



{"id":3825,"date":"2013-01-13T22:24:44","date_gmt":"2013-01-13T20:24:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3825"},"modified":"2013-06-17T10:22:44","modified_gmt":"2013-06-17T08:22:44","slug":"marketing","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3825","title":{"rendered":"Blogueuse de mode, une activit\u00e9 sous influence"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/012013\/110113.jpg\" alt=\"110113.jpg\" title=\"110113.jpg\" border=\"0\" height=\"310\" width=\"468\" \/><br \/>\nUn million de visiteurs par mois et des dizaines de propositions de collaborations par jour. Deux ans apr\u00e8s son lancement en janvier 2011, le blog <a href=\"http:\/\/www.kayture.com\" target=\"_blank\">Kayture<\/a> de Kristina Bazan n\u2019a plus rien d\u2019amateur. Dans la rue, \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, au caf\u00e9, la jeune femme s\u2019y met en sc\u00e8ne dans des tenues tout droit sorties des magazines de mode. \u00abAu d\u00e9but, mon site servait de vitrine pour mes activit\u00e9s de mannequinat, puis l\u2019audience a grimp\u00e9 et les marques ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 moi\u00bb, raconte la Vaudoise de 19 ans.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, les cr\u00e9ateurs la r\u00e9mun\u00e8rent pour qu\u2019elle mette en avant leurs produits dans ses articles, \u00e0 travers notamment ce que l\u2019on appelle des billets sponsoris\u00e9s, et tous ses v\u00eatements lui sont pr\u00eat\u00e9s ou offerts. Elle est en outre r\u00e9guli\u00e8rement convi\u00e9e aux showrooms et galas de marques comme Ralph Lauren, Dolce &amp; Gabbana ou encore Yves Saint Laurent. \u00abJe re\u00e7ois entre 30 et 40 demandes de projets chaque jour. Le tri est vite fait, car les bonnes marques ne sont pas si nombreuses.\u00bb<\/p>\n<p>Surfant sur la vague du succ\u00e8s, Kristina Bazan a lanc\u00e9 fin octobre son propre sac \u00e0 main et vient de cr\u00e9er un bracelet pour la marque Diio Senses. Un travail \u00e0 temps plein. Pour s\u2019y consacrer, elle a d\u00e9cid\u00e9 de mettre ses \u00e9tudes en stand-by. Elle est \u00e9paul\u00e9e par son compagnon, le photographe James Vyn, et par sa m\u00e8re, qui s\u2019occupe des contrats. Bien qu\u2019elle habite encore chez ses parents, la blogueuse parvient \u00e0 vivre de son activit\u00e9. Un fait rarissime en Suisse.<\/p>\n<p>R\u00e9guli\u00e8rement, la marque de bijoux genevoise Rita &amp; Zia convie par exemple Kristina Bazan \u00e0 essayer ses nouvelles cr\u00e9ations. Depuis trois ans, la griffe accorde une place importante aux blogs dans sa strat\u00e9gie marketing en Suisse. \u00abNous consid\u00e9rons ces plateformes comme des m\u00e9dias \u00e0 part enti\u00e8re, souligne Caroline Marinoff, responsable de la communication. Nous appr\u00e9cions le fait que les produits soient pr\u00e9sent\u00e9s avec conviction par les blogueurs. De plus, les informations sont mises en ligne tr\u00e8s rapidement et relay\u00e9es ensuite sur les r\u00e9seaux sociaux.\u00bb<\/p>\n<p>La maison Chopard mise, elle aussi, sur les blogs comme outils promotionnels. Au mois d\u2019octobre dernier, elle a ouvert les portes de sa manufacture genevoise \u00e0 une s\u00e9lection de blogueuses suisses, dont Kristina Bazan, pour leur pr\u00e9senter une nouvelle collection. Les chroniqueuses ont pu librement visiter les ateliers, essayer les bijoux et prendre des photos, avant de d\u00e9guster un repas gastronomique. L\u2019op\u00e9ration a port\u00e9 ses fruits: de longs articles \u00e9logieux consacr\u00e9s \u00e0 cette journ\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s sur les sites internet de toutes les invit\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00abLes blogueurs sont aujourd\u2019hui des influenceurs incontournables, qui nous permettent d\u2019\u00e9largir notre cible en touchant un public plus sensible aux nouveaux m\u00e9dias\u00bb, commente-t-on au d\u00e9partement communication de Chopard. La soci\u00e9t\u00e9 indique ne pas r\u00e9mun\u00e9rer ses h\u00f4tes: \u00abL\u2019int\u00e9r\u00eat premier du blogueur est de pouvoir \u00eatre libre d\u2019expression, de poster ce qu\u2019il souhaite et \u00e0 sa mani\u00e8re. A nous de leur faire d\u00e9couvrir quelque chose d\u2019int\u00e9ressant.\u00bb M\u00eame son de cloche chez Rita &amp; Zia: \u00abLes blogueuses sont libres d\u2019\u00e9crire un article ou non lorsqu\u2019elles viennent chez nous\u00bb, pr\u00e9cise la responsable de la communication Caroline Marinoff. Des \u00abr\u00e9compenses\u00bb, dont la nature exacte reste floue, les encouragent toutefois \u00e0 prendre la plume.<\/p>\n<p>Rita &amp; Zia collabore \u00e9galement avec une autre blogueuse romande en vogue, <a href=\"http:\/\/www.sorayabakhtiar.com\" target=\"_blank\">Soraya Bakhtiar<\/a>. Son blog \u00e9ponyme, lanc\u00e9 au mois de mai dernier, re\u00e7oit entre 2000 et 3000 visites quotidiennes. Pour l\u2019heure, elle gagne uniquement de l\u2019argent gr\u00e2ce aux banni\u00e8res publicitaires qui figurent sur son site. Mais elle se dit ouverte \u00e0 des op\u00e9rations r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es dans le futur: \u00abJusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, j\u2019ai refus\u00e9. Peut-\u00eatre l\u2019ann\u00e9e prochaine.