



{"id":3899,"date":"2013-05-06T17:24:56","date_gmt":"2013-05-06T15:24:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3899"},"modified":"2013-06-17T10:41:22","modified_gmt":"2013-06-17T08:41:22","slug":"histoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3899","title":{"rendered":"L&rsquo;EPFL reconstruit la Venise d&rsquo;autrefois"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/042013\/venise.jpg\" alt=\"venise.jpg\" title=\"venise.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>L\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne a encore frapp\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 on ne l\u2019attendait pas: la haute \u00e9cole avait d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 son carcan des sciences dures pour embrasser les sciences de la vie, la voil\u00e0 d\u00e9sormais en piste pour conqu\u00e9rir les sciences humaines.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit plus de faire voler Solar Impulse, de donner un coup de pouce \u00e0 Alinghi ou encore de reconstruire un cerveau sur ordinateur gr\u00e2ce au milliard d\u2019euros d\u00e9croch\u00e9s par le Humain Brain Project. Non, cette fois, l\u2019EPFL n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 empi\u00e9ter sur les platebandes de sa voisine l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne et se lance dans le domaine de l\u2019histoire avec Venice Time Machine, un projet qui veut reconstruire l\u2019\u00e9volution pass\u00e9e de la ville gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9norme quantit\u00e9 d\u2019informations contenues dans les archives d\u2019Etat. L\u2019EPFL cherche clairement \u00e0 se profiler dans le domaine des \u00abhumanit\u00e9s digitales\u00bb, un terme qui d\u00e9crit l\u2019importance croissante prise par les technologies num\u00e9riques dans les recherches en sciences humaines.<\/p>\n<p>Imagin\u00e9 en partenariat avec l\u2019Universit\u00e9 Ca\u2019Foscari de Venise, le projet de l\u2019EPFL ne manque pas d\u2019ambition: il vise \u00e0 num\u00e9riser les archives d\u2019Etat pour reconstituer l\u2019\u00e9volution historique de la Cit\u00e9 des Doges sur plus de mille ans. Les objectifs sont multiples: il s\u2019agira de reconstruire virtuellement des b\u00e2timents disparus et l\u2019\u00e9volution urbaine de la cit\u00e9, mais aussi de retracer les routes commerciales de la puissance maritime ainsi que les \u00e9changes commerciaux et culturels. Sans oublier les aspects environnementaux avec, en particulier, le niveau de la lagune, qui menace toujours d\u2019inonder la ville. Clou de l\u2019op\u00e9ration: un partenariat avec Telecom Italia et le gouvernement de la ville qui imagine proposer aux touristes une visite virtuelle dans le pass\u00e9 de la cit\u00e9, notamment au moyen d\u2019un smartphone. Le projet rassemblera ainsi \u00abl\u2019informatique, l\u2019histoire de l\u2019art, la musicologie, l\u2019architecture, la g\u00e9ophysique\u00bb et m\u00eame, \u00e9tonnamment, les neurosciences, comme le pr\u00e9cise l\u2019institution lausannoise.<\/p>\n<p>\u00abNous devrons d\u2019abord choisir sur quels documents travailler en premier, car les archives de Venise repr\u00e9sentent l\u2019\u00e9quivalent de 80 km et d\u00e9passent la centaine de millions de pages\u00bb, explique Fr\u00e9d\u00e9ric Kaplan, qui m\u00e8ne le projet \u00e0 l\u2019EPFL, o\u00f9 il a derni\u00e8rement \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de la chaire d\u2019humanit\u00e9s digitales. Ensuite, il faudra scanner ces d\u00e9licats papiers \u00e2g\u00e9s de plus de 1000 ans, \u00e0 la main ou \u00e0 l\u2019aide de machines qu\u2019il faudra d\u00e9velopper. Troisi\u00e8me \u00e9tape: extraire les informations les plus importantes, \u00e9ventuellement gr\u00e2ce \u00e0 des logiciels de reconnaissance optique qui devront apprendre \u00e0 d\u00e9chiffrer l\u2019\u00e9criture alambiqu\u00e9e des scribes d\u2019Etat. Restera encore \u00e0 organiser ces informations sous forme de bases de donn\u00e9es et ouvrir leur acc\u00e8s aux historiens du monde entier.