



{"id":3972,"date":"2013-08-20T18:21:24","date_gmt":"2013-08-20T16:21:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3972"},"modified":"2013-08-20T22:26:33","modified_gmt":"2013-08-20T20:26:33","slug":"start-up","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3972","title":{"rendered":"Par ici l\u2019innovation"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/072013\/EditionLargeur_20082013.png\" alt=\"EditionLargeur_20082013.png\" title=\"EditionLargeur_20082013.png\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Le dernier classement de l\u2019Organisation mondiale pour la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle place la Suisse au premier rang mondial de l\u2019innovation. Elle devance la Su\u00e8de, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les Etats-Unis. Bas\u00e9e sur 84 indicateurs, l\u2019\u00e9tude classe Hong Kong et Singapour respectivement au 7e et au 8e rang. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la Suisse est devenue une habitu\u00e9e des bons r\u00e9sultats en mati\u00e8re d\u2019innovation.<\/p>\n<p>Ces excellentes performances ne permettent cependant pas de se reposer sur des lauriers. Cr\u00e9er une entreprise en Suisse reste un parcours sem\u00e9 d\u2019emb\u00fbches et de nombreuses start-up ne deviennent jamais rentables. Les emplois qu\u2019elles cr\u00e9ent restent faibles (quelques milliers). Et les 80% des brevets d\u00e9pos\u00e9s ne proviennent que de 12 entit\u00e9s, de quelques soci\u00e9t\u00e9s et des grandes \u00e9coles polytechniques.<\/p>\n<p>Reste que chaque projet entrepreneurial raconte une aventure passionnante, comme en t\u00e9moigne les exemples de cet article, choisis pour l\u2019originalit\u00e9 de leur produit ou de leur strat\u00e9gie commerciale.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Antidot Drink<\/strong><br \/>\n<strong>Une boisson valaisanne contre la gueule de bois<\/strong><\/p>\n<p><em>Avec son id\u00e9e ramen\u00e9e d\u2019Asie, la start-up Antidot Drink commercialise avec succ\u00e8s une boisson particuli\u00e8rement ad\u00e9quate en Valais, mais qui vise aussi l\u2019exportation.<\/em><\/p>\n<p>Se r\u00e9veiller frais et dispo au lendemain d\u2019une nuit arros\u00e9e? Apaiser un estomac troubl\u00e9 par un repas copieux? Antidot Drink commercialise \u00abActidot\u00bb, une boisson \u00abfavorisant le bien-\u00eatre apr\u00e8s une soir\u00e9e festive\u00bb. Le produit \u00e0 base de plantes et de citron, qui doit \u00eatre consomm\u00e9 avant d\u2019aller se coucher, poss\u00e8de des vertus digestives et calme naus\u00e9es et maux de t\u00eates.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019id\u00e9e a vu le jour lors d\u2019un voyage en Tha\u00eflande en 2011, racontent les fondateurs de l\u2019entreprise, Renaud Jubin et Maxime Flury, tous deux \u00e2g\u00e9s de 26 ans et originaires respectivement du Jura et de Neuch\u00e2tel. Nous avons essay\u00e9 une boisson de ce type \u2014 avec de super r\u00e9sultats \u2014 et d\u00e9cid\u00e9 de ramener le concept en Suisse.\u00bb<\/p>\n<p>Pour \u00e9laborer leur \u00e9lixir \u00absuisse et bio\u00bb, Renaud Jubin et Maxime Flury se tournent vers le Valais, p\u00f4le de connaissance en mati\u00e8re de phytologie, o\u00f9 ils mandatent un laboratoire et un herboriste. C\u2019est aussi en Valais que la start-up trouve locaux et r\u00e9seau, \u00e0 l\u2019Espace Cr\u00e9ation de Sion.