



{"id":3839,"date":"2013-02-07T17:12:41","date_gmt":"2013-02-07T15:12:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3839"},"modified":"2013-02-07T17:52:46","modified_gmt":"2013-02-07T15:52:46","slug":"entreprise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3839","title":{"rendered":"Jeux vid\u00e9o: l&rsquo;\u00e9veil des cr\u00e9ateurs romands"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/012013\/bubble2.jpg\" alt=\"bubble2.jpg\" title=\"bubble2.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>Gagner sa vie en Suisse en cr\u00e9ant des jeux vid\u00e9o? Il y a encore quelques ann\u00e9es, un tel projet aurait paru farfelu. Les grands d\u00e9veloppeurs, qui s&rsquo;accaparent le march\u00e9 du jeu vid\u00e9o traditionnel sur PC, Xbox, Playstation 3 ou Nintendo Wii sont en effet principalement implant\u00e9s aux Etats-Unis, au Canada, au Japon, en Angleterre ou en France.<\/p>\n<p>Le g\u00e9ant am\u00e9ricain Electronic Arts a certes \u00e9tabli son si\u00e8ge europ\u00e9en \u00e0 Gen\u00e8ve, mais cette d\u00e9localisation concerne exclusivement les d\u00e9partements vente et marketing du groupe, et non ses studios de d\u00e9veloppement. Autant dire que pour les jeunes programmeurs ou designers suisses int\u00e9ress\u00e9s par les m\u00e9tiers du jeu vid\u00e9o, l&rsquo;exil a longtemps \u00e9t\u00e9 l&rsquo;unique voie pour esp\u00e9rer vivre de leur passion.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, la situation est diff\u00e9rente. A c\u00f4t\u00e9 des jeux vid\u00e9o classiques sur consoles et PC, dont le d\u00e9veloppement n\u00e9cessite des dizaines de millions de francs de budget et jusqu&rsquo;\u00e0 plusieurs centaines de collaborateurs, on assiste \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une quantit\u00e9 de mini-jeux grand public, \u00e9galement appel\u00e9s \u00abcasual games\u00bb, qui peuvent \u00eatre con\u00e7us par une \u00e9quipe tr\u00e8s r\u00e9duite, voire par une seule personne.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution r\u00e9sulte en grande partie de l&rsquo;essor des smartphones et tablettes, qui sont devenus les supports de r\u00e9f\u00e9rence pour des mini-jeux tr\u00e8s simples et rapides \u00e0 prendre en main, et aussi du boom des r\u00e9seaux sociaux, sur lesquels fleurissent toujours plus de jeux.<\/p>\n<p>En Suisse, une poign\u00e9e de start-up al\u00e9maniques ont ouvert la voie avec la mise sur le march\u00e9 de jeux \u00e0 succ\u00e8s. Parmi les entreprises les plus embl\u00e9matiques, on citera Bitforge, Gbanga ou encore la zurichoise Giants Software, dont le jeu Farming Simulator a \u00e9t\u00e9 t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 plus d&rsquo;un million de fois sur Internet.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 romand, la soci\u00e9t\u00e9 la plus prometteuse du moment est sans conteste la genevoise Everdreamsoft, \u00e0 l&rsquo;origine de Moonga, un jeu de r\u00f4le pour PC et smartphones bas\u00e9 sur le principe tr\u00e8s lucratif des cartes \u00e0 jouer (card game). Ce soft a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 plus de 220&rsquo;000 fois, et apr\u00e8s avoir connu le succ\u00e8s au Japon, il s\u00e9duit d\u00e9sormais \u00e9galement le march\u00e9 europ\u00e9en.<\/p>\n<p>\u00abLa France est aujourd&rsquo;hui notre march\u00e9 phare: Moonga figure r\u00e9guli\u00e8rement dans le top ten de la cat\u00e9gorie jeux de r\u00f4le, se f\u00e9licite Shaban Shaame, le jeune fondateur d&rsquo;Everdreamsoft (27 ans), \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une \u00e9quipe de dix personnes. Chaque joueur actif g\u00e9n\u00e8re en moyenne 30 francs par mois de revenu via le t\u00e9l\u00e9chargement de contenus payants. (ndlr: le jeu de base est gratuit alors que l&rsquo;acquisition de nouvelles cartes \u00e0 collectionner est factur\u00e9e aux utilisateurs). Si, pour l&rsquo;heure, notre chiffre d&rsquo;affaires ne permet pas encore de couvrir nos co\u00fbts, l&rsquo;entreprise conna\u00eet une croissance continue dans un secteur qui g\u00e9n\u00e8re globalement beaucoup d&rsquo;argent. Les card games sont un v\u00e9ritable eldorado.