



{"id":3941,"date":"2013-07-11T14:00:25","date_gmt":"2013-07-11T12:00:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3941"},"modified":"2013-07-19T09:50:31","modified_gmt":"2013-07-19T07:50:31","slug":"energie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3941","title":{"rendered":"Nouveau souffle pour l\u2019extraction de gaz en Suisse"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/072013\/Image_Jour_1007.png\" alt=\"Image_Jour_1007.png\" title=\"Image_Jour_1007.png\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>En 1985, pr\u00e8s de Finsterwald, dans le canton de Lucerne, un petit miracle s\u2019est produit. Pour la premi\u00e8re fois, du gaz naturel \u00e9tait extrait du sous-sol helv\u00e9tique. Jusqu\u2019en 1994, le gisement a fourni 2 \u00e0 3% de la consommation de la Suisse, avant que la production ne devienne trop faible et que l\u2019on d\u00e9cide de fermer le puits. Un succ\u00e8s d\u2019estime plus que commercial: pour ses promoteurs, l\u2019op\u00e9ration a tourn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chec financier. \u00abLes gains n\u2019ont pas suffi \u00e0 couvrir l\u2019ensemble des investissements entrepris\u00bb, commente Patrick Lahusen, vice-pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 anonyme pour le p\u00e9trole suisse (SEAG) et pionnier de la recherche d\u2019hydrocarbures en Suisse. <\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la plateforme a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en attraction touristique, avec aire de pique-nique, place de jeu et sentier didactique. Le forage reste \u00e0 ce jour le seul jamais exploit\u00e9 dans le pays, malgr\u00e9 dix-huit tentatives en cinquante ans. A lui seul, Patrick Lahusen a conduit six essais. L\u2019absence de r\u00e9sultats et les millions engloutis n\u2019ont pas entam\u00e9 la d\u00e9termination de cet ex-banquier de 68 ans: \u00abContrairement \u00e0 ce que l\u2019on apprend \u00e0 l\u2019\u00e9cole, nous savons que la Suisse poss\u00e8de du gaz.\u00bb Les ressources du pays sont estim\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9quivalent de plusieurs dizaines d\u2019ann\u00e9es de consommation domestique par l\u2019Association Suisse de l\u2019Industrie Gazi\u00e8re. <\/p>\n<p>Si cette manne suppos\u00e9e n\u2019a pour l\u2019instant pas pu \u00eatre exploit\u00e9e \u00e0 grande \u00e9chelle, Patrick Lahusen et le reste de l\u2019industrie gazi\u00e8re suisse ont de nouvelles raisons d\u2019esp\u00e9rer. \u00abCes derni\u00e8res ann\u00e9es, la connaissance du sous-sol helv\u00e9tique s&rsquo;est am\u00e9lior\u00e9e, tandis que les m\u00e9thodes sismiques de localisation des gisements et les techniques de forage se sont perfectionn\u00e9es\u00bb, explique le g\u00e9ologue Werner Leu, consultant ind\u00e9pendant pour le compte d\u2019une dizaine de compagnies actives dans la recherche d\u2019hydrocarbures ou la g\u00e9othermie.<\/p>\n<p><strong>Expertise texane<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9volution la plus spectaculaire concerne l\u2019essor fulgurant des techniques de forage non conventionnelles aux Etats-Unis, gr\u00e2ce auxquelles ce pays est en train de passer du statut d\u2019importateur d\u2019\u00e9nergie \u00e0 celui d\u2019exportateur. Dans ce cas de figure, la m\u00e9thode ne consiste plus \u00e0 creuser tout droit en direction d\u2019une poche de gaz, mais \u00e0 forer d\u2019abord verticalement, puis horizontalement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de couches de gaz de faible \u00e9paisseur mais tr\u00e8s \u00e9tendues, pi\u00e9g\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de roches peu perm\u00e9ables. Pour lib\u00e9rer le gaz, la roche doit \u00eatre fissur\u00e9e artificiellement. La technique la plus courante est celle de la fracturation hydraulique, ou \u00abfracking\u00bb, effectu\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 un m\u00e9lange d\u2019eau, de sable et de produits chimiques inject\u00e9 sous pression.<\/p>\n<p>Ces couches de gaz serr\u00e9es, abondantes en hydrocarbures, sont nettement plus faciles \u00e0 localiser que les gisements classiques, pour lesquels seul un forage sur seize est couronn\u00e9 de succ\u00e8s, selon Patrick Lahusen: \u00abAux Etats-Unis, pr\u00e8s de 800 puits non conventionnels sont creus\u00e9s chaque mois et ils sont pratiquement tous positifs!\u00bb Il ajoute: \u00abLors des pr\u00e9c\u00e9dents forages verticaux que nous avons r\u00e9alis\u00e9s en Suisse, nous avons travers\u00e9 de telles couches de gaz et nous savons donc qu\u2019elles sont pr\u00e9sentes dans notre pays \u00e9galement.\u00bb De quoi susciter les espoirs du vice-pr\u00e9sident de la SEAG. <\/p>\n<p>Mais le \u00abfracking\u00bb n\u2019a encore jamais \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9 en Suisse. Bien que cette technique soit utilis\u00e9e depuis 60 ans d\u00e9j\u00e0 pour stimuler les puits d\u2019hydrocarbures, elle n\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 son v\u00e9ritable potentiel que lorsqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e aux forages horizontaux dans les ann\u00e9es 1980 et n\u2019est devenue rentable que r\u00e9cemment. Elle suscite les craintes des d\u00e9fenseurs de l\u2019environnement, qui \u00e9voquent s\u00e9ismes et pollutions des nappes phr\u00e9atiques. Plusieurs pays europ\u00e9ens ont interdit cette pratique sur leur territoire. En Suisse, les cantons de Fribourg ou Vaud ont d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 des moratoires. Pour Patrick Lahusen, cette m\u00e9fiance n\u2019a pas lieu d\u2019\u00eatre: \u00abLa technologie n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas au point il y a vingt ans, mais elle est d\u00e9sormais aussi propre que la g\u00e9othermie.