



{"id":4099,"date":"2014-02-11T16:34:47","date_gmt":"2014-02-11T14:34:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4099"},"modified":"2014-02-18T16:17:10","modified_gmt":"2014-02-18T14:17:10","slug":"alimentation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4099","title":{"rendered":"Les faiseurs de go\u00fbt qui s\u00e9duisent les Suisses"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.largeur.com\/wp-content\/uploads\/102013\/Gastronomie_Largeur.jpg\" alt=\"Gastronomie_Largeur.jpg\" title=\"Gastronomie_Largeur.jpg\" height=\"311\" border=\"0\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9choppe de Gelato Mania, dans le quartier genevois des P\u00e2quis, est prise d\u2019assaut. Durant les beaux jours, la foule arrive d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019apr\u00e8s-midi et ne dispara\u00eet que tard dans la soir\u00e9e. En \u00e0 peine 15 ans d\u2019existence, le fabricant de glaces a ouvert quatre magasins \u00e0 Gen\u00e8ve et deux franchises \u00e0 Lausanne et Bulle (FR). Les raisons de ce succ\u00e8s? La qualit\u00e9 des produits, leurs parfums audacieux et leur confection artisanale. Mais aussi l\u2019ancrage local de l\u2019entreprise: le lait cru et la cr\u00e8me fra\u00eeche proviennent des laiteries genevoises, les fruits des producteurs de la r\u00e9gion quand la saison s\u2019y pr\u00eate.<\/p>\n<p>L\u2019industrie alimentaire suisse comprend 2500 soci\u00e9t\u00e9s qui repr\u00e9sentent plus de 60&rsquo;000 emplois, selon une enqu\u00eate de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique publi\u00e9e en 2010. Si l\u2019on prend en compte la production des mati\u00e8res premi\u00e8res (agriculture), la restauration et la distribution, le nombre d\u2019entreprises atteint environ 100&rsquo;000.<\/p>\n<p>\u00abLe march\u00e9 est satur\u00e9, indique Rudolf Horber, responsable du dossier commerce et agriculture \u00e0 l\u2019Union suisse des arts et m\u00e9tiers. Les PME du secteur doivent affronter la concurrence des grands groupes et une augmentation constante de leurs co\u00fbts de production. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, elles sont soumises \u00e0 de plus en plus de r\u00e9glementations. Mais la branche offre encore des perspectives int\u00e9ressantes aux PME qui savent se d\u00e9marquer en se montrant innovantes.\u00bb A l\u2019image de Gelato Mania, le secteur romand de l\u2019alimentaire a connu quelques belles r\u00e9ussites entrepreneuriales ces derni\u00e8res ann\u00e9es (lire leurs portraits).<\/p>\n<p>Ces entreprises profitent de l\u2019\u00e9volution des habitudes de consommation. \u00abLa tra\u00e7abilit\u00e9, l\u2019authenticit\u00e9 et le local repr\u00e9sentent les grandes tendances de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, souligne Christine Demen Meier, responsable du d\u00e9partement Entrepreneuriat et innovation \u00e0 l\u2019Ecole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne et titulaire de la chaire Food &amp; Beverage. M\u00eame la grande distribution met les produits locaux en avant. Marqu\u00e9s par les scandales \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition dans l\u2019industrie alimentaire, les consommateurs font de plus en plus attention \u00e0 ce qu\u2019ils mangent. L\u2019un des avantages du march\u00e9 romand est que les clients sont pr\u00eats \u00e0 payer un prix sup\u00e9rieur pour des produits de la r\u00e9gion et en ont les moyens, contrairement \u00e0 ceux de pays plus touch\u00e9s par la crise comme la France ou l\u2019Espagne.