<\/p>\n<p>Une fois la formulation arr\u00eat\u00e9e, les deux entrepreneurs testent leur cr\u00e9ation lors de diff\u00e9rentes manifestations, notamment la F\u00eate des vendanges. \u00abNous avons obtenu des retours tr\u00e8s positifs, relate Renaud Jubin. L\u2019originalit\u00e9 repr\u00e9sente un avantage: les gens aiment les nouveaut\u00e9s et veulent en \u00eatre inform\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Lanc\u00e9 sur le march\u00e9 en octobre 2012, Actidot est disponible dans 80 points de vente en Suisse romande &#8212; pharmacies, droguerie, magasins sp\u00e9cialis\u00e9s et bars &#8212; au prix de cinq francs la bouteille. \u00abNous en avons \u00e9coul\u00e9 20\u2019000, un r\u00e9sultat tr\u00e8s satisfaisant, poursuit Renaud Jubin. Mais il faut passer \u00e0 l\u2019\u00e9tape sup\u00e9rieure. Face \u00e0 la forte demande, nous r\u00e9alisons que nous ne pouvons pas g\u00e9rer seuls notre distribution.\u00bb La PME affiche clairement ses ambitions: elle entend s\u2019attaquer au march\u00e9 al\u00e9manique dans les mois \u00e0 venir et r\u00eave d\u2019exportation. Elle table sur 100\u2032000 unit\u00e9s pour l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e 2013 et compte atteindre la rentabilit\u00e9 en 2014.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Newton<\/strong><br \/>\n<strong>Les baskets de sept lieues<br \/>\n<\/strong><br \/>\n<em>Comment s\u2019imposer sur le march\u00e9 des chaussures de sport sans budget marketing? L\u2019ancienne athl\u00e8te Larissa Kleinmann a sa petite id\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p>Larissa Kleinmann est une entrepreneuse qui connait parfaitement son produit. Et pour cause: cette ancienne coureuse d\u2019\u00e9lite, membre de l\u2019\u00e9quipe nationale allemande durant plus de dix ans, vend des chaussures de course \u00e0 pied. Elle a acquis une franchise de la marque am\u00e9ricaine Newton d\u00e9but 2013 et a cr\u00e9\u00e9 l\u2019entit\u00e9 \u00abNewton Switzerland\u00bb. Une id\u00e9e audacieuse dans un march\u00e9 d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9 par des acteurs nombreux et puissants. \u00abJ\u2019ai \u00e9videmment fait le m\u00eame constat initial, mais j\u2019ai \u00e9t\u00e9 convaincue par ce produit et j\u2019ai confiance en la logique du consommateur: s\u2019il arrive \u00e0 courir mieux et plus vite avec ces baskets, il va les acheter.\u00bb<\/p>\n<p>En attendant de savoir si l\u2019avenir lui donnera raison, Larissa Kleinmann, dipl\u00f4m\u00e9e en \u00e9conomie dans une universit\u00e9 am\u00e9ricaine, a peaufin\u00e9 sa strat\u00e9gie. \u00abMa question de d\u00e9part \u00e9tait, comment conqu\u00e9rir ce march\u00e9 sans budget marketing? J\u2019ai vite renonc\u00e9 \u00e0 la m\u00e9thode classique qui consiste \u00e0 approcher les patrons des magasins de sport pour les convaincre de mettre mes baskets sur leurs \u00e9tals. Premi\u00e8rement parce que cette strat\u00e9gie est souvent vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec et deuxi\u00e8mement, parce que la vente des chaussures de jogging Newton n\u00e9cessite un vendeur form\u00e9 \u00e0 leur technologie.\u00bb<\/p>\n<p>Ces chaussures de jogging permettent de courir d\u2019une mani\u00e8re plus naturelle et instinctive que les chaussures traditionnelles. Leur structure incite \u00e0 poser l\u2019avant du pied plut\u00f4t que le talon. \u00abTout cela n\u00e9cessite des explications et un entra\u00eenement. C\u2019est pourquoi j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019organiser des \u00abcliniques de course\u00bb, dans la m\u00eame id\u00e9e que la m\u00e9thode Tupperware. J\u2019organise ces ateliers dans toute la Suisse, durant lesquels j\u2019explique le concept de mes baskets et je les fais tester aux participants.