\u00bb<\/p>\n<p>Everdreamsoft compte d&rsquo;ailleurs capitaliser sur cette excellente base. \u00abUne version Facebook de Moonga est en pr\u00e9paration et nous travaillons actuellement sur un nouveau projet, confie Shaban Shaame. il s&rsquo;agira l\u00e0 encore d&rsquo;une card game.\u00bb<\/p>\n<p>Le mode de commercialisation de ces mini-jeux, ais\u00e9ment accessibles sur les plateformes de t\u00e9l\u00e9chargement, telles que l&rsquo;App Store, Android Market ou Steam, permet aux petites structures et aux d\u00e9veloppeurs ind\u00e9pendants de se passer d&rsquo;\u00e9diteurs, et donc de proposer tr\u00e8s ais\u00e9ment leur produit sur le march\u00e9. Contre la modique somme de 99 dollars, il est par exemple possible de mettre une application en ligne sur l&rsquo;App Store, apr\u00e8s approbation de son contenu par les services d&rsquo;Apple.<\/p>\n<p>Une commission est ensuite revers\u00e9e \u00e0 la firme de Cupertino lors de chaque transaction. Selon le principe des petits ruisseaux qui forment de grandes rivi\u00e8res, certaines start-up ont connu par ce biais un succ\u00e8s inou\u00ef, \u00e0 l&rsquo;instar de la PME finlandaise Rovio, devenue en l&rsquo;espace de trois ans un poids lourd mondial des jeux vid\u00e9o. Son jeu culte Angry Birds, propos\u00e9 gratuitement ou vendu 1 franc sans banni\u00e8res publicitaires, a \u00e9t\u00e9 t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 plus d&rsquo;un milliard de fois \u00e0 ce jour. Ce genre de conte de f\u00e9es aiguise \u00e9videmment l&rsquo;app\u00e9tit de nombreuses start-up,m\u00eame si la concurrence accrue complique la donne, comme le souligne le Fribourgeois Alexandre Renevey, qui a cr\u00e9\u00e9 des jeux vid\u00e9o en ind\u00e9pendant durant huit ans et travaille aujourd&rsquo;hui pour la soci\u00e9t\u00e9 zurichoise Digidingo.<\/p>\n<p>Afin de se d\u00e9marquer sur le plan local, certaines soci\u00e9t\u00e9s pr\u00e9f\u00e8rent d&rsquo;ailleurs miser sur le d\u00e9veloppement de jeuxcommerciaux pour les entreprises, une niche \u00e9galement connue sous le nom de serious games. C&rsquo;est le parti pris de l&rsquo;entreprise lausannoise L&rsquo;Avenue Digital Media, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la cr\u00e9ation num\u00e9rique, qui a notamment d\u00e9velopp\u00e9 des jeux pour Nestl\u00e9 et l&rsquo;op\u00e9rateur lausannois Citycable, et r\u00e9alise d\u00e9sormais 20% de son chiffre d&rsquo;affaires gr\u00e2ce \u00e0 cette activit\u00e9.<\/p>\n<p>Longtemps livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, les entrepreneurs suisses du jeu vid\u00e9o b\u00e9n\u00e9ficient depuis 2010 du soutien de la Conf\u00e9d\u00e9ration, via la fondation Pro Helvetia et le projet baptis\u00e9 Game Culture. Dot\u00e9 d&rsquo;un budget de 1,5 million de francs, ce programme comprend l&rsquo;organisation de multiples conf\u00e9rences, expositions et tables rondes, ainsi qu&rsquo;un appel \u00e0 projets.<\/p>\n<p>Le monde acad\u00e9mique prend aussi conscience du potentiel des jeux vid\u00e9o en tant que fili\u00e8re professionnelle. Dernier exemple en date: la cr\u00e9ation, \u00e0 l&rsquo;automne 2011, d&rsquo;un Master en Game Art \u00e0 l&rsquo;Ecole professionnelle des arts contemporains (EPAC) de Saxon (VS). Une d\u00e9marche qui fait \u00e9cho au lancement, en 2004, du D\u00e9partement d&rsquo;\u00e9tudes en Game Design de la Haute Ecole d&rsquo;artde Zurich, d&rsquo;o\u00f9 sont d&rsquo;ailleurs issus les fondateurs de Giants Software. \u00abIl n&rsquo;est plus n\u00e9cessaire d&rsquo;avoir une grande entreprise derri\u00e8re soi pour cr\u00e9er et promouvoir unjeu, se r\u00e9jouit Thomas Crausaz, directeur du d\u00e9partement Game Art de l&rsquo;EPAC. Un team de 2 ou 3 personnes suffit largement. La p\u00e9riode est favorable pour se lancer.