\u00bb<\/p>\n<p>Autre grand changement: en mati\u00e8re de go\u00fbts, les Suisses sont plus curieux et plus ouverts que par le pass\u00e9, notamment vis-\u00e0-vis des sp\u00e9cialit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res. Des soci\u00e9t\u00e9s locales se sont profil\u00e9es avec de nouveaux produits \u00e0 la mode comme les burgers, les cupcakes ou les sushis. \u00abLa globalisation, les possibilit\u00e9s de voyager et l\u2019influence des grandes cha\u00eenes de restauration ont chang\u00e9 la donne, explique Christine Demen Meier. Il suffit d\u2019observer la tendance dans les restaurants. Il y a vingt ans, ils proposaient tous les m\u00eames plats traditionnels. Aujourd\u2019hui, ils misent sur ce qui pourrait les diff\u00e9rencier des autres.\u00bb<\/p>\n<p>Les march\u00e9s \u00e9trangers offrent aussi des opportunit\u00e9s int\u00e9ressantes aux PME de la branche, notamment car la r\u00e9putation des produits suisses y est excellente. \u00abElles exportent davantage, note Michael K\u00fchn, de l\u2019organisation de promotion des exportations Switzerland Global Enterprise. A c\u00f4t\u00e9 des march\u00e9s traditionnels que sont l\u2019Union europ\u00e9enne et les Etats-Unis, de nouveaux d\u00e9bouch\u00e9s font leur apparition en Russie, en Asie et dans les pays arabes. Ce sont les produits \u00abpremium\u00bb qui marchent le mieux, une niche dans laquelle les PME peuvent se positionner avec succ\u00e8s.\u00bb<br \/>\n________<\/p>\n<p>PORTRAITS<\/p>\n<p><strong>Des biscuits nyonnais chez Harrods<\/strong><\/p>\n<p><em>Thierry Uldry a repris la biscuiterie Tante Agathe en 2003. Ces douceurs faites main s\u2019exportent aujourd\u2019hui dans le monde entier.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019odeur qui s\u2019\u00e9chappe de la petite manufacture des biscuits Tante Agathe \u00e0 Nyon ravive tr\u00e8s vite nos souvenirs d\u2019enfance. Le beurre, l\u2019anis, l\u2019orange\u2026 Les biscuits de No\u00ebl tout juste sortis du four. Reconnue pour son savoir-faire artisanal, la soci\u00e9t\u00e9, implant\u00e9e dans la ville vaudoise depuis le mois de septembre dernier vend ses sp\u00e9cialit\u00e9s dans le monde entier. Fond\u00e9e en 1954 \u00e0 Oron (VD), elle a pourtant risqu\u00e9 de dispara\u00eetre. Tout a chang\u00e9 le jour o\u00f9 Thierry Uldry, ancien CEO du groupe Caviar House, l\u2019a reprise en main en 2003, alors qu\u2019elle \u00e9tait au bord de la faillite.<\/p>\n<p>Nouveaux locaux, nouveau logo, le sp\u00e9cialiste de l\u2019alimentaire haut de gamme a offert une nouvelle jeunesse \u00e0 Tante Agathe. Si les biscuits ne se retrouvent pas en grande surface, c\u2019est parce que l\u2019entrepreneur a s\u00e9lectionn\u00e9 un canal de distribution bien pr\u00e9cis, celui des \u00e9piceries fines. \u00abEn 2003, j\u2019ai d\u00e9march\u00e9 directement quatre enseignes europ\u00e9ennes: Globus, Harrods \u00e0 Londres, les Galeries Lafayette et les boutiques Takashimaya \u00e0 Paris. Toutes ont accept\u00e9 de vendre nos biscuits.\u00bb Et l\u2019int\u00e9r\u00eat montr\u00e9 par ces prestigieuses enseignes a sensiblement fait augmenter la production de la manufacture.<\/p>\n<p>R\u00e9sultat: apr\u00e8s dix ans de d\u00e9veloppement, les C\u0153urs de l\u2019Oranger, produit phare de la soci\u00e9t\u00e9, s\u2019exportent dans plus de dix pays. L\u2019entrepreneur de 49 ans assure qu\u2019il ne s\u2019agit que de la premi\u00e8re phase de red\u00e9ploiement de la marque. \u00abPar le pass\u00e9, nous avons export\u00e9 dans 22 pays. Pour l\u2019ann\u00e9e 2014, nous souhaitons red\u00e9velopper cette distribution \u00e0 l\u2019international, en mettant la priorit\u00e9 sur les Etats-Unis. Notre nouvelle capacit\u00e9 de production dans notre manufacture de Nyon nous le permet.