



{"id":3826,"date":"2013-01-14T16:36:18","date_gmt":"2013-01-14T14:36:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3826"},"modified":"2013-06-17T10:24:58","modified_gmt":"2013-06-17T08:24:58","slug":"entrepreneuriat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3826","title":{"rendered":"Quand l&rsquo;id\u00e9e folle se mue en r\u00e9ussite"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/012013\/large15012013.png\" alt=\"large15012013.png\" title=\"large15012013.png\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><br \/>\nC\u2019est un ouf de soulagement pour Genilem, qui vient de d\u00e9crocher un important contrat de la Conf\u00e9d\u00e9ration pour accompagner les entreprises en d\u00e9marrage. Un nouveau mandat qui d\u00e9gage quelque peu l\u2019horizon de cet organisme l\u00e9manique de soutien aux start-up, dont le business plan est, paradoxalement, fragile: l\u2019association est aujourd\u2019hui financ\u00e9e \u00e0 65% par des entreprises et \u00e0 35% par les cantons de Vaud et de Gen\u00e8ve, pour un chiffre d\u2019affaires de 1,7 million de francs.<\/p>\n<p>L\u2019obtention de ce nouveau mandat f\u00e9d\u00e9ral donne l\u2019occasion de revenir sur les fondamentaux de Genilem, \u00e0 savoir le soutien \u00e0 des id\u00e9es parfois farfelues, mais qui sont indispensables au renouveau de l\u2019\u00e9conomie suisse (lire les t\u00e9moignages ci-dessous). Une t\u00e2che d\u00e9licate lorsque l\u2019on sait que, selon les derniers chiffres nationaux, une nouvelle entreprise a seulement une chance sur deux de se maintenir en vie cinq ans apr\u00e8s son lancement\u2026<\/p>\n<p>Genilem a accompagn\u00e9 180 entreprises depuis sa cr\u00e9ation en 1995, et revendique un taux de survie \u00e0 trois ans de 90% des soci\u00e9t\u00e9s parrain\u00e9es. \u00abLes \u00e9tudes font ressortir deux \u00e9l\u00e9ments principaux pour r\u00e9ussir, pr\u00e9cise Philippe Gaemperle, directeur de l\u2019association. D\u2019une part, la capacit\u00e9 d\u2019un entrepreneur \u00e0 assurer des rentr\u00e9es d\u2019argent r\u00e9guli\u00e8res, tout en ne sous-estimant pas la valeur de ses produits. D\u2019autre part, la bonne relation entre les fondateurs, une mauvaise entente pouvant conduire \u00e0 l\u2019\u00e9chec, m\u00eame devant un march\u00e9 prometteur.\u00bb<\/p>\n<p>Pour ce radiologue de l\u2019innovation romande, le pr\u00e9requis indispensable au succ\u00e8s reste n\u00e9anmoins \u00able don des entrepreneurs \u00e0 donner une direction claire \u00e0 leurs id\u00e9es, en tenant compte des critiques\u00bb. Les projets les plus inattendus peuvent donner lieu \u00e0 des business plans solides, comme le prouvent les t\u00e9moignages d\u2019entrepreneurs. Car \u00abil n\u2019y a point de g\u00e9nie sans un grain de folie\u00bb, pour reprendre Aristote.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>TimeForYou: conciergerie d\u2019entreprise<\/strong><br \/>\n<em>Julie Besson, dipl\u00f4m\u00e9e en droit<\/em><\/p>\n<p>\u00abUne population ais\u00e9e, mais des services \u00e0 la personne quasi inexistants.\u00bb Julie Besson, 42 ans dont une d\u00e9cennie dans l\u2019h\u00f4tellerie fran\u00e7aise de luxe, en est rest\u00e9e bouche b\u00e9e \u00e0 son arriv\u00e9e sur l\u2019arc l\u00e9manique. Des employ\u00e9s de bureau stress\u00e9s, qui doivent en plus trouver une cr\u00e8che pour leurs enfants, s\u2019occuper des cadeaux de No\u00ebl ou repasser eux-m\u00eames leurs chemises! TimeForYou, fond\u00e9e en 2007, entend d\u00e9charger les salari\u00e9s des multinationales de ces t\u00e2ches chronophages.<\/p>\n<p>\u00abEn France, le concept de conciergerie d\u2019entreprise est entr\u00e9 dans les m\u0153urs et fait un carton malgr\u00e9 la crise. Mais en Suisse, il y a un frein psychologique, car on est habitu\u00e9 \u00e0 tout faire tout seul. Heureusement, les expatri\u00e9s anglophones sont tr\u00e8s r\u00e9ceptifs \u00e0 nos services!\u00bb Comptant 11 employ\u00e9s, la soci\u00e9t\u00e9 a d\u00e9j\u00e0 ouvert une franchise en Argentine il y a deux ans. Parmi ses clients, l\u2019un des plus anciens \u00e9tait Merck Serono. \u00abLeur d\u00e9part va certainement ralentir notre croissance\u00bb, explique la fondatrice. Mais le d\u00e9part le plus difficile \u00e0 dig\u00e9rer pour l\u2019entrepreneuse reste celui de son associ\u00e9e: \u00abNous n\u2019aurions jamais imagin\u00e9 que l\u2019une puisse partir avant l\u2019autre. C\u2019est un peu comme un divorce. Pour \u00e9viter une s\u00e9paration douloureuse, il vaut mieux r\u00e9gler les modalit\u00e9s d\u2019un abandon \u00e9ventuel noir sur blanc. Et ce d\u00e8s l\u2019origine du projet.