\u00bb<\/p>\n<p>En tant qu\u2019ancienne athl\u00e8te, Larissa Kleinmann poss\u00e8de un r\u00e9seau \u00e9toff\u00e9 dans le monde du sport et des organisations sportives. Elle d\u00e9niche ses premiers clients dans des clubs de sports, des multinationales et sur les r\u00e9seaux sociaux. Le bouche \u00e0 oreille fait le reste. Depuis d\u00e9but 2013, la jeune femme organise environ 5 cliniques par semaine, dans lesquelles elle r\u00e9unit une dizaine de personnes. En moyenne, elle vend une paire de ses chaussures de course \u00e0 230 CHF \u00e0 la moiti\u00e9 des participants.<\/p>\n<p>\u00abJe suis tr\u00e8s contente de ce succ\u00e8s. J\u2019arrive d\u00e9j\u00e0 \u00e0 en vivre.\u00bb Malgr\u00e9 tout, la jeune femme pr\u00e9f\u00e8re conserver son emploi de marketing manager \u00e0 40%, pour garder de la diversit\u00e9 dans son quotidien. Elle confie que son entreprise l\u2019occupe d\u00e9j\u00e0 \u00e0 100% dans les faits. Pour se d\u00e9charger, elle compte engager un employ\u00e9 et surtout former une quinzaine de professionnels qui pourront \u00e0 leur tour organiser des ateliers.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Perfusal<\/strong><br \/>\n<strong>Une id\u00e9e simplissime pour \u00e9quiper les h\u00f4pitaux du monde entier<\/strong><\/p>\n<p><em>Suite \u00e0 un s\u00e9jour \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, un trentenaire jurassien a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019inventer un syst\u00e8me pour faciliter les perfusions intraveineuses.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e est tellement \u00e9vidente qu\u2019on se demande pourquoi personne n\u2019y a jamais pens\u00e9 plus t\u00f4t: inventer une nouvelle mani\u00e8re d\u2019attacher les perfusions intraveineuses, aujourd\u2019hui fix\u00e9es par une bande de gaze enroul\u00e9e autour du bras, un syst\u00e8me ni pratique ni rapide.<\/p>\n<p>Et c\u2019est un constructeur m\u00e9tallique jurassien de 30 ans, Julien Arn, qui a d\u00e9velopp\u00e9 le concept: un simple bracelet en plastique sur lequel on peut rapidement fixer et enlever la tubulure d\u2019une perfusion. L\u2019inspiration est venue lors d\u2019un s\u00e9jour en h\u00f4pital. \u00abJe me suis dit qu\u2019il devrait \u00eatre possible d\u2019inventer quelque chose de mieux. J\u2019ai dessin\u00e9 une \u00e9bauche et l\u2019ai montr\u00e9 \u00e0 mes s\u0153urs infirmi\u00e8res, qui ont valid\u00e9 l\u2019id\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>La suite s\u2019encha\u00eene: Julien Arn r\u00e9alise un prototype \u00e0 l\u2019aide d\u2019une imprimante 3D en 2009, d\u00e9pose un brevet, fonde l\u2019entreprise Perfusal, d\u00e9niche un fabricant en Argovie, fait homologuer son produit chez Swissmedic et trouve un distributeur d\u2019\u00e9quipement m\u00e9dical. La production est lanc\u00e9e en 2012 et quelques milliers de pi\u00e8ces se sont vendues en Suisse et dans une poign\u00e9e de pays europ\u00e9ens depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e. Le dispositif est utilis\u00e9 pendant tout le s\u00e9jour du patient &#8212; qui dure en moyenne une semaine &#8212; et ensuite jet\u00e9.<\/p>\n<p>Le produit est simple, l\u2019id\u00e9e est bonne et le march\u00e9 est l\u00e0: plus de 12 millions de perfusions sont pos\u00e9es chaque ann\u00e9e en Suisse. Une voie royale? Pas encore enti\u00e8rement: \u00abRemplacer une pratique inchang\u00e9e depuis un demi-si\u00e8cle prend du temps, et acc\u00e9der au march\u00e9 des h\u00f4pitaux publics n\u2019est pas facile, \u00e0 cause des contraintes budg\u00e9taire strictes qu\u2019ils subissent\u00bb, souligne l\u2019entrepreneur de Courroux (JU). Sans oublier que l\u2019unique produit de Perfusal peut se retrouver noy\u00e9 dans les dizaines de milliers de produits propos\u00e9s par les distributeurs m\u00e9dicaux. Julien Arn compte d\u2019abord s\u2019attaquer aux cliniques sportives et priv\u00e9es avant de se tourner vers le domaine public.