\u00bb<\/p>\n<p>Les 25 petites mains de l\u2019atelier pr\u00e9parent actuellement 500 tonnes de biscuits en une ann\u00e9e, contre cinq tonnes en 2003. \u00abMais nous restons des petits nains de la cha\u00eene de l\u2019agroalimentaire en Suisse! Une grosse entreprise produit en une journ\u00e9e ce que nous fabriquons en une ann\u00e9e.\u00bb Pr\u00e8s de 20% de la production part pour l\u2019\u00e9tranger et dans les boutiques hors taxes des a\u00e9roports.<\/p>\n<p>Le directeur insiste sur la qualit\u00e9 des biscuits Tante Agathe: \u00abNous voulons proposer quelque chose de compl\u00e9mentaire aux biscuits industriels. Ici, la p\u00e2te est faite au p\u00e9trin. Tous les ingr\u00e9dients sont nobles et nous favorisons les mati\u00e8res premi\u00e8res helv\u00e9tiques.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Un \u00e9levage de perches dans la montagne valaisanne<\/strong><\/p>\n<p><em>La soci\u00e9t\u00e9 Valperca utilise une source d\u2019eau d\u00e9couverte lors du percement du tunnel du L\u00f6tschberg pour sa production.<\/em><\/p>\n<p>\u00abNous nous inscrivons dans le patrimoine suisse, dans une tradition culinaire nationale, explique David Morard, co-directeur de l\u2019entreprise valaisanne de pisciculture Valperca, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la tr\u00e8s helv\u00e9tique perche du lac. C\u2019est ce qui explique notre succ\u00e8s.\u00bb La r\u00e9ussite de la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019explique aussi par son cr\u00e9neau unique: elle est la seule \u00e0 produire cette esp\u00e8ce de poisson en \u00e9levage, en se basant sur une technologie d\u00e9velopp\u00e9e par ses propres sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>Fond\u00e9e en 2007, Valperca a trouv\u00e9 son \u00e9lan gr\u00e2ce au percement du tunnel du L\u00f6tschberg et \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019un \u00e9coulement d\u2019eau de source. \u00abDe l\u2019eau pure, qui arrive en quantit\u00e9 \u00e0 une temp\u00e9rature de 19 degr\u00e9s. Parfait pour la perche\u00bb, se r\u00e9jouit David Morard. Les premiers mois du processus se d\u00e9roulent dans l\u2019\u00e9closerie de la PME situ\u00e9e \u00e0 Chavornay (VD). Les alevins sont ensuite transport\u00e9s sur le site de grossissement et de production de filets de Rarogne (VS). Malgr\u00e9 une consommation d\u2019\u00e9nergie importante, la d\u00e9marche de l\u2019entreprise se veut durable: pas d\u2019usage de m\u00e9dicament, l\u2019eau est r\u00e9utilis\u00e9e ainsi que les d\u00e9chets de poissons.<\/p>\n<p>Valperca, qui emploie 34 personnes et fournit principalement la grande distribution, Coop et Manor en t\u00eate, a produit 80 tonnes de filets en 2012 et vise 150 tonnes par an d\u2019ici 2015-2016. Elle envisage aussi de s\u2019agrandir pour d\u00e9velopper un \u00e9levage de sandres. \u00abLes Suisses consomment de plus en plus de poisson. Nous nous trouvons dans un secteur d\u2019avenir qui va encore beaucoup progresser, analyse le co-directeur. Le march\u00e9 est tr\u00e8s demandeur de produits locaux. Les consommateurs toujours plus sensibles \u00e0 l\u2019honn\u00eatet\u00e9 et \u00e0 l\u2019authenticit\u00e9 d\u2019un produit, ils exigent des m\u00e9thodes de fabrication transparentes. On assiste \u00e0 un retour aux bases, dans la grande distribution \u00e9galement.