



{"id":3936,"date":"2013-07-02T17:09:12","date_gmt":"2013-07-02T15:09:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3936"},"modified":"2013-07-02T22:39:44","modified_gmt":"2013-07-02T20:39:44","slug":"habitat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3936","title":{"rendered":"La nouvelle mixit\u00e9 urbaine"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/062013\/large02072013.jpg\" alt=\"large02072013.jpg\" title=\"large02072013.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><br \/>\nA l\u2019origine, il s\u2019agissait de ranger la ville. \u00abAu d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, on s\u2019est mis \u00e0 s\u00e9parer les quartiers d\u2019habitation des rues commer\u00e7antes et des lieux de travail, relate Guillaume de Morsier, professeur \u00e0 l\u2019Ecole d\u2019ing\u00e9nieurs et d\u2019architectes de Fribourg &#8212; EIA-FR. Cette politique de zonage, inspir\u00e9e par les th\u00e9ories de Le Corbusier, s\u2019est faite en r\u00e9action \u00e0 la ville sale du XIXe si\u00e8cle.\u00bb<\/p>\n<p>Avec la diffusion de la voiture individuelle, les centres sont devenus encore plus uniformes: les classes moyennes et les familles sont parties vivre en banlieue; les pauvres, les personnes \u00e2g\u00e9es et les immigr\u00e9s sont rest\u00e9s en ville. \u00abLes grands blocs de HLM et les quartiers de villas en p\u00e9riph\u00e9rie, apparus dans les ann\u00e9es 50 et 60, sont des exemples extr\u00eames de cette division\u00bb, rel\u00e8ve l\u2019architecte. Entre 1970 et 2000, les villes suisses ont perdu 190\u2019000 habitants (-10%), pendant que leurs couronnes en gagnaient 760\u2019000 (+36%).<\/p>\n<p>\u00abMais cette tendance a commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019inverser \u00e0 partir des ann\u00e9es 2000\u00bb, indique Patrick R\u00e9rat, un chercheur de l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel sp\u00e9cialis\u00e9 dans la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration urbaine. Les 25 plus importantes villes du pays ont r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 45\u2019000 habitants entre 2001 et 2007. Zurich a vu sa population cro\u00eetre de 3,6%, Lausanne de 2,8% et Gen\u00e8ve de 2,1%. Seule B\u00e2le continue de perdre des habitants (-1,8%), alors que Berne stagne (-0,1%).<\/p>\n<p>Ce retournement est d\u00fb \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de migrants dans le sillage des accords de libre circulation, notamment des Allemands et des Fran\u00e7ais, mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle cat\u00e9gorie d\u2019urbains, ceux qu\u2019on appelle commun\u00e9ment les bobos. \u00abCe sont des couples qui veulent concilier une double carri\u00e8re avec une famille et une vie sociale active, ce qui est plus ais\u00e9 en ville, d\u00e9taille Patrick R\u00e9rat. Ils sont aussi anim\u00e9s de valeurs \u00e9cologiques, qui les encouragent \u00e0 laisser de c\u00f4t\u00e9 la voiture et \u00e0 privil\u00e9gier une mobilit\u00e9 douce.\u00bb<\/p>\n<p>Une politique volontariste de construction de logements (10\u2019000 appartements ont \u00e9t\u00e9 b\u00e2tis \u00e0 Zurich entre 1999 et 2007) et la mise \u00e0 disposition de friches industrielles par les anciennes r\u00e9gies f\u00e9d\u00e9rales (CFF, La Poste) ont permis \u00e0 ces nouveaux citadins de trouver chaussure \u00e0 leur pied. Des quartiers entiers sont sortis de terre, comme Z\u00fcri-West et Neu Oerlikon \u00e0 Zurich, Erlenmatt \u00e0 B\u00e2le, Ecoparc \u00e0 Neuch\u00e2tel, les anciens ateliers m\u00e9caniques \u00e0 Vevey ou Sulzer-Areal \u00e0 Winterthour. Ils seront bient\u00f4t rejoints par le PAV (Praille-Acacias-Vernets) \u00e0 Gen\u00e8ve et par M\u00e9tamorphoses \u00e0 Lausanne.