



{"id":3847,"date":"2013-02-19T17:59:54","date_gmt":"2013-02-19T15:59:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3847"},"modified":"2013-02-20T10:08:28","modified_gmt":"2013-02-20T08:08:28","slug":"valeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3847","title":{"rendered":"La bo\u00eete de conserve, un si pr\u00e9cieux patrimoine"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/022013\/large20130220.jpg\" alt=\"large20130220.jpg\" title=\"large20130220.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>\u00abUne bo\u00eete de conserve caract\u00e9rise mieux nos soci\u00e9t\u00e9s que le bijou le plus somptueux ou le timbre le plus rare. Il ne faut donc pas craindre de recueillir les choses m\u00eame les plus humbles et les plus m\u00e9pris\u00e9es. En fouillant un tas d\u2019ordures, on peut reconstituer toute la vie d\u2019une soci\u00e9t\u00e9\u00bb, expliquait en 1931 le c\u00e9l\u00e8bre anthropologue Marcel Mauss.<\/p>\n<p>Au mus\u00e9e Curie de Paris, une vitrine offre par exemple au regard du visiteur de petites fioles d\u2019apparence banale, mais au contenu surprenant: du radium. \u00abDans les ann\u00e9es 1920 et 1930, ces flacons \u00e9taient vendus en pharmacie pour leurs bienfaits sanitaires, explique R\u00e9gis Bertholon, responsable de la Conservation-restauration \u00e0 la Haute Ecole Arc \u00e0 Neuch\u00e2tel. Les gens se rendaient en cure dans des sources thermales dont on vantait la radioactivit\u00e9.\u00bb Comment admettre aujourd\u2019hui cette aberration, dans un monde marqu\u00e9 par Tchernobyl et Fukushima? \u00abLe discours ne suffit pas, seul l\u2019objet-t\u00e9moin peut exprimer cette r\u00e9alit\u00e9. La pertinence historique de la fiole de radium fonde sa valeur, et la n\u00e9cessit\u00e9 de la conserver.\u00bb<\/p>\n<p>Sans la d\u00e9couverte d\u2019objets anciens, certaines civilisations qui ne ma\u00eetrisaient pas l\u2019\u00e9crit n\u2019existeraient tout simplement pas \u00e0 nos yeux. M\u00eame pour les p\u00e9riodes plus r\u00e9centes, des zones d\u2019ombre de notre histoire ne peuvent \u00eatre mises en lumi\u00e8re que par les vestiges mat\u00e9riels de nos a\u00efeux: \u00abQuels sont les \u00e9crits du XVIIIe si\u00e8cle qui nous sont parvenus? Des inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s, des actes de mariage et de bapt\u00eame. Mais tous ces documents d\u00e9crivent les franges ais\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9. Il n\u2019y a pas d\u2019inventaire pour les gens pauvres, l\u2019immense majorit\u00e9 de la population, qui ne savait ni lire ni \u00e9crire.\u00bb<\/p>\n<p>Et aujourd\u2019hui? Aux yeux du conservateur, le terme de \u00abpatrimoine\u00bb est trop souvent galvaud\u00e9 &#8212; et reste marqu\u00e9 par ce biais \u00e9litiste: \u00abLa cr\u00e9ation d\u2019un artiste contemporain est imm\u00e9diatement \u00e9tiquet\u00e9e comme faisant partie de notre patrimoine. Mais ce n\u2019est pas forc\u00e9ment le cas! Un objet n\u2019acquiert une valeur patrimoniale qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019on met tout en \u0153uvre pour le transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations futures. Seule une petite partie d\u2019entre eux \u00e9chappera \u00e0 la destruction. Et ce sont souvent les plus banals qui nous en apprennent le plus sur une civilisation.\u00bb Le prix ne constitue en effet qu\u2019un indicateur limit\u00e9 de la valeur patrimoniale d\u2019un objet: \u00abLa valeur marchande n\u2019est qu\u2019un rep\u00e8re \u00e0 un moment donn\u00e9 de l\u2019\u00e9chelle des autres valeurs.