



{"id":3797,"date":"2012-12-03T17:12:36","date_gmt":"2012-12-03T15:12:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3797"},"modified":"2012-12-04T11:16:00","modified_gmt":"2012-12-04T09:16:00","slug":"management","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3797","title":{"rendered":"F\u00e9miniser, un choix payant"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.largeur.com\/wp-content\/uploads\/122012\/Business_woman.png\" alt=\"Business_woman.png\" title=\"Business_woman.png\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Les hautes sph\u00e8res du monde des affaires, traditionnellement r\u00e9serv\u00e9es aux hommes, seraient-elles en train de d\u00e9couvrir les vertus du management au f\u00e9minin? Ce n\u2019est certes pas encore un raz-de-mar\u00e9e, mais les grandes entreprises cot\u00e9es semblent de plus en plus favorables \u00e0 placer des femmes aux commandes. EasyJet, IBM, Yahoo!, pour citer les firmes les plus visibles, ont r\u00e9cemment rejoint ce club.<\/p>\n<p>La tendance se r\u00e9percute d\u2019ailleurs sur le classement annuel \u00abFortune 500\u00bb des plus grandes entreprises am\u00e9ricaines: on y recense cette ann\u00e9e 18 femmes CEO (soit 3,6%), alors qu\u2019elles \u00e9taient 10 il y a six ans (2%). Une progression encore bien faible en valeur absolue, mais qui vaut aussi par son aspect symbolique, surtout s\u2019agissant d\u2019entreprises tr\u00e8s renomm\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans le lot, les banques et les g\u00e9ants technologiques sont aujourd\u2019hui les premiers \u00e0 placer des femmes \u00e0 des postes expos\u00e9s. En c\u00e9dant au cynisme, on pourrait d\u2019abord y voir une d\u00e9marche marketing visant \u00e0 donner \u00e0 l\u2019entreprise une image plus humaine. Mais ce serait occulter la v\u00e9rit\u00e9 des faits: les femmes aux commandes am\u00e9liorent la rentabilit\u00e9!<\/p>\n<p>Ce constat ressort de diverses \u00e9tudes qui \u00e9tablissent un lien entre performance boursi\u00e8re et pr\u00e9sence f\u00e9minine. Une enqu\u00eate men\u00e9e par le Credit Suisse Economic Research Institute, publi\u00e9e le 31 juillet dernier, en fait la d\u00e9monstration empirique: depuis la crise de 2008, les cours des soci\u00e9t\u00e9s qui comptent au moins une femme \u00e0 leur direction surperforment nettement les autres. \u00abNous avons analys\u00e9 2400 soci\u00e9t\u00e9s depuis 2005, d\u00e9taille Mary Curtis, auteur de l\u2019\u00e9tude de Credit Suisse. Parmi les entreprises pr\u00e9sentant une capitalisation de plus de 10 milliards de dollars, une diff\u00e9rence de performance de 26% au cours de la p\u00e9riode sous revue est observ\u00e9e entre les entreprises \u00e0 direction mixte et les autres.\u00bb<\/p>\n<p>Pour expliquer ces \u00e9carts importants \u00e0 partir de 2008, les auteurs de l\u2019\u00e9tude de Credit Suisse mettent notamment en avant les qualit\u00e9s de bonne gouvernance et l\u2019aversion au risque observ\u00e9es dans les soci\u00e9t\u00e9s mixtes &#8212; des atouts typiquement f\u00e9minins si l\u2019on en croit d\u2019autres travaux sur ce sujet. En effet, selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e en 2010 par le cabinet am\u00e9ricain de recrutement Heidrick &#038; Struggles, les femmes administratrices de soci\u00e9t\u00e9s cot\u00e9es en Bourse sont \u00abplus ouvertes \u00e0 une r\u00e9gulation renforc\u00e9e des r\u00e9mun\u00e9rations et de la gestion du risque, \u00e0 une \u00e9valuation plus stricte de la performance des administrateurs et \u00e0 une information plus transparente\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Causes biologiques<\/strong><\/p>\n<p>Avant m\u00eame d\u2019\u00eatre corrobor\u00e9es par la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique du terrain, ces diff\u00e9rences entre les deux sexes dans la conduite des affaires avaient \u00e9t\u00e9 mises en lumi\u00e8re d\u00e8s 2008, dans des \u00e9tudes scientifiques explicitant les racines biologiques de ces comportements. Il est apparu qu\u2019un taux \u00e9lev\u00e9 de testost\u00e9rone, principale hormone sexuelle m\u00e2le, incitait \u00e0 une plus grande prise de risques. Les femmes pr\u00e9sentant un taux de testost\u00e9rone en moyenne 15 fois moins \u00e9lev\u00e9 que les hommes seraient donc naturellement plus port\u00e9es vers une \u00abgestion raisonnable\u00bb. Par ailleurs, sous l\u2019effet du stress, les femmes accroissent moins leur taux de cortisol, une hormone