



{"id":4026,"date":"2013-10-31T12:18:24","date_gmt":"2013-10-31T10:18:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=4026"},"modified":"2013-10-31T22:09:44","modified_gmt":"2013-10-31T20:09:44","slug":"coworking","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=4026","title":{"rendered":"Ces entreprises qui vivent en colocation"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/102013\/Mailboxes.JPG\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" title=\"Mailboxes.JPG\" alt=\"Mailboxes.JPG\" \/><\/p>\n<p>Import-export de crevettes, d\u00e9veloppement d\u2019applications, traduction, finance, art-th\u00e9rapie, cr\u00e9ation de jeux vid\u00e9o, lancement d\u2019un nouveau concept de chambre \u00e0 air pour les v\u00e9los: ces activit\u00e9s n\u2019ont a priori rien en commun. A Gen\u00e8ve, dans une petite rue du centre-ville, elles se retrouvent pourtant toutes sous un m\u00eame toit: la Muse.<\/p>\n<p>En ce lundi de septembre, le bouillonnant espace de coworking se pr\u00e9pare \u00e0 son pique-nique de r\u00e9seautage hebdomadaire. Un petit groupe d\u2019int\u00e9ress\u00e9s, venus de l\u2019ext\u00e9rieur pour participer \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement, est emmen\u00e9 tambour battant pour une visite des locaux de 300 m\u00e8tres carr\u00e9s: sur trois niveaux, un d\u00e9dale d\u2019espaces de travail o\u00f9 des coworkers concentr\u00e9s pianotent sur leur laptop, d\u2019escaliers grin\u00e7ants, de mezzanines et de salles de r\u00e9union.\u00a0<\/p>\n<p>Le tour se termine dans les profonds canap\u00e9s du rez-de-chauss\u00e9e. A tour de r\u00f4le, un sandwich \u00e0 la main, chaque participant pr\u00e9sente son projet. \u00abEst-ce que tu as un besoin particulier?\u00bb, demande Laszlo Olivet, le collaborateur de la Muse qui anime la s\u00e9ance, apr\u00e8s chaque pr\u00e9sentation. \u00abJe pars pour Boston. Est-ce que quelqu\u2019un conna\u00eet la ville? Auriez-vous de bons tuyaux \u00e0 me donner?\u00bb, r\u00e9pond une participante. \u00abJe travaille dans la transmission d\u2019entreprises et suis toujours \u00e0 la recherche de futurs managers\u00bb, dit un autre.<\/p>\n<p>La Muse, qui a vu le jour en 2009 et ouvert un second local \u00e0 Lausanne en 2012, rassemble une trentaine de personnes \u00e0 Gen\u00e8ve. La Suisse romande compte aujourd\u2019hui un peu moins d\u2019une dizaine de lieux de coworking (en fran\u00e7ais litt\u00e9ral \u00abcotravail\u00bb), un type d\u2019organisation qui rencontre un int\u00e9r\u00eat croissant. Le concept a vu le jour aux Etats-Unis en 2005. Il r\u00e9unit alors des ind\u00e9pendants qui souhaitent rompre avec la solitude du travail \u00e0 domicile et l\u2019inconfort des longs apr\u00e8s-midis de r\u00e9union dans des coffee shops. En Suisse, le partage de bureau n\u2019est pas une pratique nouvelle. Les ind\u00e9pendants qui louent une place de travail dans les locaux d\u2019une entreprise ne sont pas rares. Plus organis\u00e9s, les centres d\u2019affaire proposent des bureaux \u00e9quip\u00e9s dans des espaces o\u00f9 se trouvent d\u2019autres locataires. Ce qui distingue le coworking, c\u2019est l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit.<\/p>\n<p>Ces espaces se consid\u00e8rent avant tout comme des communaut\u00e9s: les membres se connaissent et \u00e9changent, forment un r\u00e9seau dont ils tirent \u00e9nergie et inspiration. Une autre caract\u00e9ristique du mod\u00e8le r\u00e9side dans sa flexibilit\u00e9: on peut \u00eatre coworker \u00e0 plein temps ou pour une apr\u00e8s-midi de mani\u00e8re ponctuelle. L\u2019acc\u00e8s au lieu comprend en g\u00e9n\u00e9ral l\u2019usage d\u2019une table, d\u2019une salle de r\u00e9union, du wifi, de l\u2019imprimante, d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone et de la machine \u00e0 caf\u00e9. Les prix varient en fonction de la formule choisie &#8211; en moyenne entre 250 et 550 francs par mois pour les membres r\u00e9guliers.