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Barbie au mus\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Dans les mus\u00e9es ethnographiques, les poup\u00e9es Barbie et les canettes de Coca-Cola sont progressivement venues c\u00f4toyer les statuettes exotiques et coloniales, qui constituaient jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1970 leur seul fonds d\u2019exposition. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment sur cet objet si anodin, la bo\u00eete de conserve, que portera le prochain projet de recherche de la He-Arc Conservation-restauration baptis\u00e9 \u00abCANS\u00bb (sous la direction de la chercheuse Edith Joseph). \u00abNous souhaitons non seulement explorer les processus de conservation mat\u00e9rielle, mais \u00e9galement les valeurs et significations de cet objet\u00bb, pr\u00e9cise Agn\u00e8s Gelbert Miermon, coordinatrice de la recherche au sein de la haute \u00e9cole.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 d\u00e9tourn\u00e9e par Andy Warhol comme embl\u00e8me de la soci\u00e9t\u00e9 du tout-jetable, la bo\u00eete de conserve, qui a gagn\u00e9 sa place dans les mus\u00e9es, livre des facettes parfois inattendues sur notre temps: \u00abElle peut t\u00e9moigner d\u2019habitudes alimentaires ou de l\u2019essor industriel d\u2019une r\u00e9gion lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une bo\u00eete de sardines dans un mus\u00e9e de Nantes. Et rev\u00eat m\u00eame une importance strat\u00e9gique: elle \u00e9tait utilis\u00e9e dans les arm\u00e9es pour nourrir les soldats et \u00e9viter le scorbut.\u00bb<\/p>\n<p>Autre exemple de l\u2019int\u00e9r\u00eat patrimonial des objets du quotidien: l\u2019emballage de la bo\u00eete de chocolat Banania, qui a connu une \u00e9volution spectaculaire entre les ann\u00e9es 1960 et les ann\u00e9es 1980: \u00abAu d\u00e9part, le produit \u00e9tait bien typ\u00e9 des colonies, avec la caricature du \u00abbon Noir\u00bb exotique et souriant, explique R\u00e9gis Bertholon. Avec la d\u00e9colonisation, cette image s\u2019est simplifi\u00e9e tout en gardant ses motifs originels, jusqu\u2019\u00e0 devenir une forme symbolique plut\u00f4t qu\u2019un portrait pr\u00e9cis.\u00bb<\/p>\n<p>La biographie d\u2019un objet est presque aussi \u00e9volutive que celle d\u2019un \u00eatre vivant: \u00abAujourd\u2019hui, les objets se construisent beaucoup plus vite qu\u2019auparavant et se d\u00e9truisent tout aussi rapidement, explique le responsable. A sa naissance, l\u2019objet pr\u00e9sente une valeur de nouveaut\u00e9 et r\u00e9pond \u00e0 une demande \u00e9conomique. Mais celle-ci \u00e9volue et l\u2019objet devient d\u00e9suet et inutile. S\u2019ensuit une p\u00e9riode durant pr\u00e8s d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration o\u00f9 son existence est tr\u00e8s menac\u00e9e. Pass\u00e9 ce cap, il aura davantage de chances d\u2019entrer dans le patrimoine.\u00bb<\/p>\n<p>Sp\u00e9cialiste de la constitution du patrimoine, le sociologue fran\u00e7ais Jean Davallon a montr\u00e9 dans ce processus la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une \u00abrupture spatio-temporelle\u00bb avec l\u2019objet. Le meilleur exemple? Les objets des ann\u00e9es 1970, qui ont acquis une valeur nouvelle aupr\u00e8s des adolescents: ceux-ci red\u00e9couvrent avec \u00e9merveillement les couleurs brun et orange dominantes de l\u2019\u00e9poque de leurs parents &#8212; qui s\u2019en sont quant \u00e0 eux d\u00e9tourn\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Les objets, nos seules reliques <\/strong><\/p>\n<p>De tout temps, l\u2019homme a constitu\u00e9 un patrimoine d\u2019objets qui \u00e9chappaient \u00e0 la loi de l\u2019utilit\u00e9 imm\u00e9diate, en raison de leur r\u00f4le sacr\u00e9, voire de leur valeur magique, souligne R\u00e9gis Bertholon: \u00abL\u2019explorateur Roger Frison-Roche montre par exemple que jusqu\u2019au XXe si\u00e8cle, les populations alpines stockaient dans les greniers non seulement les grains indispensables \u00e0 la survie, mais aussi certains v\u00eatements qui ne servaient qu\u2019une fois par ann\u00e9e, dont la perte aurait cependant \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme insupportable.