<\/p>\n<p>\u00abIl est impossible pour des historiens isol\u00e9s de tout traiter, souligne Fr\u00e9d\u00e9ric Kaplan. Il faudra travailler en groupe, \u00e0 l\u2019instar du CERN ou du Human Genome Project. Ce qui est tr\u00e8s nouveau en sciences humaines.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019arriv\u00e9e peu discr\u00e8te de l\u2019EPFL dans le domaine des sciences humaines semble globalement bien accueillie par le milieu des historiens. \u00abComme toujours avec l\u2019EPFL, il s\u2019agit d\u2019un projet tr\u00e8s ambitieux, et l\u2019id\u00e9e me para\u00eet int\u00e9ressante, commente Christoph Fl\u00fceler, de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg et directeur d\u2019ECodices, le plus grand projet de num\u00e9risation de manuscrits m\u00e9di\u00e9vaux helv\u00e9tiques. Il est encore difficile de le juger, mais ce serait fantastique si les fonds lev\u00e9s permettaient de cr\u00e9er de nouveaux postes en histoire.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abJe suis tr\u00e8s curieux de voir comment le projet se d\u00e9veloppera, ajoute Enrico Natale, directeur d\u2019Infoclio.ch, une plateforme internet consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019utilisation et au d\u00e9veloppement du num\u00e9rique en histoire. Ce genre d\u2019approches a beaucoup de potentiel, notamment pour d\u00e9passer le carcan tr\u00e8s ferm\u00e9 de l\u2019histoire acad\u00e9mique.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ambition du projet ne convainc gu\u00e8re Simon Teuscher, professeur d\u2019histoire m\u00e9di\u00e9vale \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Zurich. \u00abJe suis tr\u00e8s sceptique. Les pr\u00e9tentions du projet sont \u00e9normes et paraissent infinies. La num\u00e9risation prend \u00e9norm\u00e9ment de temps et co\u00fbte extr\u00eamement cher. Le projet parle de robots capables de manipuler avec soin les parchemins, mais c\u2019est de la science-fiction; nous en sommes encore tr\u00e8s loin.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLa reconnaissance optique de l\u2019\u00e9criture manuscrite n\u2019existe simplement pas, rel\u00e8ve Christoph Fl\u00fceler. Nous travaillons \u00e0 d\u00e9velopper ce genre d\u2019outils, mais ils restent encore inutilisables pour des historiens.\u00bb<\/p>\n<p>La plus grosse inqui\u00e9tude de Simon Teuscher concerne l\u2019accent mis sur les technologies, au d\u00e9triment de l\u2019interpr\u00e9tation historique: \u00abJe vois beaucoup de projets historiques et arch\u00e9ologiques tenter de remplacer l\u2019interpr\u00e9tation par des simulations num\u00e9riques, mais ce d\u00e9placement tend \u00e0 occulter les orientations th\u00e9oriques cach\u00e9es dans les mod\u00e8les informatiques. Et l\u2019argent engag\u00e9 dans la num\u00e9risation serait mieux investi ailleurs, dans le travail d\u2019explication effectu\u00e9 par les historiens. Parfois, les sciences naturelles semblent g\u00ean\u00e9es par le r\u00f4le jou\u00e9 par l\u2019interpr\u00e9tation en sciences humaines.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abNous n\u2019\u00e9tudions pas une question historique pr\u00e9cise, explique Fr\u00e9d\u00e9ric Kaplan. Ce que nous voulons construire, c\u2019est un outil pour organiser l\u2019information afin de la mettre \u00e0 disposition des historiens.