<\/p>\n<p>Les g\u00e9ants du medtech tels que Johnson &amp; Johnson ou B. Braun Medical ne font pas peur \u00e0 celui qui m\u00e8ne son entreprise en solo: \u00abSi ces concurrents venaient \u00e0 fabriquer un produit similaire, ils aideraient au final \u00e0 changer les habitudes du march\u00e9. Perfusal pourrait en profiter.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Quantis<\/strong><br \/>\n<strong>De la recherche au succ\u00e8s commercial<\/strong><\/p>\n<p><em>Fond\u00e9e en 2009, une spin-off de l\u2019EPFL sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019\u00e9cobilan et l\u2019analyse du cycle de vie a su tirer son \u00e9pingle du jeu.<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p>R\u00e9duire les impacts d\u2019une activit\u00e9 sur l\u2019environnement en identifiant ce qui peut-\u00eatre am\u00e9lior\u00e9, ou comparer les empreintes environnementales de produits analogues, c\u2019est ce que propose aux entreprises la soci\u00e9t\u00e9 Quantis, par le biais de l\u2019analyse du cycle de vie (ACV).<\/p>\n<p>N\u00e9e de la reprise des activit\u00e9s d\u2019un laboratoire de l\u2019EPFL et de la fusion, en 2009, avec une spin-off issue de l\u2019Ecole Polytechnique de Montr\u00e9al (Canada), Quantis, dont le chiffre d\u2019affaires atteint d\u00e9j\u00e0 6,5 \u00e0 7 millions de francs, n\u2019a cess\u00e9 de cro\u00eetre pour se positionner aujourd\u2019hui comme l\u2019un des leaders mondiaux dans l\u2019ACV. Cette m\u00e9thode permet une approche globale qui chiffre les cons\u00e9quences \u00e9cologiques de chaque composant d\u2019un produit, de l\u2019extraction des mati\u00e8res premi\u00e8res jusqu\u2019\u00e0 sa fin de vie.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats d\u2019une ACV d\u00e9terminent ainsi les r\u00e9percussions potentielles sur les diff\u00e9rents types de secteurs, tels les changements climatiques, la sant\u00e9 ou encore les ressources non renouvelables. \u00abOn a d\u00e9but\u00e9 sans savoir si on allait en vivre ou pas, raconte Yves Loerincik, fondateur et CEO de Quantis. Notre motivation \u00e9tait d\u2019aider les entreprises \u00e0 se transformer par rapport aux politiques environnementales. On ne penserait pas que les choses se d\u00e9velopperaient de telle mani\u00e8re. A l\u2019\u00e9poque, c\u2019\u00e9tait un domaine r\u00e9serv\u00e9 au monde acad\u00e9mique.\u00bb<\/p>\n<p>Un univers que les fondateurs connaissent bien, car tous sont issus de l\u2019EPFL. Une des forces de l\u2019entreprise r\u00e9side dans le r\u00e9seau d\u2019experts internationaux dont elle dispose, fruit de l\u2019activit\u00e9 initiale de recherches de ses fondateurs et de sa fusion avec une spin-off canadienne. Ce r\u00e9seau s\u2019enrichit r\u00e9guli\u00e8rement par la collaboration de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 des projets institutionnels auxquels participent d\u2019autres universit\u00e9s europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Forte de ses nombreux partenariats, Quantis a \u00e9tendu ses activit\u00e9s en France, aux Etats-Unis et au Canada. Plus r\u00e9cemment, la soci\u00e9t\u00e9 a ouvert une nouvelle branche dans le glaTec, le parc technologique de l\u2019EMPA \u00e0 D\u00fcbendorf (ZH). Une opportunit\u00e9 qui lui permet de servir les march\u00e9s de Suisse al\u00e9manique et d\u2019Allemagne. Le co\u00fbt d\u2019une ACV varie en fonction du projet et de l\u2019analyse. Il faut compter au minimum entre 15 \u00e0 30\u2019000 francs pour une \u00e9tude simple. Mais, comme le rappelle Yves Loerincik, \u00abce choix peut faire gagner des millions.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Smixin lave plus \u00e9colo<\/strong><\/p>\n<p><em>Cette jeune soci\u00e9t\u00e9 propose un syst\u00e8me \u00e9cologique pour se laver les mains, qui \u00e9conomise 90% d\u2019eau.