



{"id":396,"date":"2000-04-30T00:00:00","date_gmt":"2000-04-29T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=396"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"disque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=396","title":{"rendered":"Nom: Jay-Jay Johanson. Profession: crooner hitchcockien"},"content":{"rendered":"<p> \u00abUn poison violent, c&rsquo;est \u00e7a l&rsquo;amour\u00bb (Serge Gainsbourg).<\/p>\n<p>Avant m\u00eame d&rsquo;enregistrer son premier disque, Jay-Jay Johanson avait d\u00e9j\u00e0 une quinzaine d&rsquo;albums \u00e0 son actif, du moins en apparence. Graphiste \u00e0 ses heures, ce jeune fils de jazzman su\u00e9dois passait le plus clair de ses loisirs \u00e0 r\u00e9aliser diverses pochettes de disques en vue d&rsquo;une hypoth\u00e9tique carri\u00e8re musicale. A la mani\u00e8re des grands chanteurs de jazz, Jay-Jay Johanson se mettait alors en sc\u00e8ne dans des environnements volontairement r\u00e9tro, assortis de titres du genre \u00abRelaxing with Jay-Jay\u00bb ou \u00abThe Smooth Sounds of J.-J. Johanson\u00bb.<\/p>\n<p>Elev\u00e9 au jazz et \u00e0 la chanson fran\u00e7aise, le jeune Su\u00e9dois aurait ainsi pu se contenter d&rsquo;une renomm\u00e9e locale d&rsquo;interpr\u00e8te d\u00e9cal\u00e9, revisitant de sa voix haut perch\u00e9e quelques grands standards des ann\u00e9es 50 tout en poursuivant en parall\u00e8le une modeste carri\u00e8re de DJ hip-hop. Mais voici que d\u00e9barque un jour sur sa platine le premier album d&rsquo;un duo anglais surgi de nulle part: rythmes hip-hop et scratches empes\u00e9s, vocaux a\u00e9riens jazzy et samples repiqu\u00e9s de quelques musiques de films noirs des ann\u00e9es 60. Le disque s&rsquo;appelle \u00abDummy\u00bb et transforme en profondeur l&rsquo;approche musicale de Jay-Jay.<\/p>\n<p>Avec Portishead, le crooner nordique se d\u00e9couvre un environnement sonore \u00e0 la mesure de ses ambitions, capable de conf\u00e9rer \u00e0 ses ballades nostalgiques l&rsquo;habillage contemporain qui leur faisait jusqu&rsquo;alors d\u00e9faut.<\/p>\n<p>Paru en 1997, le premier album de Jay-Jay, \u00abWhiskey\u00bb, r\u00e9v\u00e8le au monde entier son timbre stratosph\u00e9rique et assoit sa r\u00e9putation d&rsquo;incurable romantique aux oreilles d\u00e9coll\u00e9es, quelque part entre Chet Baker chanteur et le Gainsbourg du \u00abPoin\u00e7onneur des Lilas\u00bb. Son successeur, \u00abTattoo\u00bb (1998), prolongera sans grande surprise l&rsquo;exploration du nordic-lover en terres fran\u00e7aises, courtisant au passage le timbre de Val\u00e9rie Leulliot d&rsquo;Autour de Lucie le temps d&rsquo;un duo \u00e0 la Gainsbourg-Birkin (\u00abJay-Jay Johanson\u00bb).<\/p>\n<p>Sur son troisi\u00e8me album, \u00abPoison\u00bb, qui para\u00eet ces jours-ci, Jay-Jay Johanson renoue avec les plaisirs de la citation visuelle: hommage appuy\u00e9 au Hitchcock hollywoodien de \u00abPsychose\u00bb, \u00abMais qui a tu\u00e9 Harry?\u00bb ou \u00abLes Oiseaux\u00bb, les photographies de pochette mettent en sc\u00e8ne le fr\u00eale h\u00e9ros aux prises avec une peur d&rsquo;origine inconnue, un cadavre invisible et une conscience manifestement agit\u00e9e. <\/p>\n<p>V\u00e9ritable Norman Bates du trip-hop, Jay-Jay Johanson cultive \u00e0 l&rsquo;envi sa schizophr\u00e9nie musicale et visuelle, inscrivant ses citations cin\u00e9matographiques dans le cadre et le lettrage exact du second album de Portishead, r\u00e9f\u00e9rence d\u00e9cid\u00e9ment tenace.<\/p>\n<p>Sans avoir tout \u00e0 fait la densit\u00e9 de ses illustres mod\u00e8les, \u00abPoison\u00bb t\u00e9moigne d&rsquo;une volont\u00e9 de recentrer le <a href=\"http:\/\/www.lesinrocks.com\/lesinrocks\/product.asp?dept%5Fid=30&#038;sku=777\" target=_blank>propos<\/a> sur les s\u00e9ductions troubles de ses m\u00e9lodies, toutes d\u00e9ploy\u00e9es sur un mode mineur et servant mieux que jamais les \u00e9tonnantes capacit\u00e9s vocales du Su\u00e9dois. <\/p>\n<p>Les orchestrations m\u00ealent une fois encore instruments acoustiques, samples et scratches hip-hop, tout en explorant de nouvelles pistes sonores. Des guitares satur\u00e9es de \u00abKeep it a Secret\u00bb au vocoder de \u00ab75.07.05\u00bb en passant par le vibraphone de \u00abPoison\u00bb, r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 peine d\u00e9guis\u00e9e \u00e0 la \u00abValse de Melody\u00bb de Gainsbourg, Jay-Jay enrichit sa palette sans jamais forcer le trait, conservant sur l&rsquo;ensemble de l&rsquo;album une ligne m\u00e9lodique aussi pure qu&rsquo;intemporelle.<\/p>\n<p>Incurable neurasth\u00e9nique, Jay-Jay Johanson travaille \u00e0 la mani\u00e8re noire la bande-son de nos cauchemars, en prenant bien soin de retenir la le\u00e7on hitchcockienne: une affaire criminelle en toile de fond permet de rendre palpitantes les d\u00e9clarations d&rsquo;amour les plus m\u00e9lodramatiques.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nA l&rsquo;occasion de la sortie de \u00abPoison\u00bb, Jay-Jay Johanson organise un <a href=\"http:\/\/www.ecoutezvous.fr\/webring_jay_jay\/page5.htm\" target=_blank>concours<\/a>: il invite les internautes \u00e0 remixer sa chanson \u00abBelieve in us\u00bb. Le meilleur remix sera publi\u00e9 sur son prochain single. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le chanteur Su\u00e9dois s&rsquo;est infiltr\u00e9 dans l&rsquo;univers de \u00abPsychose\u00bb et des \u00abOiseaux\u00bb pour la pochette de son nouvel album. Un disque aux m\u00e9lodies palpitantes comme une affaire criminelle. Recommand\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":1365,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-396","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/396","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1365"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=396"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/396\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=396"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=396"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=396"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}