\u00bb Un concept qui rappelle le Humain Brain Project, dont l\u2019objectif n\u2019est, lui non plus, pas de tester une hypoth\u00e8se scientifique concr\u00e8te, mais de mettre au point une simulation informatique utilisable par les neuroscientifiques.<\/p>\n<p>L\u2019attrait de la puissance des outils informatiques repr\u00e9sente un autre danger: celui de confondre le moyen avec la fin. \u00abFr\u00e9d\u00e9ric Kaplan parle de cr\u00e9er des Street View et Facebook historiques, poursuit l\u2019historien zurichois. Or, m\u00eame aujourd\u2019hui, l\u2019\u00e9tude des r\u00e9seaux sociaux ne permet pas de comprendre les m\u00e9canismes qui se cachent derri\u00e8re les vrais probl\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle, tels que la crise financi\u00e8re, par exemple. Comme il est d\u00e9crit, le projet Venice Time Machine ne permet pas de comprendre comment les chercheurs comptent utiliser ce type d\u2019outil.\u00bb \u00abOn voit relativement souvent des projets dans lesquels la visualisation des donn\u00e9es prend une place importante sans que l\u2019on puisse identifier une hypoth\u00e8se de recherche, ajoute Enrico Natale. Certes, ces outils sont encore neufs et il para\u00eet normal de les tester pour voir ce que l\u2019on peut r\u00e9aliser avec, mais il est crucial de formuler clairement une question scientifique. Il y a \u00e9galement un danger d\u2019attribuer aux donn\u00e9es une valeur intrins\u00e8que. C\u2019est oublier que toute donn\u00e9e a \u00e9t\u00e9 extraite par un chercheur, et que ce processus d\u2019extraction se base sur une attribution de certaines valeurs.\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019un projet ambitieux \u00e0 un autre. Un autre projet lausannois t\u00e9moigne de l\u2019essor des outils informatiques en histoire. Men\u00e9 par Martin Grandjean, doctorant \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, il s\u2019int\u00e9resse aux collaborations entre scientifiques europ\u00e9ens durant l\u2019entre-deux- guerres et veut notamment d\u00e9voiler comment les scientifiques allemands ont r\u00e9ussi \u00e0 briser l\u2019isolement dans lequel les avait plong\u00e9s la fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Pour y arriver, l\u2019historien \u00e9pluche les archives de la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations, nourrit une base de donn\u00e9es et g\u00e9n\u00e8re des graphes qui repr\u00e9sentent les liens existants entre les chercheurs.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019indexation syst\u00e9matique des sources dans des bases de donn\u00e9es est susceptible de mettre au jour des liens insoup\u00e7onn\u00e9s, explique Martin Grandjean. On peut ainsi faire \u00e9merger de nouvelles hypoth\u00e8ses. Cependant, \u00e9tablir un r\u00e9seau ne suffit pas. Il faut encore appliquer des outils math\u00e9matiques pour \u00e9valuer l\u2019importance des diff\u00e9rentes personnes. Il est alors possible de formuler des hypoth\u00e8ses qu\u2019il faudra confirmer ou infirmer en revenant aux sources. Il ne faut donc pas faire de la visualisation de donn\u00e9es en tant que telle.\u00bb<\/p>\n<p>Le r\u00e9seau n\u2019est pas une fin en soi, mais un outil. Comme l\u2019\u00e9crivait le chercheur am\u00e9ricain Scott Weingart dans le Journal of Digital Humanities: \u00abSi vous avez un marteau, tout ressemble \u00e0 un clou\u2026 Les r\u00e9seaux peuvent \u00eatre utilis\u00e9s dans n\u2019importe quel projet de recherche, mais devraient l\u2019\u00eatre uniquement dans un petit nombre de cas.