



{"id":3960,"date":"2013-08-06T16:10:17","date_gmt":"2013-08-06T14:10:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3960"},"modified":"2013-08-06T16:13:11","modified_gmt":"2013-08-06T14:13:11","slug":"formation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3960","title":{"rendered":"Le succ\u00e8s inalt\u00e9rable des \u00e9coles h\u00f4teli\u00e8res helv\u00e9tiques"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/072013\/HOTELLERIE_SUISSE.jpg\" alt=\"HOTELLERIE_SUISSE.jpg\" title=\"HOTELLERIE_SUISSE.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Il y a l\u2019Ecole h\u00f4teli\u00e8re de La Haye, aux Pays-Bas. Mais elle arrive en cinqui\u00e8me position. Il y a l\u2019Ecole internationale de management h\u00f4telier des Roches, \u00e0 Marbella. En sixi\u00e8me position. Dans le dernier classement mondial des \u00e9coles internationales de management de l\u2019accueil \u00e9tabli par l\u2019institut Taylor Nelson Sofres, quels sont les centres qui devancent ces prestigieux \u00e9tablissements pour former le quatuor de t\u00eate? Trois d\u2019entre eux se disputent la place de dauphin: l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures de Glion (VD), l\u2019Ecole internationale de management h\u00f4telier des Roches, \u00e0 Bluche (VS), et l\u2019Universit\u00e9 de Cornell, aux Etats-Unis. L\u2019Ecole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne (EHL) termine en t\u00eate.<\/p>\n<p>\u00abLe propos de l\u2019enqu\u00eate est d\u2019\u00e9tablir le classement des \u00e9coles internationales de management de l\u2019accueil au sein desquelles les employeurs sont susceptibles de recruter du personnel pour des h\u00f4tels cinq \u00e9toiles de calibre international\u00bb, explique le document. Les conclusions notent que \u00abtrois des quatre \u00e9coles de t\u00eate sont des instituts helv\u00e9tiques. La Suisse demeure le principal leader mondial dans l\u2019\u00e9ducation internationale du management de l\u2019accueil. Six des dix \u00e9coles les mieux cot\u00e9es ont des liens directs avec la Suisse.\u00bb<\/p>\n<p>Senior Vice President des ressources humaines aupr\u00e8s de la cha\u00eene M\u00f6venpick, Craig Cochrane le confie sans d\u00e9tour: \u00abLes meilleurs h\u00f4tels au monde font confiance aux \u00e9coles h\u00f4teli\u00e8res suisses parce qu\u2019elles sont aussi les meilleures au monde. Nous travaillons de mani\u00e8re tr\u00e8s proche avec elles, car elles v\u00e9hiculent un alliage fantastique d\u2019histoire et de tradition, de passion pour l\u2019hospitalit\u00e9, d\u2019excellentes infrastructures, ainsi qu\u2019une volont\u00e9 d\u2019adaptation aux besoins de l\u2019industrie.\u00bb <\/p>\n<p>Directeur de l\u2019enseignement et de la recherche aupr\u00e8s du d\u00e9partement Learning de l\u2019Ecole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne, Fabien Fresnel estime que \u00abtoutes les \u00e9coles en Suisse b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un effet \u2039suisse\u203a, mais que Lausanne, en plus, dispose d\u2019un effet d\u2019\u00e2ge. En outre, elle est unique par l\u2019alliance qu\u2019elle propose entre arts appliqu\u00e9s et sciences du management. Beaucoup d\u2019autres \u00e9coles se concentrent sur le deuxi\u00e8me aspect. Les institutions anglo-saxonnes, g\u00e9n\u00e9ralement, consid\u00e8rent que c\u2019est l\u2019industrie qui apporte le c\u00f4t\u00e9 pragmatique. Nous, nous gardons un ancrage fort sur le m\u00e9tier. La p\u00e9riode pratique reste minime, mais elle est cruciale. C\u2019est notre \u00e9l\u00e9ment diff\u00e9renciateur, qui nous permet de travailler ce que j\u2019appelle l\u2019intelligence de la main, ainsi qu\u2019une certaine attitude.