\u00bb Pas question cependant de tout accepter. \u00abIl y a deux mois, une agence qui repr\u00e9sente des blogueurs m\u2019a contact\u00e9e pour m\u2019aider \u00e0 obtenir des partenariats avec des marques, explique la Genevoise de 23 ans. J\u2019ai dit non. Nous sommes des blogueuses, pas des stars. Je veux pouvoir rester ma\u00eetre de mes activit\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Trouver l\u2019\u00e9quilibre entre passion et mon\u00e9tisation, c\u2019est l\u00e0 toute la difficult\u00e9. Pour Sarah Jollien-Fardel, qui a anim\u00e9 pendant quatre ans le blog Sarah Babille et lanc\u00e9 en novembre dernier le site <a href=\"http:\/\/www.reverencieux.com\" target=\"_blank\">R\u00e9v\u00e9rencieux<\/a> avec Anne Niederoest (ex-responsable marketing du magazine Edelweiss), l\u2019argent tend aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019emporter sur tout le reste: \u00abAu d\u00e9but, les blogs \u00e9taient spontan\u00e9s, ce n\u2019\u00e9tait que du partage. Il y avait peut-\u00eatre un r\u00eave de se faire rep\u00e9rer, sans plus. Cette innocence a disparu. En France, certaines filles contactent des r\u00e9gies publicitaires avant m\u00eame d\u2019ouvrir leur blog!\u00bb<\/p>\n<p>Il faut dire que dans l\u2019Hexagone, et dans d\u2019autres pays comme la Su\u00e8de, o\u00f9 l\u2019interaction entre les blogs et l\u2019industrie de la mode est bien plus d\u00e9velopp\u00e9e qu\u2019en Suisse, les blogueuses jouissent d\u2019une \u00e9norme influence. Les plus lues empocheraient jusqu\u2019\u00e0 15&rsquo;000 euros par mois, sans les cadeaux. \u00abCertaines agences de publicit\u00e9 fran\u00e7aises ne font plus aucune campagne sans blogs\u00bb, commente Sarah Jollien-Fardel. Mais des d\u00e9rives sont constat\u00e9es. \u00abBeaucoup de blogueuses acceptent d\u2019\u00e9crire sur n\u2019importe quoi par app\u00e2t du gain\u00bb, constate Caroline Marinoff, de chez Rita &amp; Zia.<\/p>\n<p>Sarah Jollien-Fardel, journaliste freelance, refuse d\u2019entrer dans ce jeu-l\u00e0: \u00abJ\u2019ai accept\u00e9 deux fois de r\u00e9diger des billets sponsoris\u00e9s sur Sarah Babille. J\u2019ai ainsi touch\u00e9 plusieurs centaines d\u2019euros pour promouvoir American Vintage. Mais j\u2019ai tout de suite arr\u00eat\u00e9, pour ne pas vendre mon \u00e2me.\u00bb Elle continue de recevoir des demandes chaque semaine, ainsi que des produits envoy\u00e9s gracieusement. \u00abOn en parle ou pas, selon notre bon vouloir.\u00bb Son objectif est d\u00e9sormais de faire de R\u00e9v\u00e9rencieux un magazine en ligne, financ\u00e9 uniquement par de la publicit\u00e9 traditionnelle, balis\u00e9e comme telle.<\/p>\n<p>Est-il possible de promouvoir les marques tout en restant ind\u00e9pendante? Kristina Bazan en est convaincue: \u00abPour ne pas basculer dans la corruption, je travaille seulement avec des cr\u00e9ateurs avec qui j\u2019ai une bonne entente et dont les produits me plaisent vraiment. L\u2019essence de mon blog est quand m\u00eame de donner mes vrais conseils. L\u2019objectif est de trouver un \u00e9quilibre entre ce que j\u2019ai envie de montrer et le message que la marque souhaite faire passer. J\u2019ai v\u00e9cu de mauvaises exp\u00e9riences, mais j\u2019ai la chance de vivre chez mes parents et de pouvoir s\u00e9lectionner les partenariats qui me plaisent.\u00bb<\/p>\n<p>Du point de vue des lecteurs, impossible n\u00e9anmoins de distinguer entre les \u00abvrais articles\u00bb et les autres, car les billets promotionnels ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas signal\u00e9s comme tels. En Suisse, rien n\u2019oblige en effet \u00e0 indiquer leur pr\u00e9sence sur les blogs. Et pour brouiller les pistes, les chroniqueuses pars\u00e8ment tous leurs articles de liens cliquables. Kristina Bazan ne fait ainsi aucune diff\u00e9rence entre les billets sponsoris\u00e9s et les autres: \u00abJe ne veux pas que mon blog ait l\u2019air commercial. Le but est de vendre du r\u00eave. M\u00eame si ce n\u2019est pas un secret, tout cela doit rester un myst\u00e8re.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les marques font directement appel aux chroniqueuses les plus suivies de la blogosph\u00e8re fashion pour promouvoir leurs produits, en Suisse romande comme ailleurs. Une perte d\u2019ind\u00e9pendance d\u00e9nonc\u00e9e par les puristes du genre.<\/p>\n","protected":false},"author":19892,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-3825","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3825","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19892"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3825"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3825\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3825"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3825"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3825"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}