



{"id":4109,"date":"2014-02-24T12:35:25","date_gmt":"2014-02-24T10:35:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4109"},"modified":"2014-03-18T11:00:56","modified_gmt":"2014-03-18T09:00:56","slug":"video","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4109","title":{"rendered":"Reed Hastings, le pape du streaming"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.largeur.com\/wp-content\/uploads\/102013\/Reed_Hastings.jpg\" alt=\"Reed_Hastings.jpg\" title=\"Reed_Hastings.jpg\" height=\"310\" border=\"0\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Dans la Silicon Valley, Reed Hastings, 53 ans, est \u00e0 la fois v\u00e9n\u00e9r\u00e9 et craint. Le directeur de Netflix a port\u00e9 son entreprise vers les sommets gr\u00e2ce \u00e0 son flair. A ses d\u00e9buts en 1997, la soci\u00e9t\u00e9 lance un concept novateur: la location de DVD par internet. Un virage \u00e0 180 degr\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e8re des \u00abvideo stores\u00bb pr\u00e9sents dans les rues am\u00e9ricaines par dizaines de milliers. Succ\u00e8s imm\u00e9diat. Mais d\u00e9j\u00e0, Reed Hastings anticipe que le futur de la vid\u00e9o se trouve exclusivement sur la toile, alors que le haut d\u00e9bit n\u2019en est qu\u2019\u00e0 ses balbutiements. Une vision qu\u2019il d\u00e9fend au fil des ans jusqu\u2019\u00e0 lancer son offre de films en streaming en 2007. Avec une d\u00e9termination de fer, et sans piti\u00e9 envers ceux qui peuvent le freiner.<\/p>\n<p>Le principe de Netflix s\u00e9duit. Il donne un acc\u00e8s illimit\u00e9 \u00e0 un vaste choix de films et de s\u00e9ries via internet pour 7,99 dollars par mois. Propos\u00e9e dans 40 pays, l\u2019offre compte aujourd\u2019hui plus de 37 millions d\u2019abonn\u00e9s, pour un chiffre d\u2019affaires annuel de 3,6 milliards de dollars.<\/p>\n<p>\u00abReed Hastings est un strat\u00e8ge hors pair, raconte Gina Keating, journaliste sp\u00e9cialis\u00e9e dans les nouvelles technologies et auteure d\u2019un ouvrage sur Netflix publi\u00e9 en 2012. Il est parvenu \u00e0 modeler sa compagnie en comprenant avant tout le monde dans quelle direction se dirigeait la technologie.\u00bb<\/p>\n<p>Issu d\u2019une famille ais\u00e9e de la c\u00f4te Est, Reed Hastings se d\u00e9marque par ses aptitudes hors norme en math\u00e9matiques. Il roule sa bosse entre une facult\u00e9 chic du Maine, un passage dans les Marines et une mission humanitaire de trois ans en Afrique avant de poser ses valises en Californie, o\u00f9 il suit un Master en informatique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Stanford. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019il se retrouve aspir\u00e9 dans le tourbillon de la Silicon Valley. Il y fonde en 1991 une premi\u00e8re entreprise informatique, Pure Software, qu\u2019il revend quelques ann\u00e9es plus tard pour 585 millions de dollars. Puis une seconde: Netflix.<\/p>\n<p>Le CEO, qui vit modestement avec sa famille et se tient \u00e0 bonne distance des mondanit\u00e9s de la vall\u00e9e, insuffle \u00e0 sa start-up une culture d\u2019entreprise bien particuli\u00e8re. Son but? N\u2019\u00eatre entour\u00e9 que des meilleurs. Pour ce faire, Netflix offre des salaires sup\u00e9rieurs au reste de la branche. Une fois dans l\u2019entreprise, ceux qui se d\u00e9marquent re\u00e7oivent une promotion. Les autres sont remerci\u00e9s, sans \u00e9tats d\u2019\u00e2me, mais avec une importante indemnit\u00e9 de d\u00e9part.<\/p>\n<p>Autre trait distinctif: les employ\u00e9s jouissent d\u2019une grande libert\u00e9. Ils peuvent notamment prendre autant de jours de vacances qu\u2019ils le souhaitent, pour autant que leur travail soit fait. Et afin de ne pas s\u2019enfermer dans une structure trop hi\u00e9rarchique, Reed Hastings ne poss\u00e8de pas de bureau. Il s\u2019installe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses salari\u00e9s, simplement o\u00f9 il trouve de la place. Ce qui ne veut pas pour autant dire qu\u2019il est facile de travailler avec lui, souligne Gina Keating. \u00abIl s\u2019agit d\u2019un homme tout \u00e0 fait charmant, mais ses m\u00e9thodes sont parfois brutales. Dans son entreprise, il peut \u00eatre froid et manquer d\u2019empathie. Cette absence de sentimentalisme repr\u00e9sente aussi une des cl\u00e9s du succ\u00e8s de Netflix. Reed Hastings fait preuve d\u2019une incroyable concentration et se montre insensible aux critiques. Sans son influence, la soci\u00e9t\u00e9 aurait simplement disparu.\u00bb<\/p>\n<p>Lorsque les g\u00e9ants Wal-Mart, Amazon et Blockbuster Video se lancent sur son terrain, le CEO n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 baisser consid\u00e9rablement ses prix. Aucun atermoiement non plus lorsqu\u2019il doit saboter son propre business de location de DVD, florissant, en redirigeant ses clients vers le streaming. Les m\u00e9thodes peu conventionnelles ne lui font pas peur. Une des marques de fabrique du site Netflix est son outil de recommandation, un syst\u00e8me particuli\u00e8rement performant qui propose des films aux abonn\u00e9s en fonction de leur comportement sur la plateforme. Afin de conserver son avance dans ce domaine, Reed Hastings a organis\u00e9 un concours et offre 1 million de dollar \u00e0 quiconque parviendra \u00e0 le rendre encore plus efficace.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, malgr\u00e9 quelques d\u00e9boires et erreurs de communication qui lui ont valu une sanction des clients et une s\u00e9v\u00e8re d\u00e9gringolade en Bourse en 2011, Netflix semble devenue intouchable. D\u2019autant plus qu\u2019il lui reste de nombreux march\u00e9s \u00e0 conqu\u00e9rir. \u00abL\u2019entreprise se trouve tr\u00e8s loin devant ses concurrents, note Gina Keating. Je ne vois pas de limite \u00e0 sa croissance.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Swissquote (no 6 \/ 2013).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A la t\u00eate de Netflix, l&rsquo;entrepreneur am\u00e9ricain a d\u00e9jou\u00e9 les attentes en imposant son entreprise face \u00e0 des g\u00e9ants comme Amazon. 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