\u00bb<\/p>\n<p>A priori, il semble des plus normaux que les scientifiques, quelle que soit leur discipline, adoptent les technologies num\u00e9riques, de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019ils sont pass\u00e9s du t\u00e9l\u00e9graphe au t\u00e9l\u00e9phone et ont l\u00e2ch\u00e9 la plume au profit de la machine \u00e0 \u00e9crire. Mais Enrico Natale n\u2019est pas d\u2019accord. \u00abCertains historiens argumentent qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019un outil qui ne change pas la mani\u00e8re dont nous travaillons, alors que le support mat\u00e9riel de la pens\u00e9e &#8212; qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un livre ou d\u2019un ordinateur &#8212; a des implications sur notre fa\u00e7on de travailler.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abChercher des sources sur internet, par exemple, am\u00e8ne rapidement \u00e0 suivre des pistes trouv\u00e9es au hasard et ainsi \u00e0 contempler de nouvelles perspectives, poursuit l\u2019historien. Les blogs de recherche nous permettent de communiquer sur nos travaux avant qu\u2019ils soient publi\u00e9s et nous ouvrent aux opinions de nos coll\u00e8gues. Petit \u00e0 petit, on voit se transformer la pratique historique qui int\u00e8gre des projets collaboratifs.\u00bb Une fois scann\u00e9es, les sources deviennent accessibles aux chercheurs du monde entier.<\/p>\n<p>En mouvement continuel. L\u2019impact des technologies num\u00e9riques questionne fortement les historiens, souligne Martin Grandjean: \u00abL\u2019histoire est une discipline qui s\u2019observe continuellement.\u00bb Avec son incursion dans les sciences humaines, l\u2019EPFL se positionne au c\u0153ur de l\u2019essor des \u00abhumanit\u00e9s digitales\u00bb. La haute \u00e9cole propose un projet qui pourra enthousiasmer les foules, m\u00eame si pour l\u2019instant il semble mettre davantage en avant l\u2019outil que la science. Le projet ne pourra \u00eatre jug\u00e9 que sur les r\u00e9sultats. Rendez-vous dans dix ans.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Le projet en cinq points<\/strong><\/p>\n<p><strong>1. Num\u00e9riser les documents historiques<\/strong><br \/>\nLes archives d\u2019Etat de Venise renferment des centaines de millions de pages &#8212; l\u2019\u00e9quivalent de 80 km &#8212; et documentent plus de mille ans d\u2019histoire. Scanner une partie de ces fragiles documents repr\u00e9sente une t\u00e2che titanesque.<\/p>\n<p><strong>2. Reconna\u00eetre l\u2019\u00e9criture et traiter l\u2019information<\/strong><br \/>\nIl faudra apprendre \u00e0 des logiciels \u00e0 d\u00e9chiffrer l\u2019\u00e9criture des scribes et \u00e0 classifier l\u2019information. Des programmes informatiques pourront alors \u00e9tablir les r\u00e9seaux d\u00e9crivant les routes maritimes, les liens entre personnages historiques, etc.<\/p>\n<p><strong>3. Simuler les donn\u00e9es<\/strong><br \/>\nLes chercheurs proposent d\u2019extrapoler de mani\u00e8re syst\u00e9matique les donn\u00e9es. En assignant des probabilit\u00e9s \u00e0 ces nouvelles informations, le projet veut rendre visibles et quantifiables les hypoth\u00e8ses faites par les historiens.<\/p>\n<p><strong>4. Reconstituer l\u2019\u00e9volution de Venise<\/strong><br \/>\nEn recoupant diff\u00e9rentes sources (cadastres, peintures, etc.), les chercheurs suisses et italiens veulent reconstituer l\u2019apparence des b\u00e2timents disparus. Ils retraceront les \u00e9changes commerciaux ainsi que l\u2019\u00e9volution de l\u2019environnement, en particulier celui de la lagune.<\/p>\n<p><strong>5. D\u00e9velopper des outils touristiques<\/strong><br \/>\nLes simulations du pass\u00e9 de la Cit\u00e9 des Doges serviront pour des visualisations destin\u00e9es aux 20 millions de touristes annuels.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00abhumanit\u00e9s digitales\u00bb transforment les sciences humaines \u00e0 l\u2019aide d\u2019outils num\u00e9riques. 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