



{"id":3996,"date":"2013-09-23T18:03:30","date_gmt":"2013-09-23T16:03:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3996"},"modified":"2014-03-18T11:05:24","modified_gmt":"2014-03-18T09:05:24","slug":"finance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3996","title":{"rendered":"Et si Swatch sortait de Bourse?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.largeur.com\/wp-content\/uploads\/072013\/Large20130923.jpg\" alt=\"Large20130923.jpg\" title=\"Large20130923.jpg\" border=\"0\" height=\"310\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>\u00abSi c\u2019\u00e9tait possible, nous pr\u00e9f\u00e9rerions ne pas \u00eatre cot\u00e9s.\u00bb Cette petite phrase a \u00e9t\u00e9 l\u00e2ch\u00e9e par le patron de Swatch Group, Nick Hayek, fin octobre 2012 dans un entretien au magazine \u00abLa Banque Suisse\u00bb. Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que le groupe biennois menace de se retirer de la Bourse. En 2008, Nicolas Hayek (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2010) affirmait d\u00e9j\u00e0: \u00abLe march\u00e9 boursier n\u2019est pas un endroit int\u00e9ressant pour des entreprises comme Swatch.\u00bb Le d\u00e9bat a \u00e9galement agit\u00e9 Bobst, Von Roll ou OC Oerlikon \u00e0 diverses \u00e9poques. On se souvient aussi qu\u2019en 2002 le patron d\u2019EMS Chemie, Christoph Blocher, avait voulu tourner le dos au SIX Swiss Exchange, mais ses enfants avaient refus\u00e9 de le suivre.<\/p>\n<p>Des entreprises suisses ont pourtant franchi le pas. Au printemps 2003, Hero, Zellweger Luwa, Hilti et Unigestion ont toutes quitt\u00e9 la Bourse en l\u2019espace de quelques mois. Elles ont \u00e9t\u00e9 suivies par M\u00f6venpick en novembre 2006, par Tec-Sem Group en 2009 et par Lenzerheide Bergbahnen en 2011. A l\u2019\u00e9tranger, le groupe fran\u00e7ais Clarins, l\u2019italien Cremonini ou le chinois Focus Media ont \u00e9galement choisi cette voie.<\/p>\n<p>Pourquoi une telle aversion pour la Bourse? \u00abUne cotation ne fait sens que si une firme a besoin de trouver du capital, par le biais d\u2019une lev\u00e9e de fonds publics, indique Philipp Hofstetter, associ\u00e9 en conseil \u00e9conomique aupr\u00e8s de PricewaterhouseCoopers. Si l\u2019entreprise a d\u2019autres sources de financement, des capitaux priv\u00e9s ou des pr\u00eats bancaires, elle peut tr\u00e8s bien s\u2019en passer.\u00bb Le cas de Clarins l\u2019illustre: la soci\u00e9t\u00e9 aux mains des deux fr\u00e8res Courtin-Clarins avait \u00e9t\u00e9 introduite en Bourse en 1984 \u00abpour aider \u00e0 financer de nouvelles activit\u00e9s, comme le lancement d\u2019une ligne de maquillage en 1991 ou l\u2019entr\u00e9e sur le segment des parfums avec Azzaro et Thierry Mugler\u00bb, indique Elisabeth Metzger, porte-parole suisse du groupe. Une fois ces objectifs atteints, l\u2019entreprise fran\u00e7aise a renonc\u00e9 \u00e0 sa cotation.<\/p>\n<p><strong>Surtout des soci\u00e9t\u00e9s de taille moyenne<\/strong><\/p>\n<p>Une sortie de Bourse peut prendre deux formes. \u00abIl arrive qu\u2019une firme soit rachet\u00e9e par une soci\u00e9t\u00e9 plus grande, qui en assure le financement et d\u00e9cide de la soustraire \u00e0 la Bourse, explique Philipp Hofstetter. C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 lors du rachat de Schulthess par le su\u00e9dois NIBE Industrier AB en 2011.\u00bb Le \u00abgoing private\u00bb peut aussi prendre la forme d\u2019un rachat par un actionnaire majoritaire, en g\u00e9n\u00e9ral une famille, des parts d\u00e9tenues par les actionnaires minoritaires.<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie est privil\u00e9gi\u00e9e par des entreprises de taille moyenne, qui souffrent de la charge de travail li\u00e9e \u00e0 la publication r\u00e9guli\u00e8re des comptes et dont les titres int\u00e9ressent peu les boursicoteurs. \u00abLorsqu\u2019une firme valant moins de 200 millions de francs est cot\u00e9e en Bourse, elle n\u2019attire pas les gros investisseurs &#8212; notamment les institutionnels &#8212; car la proportion de titres n\u00e9gociables est trop faible\u00bb, note Philipp Hofstetter.<\/p>\n<p>L\u2019argovienne Hero s\u2019est retrouv\u00e9e dans cette situation avant son rachat par le groupe allemand Arend Oetker Holding, qui en d\u00e9tenait d\u00e9j\u00e0 74%: durant les six mois pr\u00e9c\u00e9dant la vente, le volume moyen des \u00e9changes s\u2019est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 1\u2019223 actions par jour \u00e0 un cours moyen de 146 francs, ce qui repr\u00e9sentait une valeur quotidienne de 180\u2019000 francs. Or, pour que le titre Hero ait du succ\u00e8s, il aurait fallu que ce montant atteigne au moins 1 million de francs par jour.