\u00bb Qui n\u2019a pas aujourd\u2019hui chez lui une bo\u00eete de chaussures dans laquelle il place des m\u00e8ches de cheveux et des objets qui viennent d\u2019amis ou d\u2019a\u00efeux?<\/p>\n<p>La volont\u00e9 de pr\u00e9server des objets pour les g\u00e9n\u00e9rations futures a n\u00e9anmoins pris des dimensions presque obsessionnelles dans notre soci\u00e9t\u00e9, comme l\u2019illustre l\u2019initiative \u00abLe grenier du si\u00e8cle\u00bb, men\u00e9e \u00e0 Nantes au tournant du mill\u00e9naire: les habitants ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 d\u00e9poser un objet de leur choix dans un entrep\u00f4t scell\u00e9, qui ne sera rouvert qu\u2019en 2100. \u00abIl y a une prise de conscience progressive que nous ne vivons plus dans le monde statique de la Gen\u00e8se. Les montagnes, les animaux, l\u2019homme, m\u00eame le climat: tout change tr\u00e8s rapidement. Cela incite les gens \u00e0 laisser un objet t\u00e9moin de leur \u00e9poque, forc\u00e9ment vou\u00e9e \u00e0 la disparition.\u00bb<\/p>\n<p>Dans une soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9cularis\u00e9e, l\u2019id\u00e9e de collection mat\u00e9rielle est associ\u00e9e \u00e0 la lutte contre la mort, note Agn\u00e8s Gelbert Miermon. \u00abDes m\u00e9tiers sp\u00e9cifiques ont \u00e9galement \u00e9merg\u00e9 pour organiser la pr\u00e9servation du patrimoine, qui se constituait auparavant de mani\u00e8re plus naturelle et spontan\u00e9e, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle individuelle ou familiale.\u00bb Ce qui a conduit \u00e0 des techniques de conservation des objets de plus en plus perfectionn\u00e9es, associant sciences de la mati\u00e8re et sciences humaines.<\/p>\n<p><strong>Le p\u00e9ril num\u00e9rique <\/strong><\/p>\n<p>Mais une menace guette le patrimoine: la num\u00e9risation croissante d\u2019objets autrefois physiques. \u00abLors du dernier colloque de l\u2019Association suisse de conservation et restauration, un archiviste b\u00e2lois nous a demand\u00e9 combien d\u2019entre nous prenaient encore des photos avec un appareil argentique, se rappelle R\u00e9gis Bertholon. Une minorit\u00e9 a lev\u00e9 la main. Par cons\u00e9quent, a-t-il poursuivi, nos enfants seraient la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration sans aucune documentation de leur enfance une fois adultes. Cela a jet\u00e9 un certain froid dans l\u2019assembl\u00e9e\u2026\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLe num\u00e9rique est l\u2019un des supports les plus dangereux pour le patrimoine, car sa p\u00e9rennit\u00e9 est douteuse\u00bb, poursuit le conservateur-restaurateur. Le stockage sur disque dur est extr\u00eamement al\u00e9atoire: les technologies changent tr\u00e8s vite, et il est complexe pour des individus ou des administrations d\u2019archiver tous leurs documents. \u00abNous avons l\u2019impression de tout stocker, mais nos archives peuvent s\u2019\u00e9vanouir en un instant.