<\/p>\n<p>R\u00e9sultat, les villes helv\u00e9tiques sont devenues plus mixtes. \u00abOn construit du logement dans les zones industrielles et on promeut des activit\u00e9s commerciales dans les quartiers d\u2019habitation, note Vincent Kaufmann, professeur de sociologie urbaine \u00e0 l\u2019EPFL. On \u00e9vite ainsi d\u2019avoir des lieux vides durant la journ\u00e9e ou la nuit.\u00bb Il cite le cas des anciennes friches industrielles de Oerlikon et de Vernier, qui ont \u00e9t\u00e9 agr\u00e9ment\u00e9es d\u2019appartements. Le quartier Z\u00fcri-West \u00e0 Zurich et celui du Flon \u00e0 Lausanne sont m\u00eame devenus des destinations pour noctambules.<\/p>\n<p>A Gen\u00e8ve, une loi adopt\u00e9e en 2012 a introduit des zones d\u2019activit\u00e9s mixtes. \u00abElle permet d\u2019int\u00e9grer jusqu\u2019\u00e0 40% d\u2019activit\u00e9s tertiaires dans les espaces industriels, jusqu\u2019ici r\u00e9serv\u00e9s au secondaire\u00bb, explique Fran\u00e7ois Lefort, d\u00e9put\u00e9 vert au Grand Conseil. Son parti a en outre obtenu une modification du r\u00e9gime des zones industrielles. \u00abOn peut d\u00e9sormais y construire des immeubles jusqu\u2019\u00e0 24 m\u00e8tres, ce qui favorise l\u2019h\u00e9bergement d\u2019activit\u00e9s tertiaires dans les \u00e9tages sup\u00e9rieurs\u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Parfois, la mixit\u00e9 survient au sein d\u2019un m\u00eame b\u00e2timent. Le Puls 5, un immeuble construit sur le site de l\u2019ancienne fonderie de Sulzer-Escher-Wyss \u00e0 Zurich, comprend des magasins et entreprises au rez, surmont\u00e9s par trois \u00e9tages d\u2019appartements. A Crissier, certains immeubles construits dans le cadre d\u2019un projet de r\u00e9am\u00e9nagement de l\u2019Ouest lausannois auront des appartements situ\u00e9s sur le m\u00eame palier que les bureaux, pour faciliter le t\u00e9l\u00e9travail.<\/p>\n<p>Mais la mixit\u00e9 n\u2019est pas qu\u2019une affaire d\u2019affectations et de zones. \u00abUn vrai quartier mixte comprend diff\u00e9rentes cat\u00e9gories et g\u00e9n\u00e9rations\u00bb, pr\u00e9cise Vincent Kaufman. Les villes suisses sont tr\u00e8s in\u00e9gales face \u00e0 cela. Dans une \u00e9tude parue en 2008, Martin Schuler et Olivier Walser, deux professeurs de l\u2019EPFL, ont calcul\u00e9 le degr\u00e9 de s\u00e9gr\u00e9gation de plusieurs cit\u00e9s helv\u00e9tiques. Les \u00e9trangers se m\u00ealent \u00e0 la population suisse et les g\u00e9n\u00e9rations sont bien r\u00e9parties \u00e0 Gen\u00e8ve, \u00e0 Lausanne, \u00e0 Winterthour et \u00e0 Schaffhouse. Mais pas \u00e0 Berne, B\u00e2le et Lucerne.<\/p>\n<p>Le m\u00e9lange des types de logement &#8212; PPE, loyers subventionn\u00e9s, petits et grands appartements &#8212; est le meilleur moyen de garantir le brassage des populations. Des immeubles interg\u00e9n\u00e9rationnels ont commenc\u00e9 \u00e0 voir le jour dans les villes suisses: \u00abOn combine des appartements pour familles, des logements pour les personnes \u00e2g\u00e9es, \u00e9ventuellement en collocation, une cr\u00e8che, une salle polyvalente et des commerces dans un m\u00eame b\u00e2timent\u00bb, d\u00e9taille Vincent Kaufmann. Le centre du village de Meinier, \u00e0 Gen\u00e8ve, sera enti\u00e8rement r\u00e9organis\u00e9 selon ces pr\u00e9ceptes.<\/p>\n<p>La mixit\u00e9 sociale doit aussi \u00eatre encourag\u00e9e \u00e0 plus large \u00e9chelle. \u00abSi on veut attirer diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de la population en ville, il faut leur fournir les services publics dont ils ont besoin, des possibilit\u00e9s de garde pour les familles, des transports publics et des soins \u00e0 domicile pour les a\u00een\u00e9s, rel\u00e8ve Roger Nordmann, conseiller national socialiste et membre de la Commission de l\u2019environnement, de l\u2019am\u00e9nagement du territoire et de l\u2019\u00e9nergie. Il faut aussi \u00e9viter que les communes ne se livrent \u00e0 une concurrence pour attirer les contribuables les plus riches, en affinant la p\u00e9r\u00e9quation fiscale.