\u00bb<\/p>\n<p>Les clients sont pr\u00eats \u00e0 payer davantage pour ces garanties de qualit\u00e9. Alors que des filets de perches d\u2019importation sont disponibles sur le march\u00e9 \u00e0 partir de 35 francs le kilo, les produits de Valperca trouvent preneur \u00e0 69 francs le kilo. Malgr\u00e9 son succ\u00e8s, la soci\u00e9t\u00e9 jongle avec des investissements tr\u00e8s importants et des marges faibles. Mais cela n\u2019inqui\u00e8te pas David Morard. \u00abNous travaillons \u00e0 long terme et pr\u00e9voyons un retour sur investissement \u00e0 un horizon de 10 \u00e0 20 ans.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abNous avons plus de 300 parfums originaux\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Paolo Sottile a fond\u00e9 Gelato Mania en 1998. Italien n\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve, l\u2019entrepreneur poss\u00e8de aujourd\u2019hui quatre vitrines au bout du lac et deux franchises ailleurs en Suisse romande.<\/em><\/p>\n<p>Vous prendrez bien une glace cocktail de crevettes, ananas-basilic ou encore concombre-menthe? Loin des parfums conventionnels vanille, fraise ou fior di latte, les saveurs que propose Paolo Sottile, artisan glacier depuis 15 ans, peuvent surprendre. \u00abEt pourtant, nos clients en redemandent! Certains raffolent du parfum Cenovis que nous mettons en vente la semaine du 1er ao\u00fbt, sourit le fondateur de Gelato Mania. Ils veulent toujours conna\u00eetre les nouveaut\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Dessinateur en g\u00e9nie civil de formation, Paolo Sottile a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 30 ans de partir s\u2019initier \u00e0 l\u2019art de la glace dans une \u00e9cole en Italie. Il ouvre sa premi\u00e8re gelateria dans le quartier des P\u00e2quis \u00e0 Gen\u00e8ve en 1998. \u00ab\u00c0 cette \u00e9poque, il n\u2019y avait qu\u2019un glacier aux Eaux-Vives. Aujourd\u2019hui, le march\u00e9 des glaces artisanales s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9, mais il reste un produit de niche\u00bb, observe le glacier qui travaille essentiellement avec des produits de saison et de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Forte de son succ\u00e8s, la PME genevoise a cherch\u00e9 de nouveaux locaux d\u00e8s sa deuxi\u00e8me ann\u00e9e d\u2019activit\u00e9. Confectionnant \u00e0 l\u2019origine ses sorbets dans un laboratoire de 4m2, Paolo Sottile teste maintenant ses cr\u00e9ations dans un espace de 300 m2, en zone industrielle de Gen\u00e8ve. Toujours au plus pr\u00e8s de l\u2019\u00e9laboration et de la fabrication des glaces, ce p\u00e8re de deux enfants d\u00e9l\u00e8gue le gros des t\u00e2ches administratives \u00e0 deux collaboratrices fixes en charge de la gestion des magasins.<\/p>\n<p>Avec quatre points de vente au centre-ville, l\u2019entreprise compte une cinquantaine de collaborateurs saisonniers durant les 8 mois d\u2019ouverture, de mars \u00e0 octobre. En \u00e9t\u00e9, les enseignes de Gelato Mania, ouvertes 7 jours sur 7 de 11h \u00e0 minuit, ne d\u00e9semplissent pas. \u00abNous proposons d\u00e9sormais 23 parfums de glace en vitrine et quelques-unes de nos 300 cr\u00e9ations tournent chaque semaine.\u00bb L\u2019hiver, Paolo Sottile r\u00e9fl\u00e9chit aux nouveaux assemblages de saveurs r\u00e9alisables pour la saison suivante.<\/p>\n<p>Depuis peu, le glacier g\u00e8re \u00e9galement deux boutiques franchis\u00e9es sous l\u2019appellation \u00abLa Mucca\u00bb, \u00e0 Bulle et \u00e0 Lausanne. \u00abMais le syst\u00e8me de franchise est tr\u00e8s compliqu\u00e9 en Suisse\u00bb, regrette Paolo Sottile. L\u2019entrepreneur veut aussi d\u00e9velopper un service de consulting pour toute personne qui aimerait ouvrir son propre magasin de glace.