



{"id":3875,"date":"2013-04-04T17:21:01","date_gmt":"2013-04-04T15:21:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3875"},"modified":"2023-04-25T16:10:41","modified_gmt":"2023-04-25T14:10:41","slug":"terroir-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3875","title":{"rendered":"La patiente reconqu\u00eate des l\u00e9gumes oubli\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" title=\"largerutabaga.jpg\" src=\"\/wp-content\/uploads\/032013\/largerutabaga.jpg\" alt=\"largerutabaga.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Certains les surnomment affectueusement les \u00abQuasimodo\u00bb de la production mara\u00eech\u00e8re. Avec leur gabarit un peu difforme, leur nom \u00e0 particule et leur saveur particuli\u00e8re, ces l\u00e9gumes dits \u00aboubli\u00e9s\u00bb &#8212; topinambour, rutabaga, panais, crosne du Japon, chou de Milan \u00e0 pied court de Plainpalais ou pomme de terre bleue de Saint-Gall &#8212; connaissent une popularit\u00e9 grandissante en Suisse romande.<\/p>\n<p>\u00abCes vari\u00e9t\u00e9s adapt\u00e9es \u00e0 notre terroir profitent de l\u2019engouement pour la vente directe: plus les l\u00e9gumes viennent de loin, moins les consommateurs ont confiance, explique Vincent Gigon, charg\u00e9 d\u2019enseignement \u00e0 la Haute Ecole du paysage, d\u2019ing\u00e9nierie et d\u2019architecture de Gen\u00e8ve. Ils permettent aux petits producteurs de se diversifier et de se distinguer des productions de masse.\u00bb De leur c\u00f4t\u00e9, les supermarch\u00e9s commencent petit \u00e0 petit \u00e0 int\u00e9grer ces l\u00e9gumes d\u2019antan: \u00abEn 2011, ce type de vari\u00e9t\u00e9s a enregistr\u00e9 une hausse des ventes de l\u2019ordre de 15%\u00bb, indique Urs Meier, porteparole de Coop.<\/p>\n<p>Olivier Amrein, cofondateur du service genevois de panier \u00e0 domicile Espace-Terroir, observe une client\u00e8le urbaine qui \u00abappr\u00e9cie la nouveaut\u00e9, le fait de sortir des sentiers battus\u00bb. Mara\u00eecher \u00e0 Ballens, dans le canton de Vaud, Gilles Roch suit lui aussi cette tendance. Depuis quatre ans, l\u2019agriculteur a abandonn\u00e9 le secteur de la grande distribution pour se consacrer \u00e0 la vente sur le march\u00e9 de ces produits biologiques d\u2019antan: betterave ronde de Chioggia, scorson\u00e8re, carottes de cinq couleurs ou encore radis noirs. \u00abL\u2019avantage, c\u2019est que nous ne sommes plus d\u00e9pendants des grandes surfaces. Mais cela implique plus de travail, car il faut suivre plusieurs petites cultures en m\u00eame temps et tout conditionner nous-m\u00eames.\u00bb<\/p>\n<p>Et pourtant, ces l\u00e9gumes reviennent de loin. Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, ils ont souffert du d\u00e9veloppement d\u2019une agriculture intensive, qui a conduit \u00e0 ne retenir qu\u2019un nombre limit\u00e9 de vari\u00e9t\u00e9s standardis\u00e9es, destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre produites en masse. \u00abDes produits comme le crosne du Japon ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s car ils subissaient des pertes de rendement, notamment \u00e0 cause de virus, poursuit Vincent Gigon. D\u2019autres, comme le topinambour, ont \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9s \u00e0 outrance durant la guerre, jusqu\u2019\u00e0 susciter le d\u00e9go\u00fbt.<\/p>\n<p>Le pire a failli se produire il y a trois ans, lorsque la Suisse a voulu s\u2019aligner sur la l\u00e9gislation europ\u00e9enne sur les semences: \u00abDans l\u2019Union europ\u00e9enne, les vari\u00e9t\u00e9s de l\u00e9gumes doivent \u00eatre inscrites dans un catalogue officiel qui est surtout con\u00e7u pour les nouvelles esp\u00e8ces hybrides, se basant sur un crit\u00e8re d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, explique Denise Gautier, coordinatrice romande de la Fondation ProSpecieRara pour la pr\u00e9servation des plantes menac\u00e9es d\u2019extinction. Du coup, certaines vari\u00e9t\u00e9s anciennes, qui ne r\u00e9pondaient pas \u00e0 ce crit\u00e8re, n\u2019auraient pu \u00eatre r\u00e9pertori\u00e9es et n\u2019auraient plus pu \u00eatre commercialis\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019opposition de groupes comme ProSpecieRara, la Conf\u00e9d\u00e9ration a finalement cr\u00e9\u00e9 une cat\u00e9gorie de vari\u00e9t\u00e9s de niche, dans laquelle entrent les l\u00e9gumes anciens et pour laquelle aucune inscription n\u2019est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Un tr\u00e9sor dans le jardin. Une victoire essentielle pour la biodiversit\u00e9, estime Denise Gautier: \u00abDepuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, environ 80% des vari\u00e9t\u00e9s de l\u00e9gumes ont disparu. Nous retrouvons aujourd\u2019hui encore d\u2019anciennes vari\u00e9t\u00e9s, h\u00e9rit\u00e9es parfois de la grand-m\u00e8re qui cultivait quelques haricots sur son lopin de terre dans les Alpes. Ces esp\u00e8ces locales contiennent un ensemble unique de g\u00e8nes, qui pourraient un jour servir face au r\u00e9chauffement climatique, \u00e0 de nouveaux go\u00fbts ou pathologies. Mais au d\u00e9but, nous passions vraiment pour des illumin\u00e9s avec nos vieux l\u00e9gumes!\u00bb<\/p>\n<p>Le but est d\u2019abord de \u00ables maintenir en vie\u00bb, confirme Pascal Toffel, directeur de l\u2019Union mara\u00eech\u00e8re suisse: \u00abPour l\u2019heure, cela reste un march\u00e9 de niche. Les grands distributeurs devront vraiment se mobiliser pour les populariser.\u00bb Jo\u00ebl Vuagniaux, responsable de l\u2019Association Kokopelli Suisse, qui lutte \u00e9galement pour la pr\u00e9servation des vari\u00e9t\u00e9s de semences, voit encore un obstacle de taille: \u00abUne grande partie du public continue de vouloir payer le moins cher possible pour les l\u00e9gumes. Trop souvent, le crit\u00e8re \u00e9conomique passe avant celui de la biodiversit\u00e9.\u00bb Denise Gautier milite quant \u00e0 elle pour rendre obligatoire l\u2019inscription de la vari\u00e9t\u00e9 sur l\u2019\u00e9tiquette des l\u00e9gumes dans les supermarch\u00e9s: \u00abLa pomme de terre violette ou la tomate jaune attirent le regard, et am\u00e8nent \u00e0 s\u2019interroger sur la notion de biodiversit\u00e9.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Radis noir, carotte violette, topinambour et rutabaga reviennent en Suisse romande. Un retour positif pour la biodiversit\u00e9, dop\u00e9 par la l\u00e9gislation sur les semences la plus souple d\u2019Europe. Explications.<\/p>\n","protected":false},"author":19840,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-3875","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3875","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19840"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3875"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3875\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13887,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3875\/revisions\/13887"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3875"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}