\u00bb <\/p>\n<p>Dans sa qu\u00eate de gaz, Patrick Lahusen s\u2019est associ\u00e9 \u00e0 la firme texane Ecorp, avec laquelle il esp\u00e8re mener une douzaine de forages exploratoires dans les deux prochaines ann\u00e9es, du lac de Constance au lac L\u00e9man. La soci\u00e9t\u00e9 de Houston, qui cherche activement du gaz en Suisse depuis 2009, juge que le pays \u00abpr\u00e9sente des opportunit\u00e9s tr\u00e8s comp\u00e9titives\u00bb, selon son directeur John F. Thrash, contact\u00e9 par e-mail. Ecorp apportera sa propre tour de forage en Suisse et supportera l\u2019entier des investissements jusqu\u2019au creusement du premier puits. Ensuite, la SEAG prendra \u00e0 son compte 10% des frais et empochera 10% des b\u00e9n\u00e9fices en cas de succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Lors de la phase d\u2019exploration, des forages verticaux de diam\u00e8tre r\u00e9duit, dits \u00abslim holes\u00bb, seront pratiqu\u00e9s. Ils sont trois fois plus rapides \u00e0 r\u00e9aliser que des forages classiques &#8212; 15 jours au lieu de 45 &#8212; et co\u00fbtent deux tiers de moins &#8212; 5 millions de francs au lieu de 15. Pour l\u2019heure, John F. Thrash, pr\u00e9cise que sa compagnie n\u2019effectue aucun forage non conventionnel en Suisse, mais il s\u2019attend \u00e0 y \u00eatre autoris\u00e9 dans le futur. \u00abSi ce jour arrive, nous aimerions \u00eatre de la partie.\u00bb<\/p>\n<p><strong>50% de chances de r\u00e9ussite<\/strong><\/p>\n<p>La SEAG n\u2019est pas la seule soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 prospecter le sous-sol helv\u00e9tique. Plusieurs autres projets sont en cours. Dans la commune vaudoise de Noville, situ\u00e9e au sud de Montreux, au bord du lac L\u00e9man, l\u2019entreprise suisse Petrosvibri \u00e9tudie depuis vingt ans la possibilit\u00e9 d\u2019extraire du gaz de mani\u00e8re conventionnelle, dont la pr\u00e9sence a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par un forage exploratoire en 2009. Cependant, une partie du gaz est enferm\u00e9 dans des roches serr\u00e9es. D\u00e8s lors, la firme envisage-t-elle le \u00abfracking\u00bb? \u00abCela fait partie de l\u2019arsenal des forages, m\u00eame conventionnels, mais nous n\u2019avons pas recueilli assez de donn\u00e9es\u00bb, r\u00e9pond le directeur de projet Philippe Petitpierre, \u00e9galement pr\u00e9sident depuis peu du distributeur Gaznat, actionnaire majoritaire de Petrosvibri. <\/p>\n<p>Pour affiner les analyses, une deuxi\u00e8me phase de tests vient d\u2019\u00eatre lanc\u00e9e. Les r\u00e9sultats devraient \u00eatre connus d\u2019ici \u00e0 18 mois. Pr\u00e8s de 35 millions de francs ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 investis dans le projet par les deux actionnaires Gaznat et Holdigaz. Philippe Petitpierre estime les chances de succ\u00e8s \u00e0 pr\u00e8s de 50%, alors qu\u2019elles \u00e9taient de 18% avant le forage exploratoire. \u00abDans le milieu, on estime qu\u2019\u00e0 9% de probabilit\u00e9s de r\u00e9ussite, il vaut la peine de forer\u00bb, d\u00e9taille-t-il. Pour Gaznat, dont le chiffre d\u2019affaires avoisine les 600 millions de francs, l\u2019enjeu est important: l\u2019essentiel du gaz que la soci\u00e9t\u00e9 distribue en Suisse est import\u00e9. Les \u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es seraient substantielles. <\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de leur faisabilit\u00e9 technique, l\u2019une des plus grandes incertitudes qui p\u00e8se sur les projets de forage en Suisse est li\u00e9e au prix du gaz, d\u00e9cisif pour leur rentabilit\u00e9. Or si les tarifs ont augment\u00e9 au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie, la hausse de la production de gaz engendr\u00e9e par le boom des forages non conventionnels aux Etats-Unis a fait redescendre les cours depuis 2008. Les prix demeurent encore trois fois plus \u00e9lev\u00e9s en Europe qu\u2019outre-Atlantique, mais la situation devrait changer lorsque les Etats-Unis se mettront \u00e0 exporter. Une situation dont Patrick Lahusen est bien conscient, mais dont il ne veut pas s\u2019inqui\u00e9ter: \u00abSi je refuse de creuser parce que j\u2019ignore \u00e0 quel niveau sera le prix du gaz dans cinq ans, je ne forerai jamais.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s des ann\u00e9es d\u2019\u00e9chec, l\u2019am\u00e9lioration des techniques de forage pourrait enfin rendre possible la production de gaz dans le pays. <\/p>\n","protected":false},"author":19892,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3941","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3941","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19892"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3941"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3941\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3941"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3941"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3941"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}