<\/em><\/p>\n<p>Smixin est une spin-off issue du laboratoire d\u2019innovation et incubateur biennois Creaholic, cr\u00e9\u00e9 par Elmar Mock, l\u2019un des inventeurs de la Swatch dans les ann\u00e9es 1980. Fond\u00e9e en d\u00e9cembre 2009, la jeune soci\u00e9t\u00e9 propose un syst\u00e8me \u00e9cologique et hygi\u00e9nique pour se laver les mains. Sa technologie m\u00e9lange eau, savon et air afin d\u2019obtenir une \u00e9mulsion optimale. Gr\u00e2ce au m\u00e9lange homog\u00e8ne qui se r\u00e9pand bien sur les mains et se rince facilement, Smixin parvient \u00e0 \u00e9conomiser 90% d\u2019eau par rapport \u00e0 un lavage classique. Avec son syst\u00e8me, Smixin apporte un progr\u00e8s au niveau du gain en eau par rapport aux robinets \u00e0 senseurs aujourd\u2019hui tr\u00e8s r\u00e9pandus dans les lieux publics.<\/p>\n<p>L\u2019entreprise a enregistr\u00e9 un premier succ\u00e8s \u00e0 travers une collaboration commerciale avec le fabricant de cuisines professionnelles fran\u00e7ais Bourgeat. Elle compte d\u00e9velopper un \u00e9ventail de produits allant du syst\u00e8me fixe en remplacement d\u2019un robinet \u00e0 une station autonome qui permet d\u2019amener l\u2019hygi\u00e8ne des mains \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 on en a besoin et non plus la confiner aux toilettes. Elle teste actuellement ce produit qu\u2019elle destine notamment aux cha\u00eenes de fast-food et aux \u00e9v\u00e9nements \u00e9ph\u00e9m\u00e8res comme les festivals, o\u00f9 l\u2019on mange avec les mains.<\/p>\n<p>\u00abUne application comme la n\u00f4tre a un potentiel mondial. On voit tr\u00e8s bien son int\u00e9r\u00eat dans les pays en rupture d\u2019eau ou \u00e9mergents. Mais \u00e0 court terme nous souhaitons nous concentrer sur la restauration, les lieux de travail et les lieux publics o\u00f9 nous avons identifi\u00e9 un besoin\u00bb, explique Denis Crottet, ing\u00e9nieur-physicien, co-directeur de la start-up avec Carlo Menotti. Apr\u00e8s un premier tour de financement, Smixin se lance dans une deuxi\u00e8me phase pour passer \u00e0 l\u2019industrialisation de ses produits.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Softcar<\/strong><br \/>\n<strong>La voiture \u00e9lectrique suisse \u00e0 base de betterave<\/strong><br \/>\n<em><br \/>\nSoftcar souhaite commercialiser un v\u00e9hicule de quatre places en mat\u00e9riaux composites \u00e0 un prix raisonnable.<\/em><\/p>\n<p>Softcar veut construire la voiture \u00e9lectrique \u00abla plus propre et la moins ch\u00e8re du monde\u00bb. Le petite soci\u00e9t\u00e9 de La Neuveville (BE) a-t-elle la moindre chance contre les g\u00e9ants de l\u2019automobile? Membre du conseil d\u2019administration, Fran\u00e7ois Vuille explique la strat\u00e9gie et aligne les arguments.<\/p>\n<p>\u00abLes grands constructeurs travaillent avec des marges tr\u00e8s faibles et doivent \u00e9couler quelques 200\u2032000 v\u00e9hicules par an pour rentabiliser le milliard que co\u00fbte une nouvelle ligne de production. La Softcar, au contraire, s\u2019assemble \u00e0 la main sans exiger une ligne robotis\u00e9e extr\u00eamement ch\u00e8re.\u00bb En simplifiant au maximum le concept du montage, le nombre de pi\u00e8ces a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit de 50\u2032000 \u00e0 1\u2032800. Le ch\u00e2ssis est en mat\u00e9riaux composites et la carrosserie est en biopolym\u00e8re, un plastique obtenu \u00e0 partir de biomasse tir\u00e9e de betterave. La production de la Softcar sera ainsi bien moins ch\u00e8re, assure l\u2019ing\u00e9nieur, et toute la voiture pourra \u00e0 terme \u00eatre recycl\u00e9e.