\u00bb<\/p>\n<p>Pour Ruedi Baur, qui dirige le programme Civic City \u2013 Civic Design de la Haute \u00e9cole d\u2019art et de design de Gen\u00e8ve, la mixit\u00e9 passe par la cr\u00e9ation de passerelles entre diff\u00e9rents quartiers. Il s\u2019est notamment pench\u00e9 sur le cas d\u2019une cit\u00e9 marseillaise. \u00abCe quartier construit dans la p\u00e9riode de l\u2019apr\u00e8s-guerre \u00e9tait compl\u00e8tement repli\u00e9 sur lui-m\u00eame, sans lien avec le reste de la ville\u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>Pour ouvrir cette cit\u00e9 qu\u2019il d\u00e9crit comme \u00abun cul-de-sac\u00bb, son \u00e9quipe a imagin\u00e9 construire un belv\u00e9d\u00e8re qui permette de voir au-del\u00e0 des murs, remplacer un golf qui cr\u00e9e une barri\u00e8re naturelle entre la cit\u00e9 et les quartiers ais\u00e9s par des infrastructures mixtes et profiter de l\u2019agrandissement d\u2019un cimeti\u00e8re pour construire un chemin de promenade qui relie ces deux mondes.<\/p>\n<p>Radu Florinel, professeur \u00e0 l\u2019Ecole d\u2019ing\u00e9nieurs et d\u2019architectes de Fribourg, a pour sa part analys\u00e9 le quartier du Vallon, \u00e0 Lausanne, dans le cadre du projet Atequas (Atelier des quartiers soutenables). Les habitants actuels sont en majorit\u00e9 des migrants et des \u00e9tudiants, mais la construction de logements sur le site d\u2019une ancienne usine d\u2019incin\u00e9ration va attirer de nouvelles cat\u00e9gories de population. \u00abIl faudra prendre garde \u00e0 privil\u00e9gier des personnes qui ont un mode de vie compatible avec le style alternatif du quartier, si on veut le pr\u00e9server\u00bb, note-t-il.<\/p>\n<p>Le chercheur s\u2019est \u00e9galement int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 Rossens, une commune situ\u00e9e \u00e0 15 kilom\u00e8tres de Fribourg qui veut d\u00e9velopper un \u00e9coquartier sur un terrain agricole. Pour diversifier la population de ce village-dortoir, \u00abil s\u2019agira d\u2019y attirer des personnes pr\u00eates \u00e0 travailler sur place et \u00e0 animer la vie du village, note le professeur d\u2019architecture. Cela passe par la cr\u00e9ation d\u2019emplois et la mise en place de transports publics.\u00bb<\/p>\n<p>Il met toutefois en garde contre la tentation de \u00abfaire de la mixit\u00e9 pour faire de la mixit\u00e9\u00bb. Cela peut avoir des effets pervers. Lorsque les promoteurs immobiliers r\u00e9habilitent d\u2019anciennes friches industrielles ou que les artistes et \u00e9tudiants en qu\u00eate de loyers bon march\u00e9 investissent les quartiers populaires, ils font monter le prix des loyers. \u00abCela exerce un effet d\u2019\u00e9viction sur les populations habitant ces quartiers\u00bb, rel\u00e8ve Patrick R\u00e9rat.<\/p>\n<p>Un ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019on appelle la gentrification. Les quartiers de la Jonction \u00e0 Gen\u00e8ve ou de Seefeld \u00e0 Zurich en sont des exemples typiques. \u00abA Zurich, une partie des gens d\u00e9munis ont d\u00fb quitter le centre-ville, rel\u00e9gu\u00e9s dans les quartiers proches de l\u2019a\u00e9roport\u00bb, note-t-il.<\/p>\n<p>La mixit\u00e9 souffre \u00e9galement de l\u2019approche top-down qui lui est en g\u00e9n\u00e9ral appliqu\u00e9e. \u00abOn ne peut pas assigner des gens \u00e0 un quartier, rel\u00e8ve Guillaume de Morsier. M\u00eame si on leur donne tout pour se loger, manger et consommer sur place, ils prendront quand m\u00eame leur voiture pour aller faire leurs courses ou aller au restaurant ailleurs.\u00bb Florinel Radu \u00e9voque le cas d\u2019un immeuble interg\u00e9n\u00e9rationnel lausannois qui a oblig\u00e9 ses r\u00e9sidents \u00e0 signer un contrat o\u00f9 ils s\u2019engagent \u00e0 interagir avec les personnes \u00e2g\u00e9es y vivant. \u00abOn ne peut pas forcer les gens \u00e0 se m\u00e9langer, dit-il. On peut uniquement cr\u00e9er des situations qui leur laissent le choix de le faire ou non.