



{"id":3827,"date":"2013-01-16T12:34:20","date_gmt":"2013-01-16T10:34:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3827"},"modified":"2013-02-27T11:19:52","modified_gmt":"2013-02-27T09:19:52","slug":"interview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3827","title":{"rendered":"\u00abLa valeur \u00e9conomique n\u2019est pas objective\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/012013\/160113.jpg\" alt=\"160113.jpg\" title=\"160113.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><br \/>\nIl flotte dans l\u2019air comme un sentiment de trahison. L\u2019\u00e9conomie, v\u00e9ritable guide de notre soci\u00e9t\u00e9 mondialis\u00e9e, traverse une grave crise de l\u00e9gitimit\u00e9. Si la plupart des \u00e9conomistes reconnaissent que des erreurs et abus dommageables ont \u00e9t\u00e9 commis, peu d\u2019entre eux remettent en cause les dogmes fondateurs de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9.<\/p>\n<p>Dans son livre <em>L\u2019Empire de la valeur. Refonder l\u2019\u00e9conomie<\/em>, Andr\u00e9 Orl\u00e9an, directeur de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique fran\u00e7ais), pose une question fondamentale: qu\u2019est-ce qui d\u00e9termine la valeur des choses qui s\u2019\u00e9changent et se vendent en permanence d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la plan\u00e8te? La majorit\u00e9 des \u00e9conomistes pr\u00e9tendent que l\u2019utilit\u00e9 ou le temps de travail permettent de fixer un prix objectif aux marchandises. Andr\u00e9 Orl\u00e9an d\u00e9nonce la validit\u00e9 restreinte de cette hypoth\u00e8se: que ce soit pour les marchandises ou les actifs financiers, la valorisation est, selon lui, le r\u00e9sultat d\u2019un processus d\u2019interactions entre les acteurs d\u2019une soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abLa crise vient de d\u00e9montrer que la th\u00e9orie dominante se r\u00e9v\u00e8le trop restrictive pour appr\u00e9hender l\u2019\u00e9conomie dans sa globalit\u00e9, estime Andr\u00e9 Orl\u00e9an. N\u00e9anmoins, la n\u00e9cessit\u00e9 de refonder l\u2019\u00e9conomie va au-del\u00e0 de la crise. Elle est une n\u00e9cessit\u00e9 absolue si l\u2019on veut que nos soci\u00e9t\u00e9s acc\u00e8dent \u00e0 une meilleure connaissance d\u2019elles-m\u00eames.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Votre livre L\u2019Empire de la valeur remet en cause le dogme d\u2019une valeur \u00e9conomique objective. Mais au sens large, comment d\u00e9finissez-vous le concept de valeur?<\/strong><\/p>\n<p>Les valeurs sont aux origines de la vie en commun. C\u2019est parce qu\u2019ils partagent des valeurs que les individus forment une soci\u00e9t\u00e9. Pour cette raison, les valeurs, qu\u2019elles soient religieuses, morales, esth\u00e9tiques ou politiques, occupent une place centrale dans les analyses que proposent les sciences sociales (anthropologie, histoire, sociologie). La valeur est une croyance partag\u00e9e, une repr\u00e9sentation collective, qui na\u00eet des interactions au sein du groupe. Elle s\u2019impose aux individus par le fait m\u00eame qu\u2019elle concentre les croyances de tout le groupe, ce qui lui donne son autorit\u00e9, ce que j\u2019appelle la \u00abpuissance de la multitude\u00bb (potentio multitudinis) pour reprendre le concept de Spinoza.<\/p>\n<p><strong>Quelles diff\u00e9rences existent entre les valeurs sociales et la valeur \u00e9conomique?