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abLa comp\u00e9tition, sur ce march\u00e9, est immense\u00bb<\/strong><br \/>\n<em>Alexandre Renevey, auteur du jeu Bubble Islands<\/em><\/p>\n<p>Le designer fribourgeois figure parmi les pionniers romands de la cr\u00e9ation de jeux vid\u00e9o. Pour Alexandre Renevey, 37 ans, dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;Ecole de multim\u00e9dia et d&rsquo;art de Fribourg (EMAF), la cr\u00e9ation de jeux vid\u00e9o a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 une passion, avant de devenir une vraie source de revenus. \u00abApr\u00e8s mes \u00e9tudes, j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait possible de faire de cette activit\u00e9 mon m\u00e9tier. C&rsquo;est comme cela que j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 sortir des jeux de fa\u00e7on plus professionnelle. Je g\u00e9rais tout par moi-m\u00eame, de la programmation du code au design, en passant par les sons et les animations.\u00bb <\/p>\n<p>En 2007, le talent du jeune cr\u00e9atif fribourgeois tape dans l&rsquo;oeil du jury de la Game Developers Conference (GDC) de San Francisco, l&rsquo;un des plus grands \u00e9v\u00e9nements de l&rsquo;industrie du jeu vid\u00e9o d\u00e9di\u00e9 aux professionnels. Son jeu d&rsquo;action et r\u00e9flexion Bubble Islands, au concept proche de Tetris, gagne cette ann\u00e9e-l\u00e0 le Prix du meilleur jeu gratuit pour PC et Mac, et sera t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 des millions de fois. <\/p>\n<p>\u00abCe prix m&rsquo;a ouvert de nombreuses portes, explique Alexandre Renevey, aujourd&rsquo;hui salari\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 zurichoise Digidingo. J&rsquo;ai eu l&rsquo;opportunit\u00e9 de d\u00e9velopper des jeux sur commande pour Disney et Warner, notamment. J&rsquo;ai travaill\u00e9 ainsi pendant huit ans en ind\u00e9pendant, avec des mois \u00e0 cinq chiffres et d&rsquo;autres sans revenu. Le march\u00e9 des mini-jeux est devenu tr\u00e8s accessible aux d\u00e9veloppeurs. Seulement, il y r\u00e8gne aujourd&rsquo;hui une comp\u00e9tition \u00e9norme. D&rsquo;excellents produits peuvent passer inaper\u00e7us.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abUn bon jeu co\u00fbte 50 000 francs \u00e0 l&rsquo;entreprise\u00bb<\/strong><br \/>\n<em>Didier Waldmeyer, associ\u00e9 de L&rsquo;Avenue Digital Media<\/em><\/p>\n<p>Active dans la cr\u00e9ation digitale, l&rsquo;entreprise L&rsquo;Avenue Digital Media \u00e0 Lausanne, qui compte huit employ\u00e9s, s&rsquo;est diversifi\u00e9e avec succ\u00e8s dans la cr\u00e9ation de jeux vid\u00e9o. \u00abNous avons commenc\u00e9 \u00e0 produire des jeux vid\u00e9o en 2006 car cette activit\u00e9 ne n\u00e9cessite plus des budgets aussi \u00e9lev\u00e9s qu&rsquo;auparavant, indique Didier Waldmeyer. Nous ne d\u00e9veloppons pas nos propres jeux mais ce que l&rsquo;on appelle aujourd&rsquo;hui des serious games. Il s&rsquo;agit de mini-jeux command\u00e9s par des entreprises ou des organisations, qui ont pour vocation de pr\u00e9senter leurs activit\u00e9s sous une forme interactive et ludique. L&rsquo;id\u00e9e est de rendre la chose aussi addictive et virale que possible. <\/p>\n<p>Pour une entreprise, la cr\u00e9ation d&rsquo;un jeu est factur\u00e9e en moyenne 50 000 francs. Cette culture n&rsquo;est pas encore tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e en Suisse, alors que dans les pays anglo-saxons et en France, la plupart des grandes soci\u00e9t\u00e9s ont leur serious game. Actuellement, 20% de notre chiffre d&rsquo;affaires provient de cette activit\u00e9 qui occupe environ trois collaborateurs \u00e0 temps plein. Parmi nos projets r\u00e9cents, nous avons notamment r\u00e9alis\u00e9 un jeu de type memory pour les 150 ans d&rsquo;UBS, ou encore un jeu de simulation urbaine pour la Gymnaestrada 2011 de Lausanne.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec l&rsquo;essor des smartphones et des tablettes, les opportunit\u00e9s commerciales se multiplient pour les concepteurs ind\u00e9pendants de jeux vid\u00e9o. 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