



{"id":4089,"date":"2014-01-27T16:38:17","date_gmt":"2014-01-27T14:38:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4089"},"modified":"2021-11-10T17:01:33","modified_gmt":"2021-11-10T16:01:33","slug":"transparence-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4089","title":{"rendered":"Whistleblower: quand d\u00e9noncer est un besoin"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"Large20140127.jpg\" src=\"http:\/\/www.largeur.com\/wp-content\/uploads\/102013\/Large20140127.jpg\" alt=\"Large20140127.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Edward Snowden, l\u2019informaticien qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les pratiques de surveillance du renseignement am\u00e9ricain, vit sous garde arm\u00e9e en Russie dans un lieu secret. Bradley Manning, le jeune soldat qui a livr\u00e9 au public des milliers de c\u00e2bles diplomatiques am\u00e9ricains, vient d\u2019\u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 35 ans de prison. Et Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, croupit \u00e0 l\u2019ambassade d\u2019Equateur \u00e0 Londres depuis juillet 2012. Il s\u2019y est r\u00e9fugi\u00e9 pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre extrad\u00e9 aux Etats-Unis, o\u00f9 il risque la peine de mort.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e8s de la Suisse, l\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 Christoph Meili, qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019affaire des fonds en d\u00e9sh\u00e9rence dans les ann\u00e9es 1990, a d\u00fb fuir sa patrie, obtenant l\u2019asile politique aux Etats-Unis. Ces hommes ont choisi de briser la loyaut\u00e9 envers leur employeur ou de trahir leur pays pour faire \u00e9clater la v\u00e9rit\u00e9. Pourquoi ont-ils d\u00e9cid\u00e9 de parler, alors que les autres avaient choisi de se taire?<\/p>\n<p>Brian Richardson, professeur en communication de l\u2019Universit\u00e9 du Nord Texas, a \u00e9tabli une typologie comprenant trois types de donneurs d\u2019alerte. \u00abIl y a ceux qui sont en croisade, toujours \u00e0 l\u2019aff\u00fbt d\u2019un comportement \u00e0 d\u00e9noncer, les id\u00e9alistes qui sont pr\u00eats \u00e0 rapporter les abus qu\u2019ils constatent et les whistleblowers accidentels qui ne se rendent pas compte de la port\u00e9e de ce qu\u2019ils ont vu ou entendu et sont choqu\u00e9s par les effets de leurs r\u00e9v\u00e9lations.\u00bb<\/p>\n<p>Ceux qui tirent la sonnette d\u2019alarme sont souvent dot\u00e9s d\u2019un ego surdimensionn\u00e9: \u00abOn constate une tendance chez eux \u00e0 se montrer extravertis, dominateurs et peu aimables\u00bb, indique Brita Bjorkelo, une psychologue norv\u00e9gienne qui a men\u00e9 une \u00e9tude sur le sujet. Julian Assange est connu pour son narcissisme. \u00abJe serais pr\u00eat \u00e0 passer le reste de ma vie en prison en \u00e9change de la publication d\u2019une seule photo de moi dans les journaux du monde entier\u00bb, affirmait Bradley Manning juste avant ses r\u00e9v\u00e9lations.<\/p>\n<p>Paradoxalement, ils ont aussi une part de na\u00efvet\u00e9. La plupart des gens ont int\u00e9rioris\u00e9 le foss\u00e9 entre les valeurs qu\u2019on nous enseigne durant l\u2019enfance (dire la v\u00e9rit\u00e9, faire le bien, etc.) et la r\u00e9alit\u00e9. Pas les donneurs d\u2019alerte: ils sont choqu\u00e9s qu\u2019on vole, qu\u2019on mente ou qu\u2019on triche dans leur milieu professionnel, a constat\u00e9 Frederick Alford, professeur de psychologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Maryland.<\/p>\n<p><strong>Plus d&rsquo;Am\u00e9ricains que de Suisses <\/strong><\/p>\n<p>Mais la propension \u00e0 d\u00e9noncer les abus n\u2019est pas qu\u2019une affaire de personnalit\u00e9. \u00abCes whistleblowers s\u2019inscrivent dans une culture qui privil\u00e9gie l\u2019individualisme et le fait de dire tout haut ce qu\u2019on pense, analyse Louis Clark, le directeur du Government Accountability Project, une ONG de d\u00e9fense des whistleblowers. C\u2019est pour cela qu\u2019on en trouve beaucoup aux Etats-Unis.\u00bb Et moins au Japon. Ou en Suisse.