<\/p>\n<p><strong>Comme \u00e0 la Silicon Valley<\/strong><\/p>\n<p>Cette nouvelle forme de colocation rassemble avant tout des ind\u00e9pendants. Mais elle s\u00e9duit aussi  les entreprises. Direkt Collections, une PME active dans la vente par correspondance d\u2019objets de collection, a pris ses quartiers \u00e0 la Muse de Gen\u00e8ve en juillet 2013, comme trois autres \u00abentreprises r\u00e9sidentes\u00bb du lieu. Pour 1000 francs par mois, la soci\u00e9t\u00e9 qui emploie quatre personnes \u00e0 Gen\u00e8ve et trois en Chine occupe un bureau semi-ferm\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tage sup\u00e9rieur du complexe. Sarah Reckefuss, sa directrice, a opt\u00e9 pour cette solution en raison du prix avantageux et pour b\u00e9n\u00e9ficier du r\u00e9seau. \u00abNous appr\u00e9cions le fait de c\u00f4toyer des gens de tous horizons, qui travaillent dans des domaines compl\u00e8tement diff\u00e9rents du n\u00f4tre, et profitons des exp\u00e9riences et des comp\u00e9tences des uns et des autres. Nous confions par exemple des mandats aux deux traductrices qui se trouvent dans la maison. L\u2019atmosph\u00e8re tr\u00e8s d\u00e9tendue et stimulante rappelle un peu l\u2019image que l\u2019on se fait de la Silicon Valley!\u00bb <\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019organisation du lieu de travail, se trouver dans un espace accessible et ouvert n\u2019engendre aucun probl\u00e8me. \u00abNous faisons totalement confiance aux autres personnes et savons que nous pouvons compter sur leur discr\u00e9tion. Pour ce qui est du mat\u00e9riel, nous disposons d\u2019une armoire pour stocker nos affaires et nous avons adopt\u00e9 une strat\u00e9gie \u00abclean desk\u00bb, ce qui signifie que chaque collaborateur d\u00e9barrasse chaque soir son bureau.\u00bb<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de Lausanne, dans un autre espace de coworking, l\u2019Eclau, l\u2019entreprise de marketing online Dimando se sent aussi tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise. J\u00f6rg Heynen, qui a cofond\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans la prospection et la fid\u00e9lisation de client\u00e8le sur internet \u00e0 Schaffhouse en 2008, a opt\u00e9 pour cette solution en d\u00e9m\u00e9nageant \u00e0 Lausanne en 2012. \u00abJe trouve de l\u2019inspiration dans les contacts et les discussions avec les autres membres de l\u2019Eclau, m\u00eame lorsqu\u2019il s\u2019agit de sujets qui n\u2019ont rien \u00e0 voir avec mon activit\u00e9. Cela me permet de d\u00e9velopper de nouvelles id\u00e9es\u00bb, se r\u00e9jouit le jeune entrepreneur de 31 ans. Suite \u00e0 une conversation sur l\u2019offre de l\u00e9gumes bio de la r\u00e9gion, il a par exemple propos\u00e9 \u00e0 un client actif dans la livraison \u00e0 domicile de revoir son offre pour proposer autre chose que du fast-food. <\/p>\n<p>Dimando profite aussi de la pr\u00e9sence des autres personnes qui travaillent dans le web. \u00abSi je manque de ressources pour un projet, je peux me tourner vers eux. A l\u2019inverse, si un des coworkers a besoin d\u2019un service que je peux fournir, il va naturellement se tourner vers moi: il me conna\u00eet, sait comment je travaille, voit ce que je fais de mani\u00e8re quotidienne. Il n\u2019a pas besoin de d\u00e9penser des ressources pour trouver la bonne entreprise.