<\/p>\n<p>Le v\u00e9hicule de quatre places p\u00e8se 400 kg, soit trois fois moins que celui des concurrents actuels et peut donc embarquer une batterie d\u2019autant moins lourde. Vingt millions d\u2019euros devraient suffire pour un nouveau site de production de la Softcar et le seuil de rentabilit\u00e9 serait atteint d\u00e8s 4\u2032000 v\u00e9hicules par an. Le prix de vente pr\u00e9vu? Entre 17\u2032000 et 22\u2032000 francs, soit la moiti\u00e9 d\u2019une petite voiture \u00e9lectrique 4 portes telles que la Leaf de Nissan ou la Mitsubishi i-MiEV, encore bien trop on\u00e9reuses pour \u00eatre commercialement viables.<\/p>\n<p>Peut-on vraiment y croire? L\u2019\u00e9quipe derri\u00e8re Softcar a con\u00e7u la Swatchmobile au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990 et d\u00e9velopp\u00e9 la premi\u00e8re voiture \u00e9lectrique de Suisse, la Cree, encore fabriqu\u00e9e aujourd\u2019hui. Elle a r\u00e9cemment sign\u00e9 des accords avec des constructeurs automobiles chinois. Fran\u00e7ois Vuille se dit confiant de pouvoir lever les premiers cinq millions d\u2019ici fin 2013. Ensuite, une joint venture ou un syst\u00e8me de licence devrait \u00eatre cr\u00e9\u00e9. S\u2019il aboutit, ce projet un peu fou verra des voitures suisses faites en betterave sillonner les routes chinoises.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Swiss Space Systems<br \/>\nLes satellites d\u00e9mocratis\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p><em>Swiss Space Systems a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en mars dernier \u00e0 Payerne. Son objectif: casser les co\u00fbts de lancement des satellites pour les d\u00e9mocratiser.<\/em><\/p>\n<p>Conqu\u00e9rir l\u2019espace, Pascal Jaussi, le fondateur de la startup payernoise Swiss Space System, en r\u00eave depuis qu\u2019il est enfant. Un souhait que ce pilote de ligne et ing\u00e9nieur est en train de r\u00e9aliser \u00e0 36 ans. Son objectif: ouvrir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019espace par une d\u00e9mocratisation du lancement de petits satellites. \u00abIls repr\u00e9sentent un march\u00e9 en pleine expansion, explique Pascal Jaussi. Un frein majeur demeure \u00e0 l\u2019heure actuelle le prix du lancement, environ 40 millions de francs pour un satellite de 250 kg. Avec Swiss Space Systems, le prix pour un m\u00eame satellite sera d\u2019environ 10 millions. Cela ouvre le march\u00e9 \u00e0 de nouveaux clients potentiels.\u00bb Cette performance a \u00e9t\u00e9 atteinte gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me de lancement r\u00e9utilisable utilisant moins de carburant.<\/p>\n<p>Le tour de force de Pascal Jaussi a \u00e9t\u00e9 de r\u00e9unir les acteurs majeurs de l\u2019a\u00e9rospatiale. L\u2019Agence spatiale europ\u00e9enne, Dassault Aviation, la soci\u00e9t\u00e9 a\u00e9rospatiale Sonaca ou encore l\u2019Universit\u00e9 Stanford ont fait b\u00e9n\u00e9ficier le projet &#8212; dont le budget s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 250 millions de francs &#8211; de leurs technologies. Officiellement lanc\u00e9e en mars 2013, Swiss Space System compte actuellement 40 collaborateurs. Ils seront dix de plus d\u2019ici la fin de l\u2019ann\u00e9e, 100 d\u2019ici 2015 et 200 d\u2019ici 2017. \u00abNotre plan strat\u00e9gique pr\u00e9voit la rentabilit\u00e9 en 2017, pr\u00e9cise Pascal Jaussi. Nous pourrions n\u00e9anmoins l\u2019atteindre d\u00e8s 2016.\u00bb<\/p>\n<p>Les clients de la start-up sont principalement des instituts de recherche, des pays et des entreprises priv\u00e9es sp\u00e9cialis\u00e9es. Les premiers lancements de petits satellites devraient avoir lieu d\u2019ici 2018. \u00abNous avons d\u00e9j\u00e0 sign\u00e9 un contrat pour les quatre premiers lancements et les discussions sont avanc\u00e9es avec d\u2019autres clients potentiels, raconte Pascal Jaussi. Les n\u00e9gociations sont \u00e9galement avanc\u00e9es avec des pays int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper une infrastructure au sol pour le lancement des satellites comme la Malaisie, le Maroc, le Canada ou encore l\u2019Equateur. Ceci nous permettra de pouvoir op\u00e9rer \u00e0 diff\u00e9rents endroits du globe.