de stress associ\u00e9e \u00e0 l\u2019incertitude et \u00e0 l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le domaine bancaire, les travaux du professeur Michel Ferrary de HEC Gen\u00e8ve ont r\u00e9cemment confirm\u00e9 l\u2019influence de la f\u00e9minisation de l\u2019encadrement sur la strat\u00e9gie d\u2019investissement. Au total, la strat\u00e9gie de 44 banques de 13 pays de l\u2019OCDE a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e sur une p\u00e9riode de quatre ans (2007-2011). L\u2019exemple des banques fran\u00e7aises constitue \u00e0 cet \u00e9gard un cas d\u2019\u00e9cole, comme l\u2019explique Michel Ferrary: \u00abBNP Paribas est la banque fran\u00e7aise dont l\u2019encadrement est le plus f\u00e9minis\u00e9 (44%) et Dexia celle dont l\u2019encadrement est le moins f\u00e9minis\u00e9 (21%); or si la premi\u00e8re a souvent \u00e9t\u00e9 cit\u00e9e en exemple pour sa gestion des risques, notamment durant la crise des subprimes, la seconde a \u00e9t\u00e9 la seule \u00e0 recourir au soutien des pouvoirs publics, puis \u00e0 faire faillite en 2011.\u00bb Entre 2009 et 2011, l\u2019action en Bourse de BNP Paribas a par ailleurs augment\u00e9 de 57,4%, tandis que celle de Dexia baissait de 18,7%&#8230;<\/p>\n<p><strong>Quotas de femmes<\/strong><\/p>\n<p>Le monde politique et \u00e9conomique commence \u00e0 r\u00e9aliser le parti qu\u2019il peut tirer d\u2019un plus grand nombre de femmes aux fonctions dirigeantes. Au printemps 2009, l\u2019Islande s\u2019est distingu\u00e9e en nommant deux femmes, Elin Sigfusdottir et Birna Einarsdottir, \u00e0 la t\u00eate des banques dont les faillites avaient ruin\u00e9 le pays. L\u2019an dernier, le Parlement fran\u00e7ais a pris le m\u00eame chemin, en votant une loi imposant, dans les six ans, un quota de 40% de femmes dans la haute fonction publique. Au-del\u00e0 de la promotion de l\u2019\u00e9galit\u00e9, cette politique de quotas pourrait servir directement les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques. Certaines entreprises l\u2019ont bien compris, en encourageant d\u2019elles-m\u00eames la f\u00e9minisation de leur encadrement, sans attendre d\u2019incitation \u00e9tatique. C\u2019est le cas de l\u2019assureur Legal &#038; General, l\u2019un des plus importants investisseurs institutionnels britanniques, qui a d\u00e9cid\u00e9 de voter contre la reconduction des membres des conseils d\u2019administration lorsque les femmes y sont trop peu repr\u00e9sent\u00e9es.<\/p>\n<p>Et en Suisse? Au niveau national, les femmes restent en moyenne peu repr\u00e9sent\u00e9es dans les conseils d\u2019administration des entreprises (11,6% des si\u00e8ges), notamment en comparaison europ\u00e9enne (15,6%), et plus particuli\u00e8rement vis-\u00e0-vis des pays nordiques tels que la Finlande (27,1%) ou la Su\u00e8de (24,4%), qui affichent des taux \u00e9lev\u00e9s, m\u00eame sans appliquer de quotas. Une situation qui, en septembre dernier, a pouss\u00e9 les femmes PLR suisses, pourtant de famille lib\u00e9rale, \u00e0 se prononcer officiellement en faveur de quotas provisoires dans les conseils d\u2019administration des entreprises suisses cot\u00e9es en Bourse. \u00abLa disparit\u00e9 dans la repr\u00e9sentation des hommes et des femmes est devenue trop flagrante, d\u00e9nonce Claudine Esseiva, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale des femmes PLR. Notre d\u00e9marche a re\u00e7u le soutien des Business and professionnal women (BPW) Switzerland, le plus grand r\u00e9seau de femmes actives en Suisse, ce qui est une tr\u00e8s bonne nouvelle. Il est temps d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans Swissquote Magazine (no 5).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les femmes aux postes de direction et d\u2019encadrement sont aujourd\u2019hui un atout pour la rentabilit\u00e9 des entreprises cot\u00e9es, comme en attestent plusieurs \u00e9tudes. Eclairage.<\/p>\n","protected":false},"author":19406,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3797","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3797","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19406"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3797"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3797\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3797"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3797"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3797"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}