\u00bb<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me fondamental, rel\u00e8ve Vincent Kaufmann, c\u2019est que la plupart des gens ne souhaitent pas la mixit\u00e9: \u00abIl est beaucoup plus facile de vivre aux c\u00f4t\u00e9s de ses semblables. Les m\u00e9langes de populations g\u00e9n\u00e8rent des conflits. Les personnes \u00e2g\u00e9es ne peuvent pas faire la sieste l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 cause des enfants qui jouent dehors, les familles ne peuvent pas dormir la nuit \u00e0 cause de la colloc\u2019 d\u2019\u00e9tudiants qui fait une f\u00eate.\u00bb<\/p>\n<p>Il est en outre illusoire de vouloir ramener tout le monde en ville. Par manque de place, mais aussi car une partie de la population voudra toujours vivre \u00e0 la campagne. \u00abLa villa en banlieue reste le mod\u00e8le dominant, notamment pour les familles\u00bb, rappelle Patrick R\u00e9rat.<\/p>\n<p>La reconqu\u00eate des villes devra donc se faire de fa\u00e7on intelligente. Au lieu d\u2019imposer la mixit\u00e9 \u00e0 chaque \u00e9tage d\u2019un immeuble, pourquoi ne pas chercher \u00e0 la faire \u00e9merger \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de tout un quartier? Quitte \u00e0 ce que celui-ci soit compos\u00e9 de blocs homog\u00e8nes en communication les uns avec les autres.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la gentrification, on peut la freiner en d\u00e9cr\u00e9tant des quotas de logements \u00e0 loyer mod\u00e9r\u00e9 ou en favorisant la construction de coop\u00e9ratives sur les terrains appartenant \u00e0 l\u2019Etat. \u00abA Zurich, 20 \u00e0 25% des habitations fonctionnement sur ce mod\u00e8le\u00bb, rel\u00e8ve Patrick R\u00e9rat. Et si on veut \u00e9viter que des familles ne partent s\u2019installer \u00e0 la campagne, il faut leur proposer du logement de qualit\u00e9 en ville, rel\u00e8ve Hugues Hiltpold, un conseiller national lib\u00e9ral-radical. Il rappelle qu\u2019une m\u00eame densit\u00e9 urbaine recouvre parfois des r\u00e9alit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes: \u00abA Gen\u00e8ve, les Tours de Carouge et le Vieux Carouge ont la m\u00eame densit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Les mod\u00e8les de mixit\u00e9 les plus r\u00e9ussis sont ceux qui sont apparus de fa\u00e7on organique. L\u2019am\u00e9nagement du territoire doit se faire \u00abde fa\u00e7on non compl\u00e8tement contr\u00f4l\u00e9e\u00bb, en \u00ablaissant des espaces de libert\u00e9\u00bb, qui permettent \u00e0 la diversit\u00e9 d\u2019\u00e9merger, note Ruedi Baur. Cela implique de pr\u00e9voir des appartements aussi neutres que possible, qui peuvent \u00eatre adapt\u00e9s \u00e0 de multiples usages. \u00abA l\u2019image des immeubles bourgeois de la fin du XIXe si\u00e8cle, qu\u2019on retrouve dans l\u2019architecture fazyste \u00e0 Gen\u00e8ve, d\u00e9taille Vincent Kaufman. Avec leurs quatre grandes pi\u00e8ces de m\u00eame taille, ils se pr\u00eatent tout autant \u00e0 une collocation qu\u2019\u00e0 une famille.\u00bb<\/p>\n<p>Cette flexibilit\u00e9 doit aussi \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la conception des nouveaux b\u00e2timents. \u00abDans dix ou vingt ans, il est possible qu\u2019une majorit\u00e9 de gens travaillent depuis la maison, souligne Guillaume de Morsier. Voudront-ils alors une seconde entr\u00e9e pour accueillir leurs clients? Ou un espace r\u00e9ception? Il faudra aussi pouvoir diviser certains appartements en deux, pour coller \u00e0 la diminution de la taille des m\u00e9nages.\u00bb<\/p>\n<p>Plus crucial encore, la population doit \u00eatre consult\u00e9e. A Winterthour, les promoteurs ont voulu redessiner la friche industrielle de Sulzer-Areal en se fondant sur un projet de l\u2019architecte Jean Nouvel. Ils ont d\u00fb revoir leur copie face \u00e0 la fronde de la population qui souhaitait plut\u00f4t une r\u00e9novation douce.