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abNous avons d\u00fb nous professionnaliser\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>En dix ans, le sp\u00e9cialiste des l\u00e9gumes pr\u00eats \u00e0 consommer Sylvain &amp; Co a doubl\u00e9 son chiffre d\u2019affaires et ses effectifs.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019innovation? Elle fait partie de l\u2019ADN de l\u2019entreprise familiale de produits mara\u00eechers Sylvain &amp; Co. \u00abNous explorons constamment de nouvelles pistes pour faire \u00e9voluer l\u2019entreprise\u00bb, explique le directeur Sylvain Agassis. Son grand-p\u00e8re s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 avant-gardiste en construisant dans les ann\u00e9es 1960 une chambre froide pour la conservation des produits et en vendant ses l\u00e9gumes en paquets. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, son p\u00e8re est un des premiers en Suisse \u00e0 miser sur la commercialisation de l\u00e9gumes lav\u00e9s et emball\u00e9s pr\u00eats \u00e0 consommer, une activit\u00e9 qui constitue aujourd\u2019hui encore le gros des affaires de l\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Avec l\u2019arriv\u00e9e de Sylvain Agassis \u00e0 la direction en 1999, la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Essert-sous-Champvent (VD) conna\u00eet des transformations suppl\u00e9mentaires. Une nouvelle usine voit le jour avec un processus de production plus industrialis\u00e9. En phase avec les pr\u00e9occupations des consommateurs, le jeune directeur fait entrer l\u2019exploitation dans l\u2019\u00e8re du bio et se lance dans la livraison de paniers de fruits aux entreprises. Il redynamise l\u2019image de la soci\u00e9t\u00e9 avec un nouveau nom (Sylvain &amp; Co s\u2019appelait auparavant Prodague) et une nouvelle identit\u00e9 visuelle. Avec succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, 50&rsquo;000 sachets et barquettes de fruits, l\u00e9gumes et salades pr\u00eats \u00e0 consommer sortent chaque jour de l\u2019usine. Ils sont livr\u00e9s \u00e0 la grande distribution (70%), \u00e0 la restauration et \u00e0 l\u2019industrie alimentaire. La production maison n\u2019est pas suffisante pour faire tourner la machine: les fruits et l\u00e9gumes proviennent en grande partie d\u2019autres exploitations suisses, ou de l\u2019\u00e9tranger durant la saison froide. Le chiffre d\u2019affaires annuel a doubl\u00e9 durant la derni\u00e8re d\u00e9cennie pour atteindre 40 millions de francs. M\u00eame chose pour le nombre d\u2019employ\u00e9s: 160 personnes travaillent pour Sylvain &amp; Co, soit deux fois plus qu\u2019il y a dix ans.<\/p>\n<p>\u00abNous tablons sur une progression de 5% pour 2013. M\u00eame si nous r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e0 des relais de croissance future, nous sommes actuellement dans une phase de consolidation. Il y a 15 ans, le secteur comptait encore une vingtaine d\u2019acteurs. Aujourd\u2019hui nous ne sommes plus que sept. La multiplication des r\u00e9glementations nous a oblig\u00e9s \u00e0 nous professionnaliser, alors que la pression sur les prix n\u2019a cess\u00e9 d\u2019augmenter. Malgr\u00e9 tout, c\u2019est un m\u00e9tier qui offre encore de belles perspectives.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abLe sushi profite de l\u2019engouement pour la nourriture saine\u00bb <\/strong><\/p>\n<p><em>Cr\u00e9\u00e9e en 2002 \u00e0 Vuadens, en Gruy\u00e8re, l\u2019entreprise Sushi Mania vend jusqu\u2019\u00e0 22&rsquo;000 sushis par jour. Elle se classe parmi les leaders du march\u00e9 suisse.