\u00bb<\/p>\n<p>Le temps n\u2019a pourtant pas manqu\u00e9 d\u2019accro\u00eetre la concurrence entre les \u00e9coles h\u00f4teli\u00e8res, aux \u00e9chelons nationaux et internationaux. Au fil des ans, elles n\u2019ont pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 certains reproches. Fouiner dans les archives m\u00e9diatiques permet de retrouver, par exemple, un article du Wall Street Journal datant du 19 juillet 1988. Le papier s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019Ecole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne et relate des critiques \u00e9mises \u00e0 l\u2019heure de l\u2019examen &#8212; diable, pourquoi la fourchette \u00e0 salade est-elle plac\u00e9e si loin de la fourchette d\u00e9vou\u00e9e au plat principal? &#8212; et ironise sur les m\u00e9thodes antiques de l\u2019institution dont la r\u00e9putation serait en danger. En 2001, c\u2019est le directeur d\u00e9missionnaire Maurice Zufferey qui pousse \u00e0 la r\u00e9flexion: \u00abNous n\u2019avons pas le monopole des paysages alpins et du soleil\u00bb, dit-il dans une interview au magazine Bilan, titr\u00e9e \u00abLe monde n\u2019attend pas la Suisse pour avancer\u00bb. \u00abOn trouve \u00e9galement de bons h\u00f4tels ailleurs dans le monde. Nous ne nous distinguons pas toujours par notre amabilit\u00e9 et notre sens de l\u2019accueil. Comparez avec la qualit\u00e9 d\u2019accueil que vous trouvez en Europe du Sud ou en Asie.\u00bb<\/p>\n<p>Les \u00e9coles h\u00f4teli\u00e8res helv\u00e9tiques semblent avoir tir\u00e9 certaines le\u00e7ons de ces critiques. \u00abLes h\u00f4tels ne recherchent plus des dipl\u00f4m\u00e9s qui savent distinguer une sauce b\u00e9arnaise d\u2019une sauce hollandaise, cela est attendu, note Craig Cochrane. Ils recherchent des personnes qui savent g\u00e9rer des revenus \u00e9lev\u00e9s, diriger des \u00e9quipes internationales et am\u00e9liorer la qualit\u00e9. Les \u00e9coles suisses se sont adapt\u00e9es et se concentrent beaucoup sur ces domaines.\u00bb<\/p>\n<p>Elle est loin l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la Suisse se muait en terre d\u2019accueil \u00e9vidente pour les touristes britanniques. Et pourtant, c\u2019est bien en ces temps anciens que s\u2019enracine le plus pr\u00e9cieux h\u00e9ritage de l\u2019hospitalit\u00e9 en Suisse: sa tradition. \u00abLes humains ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s voyageurs depuis bien longtemps, note Claudio Visentin, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lugano et directeur du Mus\u00e9e historique de Bergame. Mais le tourisme en tant que tel, c\u2019est un business du XIXe si\u00e8cle. Et la Suisse a d\u00e8s le d\u00e9part entretenu des liens profonds avec lui, parce que les h\u00f4tes y \u00e9taient bons: ils comprenaient la mentalit\u00e9 des visiteurs et s\u2019y adaptaient.\u00bb<\/p>\n<p>En 1893, les premiers \u00e9l\u00e8ves int\u00e8grent les b\u00e2timents de l\u2019Ecole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne, \u00e0 Ouchy. Au Chalet \u00e0 Gobet, elle accueille d\u00e9sormais des \u00e9tudiants du monde entier. La place y est ch\u00e8re. \u00abSon succ\u00e8s tient au fait qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 la pionni\u00e8re, elle a d\u00e9tenu le monopole du savoir pendant tr\u00e8s longtemps, confirme Laurent Tissot, professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel. Les personnes qui en sortaient \u00e9taient promues \u00e0 des rangs \u00e9lev\u00e9s, puis conservaient un fort esprit de corps qui s\u2019est renforc\u00e9 avec le temps.