place. Le nombre de pistes cyclables est en constante augmentation et plus un immeuble n\u2019est construit aujourd\u2019hui sans solution de parking pour les v\u00e9los.\u00bb<\/p>\n<p>Tandem, le magasin de v\u00e9los que le jeune homme de 32 ans a fond\u00e9 en 2008 avec son associ\u00e9, Johannes Hartmann, profite de la tendance. Bas\u00e9e \u00e0 Lausanne, l\u2019enseigne a connu une progression de 20% \u00e0 30% par an depuis ses d\u00e9buts. Elle vend aujourd\u2019hui un millier de v\u00e9los chaque ann\u00e9e, de la bicyclette d\u2019occasion au v\u00e9lo \u00e9lectrique neuf, et affiche 11 collaborateurs. L\u2019entreprise propose aussi un service de r\u00e9parations et des articles de sports d\u2019hiver. En 2012, elle a ouvert une seconde arcade \u00e0 Vevey. \u00abL\u2019id\u00e9e d\u2019un deuxi\u00e8me magasin \u00e9tait pr\u00e9sente dans notre business plan d\u00e8s le d\u00e9part. Nous avons r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019il y avait un manque d\u2019offre dans le domaine de l\u2019e-bike sur la Riviera vaudoise et d\u00e9cid\u00e9 de nous sp\u00e9cialiser dans ce cr\u00e9neau. Le v\u00e9lo \u00e9lectrique n\u2019est pas qu\u2019un simple effet de mode et offre de belles perspectives.\u00bb<\/p>\n<p>Si le succ\u00e8s est au rendez-vous, c\u2019est aussi gr\u00e2ce \u00e0 un concept et \u00e0 un \u00e9tat d\u2019esprit original. \u00abTout a commenc\u00e9 avec une r\u00e9flexion entre amis: en Suisse, beaucoup de mat\u00e9riel de sport encore en tr\u00e8s bon \u00e9tat dort dans les caves et les greniers. Face \u00e0 ce constat, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de lancer un d\u00e9p\u00f4t-vente doubl\u00e9 d\u2019un atelier de r\u00e9paration.\u00bb Le fonctionnement? Les deux-roues sont nettoy\u00e9s et r\u00e9par\u00e9s avant d\u2019\u00eatre commercialis\u00e9s. La personne qui am\u00e8ne le v\u00e9lo r\u00e9cup\u00e8re 70% du prix de vente. L\u2019acheteur, lui, a l\u2019assurance que l\u2019article est en bon \u00e9tat.<\/p>\n<p>\u00abLe mat\u00e9riel d\u2019occasion fait partie de notre ADN et continue de marcher tr\u00e8s fort. M\u00eame si entre temps nos affaires tournent surtout gr\u00e2ce au neuf, nous avons conserv\u00e9 notre esprit \u00abalternatif\u00bb. La client\u00e8le est heureuse d\u2019avoir cette option dans un march\u00e9 du seconde main domin\u00e9 par les associations et les petites annonces, o\u00f9 la qualit\u00e9 des produits n\u2019est pas toujours garantie. Du c\u00f4t\u00e9 du neuf, nous faisons aussi un gros effort pour pr\u00e9senter des articles innovants qui ne trouvent pas forc\u00e9ment leur place ailleurs, par exemple un cadenas haut de gamme en titane d\u00e9nich\u00e9 aux Etats-Unis ou un phare rechargeable par USB.\u00bb Pierre Dormal note que Tandem attire ainsi un public diff\u00e9rent de celui des magasins de v\u00e9los classiques, plus jeune et plus mixte. Autre particularit\u00e9: elle fuit le merchandising \u00e0 outrance, les drapeaux et les logos des grandes marques, pour cultiver une identit\u00e9 propre.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une jolie croissance ces derni\u00e8res ann\u00e9es, Tandem entend d\u00e9sormais consolider ses acquis et asseoir sa pr\u00e9sence \u00e0 Vevey. Sans oublier de conserver une longueur d\u2019avance. \u00abNous allons renforcer l\u2019innovation et la recherche de nouveaux produits, notamment \u00e9cologiques.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Collaboration: Thomas Pfefferl\u00e9 et Ludovic Chappex<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hausse des ventes et des locations, engouement pour le v\u00e9lo \u00e9lectrique, l\u2019\u00e9conomie des deux-roues \u00e9cologiques a le sourire. 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