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un mod\u00e8le d\u2019avenir<\/strong><\/p>\n<p>Le coworking et l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il suscite ne fait \u00e0 l\u2019heure actuelle pas l\u2019objet de recherches approfondies en Suisse. Mais son succ\u00e8s ne surprend pas. Mathias Rossi, professeur \u00e0 la Haute Ecole de gestion de Fribourg, y voit un moyen pour les jeunes entrepreneurs et les ind\u00e9pendants de mieux g\u00e9rer les soucis quotidiens auxquels ils sont confront\u00e9s. \u00abLes \u00e9tudes sur la sant\u00e9 au travail r\u00e9v\u00e8lent que le stress, la solitude et la difficult\u00e9 de concilier vie professionnelle et vie priv\u00e9e constituent des facteurs de risque important. Pour un ind\u00e9pendant ou un dirigeant de start-up, le fait de pouvoir \u00e9changer au quotidien avec des personnes dans la m\u00eame situation mais avec lesquelles il n\u2019est pas n\u00e9cessairement en concurrence directe permet de mieux g\u00e9rer ce type de soucis. Apr\u00e8s avoir beaucoup mis\u00e9 sur les r\u00e9seaux virtuels, on r\u00e9alise peut-\u00eatre que les r\u00e9seaux \u00ab\u00e0 l\u2019ancienne\u00bb sont plus s\u00fbrs et apportent de meilleurs r\u00e9sultats.\u00bb<\/p>\n<p>J\u00f6rg Heynen, cofondateur de Dimando, appr\u00e9cie aussi la grande flexibilit\u00e9 du mod\u00e8le: pas besoin de signer un bail pour une ann\u00e9e enti\u00e8re, ni d\u2019investir dans l\u2019infrastructure. Et si le nombre d\u2019employ\u00e9s fluctue, la soci\u00e9t\u00e9 ne se retrouve pas \u00e0 l\u2019\u00e9troit ou avec trop d\u2019espace inutilis\u00e9. \u00abAu d\u00e9part, j\u2019ai choisi le coworking car je travaillais seul et que la vie de bureau me manquait. Depuis, j\u2019ai engag\u00e9 deux personnes, mais elles sont ravies de se trouver dans cet environnement.\u00bb <\/p>\n<p>L\u2019entrepreneur r\u00eave certes de voir sa soci\u00e9t\u00e9 se d\u00e9velopper, mais pas de poss\u00e9der ses propres locaux et il souhaiterait pouvoir poursuivre ses activit\u00e9s dans un endroit tel que l\u2019Eclau, m\u00eame avec davantage d\u2019employ\u00e9s. \u00abPour ma g\u00e9n\u00e9ration, cette mani\u00e8re de travailler, de d\u00e9velopper des id\u00e9es en commun, semble naturelle. A mes yeux, c\u2019est le mod\u00e8le du futur. Quand on est en vase clos dans sa PME, on arr\u00eate de voir autour de soi. Je peux tr\u00e8s bien imaginer \u00e0 l\u2019avenir des entreprises qui se regroupent sous un m\u00eame toit simplement pour pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier de la cr\u00e9ativit\u00e9 des autres.\u00bb<\/p>\n<p>En Suisse romande, les espaces de coworking ne voient pas encore si grand. La plupart ne sont adapt\u00e9s que pour les tr\u00e8s petites PME. Mais la tendance, d\u00e9j\u00e0 implant\u00e9e aux Etats-Unis, pourrait bien s\u2019imposer dans la r\u00e9gion. Elle est en marche outre-Sarine. Colab, un nouveau venu dans le paysage du coworking, qui a ouvert ses portes \u00e0 Zurich au printemps 2013, accueille par exemple une entreprise de 25 employ\u00e9s.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tendance venue des Etats-Unis, le coworking fleurit en Suisse romande. Ce mod\u00e8le de partage de locaux s\u00e9duit les ind\u00e9pendants, mais aussi les PME. <\/p>\n","protected":false},"author":19904,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-4026","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19904"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4026"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4026\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4026"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}