\u00bb <\/p>\n<p>D\u2019un postgrade en management de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne \u00e0 la mise en place d\u2019un doctorat collaboratif avec la Washington State University, de collaborations avec des marques prestigieuses &#8212; Hublot, Laurent Perrier, Feldschl\u00f6sschen &#8211;, l\u2019EHL a grandi, touch\u00e9 de nouveaux horizons. \u00abPlusieurs \u00e9tapes ont marqu\u00e9 le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9cole comme, par exemple, la premi\u00e8re classe mixte en 1924, l\u2019ouverture d\u2019une session anglaise en 1996 et plus r\u00e9cemment la cr\u00e9ation d\u2019un Centre d\u2019innovation et d\u2019entreprenariat et de son incubateur d\u2019entreprise en 2008, lance V\u00e9ronique Malan, directrice du marketing \u00e0 l\u2019EHL. Nous comptons 25\u2019000 dipl\u00f4m\u00e9s depuis 1893. Le r\u00e9seau des Anciens est tr\u00e8s actif, avec 70 chapitres dans 120 pays de par le monde.  Ils organisent diverses rencontres et \u00e9v\u00e9nements. Les \u00e9tudiants r\u00e9cemment dipl\u00f4m\u00e9s, soit entre 2006 et 2011, sont r\u00e9partis dans pr\u00e8s de 70 pays.\u00bb Laurent Tissot rench\u00e9rit: \u00abL\u2019esprit de l\u2019\u00e9cole, avec son existence de plus de cent ans, est acquis.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLes grandes \u00e9coles h\u00f4teli\u00e8res sont maintenant associ\u00e9es \u00e0 la Suisse comme le champagne l\u2019est \u00e0 la France, ou la nourriture \u00e0 l\u2019Italie, rench\u00e9rit Claudio Visentin. Sortir d\u2019un tel \u00e9tablissement, c\u2019est donner la garantie qu\u2019on est un capitaine de croisi\u00e8re.\u00bb Laurent Tissot acquiesce: \u00abOn sait que l\u2019avantage de Lausanne sur les autres \u00e9coles tient \u00e0 sa polyvalence et \u00e0 son pragmatisme. Les \u00e9tudiants doivent passer de la cave au grenier, toucher \u00e0 toutes les activit\u00e9s, acqu\u00e9rir des connaissances sur tout. Mais \u00e0 partir de l\u00e0, faut-il encore que l\u2019enseignement suive. Aujourd\u2019hui, il y a une forte concurrence. Il s\u2019agit d\u2019affiner les politiques d\u2019investissement, d\u2019attirer les meilleurs professeurs, d\u2019entretenir la r\u00e9putation.\u00bb Pour Claudio Visentin, \u00able r\u00e9seau est un param\u00e8tre primordial. Il permet d\u2019attirer les meilleurs intervenants. En outre, il s\u2019agit de s\u2019ouvrir aux nouvelles technologies. Mais \u00eatre un bon h\u00f4te, c\u2019est avant tout un \u00e9tat d\u2019esprit: il faut \u00eatre ouvert aux attentes de l\u2019\u00e9tranger.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019image internationale des \u00e9coles importe \u00e9norm\u00e9ment. Les \u00e9coles suisses attirent des \u00e9tudiants de haut calibre du monde entier, qui sont int\u00e9ress\u00e9s par des carri\u00e8res internationales. Aujourd\u2019hui encore, et m\u00eame davantage, ces institutions doivent sans cesse se renouveler, \u00e0 l\u2019image du tourisme. Maintenir un niveau \u00e9lev\u00e9 reste un d\u00e9fi permanent. En mars, le World Economic Forum classait la Suisse en t\u00eate des nations en ce qui concerne la comp\u00e9tition pour les voyages et le tourisme. Sur son portail internet, l\u2019EHL souligne que \u00abpour maintenir sa position de chef de file, l\u2019Ecole h\u00f4teli\u00e8re de Lausanne doit non seulement s\u2019adapter, mais d\u00e9montrer qu\u2019elle est capable de conduire le changement\u00bb. <\/p>\n<p>Pour Fabien Fresnel, les challenges qui se pr\u00e9sentent aux \u00e9coles h\u00f4teli\u00e8res sont de plusieurs ordres. \u00abIl n\u2019existe pas un seul prisme \u00e0 travers lequel observer. Je dirais que les d\u00e9fis majeurs concernent la taille critique et la recherche de talents, puisqu\u2019il s\u2019agit de trouver les meilleurs enseignants dans la recherche appliqu\u00e9e. Et puis il y a toujours la question de l\u2019ouverture, tant \u00e0 un niveau international que technologique.