<\/em><\/p>\n<p>\u00abLe fondateur de Sushi Mania, Marc Durst, \u00e9tait responsable des bars ext\u00e9rieurs du Montreux Jazz Festival. C\u2019est d\u2019abord pour ravitailler cet espace qu\u2019il a mont\u00e9 un site de production de sushis en 2002\u00bb, raconte Julien Deschenaux, 35 ans et directeur de l\u2019entreprise depuis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Etablie dans l\u2019Atlantis Center de Vuadens (FR), la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9coule aujourd\u2019hui ses sushis dans toute la Suisse gr\u00e2ce \u00e0 deux grands distributeurs: Migros et Globus. \u00abCe sont les succursales Migros \u00e0 Zurich qui ont r\u00e9ellement fait d\u00e9coller notre production. D\u2019autre part, dans les filiales de Globus, nous avons aussi cinq sushis corners o\u00f9 les sp\u00e9cialit\u00e9s sont pr\u00e9par\u00e9es devant les clients.\u00bb<\/p>\n<p>Avec 60 collaborateurs fixes, dont 54 travaillant sur le site de production, Sushi Mania vend en moyenne 20\u2019000 \u00e0 22&rsquo;000 sushis par jour, avec un record \u00e0 50&rsquo;000 au mois d\u2019ao\u00fbt 2013. Bien au-del\u00e0 du record annuel de 2002, qui se chiffrait \u00e0 8100 sushis! Pour expliquer cette augmentation, Julien Deschenaux met en avant que de nombreux consommateurs cherchent \u00e0 manger plus sainement. \u00abLa finesse du sushi r\u00e9pond tout \u00e0 fait \u00e0 cette pr\u00e9occupation. Par ailleurs, la tendance favorise le bio et nous voulons aussi miser l\u00e0-dessus.\u00bb<\/p>\n<p>La curiosit\u00e9 des Suisses pour les plats asiatiques et les sushis grandit depuis plusieurs ann\u00e9es, et de nombreux acteurs ciblent ce march\u00e9. Mais la marge de progression du secteur reste importante car seule une faible partie de l\u2019ensemble de la population s\u2019int\u00e9resse aux nigiris et autres sashimis. \u00abCe n\u2019est toujours pas une habitude de consommation pour la majorit\u00e9 des Suisses. Gr\u00e2ce aux journ\u00e9es de d\u00e9gustation dans les magasins, nous parvenons \u00e0 faire conna\u00eetre nos produits et \u00e0 augmenter nos ventes.\u00bb<\/p>\n<p>Pour le jeune directeur fribourgeois, l\u2019\u00e9l\u00e9ment crucial sur ce march\u00e9 reste la qualit\u00e9 du riz utilis\u00e9 pour concevoir les sushis. \u00abLa fra\u00eecheur que demandent nos produits est aussi une contrainte pour l\u2019exportation, mais la distribution en Suisse nous donne d\u00e9j\u00e0 suffisamment de travail!\u00bb En flux tendu toute l\u2019ann\u00e9e, la soci\u00e9t\u00e9, dont le chiffre d\u2019affaires a atteint 10 millions de francs en 2012, s\u2019est \u00e9galement sp\u00e9cialis\u00e9e dans la gastronomie d\u2019autres pays asiatiques, en proposant des plats pr\u00e9par\u00e9s.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Collaboration: C\u00e9line Bilardo<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour s&rsquo;imposer sur le march\u00e9 de l&rsquo;alimentaire, des soci\u00e9t\u00e9s misent sur de nouvelles saveurs, de la glace au concombre aux perches du L\u00f6tschberg. Elle visent aussi les locavores. Portraits.<\/p>\n","protected":false},"author":19904,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4099","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4099","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19904"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4099"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4099\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4099"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4099"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4099"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}