<\/strong><\/p>\n<p>Je consid\u00e8re qu\u2019il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence entre la valeur \u00e9conomique et les valeurs sociales. Et c\u2019est en cela que je me distingue de la majorit\u00e9 des \u00e9conomistes. Pour les \u00e9conomistes dits classiques (Smith, Ricardo, Marx), la valeur provient du travail et se calcule au prorata du temps n\u00e9cessaire \u00e0 la production. Pour l\u2019\u00e9cole n\u00e9oclassique (Walras, Menger et Jevons), c\u2019est l\u2019utilit\u00e9 qui fonde la valeur. Les deux r\u00e9ponses ont en commun de mettre en avant une substance, en l\u2019occurrence le travail ou l\u2019utilit\u00e9, qui peut \u00eatre calcul\u00e9e de mani\u00e8re objective, ind\u00e9pendamment des interactions et des croyances des acteurs. Dans les deux cas, la dimension sociale n\u2019appara\u00eet pas et c\u2019est cela que je critique.<\/p>\n<p><strong>En quoi cette dimension sociale est-elle importante?<\/strong><\/p>\n<p>Selon l\u2019hypoth\u00e8se n\u00e9oclassique, qui est l\u2019\u00e9conomie d\u2019aujourd\u2019hui, les objets portent une valeur en eux-m\u00eames, gr\u00e2ce \u00e0 la substance qui les a compos\u00e9s: l\u2019utilit\u00e9. C\u2019est une vision tr\u00e8s m\u00e9caniste du monde o\u00f9 le lien social n\u2019appara\u00eet pas. Certes, l\u2019\u00e9conomie n\u00e9oclassique prend en compte les d\u00e9sirs des individus pour d\u00e9terminer l\u2019utilit\u00e9 des biens, mais ces d\u00e9sirs eux-m\u00eames sont consid\u00e9r\u00e9s comme des donn\u00e9es ext\u00e9rieures. Or, ce que nous enseigne l\u2019observation des \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es est que les pr\u00e9f\u00e9rences des individus ne sont en rien un facteur exog\u00e8ne \u00e0 l\u2019\u00e9conomie marchande. Tout au contraire, elles sont le produit direct de la marchandisation du monde. En cons\u00e9quence, l\u2019\u00e9conomie n\u00e9oclassique ne fournit qu\u2019une vision partielle de la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique. Elle explique les prix, une fois les pr\u00e9f\u00e9rences des consommateurs structur\u00e9es, mais elle ne nous dit rien sur l\u2019\u00e9volution des usages.<\/p>\n<p>Pour aller plus loin, il faut abandonner l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un homo \u0153conomicus entrant sur le march\u00e9 en sachant ce qu\u2019il veut. Le consommateur des soci\u00e9t\u00e9s marchandes ne sait pas ce qu\u2019il veut; il l\u2019apprend en regardant autour de lui ce que font les autres. Le d\u00e9sir est avant tout mim\u00e9tique. Un individu peut acheter un iPad ou des Nike. Cela d\u00e9pend de ses interactions sociales, en particulier des comp\u00e9titions entre groupes sociaux pour acc\u00e9der au prestige. L\u2019homo \u0153conomicus est une fabrication sociale et nous sommes loin de l\u2019utilitarisme de la pens\u00e9e n\u00e9oclassique.<\/p>\n<p><strong>Toutefois, le prix des marchandises demeure r\u00e9gul\u00e9 par l\u2019offre et la demande\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Effectivement. Quand le prix d\u2019un objet augmente, les individus peuvent se tourner vers un autre moins cher. C\u2019est cette force qui \u00e9vite que les hausses et les baisses des biens de consommation soient trop importantes. Probl\u00e8me: cette autor\u00e9gulation du prix qu\u2019on observe sur les march\u00e9s des biens de consommation a \u00e9t\u00e9 transpos\u00e9e aux march\u00e9s financiers, alors que ceux-ci ne fonctionnent pas du tout de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Comment cela?<\/strong><\/p>\n<p>Il se passe sur les march\u00e9s financiers un ph\u00e9nom\u00e8ne inverse \u00e0 celui des biens de consommation. En effet, quand le prix d\u2019une action s\u2019envole, les investisseurs ont tendance \u00e0 l\u2019acheter plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la vendre dans l\u2019id\u00e9e que son prix continuera \u00e0 cro\u00eetre. Il s\u2019ensuit m\u00e9caniquement une hausse des prix qui vient encore encourager les acheteurs. C\u2019est ce ph\u00e9nom\u00e8ne qui explique les bulles sp\u00e9culatives. Il illustre parfaitement le fait que la fameuse \u00abloi de l\u2019offre et de la demande\u00bb n\u2019est pas valide sur ces march\u00e9s. Pourtant, le monde de la finance est pr\u00e9sent\u00e9 comme celui du calcul rationnel o\u00f9 domine l\u2019id\u00e9e selon laquelle les actifs financiers ont des valeurs objectives, le prix ne faisant que refl\u00e9ter cette valeur. Mais cette vision est totalement fausse, comme le montrent les bulles financi\u00e8res. Elle est d\u00e9mentie par toutes les crises qui se succ\u00e8dent depuis 1987.