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence en Bourse peut m\u00eame se retourner contre l\u2019entreprise. \u00abLorsqu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 a beaucoup de petits actionnaires, il n\u2019est pas rare que son cours se mette \u00e0 fluctuer de mani\u00e8re tr\u00e8s impr\u00e9visible\u00bb, indique Philipp Hofstetter. En 2008, le titre de Bobst a par exemple chut\u00e9 \u00e0 22 francs avant de fr\u00f4ler les 95 francs en l\u2019espace de quelques mois. Juste avant son retrait de la Bourse, le titre de Hilti \u00e9tait syst\u00e9matiquement sous-\u00e9valu\u00e9 par rapport \u00e0 sa valeur r\u00e9elle, malgr\u00e9 un bilan robuste.<\/p>\n<p>Les grands groupes internationaux ne sont pas \u00e9pargn\u00e9s par ce ph\u00e9nom\u00e8ne. \u00abLes cours de la Bourse sont manipul\u00e9s de A \u00e0 Z par les rumeurs, les demi-v\u00e9rit\u00e9s et des analyses superficielles, estimait Nick Hayek en octobre dernier dans les pages de La Banque Suisse. Rares sont ceux qui examinent \u00e0 t\u00eate repos\u00e9e le d\u00e9veloppement \u00e0 long terme d\u2019une entreprise.\u00bb Malgr\u00e9 le b\u00e9n\u00e9fice record enregistr\u00e9 par Swatch en 2007, plusieurs fonds d\u2019investissements am\u00e9ricains avaient revendu leurs parts dans le groupe biennois, par besoin de liquidit\u00e9s. Celui-ci a pourtant vu son cours exploser ces derni\u00e8res ann\u00e9es: le titre de Swatch a cr\u00fb de 495% en quinze ans et de 26,7% uniquement en 2012.<\/p>\n<p><strong>Reprendre le contr\u00f4le<\/strong><\/p>\n<p>Le m\u00eame ras-le-bol a accompagn\u00e9 les derniers jours en Bourse de Clarins. \u00abNous \u00e9tions submerg\u00e9s par des rumeurs incessantes de rachat par LVMH ou L\u2019Or\u00e9al, se souvient Elisabeth Metzger. D\u00e8s que l\u2019un de nos patrons sortait d\u00e9jeuner avec celui d\u2019un autre groupe, les bruits repartaient de plus belle.\u00bb Le groupe fran\u00e7ais souhaitait aussi r\u00e9cup\u00e9rer le contr\u00f4le sur sa strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement. \u00abLes investisseurs avaient une vision \u00e0 court terme qui ne correspondait pas \u00e0 nos objectifs de croissance. Nous voulions avant tout conforter nos acquis et affermir notre marque.\u00bb A l\u2019interne, la sortie de Bourse de Clarins avait \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9e \u00abOp\u00e9ration Libert\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abLe fait de ne plus \u00eatre cot\u00e9e permet \u00e0 une entreprise de faire des projets sur le long terme, confirme Philipp Hofstetter. Elle n\u2019a, par exemple, plus besoin de s\u2019inqui\u00e9ter des effets sur son cours d\u2019une perte temporaire provoqu\u00e9e par un investissement important.\u00bb Enfin, une sortie de Bourse peut \u00eatre motiv\u00e9e par un souci de discr\u00e9tion. \u00abUne soci\u00e9t\u00e9 non cot\u00e9e n\u2019a plus les m\u00eames obligations de transparence, souligne Dominique Biedermann, le directeur d\u2019Ethos, une fondation repr\u00e9sentant les actionnaires. Elle peut, par exemple, choisir de ne plus divulguer \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale le montant de la r\u00e9mun\u00e9ration de la direction.\u00bb<\/p>\n<p>Mais, malgr\u00e9 ces avantages, une sortie de Bourse co\u00fbte cher. \u00abPour inciter les actionnaires minoritaires \u00e0 vendre, on doit en g\u00e9n\u00e9ral leur proposer une prime de l\u2019ordre de 20 \u00e0 40% de la valeur de l\u2019action\u00bb, rel\u00e8ve Dominique Biedermann. Swatch estimait en 2003 qu\u2019il devrait contracter 4 ou 5 milliards de dettes pour mener \u00e0 bien une telle op\u00e9ration. Le prix serait encore plus \u00e9lev\u00e9 aujourd\u2019hui, en raison de la forte valorisation du groupe.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans Swissquote Magazine (no 3 \/ 2013).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Renoncer \u00e0 une cotation sur les march\u00e9s financiers est une op\u00e9ration co\u00fbteuse. Certaines compagnies franchissent n\u00e9anmoins le pas, pour \u00e9chapper \u00e0 la tyrannie du court terme. <\/p>\n","protected":false},"author":19062,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3996","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3996","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19062"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3996"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3996\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3996"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3996"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3996"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}