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>L\u2019Asticot: v\u00eatements unisexes pour enfants<\/strong><br \/>\n<em>Dani\u00e8le McClellan, jeune maman<\/em><\/p>\n<p>Produire des v\u00eatements unisexes pour enfants, d\u2019une taille assez large pour durer longtemps avant de passer entre les mains du petit fr\u00e8re ou de la petite s\u0153ur: voil\u00e0 le concept de L\u2019Asticot, une soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 2009 \u00e0 Gen\u00e8ve. \u00abNous nous inspirons \u00e0 la fois des couleurs extravagantes de la mode nordique et des rayures plus sages du stylisme \u00e0 la fran\u00e7aise\u00bb, explique sa cofondatrice Dani\u00e8le McClellan, jeune maman de 39 ans qui travaillait auparavant comme journaliste.<\/p>\n<p>Un m\u00e9lange des genres n\u00e9 d\u2019une frustration: celle de \u00abne pas trouver de v\u00eatements originaux pour gar\u00e7ons\u00bb. Dessin\u00e9s en Suisse, les habits sont ensuite produits au Portugal par une fabrique sp\u00e9cialis\u00e9e dans les tissus biologiques, avant d\u2019\u00eatre export\u00e9s dans de multiples petits points de vente, jusqu\u2019au Japon. Mais le laps de temps entre fabrication et vente pose la principale difficult\u00e9 pour l\u2019entreprise: \u00abCela n\u00e9cessite beaucoup d\u2019investissements et nous devons tenir le coup jusqu\u2019au retour des vendeurs. Nous avons contract\u00e9 un emprunt pour financer les collections et nous nous d\u00e9brouillons avec des salaires tr\u00e8s bas.\u00bb<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 veut augmenter son chiffre d\u2019affaires pour parvenir \u00e0 une taille critique: \u00abCe qui nous a manqu\u00e9 au d\u00e9part, c\u2019est le c\u00f4t\u00e9 marketing et vente. Nous avons engag\u00e9 une personne sp\u00e9cialis\u00e9e dans le domaine au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e. Il nous fallait quelqu\u2019un d\u2019externe pour rattraper ce retard dans la prospection. Pour mon associ\u00e9e et moim\u00eame, qui avons port\u00e9 le projet d\u00e8s le d\u00e9but, essuyer un refus d\u2019un client est bien trop \u00e9motionnel!\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Novacorpus: tourisme m\u00e9dical<\/strong><br \/>\n<em>St\u00e9phane de Buren<\/em><\/p>\n<p>Convaincre les patients suisses et fran\u00e7ais d\u2019aller se faire soigner dans des pays riverains, mais aussi en Turquie ou en Croatie: voici la d\u00e9licate mission que s\u2019est assign\u00e9e la soci\u00e9t\u00e9 Novacorpus, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le tourisme m\u00e9dical pour les op\u00e9rations au laser des yeux, la chirurgie esth\u00e9tique, les soins dentaires et les implants capillaires. \u00abAvec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019internet et des vols low-cost, certaines personnes se rendent \u00e0 la journ\u00e9e \u00e0 Barcelone pour une consultation dentaire. Cela revient moins cher qu\u2019une radiographie en Suisse!\u00bb souligne St\u00e9phane de Buren, m\u00e9decin et gestionnaire qui a fond\u00e9 cette entreprise en 2008. Ces nouveaux comportements profitent \u00e0 Novacorpus, qui a envoy\u00e9 quelque 300 patients \u00e0 l\u2019\u00e9tranger en 2012, et dont la croissance devrait atteindre 50%. Avec des arguments \u00e0 faire valoir: \u00abLes m\u00e9decins avec qui nous travaillons ont souvent plus de pratique qu\u2019ici. En Suisse, la multiplication des m\u00e9decins venus d\u2019ailleurs prouve la validit\u00e9 des dipl\u00f4mes \u00e9trangers. Par ailleurs, nous sommes recommand\u00e9s par Assura depuis plus de deux ans pour les op\u00e9rations des yeux au laser.\u00bb<\/p>\n<p>Sans surprise, la principale difficult\u00e9 a \u00e9t\u00e9 de surmonter les pr\u00e9jug\u00e9s: \u00abVia une \u00e9tude de march\u00e9, nous avons pu constater \u00e0 quel point l\u2019image de la Turquie \u00e9tait n\u00e9gative en Suisse, ce qui nous a incit\u00e9s \u00e0 passer aussi des contrats avec des m\u00e9decins des Etats voisins. Mais les gens continuent \u00e0 choisir leur destination en fonction de l\u2019image du pays, alors que nous leur recommandons de le faire par rapport \u00e0 la qualit\u00e9 du praticien!\u00bb Autre d\u00e9fi: trouver les bons partenaires, pr\u00eats \u00e0 soigner des gens d\u2019une autre culture. \u00abEn France, par exemple, le probl\u00e8me typique pour un m\u00e9decin consiste \u00e0 prendre 15 jours pour envoyer un devis. Ce qui ne correspond pas aux standards suisses. Nous ne pouvons alors pas collaborer avec lui.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Encourager le tourisme m\u00e9dical, produire des v\u00eatements durables ou soulager les employ\u00e9s stress\u00e9s: l\u2019association Genilem a aid\u00e9 des dizaines de start-up \u00e0 trouver leur place sur le march\u00e9. T\u00e9moignages.<\/p>\n","protected":false},"author":19840,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3826","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3826","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19840"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3826"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3826\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3826"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3826"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3826"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}