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>La recherche fondamentale absente du tourisme<\/strong><\/p>\n<p>Tandis que la r\u00e9putation des \u00e9coles h\u00f4teli\u00e8res demeure solide, la science touristique se cherche une place sur les bancs des hautes \u00e9coles suisses.  Professeur \u00e0 l\u2019Institut universitaire Kurt B\u00f6sch (IUKB), en Valais, Mathis Stock raconte que \u00able tourisme n\u2019est plus un objet de recherche majeur depuis longtemps\u00bb. <\/p>\n<p>Le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle avait pourtant tent\u00e9 de planter certains jalons. En 1929, Robert Gl\u00fccksmann cr\u00e9e l\u2019Institut de recherche sur le tourisme \u00e0 Berlin. Il ferme six ans plus tard. En 1940, le projet est poursuivi en Suisse al\u00e9manique, \u00e0 Berne et \u00e0 Saint-Gall. Mais dans les ann\u00e9es 1980 et 1990, la science du tourisme entre en crise. \u00abLe tourisme a eu de la peine \u00e0 se faire reconna\u00eetre comme une science. Il \u00e9tait le dernier wagon, bien apr\u00e8s les disciplines de la gestion, de la finance et de la banque\u00bb, remarque l\u2019historien Laurent Tissot. \u00abActuellement, la recherche en tourisme est ax\u00e9e quasiment \u00e0 100% sur la recherche appliqu\u00e9e, souvent en collaboration avec les acteurs du terrain\u00bb, observe Roland Schegg, professeur \u00e0 l\u2019Institut du tourisme de la HES-SO Valais Wallis.<\/p>\n<p>Depuis quatre ans, l\u2019IUKB tente de porter un nouveau projet de recherche autour du tourisme. \u00abA notre sens, il s\u2019agit d\u2019un objet tr\u00e8s important pour comprendre la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble, d\u00e9fend Mathis Stock. Le tourisme l\u00e8ve des interrogations historiques, g\u00e9ographiques, anthropologiques. Nous adoptons une approche tir\u00e9e de la science sociale, et pas seulement du management et de l\u2019\u00e9cologie.\u00bb Et le professeur d\u2019\u00e9voquer par exemple les mutations des stations depuis 150 ans. Roland Schegg acquiesce: \u00abla recherche fondamentale permettrait une meilleure compr\u00e9hension du ph\u00e9nom\u00e8ne touristique, en apportant une compr\u00e9hension du jeu des acteurs et une meilleure pr\u00e9diction des ph\u00e9nom\u00e8nes complexes.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Suisse fut pionni\u00e8re, au XIXe si\u00e8cle, dans la cr\u00e9ation d\u2019institutions formant aux m\u00e9tiers de l\u2019h\u00f4tellerie. Malgr\u00e9 la forte concurrence internationale, elle conserve aujourd\u2019hui un r\u00f4le de leader.<\/p>\n","protected":false},"author":19978,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3960","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3960","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19978"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3960"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3960\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3960"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3960"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3960"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}