<\/p>\n<p><strong>Vous estimez donc que les actifs financiers sont des valeurs subjectives\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le qualificatif \u00absubjectif\u00bb n\u2019est pas satisfaisant. Le prix a pour origine le march\u00e9 lui-m\u00eame en tant que lieu o\u00f9 interagissent les investisseurs. Autrement dit, le prix exprime l\u2019opinion du march\u00e9. Ce prix peut \u00eatre dit objectif au sens o\u00f9 il s\u2019impose \u00e0 toute l\u2019\u00e9conomie. Cependant, cette objectivit\u00e9 est de m\u00eame nature que l\u2019objectivit\u00e9 des valeurs sociales: elle trouve son fondement dans les croyances du groupe, dans la \u00abpuissance de la multitude\u00bb. Ce que je nie est qu\u2019il existerait une valeur objective pr\u00e9existante au march\u00e9, ce qu\u2019on nomme d\u2019ordinaire la valeur fondamentale de l\u2019actif, qui s\u2019imposerait aux investisseurs et au march\u00e9. Une telle valeur objective n\u2019existe pas. Ce qui existe est un prix, le prix de march\u00e9, qui est une construction sociale en ce sens qu\u2019il refl\u00e8te l\u2019opinion majoritaire des investisseurs. D\u2019ailleurs, lorsqu\u2019on veut rendre compte des \u00e9volutions des cours boursiers en utilisant des grandeurs objectives, comme le profit ou les cash-flows, cela ne marche pas du tout. Par exemple, lors du krach d\u2019octobre 1987, le Dow Jones a perdu 22,6% de sa valeur, alors que rien de comparable n\u2019a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle!<\/p>\n<p><strong>Si les crises se succ\u00e8dent, pourquoi les march\u00e9s continuent-ils de pr\u00e9tendre qu\u2019ils refl\u00e8tent des valeurs objectives?<\/strong><\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une pure propagande visant \u00e0 justifier la place d\u00e9mesur\u00e9e qu\u2019occupent les march\u00e9s financiers dans l\u2019\u00e9conomie mondialis\u00e9e. Afin de l\u00e9gitimer la financiarisation qui commence au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 et se poursuit jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, certains financiers se sont appuy\u00e9s sur la th\u00e9orie \u00e9conomique n\u00e9oclassique pour faire valoir que les march\u00e9s financiers \u00e9taient un m\u00e9canisme efficace permettant une allocation optimale du capital. On voit bien d\u00e9sormais que cette analyse est totalement erron\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Suite \u00e0 la crise financi\u00e8re, le point de vue des \u00e9conomistes a-t-il chang\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>La crise a \u00e9t\u00e9 un grand choc et de nombreux \u00e9conomistes ont constat\u00e9 que l\u2019efficience financi\u00e8re \u00e9tait un leurre. Pour autant, peu d\u2019\u00e9conomistes estiment n\u00e9cessaire de sortir du cadre conceptuel actuel. Le Prix Nobel d\u2019\u00e9conomie Joseph Stiglitz lui-m\u00eame, par exemple, conteste fortement l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019efficience des march\u00e9s financiers, mais conserve l\u2019id\u00e9e que la valeur des titres est objective. Pour lui, le probl\u00e8me vient des asym\u00e9tries d\u2019information: le vendeur conna\u00eetrait la valeur r\u00e9elle des titres, mais pas l\u2019acheteur. Il propose donc qu\u2019il y ait plus de transparence afin que les acheteurs en sachent autant que les vendeurs.<\/p>\n<p><strong>Cela suffira-t-il?