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>La ville \u00e0 la campagne<\/strong><\/p>\n<p>La mixit\u00e9 ne se trouve pas qu\u2019en ville. \u00abOn assiste \u00e0 la diffusion des modes de vie urbains en p\u00e9riph\u00e9rie, rel\u00e8ve Bernard Debarbieux, professeur de g\u00e9ographie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve. Les modes de consommation, les loisirs et les horaires de travail s\u2019y sont uniformis\u00e9s au fur et \u00e0 mesure que des pendulaires s\u2019y installaient.\u00bb Le ph\u00e9nom\u00e8ne touche l\u2019ensemble du Plateau en Suisse et a donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de n\u00e9ologismes comme la cit\u00e9 diffuse, la m\u00e9tropole polynucl\u00e9aire ou la ville archipel.<\/p>\n<p>Bernard Debarbieux a \u00e9tudi\u00e9 deux espaces de ce type: Glattalstadt, une banlieue de Zurich coinc\u00e9e entre la ville et l\u2019a\u00e9roport, ainsi que le Piano du Magadino au Tessin, une plaine \u00e0 mi-chemin de Bellinzone et de Locarno qui comprend \u00e0 la fois des centres commerciaux, des logements, la ligne ferroviaire du tunnel Saint-Gothard, un parc naturel et des zones agricoles. \u00abJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 de constater que, m\u00eame si elle est obsol\u00e8te dans les faits, la distinction ville-campagne survit dans l\u2019imaginaire des habitants, souligne-t-il. Souvent, elle justifie m\u00eame leur choix de quitter la ville.\u00bb<br \/>\n______<\/p>\n<p><strong>La face cach\u00e9e des villes<\/strong><\/p>\n<p>Loin d\u2019\u00eatre des \u00abtrous noirs\u00bb pour la biodiversit\u00e9, les villes suisses repr\u00e9sentent un refuge pour de nombreuses esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales. \u00abIl y fait quelques degr\u00e9s de plus en moyenne et il n\u2019y a pas de grands pr\u00e9dateurs\u00bb, d\u00e9taille Marco Moretti, de l\u2019Institut f\u00e9d\u00e9ral de recherches sur la for\u00eat, la neige et le paysage. La ville de Zurich contient 1\u2019200 esp\u00e8ces de foug\u00e8res et de plantes \u00e0 fleurs sauvages, soit 40% de celles repr\u00e9sent\u00e9es en Suisse. Le chercheur et son \u00e9quipe ont m\u00eame d\u00e9couvert des oiseaux menac\u00e9s, comme le pic-vert, ou des animaux qui vivent normalement plus au sud, comme la vesp\u00e8re de Savi (une chauve-souris) et deux abeilles m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Certains \u00e9l\u00e9ments du b\u00e2ti urbain fonctionnent comme des substituts aux habitats naturels d\u00e9grad\u00e9s par l\u2019agriculture intensive. \u00abLes sols recouverts de graviers des voies de chemin de fer abandonn\u00e9es reproduisent les lits de rivi\u00e8re ass\u00e9ch\u00e9s\u00bb, d\u00e9taille Marco Moretti. De m\u00eame, les fa\u00e7ades des immeubles sont utilis\u00e9es comme des falaises par le martinet ou le choucas. Enfin, certaines \u00e9volutions r\u00e9centes, comme les toits v\u00e9g\u00e9talis\u00e9s, servent d\u2019habitat, de biotope-relais ou de couloirs biologiques \u00e0 travers la ville pour de nombreuses esp\u00e8ces.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 5).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les m\u00e9tropoles suisses regagnent des habitants pour la premi\u00e8re fois depuis trente ans. Leur arriv\u00e9e a contribu\u00e9 \u00e0 brasser les populations, mais aussi \u00e0 \u00e9vincer certains r\u00e9sidents de longue date.<\/p>\n","protected":false},"author":19062,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-3936","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3936","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19062"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3936"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3936\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3936"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3936"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3936"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}