\u00bb<\/p>\n<p>Si le carnet de bord universel Facebook perdait les donn\u00e9es de ses utilisateurs, un pan entier d\u2019\u00e9l\u00e9ments susceptibles de rejoindre le patrimoine humain s\u2019effacerait en m\u00eame temps: \u00abAvec le num\u00e9rique, il y a une double contrainte: pour sauver un document, il faut sauver la machine qui la contient\u00bb, souligne Agn\u00e8s Gelbert Miermon. Face aux dangers de pertes, des \u00e9quipes travaillent d\u00e9j\u00e0 d\u2019arrache-pied \u00e0 la conservation des donn\u00e9es num\u00e9riques \u2013 en sauvant par exemple les CD-Roms devenus illisibles. De son c\u00f4t\u00e9, Mark Zuckerberg met \u00e9galement tous les moyens en \u0153uvre pour sauvegarder les donn\u00e9es contenues sur son r\u00e9seau social. Une d\u00e9termination qui n\u2019est, certes, pas uniquement guid\u00e9e par des pr\u00e9occupations patrimoniales.<\/p>\n<p>________<\/p>\n<p><strong>Trois questions \u00e0 Jacques Hainard,<\/strong><br \/>\n<em>ancien conservateur des Mus\u00e9es d\u2019ethnographie de Neuch\u00e2tel et de Gen\u00e8ve. <\/em><\/p>\n<p><strong>En 1984, vous avez \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers \u00e0 exposer des objets de tous les jours au mus\u00e9e. Dans quel but?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un exercice intellectuel de haut niveau! Les objets n\u2019ont de valeur qu\u2019\u00e0 partir de ce que notre regard leur attribue. Le public a donc d\u00fb r\u00e9apprendre \u00e0 \u00abvoir\u00bb. Et nous aussi: au d\u00e9but, nous jetions ces objets lors du d\u00e9montage des expositions\u2026 C\u2019\u00e9tait aberrant. J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 que tout objet qui entrait dans le mus\u00e9e subirait le m\u00eame traitement de conservation, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un poulet en plastique ou d\u2019une sculpture de l\u2019ethnie Tshokwe en Angola.<\/p>\n<p><strong>Quelle a \u00e9t\u00e9 la r\u00e9action du public?<\/strong><\/p>\n<p>On m\u2019a \u00e9videmment trait\u00e9 de fou, on me reprochait de ne plus rien avoir de \u00abbeau\u00bb dans mon mus\u00e9e. Mais je ne suis pas un pr\u00e9curseur: c\u2019est Marcel Duchamp qui a vraiment marqu\u00e9 le si\u00e8cle avec son art ready-made. Sa Fontaine n\u2019est apr\u00e8s tout qu\u2019un urinoir, mais cet objet est devenu une ic\u00f4ne, gr\u00e2ce au basculement de notre regard. Sans bien nous en rendre compte, nous avons un pouvoir \u00e9norme sur les objets en d\u00e9cr\u00e9tant leur valeur.<\/p>\n<p><strong>Si vous ne deviez conserver qu\u2019un objet-t\u00e9moin pour le futur, quel serait-il?<\/strong><\/p>\n<p>Probablement un manuscrit d\u2019auteur, truff\u00e9 de ratures. Je me demande bien comment nous \u00e9tudierons les textes \u00ablisses\u00bb r\u00e9dig\u00e9s aujourd\u2019hui sur ordinateur. Ils ne permettent pas de retranscrire l\u2019exercice complet de la pens\u00e9e de l\u2019\u00e9crivain. Un manuscrit est un objet de passage.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 4).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La valeur marchande des canettes de soda et poup\u00e9es Barbie est aujourd\u2019hui d\u00e9risoire. A terme, leur int\u00e9gration au patrimoine devrait n\u00e9anmoins les rendre pr\u00e9cieuses, comme t\u00e9moins-cl\u00e9s de notre temps.<\/p>\n","protected":false},"author":19840,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3847","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3847","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19840"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3847"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3847\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3847"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3847"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3847"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}