\u00bb A terme, Swiss Space System souhaite d\u00e9velopper des versions habit\u00e9es de sa navette pour du transport \u00e0 tr\u00e8s haute vitesse.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Tinynode<br \/>\nA la conqu\u00eate du parking intelligent<\/strong><br \/>\n<em><br \/>\nLa startup lausannoise Tinynode commercialise des capteurs qui indiquent les disponibilit\u00e9s de stationnement en ext\u00e9rieur. Ses ambitions sont immenses.<\/em><\/p>\n<p>Tout le monde connait les lumi\u00e8res rouges ou vertes qui indiquent les disponibilit\u00e9s des places dans les parkings int\u00e9rieurs. Un syst\u00e8me efficace et appr\u00e9ci\u00e9 des conducteurs, qui perdent moins de temps et d\u2019essence \u00e0 chercher une place de stationnement. Restait \u00e0 inventer une technologie qui permette de reproduire cela \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. C\u2019est ce qu\u2019a r\u00e9alis\u00e9 Tinynode, une start-up lausannoise cr\u00e9\u00e9e en 2012. Elle a d\u00e9velopp\u00e9 des capteurs r\u00e9sistants aux conditions externes et fonctionnant avec une technologie de communication sans fil. La dur\u00e9e de vie de leur batterie est de 10 ans et ils peuvent transmettre l\u2019information de la disponibilit\u00e9 d\u2019une place au moyen d\u2019une application smartphone, d\u2019un panneau d\u2019affichage, ou d\u2019un GPS.<\/p>\n<p>\u00abAu d\u00e9part, nous avons d\u00e9velopp\u00e9 cette technologie pour les poids lourds au sein de l\u2019entreprise Shockfish, raconte Pierre Castella, fondateur de Tinynode. Nous avions r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel d\u2019offre d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019autoroute fran\u00e7aise. Alors que nous pensions d\u00e9velopper nos capteurs en quelques mois, cela nous a pris plusieurs ann\u00e9es. Les d\u00e9fis technologiques \u00e9taient nombreux. Mais nous avons obtenu maintenant un produit abouti.\u00bb<\/p>\n<p>En 2012, Pierre Castella d\u00e9cide de cr\u00e9er la spin-off Tinynode pour conqu\u00e9rir le march\u00e9 du parking automobile. Les ambitions de ce trentenaire d\u2019origine fribourgeoise, ing\u00e9nieur dipl\u00f4m\u00e9 \u00e0 l\u2019EPFL, sont aussi grandes que le potentiel du march\u00e9: \u00abIl existe encore peu de parkings ext\u00e9rieurs \u00e9quip\u00e9s avec cette technologie dans le monde. Nous visons les march\u00e9s europ\u00e9ens et am\u00e9ricains.\u00bb La concurrence sera \u00e9videmment f\u00e9roce, mais Pierre Castella a confiance: \u00abNous sommes les plus anciens sur ce march\u00e9 et nous proposons une excellente technologie. A 150 francs le capteur, nous sommes comp\u00e9titifs.\u00bb L\u2019entrepreneur vient d\u2019\u00e9quiper 35 sites et son entreprise de 5 employ\u00e9s est d\u00e9j\u00e0 rentable. Il table sur une croissance de plus de 50% par an sur les trois prochaines ann\u00e9es.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine\u00a0(collaboration: Sophie Gaitzsch, Sylvain Men\u00e9trey, Daniel Saraga, Ariane Sciboz).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 la crise, de nombreuses start-up continuent de voir le jour en Suisse romande. Derri\u00e8re chacune d&rsquo;entre elles, on trouve des individus visionnaires, qui croient dans leur produit et sont pr\u00eats \u00e0 prendre des risques. 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