



{"id":3962,"date":"2013-08-07T14:16:05","date_gmt":"2013-08-07T12:16:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3962"},"modified":"2017-07-12T11:28:50","modified_gmt":"2017-07-12T09:28:50","slug":"normes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3962","title":{"rendered":"Ethnologie de l&rsquo;ascenseur"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/072013\/elevator.jpg\" alt=\"elevator.jpg\" title=\"elevator.jpg\" height=\"311\" border=\"0\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Chacun pourrait se muer sans peine en conteur d\u2019histoires v\u00e9cues dans un ascenseur. Des r\u00e9cits pas toujours \u00e0 la gloire de l\u2019\u00eatre humain, entre bousculades, regards en coin ou m\u00e9pris de l\u2019autre. Dans la cabine, les boutons de fermeture et d&rsquo;ouverture des portes t\u00e9moignent de cette absence d\u2019\u00e9gard. Alors que les premiers sont rapidement us\u00e9s par un emploi fr\u00e9quent, les seconds demeurent intacts; pas question d\u2019accueillir de nouveaux intrus dans un habitacle en partance.<\/p>\n<p>La courtoisie n\u2019est pas seule en jeu dans cet espace exigu et clos. Rebekah Rousi a observ\u00e9, en ethnologue, le comportement des usagers d\u2019ascenseurs dans de grands immeubles occup\u00e9s par des bureaux, \u00e0 Ad\u00e9la\u00efde (Australie). \u00abDis-moi o\u00f9 tu te places dans un ascenseur et je te dirai quel est ton statut social!\u00bb. Cette formule r\u00e9sume le r\u00e9sultat surprenant de l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e par cette chercheuse finlandaise.<\/p>\n<p>Notre position dans une cage d\u2019ascenseur ne tiendrait pas au hasard. Selon l\u2019auteur de l\u2019\u00e9tude publi\u00e9e dans \u00abEthnography Matters\u00bb (avril, 2013), chacun s\u2019y comporte de mani\u00e8re bien codifi\u00e9e en fonction de son sexe et de son statut social. Ainsi, lors des nombreux trajets observ\u00e9s, elle a pu constater que les hommes les plus \u00e2g\u00e9s se sont syst\u00e9matiquement plac\u00e9s au fond de la cabine, face aux portes. Les hommes plus jeunes, occupants des postes cl\u00e9s dans leur entreprise, se sont install\u00e9s au centre, devant eux, quelle que soit leur taille. Quant aux femmes de tout \u00e2ge et de tout statut, elles ont syst\u00e9matiquement occup\u00e9 la premi\u00e8re rang\u00e9e. Cette r\u00e9partition, tr\u00e8s norm\u00e9e, s\u2019est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e immuablement.<\/p>\n<p>Les regards semblent eux aussi r\u00e9pondre \u00e0 un conditionnement bien pr\u00e9cis. Les femmes \u00e9vitent tout contact visuel et fixent les boutons alors que les hommes jettent des regards fr\u00e9quents aux miroirs lat\u00e9raux pour s\u2019y admirer ou observer les autres personnes.<\/p>\n<p>En interrogeant les utilisateurs, Rebekah Rousi a pu constater que la majorit\u00e9 d\u2019entre eux sont conscients de la dynamique \u00e0 l\u2019oeuvre dans une cabine et s\u2019y conforment. A une exception pr\u00e8s cependant. Cette femme qui a exprim\u00e9 sa volont\u00e9 de toujours se tenir dos aux portes. \u00abCela t\u00e9moigne, selon la chercheuse, d\u2019un d\u00e9sir de bousculer les normes.\u00bb Une r\u00e9volutionnaire!<\/p>\n<p>Prendre connaissance de cette \u00e9tude, c\u2019est \u00eatre tent\u00e9 de v\u00e9rifier si elle se concr\u00e9tise dans l\u2019immeuble que nous fr\u00e9quentons. C&rsquo;est ne plus prendre un ascenseur \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re pour gravir les \u00e9tages mais s\u2019interroger sur celui qu\u2019on occupe dans la hi\u00e9rarchie sociale. A moins que cela ne constitue le d\u00e9clic tant attendu pour \u00e9chapper \u00e0 cette d\u00e9sagr\u00e9able promiscuit\u00e9 et, enfin, opter pour les escaliers tellement plus sains pour la sant\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>O\u00f9 prendre place \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un ascenseur? Contre la paroi arri\u00e8re? Au centre? \u00c0 proximit\u00e9 des portes? Selon une \u00e9tude, notre position ne tiendrait pas au hasard mais \u00e0 notre statut social et \u00e0 notre sexe. <\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1298],"class_list":["post-3962","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","tag-chroniques","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3962","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3962"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3962\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5568,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3962\/revisions\/5568"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3962"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3962"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3962"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}