<\/p>\n<p>\u00abOutre-Atlantique, il existe une multitude d\u2019organisations citoyennes dot\u00e9es d\u2019une armada d\u2019avocats, comme l\u2019American Civil Liberties Union, pr\u00eates \u00e0 d\u00e9fendre la libert\u00e9 de parole, compl\u00e8te St\u00e9phane Koch, un expert de la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019information qui enseigne notamment \u00e0 la Haute \u00e9cole de gestion de Gen\u00e8ve. Il est plus facile d\u2019y donner l\u2019alerte qu\u2019en Russie ou en Chine.\u00bb<\/p>\n<p>Le personnage du whistleblower fait partie de l\u2019imaginaire am\u00e9ricain. Qu\u2019il s\u2019agisse de Daniel Ellsberg, le fonctionnaire qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019\u00e9tendue du d\u00e9sastre au Vietnam dans les ann\u00e9es 1970 dans les Pentagon Papers, du policier justicier Frank Serpico, interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran par Al Pacino, ou de l\u2019\u00e9pop\u00e9e de Sherron Watkins, qui a tent\u00e9 d\u2019avertir sa direction du scandale qui a emport\u00e9 Enron d\u00e9but 2000, le donneur d\u2019alerte est une figure populaire outre-Atlantique. \u00abLes m\u00e9dias le d\u00e9crivent comme une sorte de David qui se bat contre un Goliath\u00bb, souligne Brian Richardson.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9mergence d\u2019une l\u00e9gislation favorable a \u00e9galement encourag\u00e9 les d\u00e9nonciations. \u00abCes dix derni\u00e8res ann\u00e9es, plusieurs lois ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es aux Etats-Unis qui am\u00e9liorent la protection des donneurs d\u2019alerte, indique Louis Clark. La plupart des employ\u00e9s du secteur priv\u00e9 et public sont d\u00e9sormais couverts.\u00bb La Grande-Bretagne, les pays scandinaves, l\u2019Afrique du Sud, l\u2019Australie et la Cor\u00e9e du Sud ont \u00e9galement introduit des lois pro-whistleblower. En Suisse, les fonctionnaires sont prot\u00e9g\u00e9s par la loi sur le personnel de la Conf\u00e9d\u00e9ration depuis 2011. Un projet de r\u00e9vision du Code des obligations, qui devait \u00e9tendre cette protection au priv\u00e9, a \u00e9t\u00e9 mis au placard par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral fin 2012.<\/p>\n<p><strong>Internet change la donne <\/strong><\/p>\n<p>Le contexte est en outre devenu plus favorable sur le plan technologique. \u00abGr\u00e2ce \u00e0 internet, il est d\u00e9sormais facile de ravir et de diffuser \u00e0 large \u00e9chelle des donn\u00e9es vol\u00e9es, fait remarquer Pascal Junod, professeur au d\u00e9partement des TIC de la Haute Ecole d\u2019Ing\u00e9nierie et de Gestion du Canton de Vaud. On peut d\u00e9sormais embarquer une grande quantit\u00e9 d\u2019informations sur un CD dissimul\u00e9 dans son sac \u00e0 dos.\u00bb C\u2019est ce qu\u2019a fait le banquier Herv\u00e9 Falciani en 2008 avec les donn\u00e9es de milliers de clients de HSBC.<\/p>\n<p>L\u2019impact des r\u00e9v\u00e9lations est amplifi\u00e9 par la caisse de r\u00e9sonance du web. \u00abLes plateformes comme Wikileaks ou Buggedplanet.info (une initiative des hackers allemands du Chaos Computer Club, ndlr) favorisent la d\u00e9nonciation d\u2019abus, tout en pr\u00e9servant l\u2019anonymat des donneurs d\u2019alerte\u00bb, compl\u00e8te St\u00e9phane Koch.<\/p>\n<p>Ces justiciers sont aussi influenc\u00e9s par une autre facette de la toile: la mouvance libertaire des hacktivistes. \u00abCes cercles, apparus dans les ann\u00e9es 1980, valorisent le respect int\u00e9gral de la vie priv\u00e9e, ainsi qu\u2019une libert\u00e9 de l\u2019information compl\u00e8te\u00bb, d\u00e9taille Pascal Junod. Ils s\u2019organisent autour d\u2019une s\u00e9rie de groupes (Anonymous, le Chaos Computer Club ou Lulzsec ), de forums (Reddit et 4chan) et de conf\u00e9rences (Defcon et Black Hat). Ils ont m\u00eame un parti politique, le Parti pirate.