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est une hypoth\u00e8se tr\u00e8s int\u00e9ressante. Mais elle est insuffisante parce que, sur les march\u00e9s financiers, il est impossible de d\u00e9finir une vraie valeur. Autrement dit, pas plus les vendeurs que les acheteurs ne la connaissent. Stiglitz a \u00e0 l\u2019esprit ce qui se passe sur le march\u00e9 des biens: le vendeur d\u2019une voiture d\u2019occasion sait parfaitement ce que vaut sa voiture. Mais sur les march\u00e9s financiers, m\u00eame si le vendeur sait parfaitement ce que repr\u00e9sente concr\u00e8tement le titre, une donn\u00e9e que l\u2019acheteur peut ignorer, il n\u2019en conna\u00eet pas pour autant sa valeur!<\/p>\n<p><strong>Pourquoi?<\/strong><\/p>\n<p>Un titre financier repr\u00e9sente un droit sur des revenus futurs. Par exemple, une action est un droit sur des dividendes \u00e0 venir. En cons\u00e9quence, d\u00e9terminer la valeur d\u2019une action suppose de pr\u00e9voir quels seront les profits futurs et les dividendes. Parce que la finance n\u00e9oclassique suppose que le futur est probabilisable, elle serait capable de d\u00e9finir la vraie valeur! Mais cette hypoth\u00e8se n\u2019est pas tenable: le futur est, par essence, impr\u00e9visible. Il existe autant d\u2019estimations que de croyances quant \u00e0 ce que sera le futur, sans qu\u2019on puisse d\u00e9terminer la meilleure ou la plus juste. Dans la pratique, c\u2019est gr\u00e2ce au march\u00e9 que se forme un prix de r\u00e9f\u00e9rence. Mais c\u2019est une cr\u00e9ation du march\u00e9, pas le reflet d\u2019une vraie valeur.<\/p>\n<p><strong>Le sous-titre de votre livre est Refonder l\u2019\u00e9conomie. Mais comment faire? Quelles mesures proposez-vous?<\/strong><\/p>\n<p>En fran\u00e7ais, le mot \u00ab\u00e9conomie\u00bb poss\u00e8de un double sens, que la langue anglaise distingue clairement: d\u2019une part, la discipline \u00e9conomique, economics; d\u2019autre part, l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique, economy. Quand j\u2019\u00e9cris \u00abRefonder l\u2019\u00e9conomie\u00bb, je pense \u00e0 la discipline \u00e9conomique. C\u2019est elle que je cherche \u00e0 renouveler. Mon id\u00e9e est que les sciences \u00e9conomiques se sont mises dans une impasse en s\u2019\u00e9cartant des sciences sociales. Aussi convient-il de proposer un socle conceptuel commun, que je nomme \u00abunidisciplinaire\u00bb, dans le cadre duquel toutes les sciences sociales pourront dialoguer directement. C\u2019est le but fondamental de mon livre. Cependant, dans la mesure o\u00f9 je suis amen\u00e9 \u00e0 critiquer la th\u00e9orie d\u2019efficience des march\u00e9s financiers, ma r\u00e9flexion me conduit \u00e0 r\u00e9futer les politiques de d\u00e9r\u00e9gulation qui, depuis trente ans, ont mis aux commandes des march\u00e9s financiers par nature instables et impr\u00e9visibles. Sortir de cette situation ne sera pas simple car de nombreux et tr\u00e8s puissants int\u00e9r\u00eats s\u2019y opposent, mais c\u2019est la seule voie possible.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la Revue H\u00e9misph\u00e8res (volume IV).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9conomiste fran\u00e7ais Andr\u00e9 Orl\u00e9an conteste la th\u00e9orie d\u2019une valeur \u00e9conomique indiscutable, fond\u00e9e sur l\u2019utilit\u00e9 ou le travail. Elle est pour lui une cr\u00e9ation sociale, au m\u00eame titre que les valeurs religieuses, esth\u00e9tiques ou morales. Entretien.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3827","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3827","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3827"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3827\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3827"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3827"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3827"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}