<\/p>\n<p>Bradley Manning et Edward Snowden s\u2019identifiaient clairement avec cette mouvance. Julian Assange a m\u00eame b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019aide d\u2019Anonymous, qui a inond\u00e9 en 2010 les sites de PayPal, Mastercard, Visa et PostFinance lorsque ceux-ci ont refus\u00e9 de servir de conduit financier \u00e0 Wikileaks. \u00abLes entreprises et administrations recrutent souvent des informaticiens au sein de la communaut\u00e9 des hackers pour effectuer des t\u00e2ches de surveillance, car ils ne trouvent pas ces comp\u00e9tences ailleurs, rel\u00e8ve Bernd Fix, l\u2019un des fondateurs du Chaos Computer Club. Au bout de quelques ann\u00e9es, ces jeunes d\u00e9cident qu\u2019ils ne veulent plus travailler pour ces instances et se retournent contre elles.\u00bb Un sc\u00e9nario qui colle parfaitement au parcours d\u2019Edward Snowden.<\/p>\n<p><strong>Justice ambigu\u00eb <\/strong><\/p>\n<p>Mais dans le fond, quel est l\u2019impact de ces donneurs d\u2019alerte sur la soci\u00e9t\u00e9? \u00abLe scandale de Watergate a fait tomber un pr\u00e9sident et les Pentagon Papers ont modifi\u00e9 la perception de la guerre du Vietnam\u00bb, note Louis Clark. En Suisse, l\u2019affaire des fonds en d\u00e9sh\u00e9rence n\u2019aurait pas eu lieu sans les r\u00e9v\u00e9lations de Christoph Meili. \u00abLes faits d\u00e9voil\u00e9s par Edward Snowden pourraient r\u00e9veiller la col\u00e8re de la population et pousser l\u2019Etat \u00e0 mieux r\u00e9guler la surveillance des citoyens\u00bb, estime Pascal Junod.<\/p>\n<p>Mais m\u00eame si ces donneurs d\u2019alerte parviennent \u00e0 faire \u00e9voluer les choses, ils sont les premiers \u00e0 subir les cons\u00e9quences de leurs actes. La justice a adopt\u00e9 une posture ambigu\u00eb \u00e0 leur encontre. Bradley Manning a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 35 ans de prison, mais Bradley Birkenfeld, l\u2019ex-employ\u00e9 d\u2019UBS qui a alert\u00e9 Washington sur l\u2019\u00e9vasion fiscale pratiqu\u00e9e par la banque suisse, a re\u00e7u une r\u00e9compense de 104 millions de dollars. La population est tout aussi ambivalente. David Ellsberg est consid\u00e9r\u00e9 comme un h\u00e9ros, mais 53% des Am\u00e9ricains pensent qu\u2019Edward Snowden devrait \u00eatre traduit en justice.<\/p>\n<p>Brita Bjorkelo a \u00e9tudi\u00e9 le traitement r\u00e9serv\u00e9 aux whistleblowers sur leur lieu de travail: \u00abIls sont souvent confront\u00e9s \u00e0 des insultes, ostracis\u00e9s, r\u00e9trograd\u00e9s \u00e0 un poste inf\u00e9rieur ou m\u00eame licenci\u00e9s.\u00bb \u00abCertains deviennent d\u00e9pressifs ou pr\u00e9sentent des sympt\u00f4mes analogues \u00e0 ceux d\u2019une personne souffrant de stress post-traumatique\u00bb, note la psychologue.<\/p>\n<p>Les ONG de d\u00e9fense des whistleblowers parlent du traitement \u00abnuts and sluts\u00bb: pour d\u00e9tourner l\u2019attention des abus, on se focalise sur le donneur d\u2019alerte, d\u00e9crit comme un fou ou une femme de m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res. N\u2019a-t-on pas affirm\u00e9 que le comportement de Bradley Manning \u00e9tait d\u00fb \u00e0 sa \u00abconfusion de genre\u00bb, lui qui veut changer de sexe? De m\u00eame, Christoph Meili a \u00e9t\u00e9 d\u00e9peint comme un marginal, car il \u00e9tait \u00e0 l\u2019assistance sociale.<br \/>\n________<\/p>\n<p>TEMOIGNAGE<\/p>\n<p><strong>\u00abJ&rsquo;ai agi par souci de justice\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Rudolf Elmer, ex-employ\u00e9 de la banque Julius B\u00e4r aux \u00eeles Ca\u00efmans, a livr\u00e9 \u00e0 Wikileaks des informations sur 2\u2019000 d\u00e9tenteurs de comptes offshore. <\/em><\/p>\n<p><strong>Pourquoi vous \u00eatre tourn\u00e9 vers Wikileaks?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai d\u2019abord essay\u00e9 d\u2019alerter la direction de la banque, mais elle n\u2019a rien voulu entendre. J\u2019ai m\u00eame \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9 en 2002. J\u2019ai ensuite averti la justice suisse, mais elle n\u2019a rien fait non plus. En 2005, j\u2019ai pass\u00e9 un mois en prison (pour avoir bris\u00e9 le secret bancaire et falsifi\u00e9 des documents, ndlr). Je me suis alors rendu compte que personne, en Suisse, n\u2019allait contrarier les banques et mettre en danger un syst\u00e8me vieux de plus de 100 ans qui avait rapport\u00e9 tant d\u2019argent au pays. Il ne me restait plus qu\u2019\u00e0 livrer mes informations au public, via Wikileaks.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que cela a \u00e9t\u00e9 un choix difficile?<\/strong><\/p>\n<p>Oui. Je suis un homme loyal, un Suisse typique: j\u2019ai fait l\u2019arm\u00e9e et une carri\u00e8re dans la banque. J\u2019ai d\u00fb faire un choix entre, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le droit de savoir des citoyens et, de l\u2019autre, les int\u00e9r\u00eats de la banque &#8212; mon employeur &#8212; et la loi. J\u2019ai opt\u00e9 pour les premiers, par souci de justice.<\/p>\n<p><strong>Quelles ont \u00e9t\u00e9 les cons\u00e9quences pour vous?<\/strong><\/p>\n<p>La banque m\u2019a menac\u00e9 et a fait suivre ma famille par des d\u00e9tectives priv\u00e9s. Mes amis et fr\u00e8res se sont d\u00e9tourn\u00e9s de moi. On m\u2019a m\u00eame enlev\u00e9 mon statut de parrain. Quant \u00e0 la presse, elle m\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 comme un malade mental et un voleur de donn\u00e9es. Ma cr\u00e9dibilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 an\u00e9antie.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>INTERNET<\/p>\n<p><strong>Les trolls hantent les bas-fonds de la toile<\/strong><\/p>\n<p>Le whistleblower et le hacktiviste ont un alter ego funeste: le troll. \u00abCe terme, apparu dans les ann\u00e9es 1980, faisait \u00e0 l\u2019origine r\u00e9f\u00e9rence aux membres de forums en ligne qui postaient des commentaires volontairement incendiaires pour faire r\u00e9agir et rep\u00e9rer les nouveaux venus\u00bb, relate Jonathan Bishop, un sp\u00e9cialiste gallois du trolling. lI sert aujourd\u2019hui \u00e0 d\u00e9crire un personnage peu rago\u00fbtant, qui transgresse toutes les r\u00e8gles de la biens\u00e9ance virtuelle \u00abpour son seul plaisir malsain\u00bb, poursuit le chercheur, qui a fond\u00e9 une ONG contre l\u2019intimidation en ligne. Tapi dans l\u2019ombre de la toile, il publie des opinions controvers\u00e9es dans les forums de discussion, poste des insultes sur les murs Facebook et sature les pages des commentaires des blogs.<\/p>\n<p>Son but? D\u00e9marrer une \u00abflame war\u00bb, un \u00e9change de propos col\u00e9riques. Plusieurs cas extr\u00eames ont fait la une des journaux. En 2010, un troll australien a post\u00e9 des commentaires et des montages photo d\u00e9gradants sur un site internet cr\u00e9\u00e9 en l\u2019honneur de deux enfants assassin\u00e9s. En 2012, un Anglais tapissait d\u2019obsc\u00e9nit\u00e9s le mur Facebook d\u2019une adolescente qui s\u2019\u00e9tait suicid\u00e9e. \u00abLe profil typique est celui d\u2019un homme dans la vingtaine, au ch\u00f4mage, qui s\u2019attaque aux gens qu\u2019il per\u00e7oit comme plus chanceux que lui, d\u00e9taille Jonathan Bishop. Derri\u00e8re cette agressivit\u00e9 se cache de la jalousie et un manque de confiance en soi.\u00bb L\u2019anonymat de la toile et la distance qu\u2019elle cr\u00e9e avec sa victime lui facilitent la t\u00e2che.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 6).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les lanceurs d&rsquo;alerte sont des \u00eatres souvent narcissiques, guid\u00e9s par un sens aigu de la justice. L\u2019\u00e9mergence de Wikileaks leur a donn\u00e9 un pouvoir sans pr\u00e9c\u00e9dent. <\/p>\n","protected":false},"author":19062,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4089","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4089","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19062"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4089"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4089\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12300,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4089\/revisions\/12300"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4089"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4089"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4089"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}