



{"id":3794,"date":"2012-11-28T15:41:01","date_gmt":"2012-11-28T13:41:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3794"},"modified":"2012-11-28T22:45:42","modified_gmt":"2012-11-28T20:45:42","slug":"sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3794","title":{"rendered":"M\u00e9decine chinoise: bataille pour un march\u00e9 juteux"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.largeur.com\/wp-content\/uploads\/112012\/med_chinoise.jpg\" alt=\"med_chinoise.jpg\" title=\"med_chinoise.jpg\" border=\"0\" height=\"310\" width=\"468\" \/><\/p>\n<p>Acupuncture, massages, moxibustion (traitement par la chaleur), ventouses, phytoth\u00e9rapie\u2026 La m\u00e9decine chinoise attire de plus en plus de patients suisses, apparemment s\u00e9duits par une tradition ancestrale teint\u00e9e de sagesse orientale.<\/p>\n<p>Le nombre de th\u00e9rapeutes a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par neuf depuis 1999 et les centres sp\u00e9cialis\u00e9s poussent comme des champignons. Chinamed compte d\u00e9sormais 21 cliniques en Suisse, son concurrent Sinosant\u00e9 en poss\u00e8de 9. Au contraire de nombreux praticiens suisses install\u00e9s en ind\u00e9pendants, ces centres emploient plusieurs th\u00e9rapeutes qui, souvent, viennent directement de Chine: des m\u00e9decins form\u00e9s \u00e0 l\u2019universit\u00e9 et exp\u00e9riment\u00e9s qui ont pratiqu\u00e9 plusieurs ann\u00e9es dans les h\u00f4pitaux de l\u2019Empire du Milieu. Une main-d\u2019\u0153uvre relativement bon march\u00e9 et \u00abun bon argument marketing qui joue sur l\u2019id\u00e9e d\u2019authenticit\u00e9\u00bb, souligne Silva Keberle, responsable du Registre de m\u00e9decine empirique (RME), qui recense les praticiens de la m\u00e9decine alternative en Suisse.<\/p>\n<p>La plupart des centres sont fond\u00e9s par des Chinois vivant en Suisse depuis des ann\u00e9es &#8212; souvent des hommes ou femmes d\u2019affaires &#8212; qui \u00e9tablissent des partenariats avec des h\u00f4pitaux en Chine pour faciliter le recrutement. Mais ceux-ci ne travailleront en Suisse qu\u2019un an ou deux avant de repartir. Yvette Colmar, directrice de China Clinic, \u00e0 Lausanne, qui emploie deux ou trois m\u00e9decins chinois, le regrette: \u00abNous pr\u00e9f\u00e9rerions les garder plus longtemps, mais leur permis de travail ne le permet pas.\u00bb<\/p>\n<p>Des Chinois mieux form\u00e9s. Alors que les sp\u00e9cialistes chinois poss\u00e8dent tous un titre de m\u00e9decin, la plupart des praticiens suisses se sont directement form\u00e9s \u00e0 la m\u00e9decine traditionnelle chinoise (ou MTC) sans passer par des \u00e9tudes universitaires. Ils voient cette nouvelle concurrence d\u2019un mauvais oeil et racontent volontiers des histoires de clients d\u00e9\u00e7us.<\/p>\n<p>\u00abCertains patients viennent chez moi apr\u00e8s une mauvaise exp\u00e9rience faite dans ces centres, t\u00e9moigne Carla Fuhlrott, pr\u00e9sidente de l\u2019Organisation professionnelle suisse de m\u00e9decine traditionnelle chinoise et th\u00e9rapeute MTC \u00e0 Zurich. La communication pose un gros probl\u00e8me, car ces m\u00e9decins ne parlent aucune langue nationale ni m\u00eame l\u2019anglais. Les centres mettent \u00e0 disposition des interpr\u00e8tes, mais ceux-ci n\u2019ont souvent aucune connaissance m\u00e9dicale. Certains patients ne se sentent ni compris, ni \u00e9cout\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Carla Fuhlrott mentionne \u00e9galement des dipl\u00f4mes difficiles \u00e0 v\u00e9rifier et d\u00e9nonce des conditions de travail discutables: \u00abCertains membres de notre organisation affirment que les m\u00e9decins chinois gagnent moins, travaillent plus et qu\u2019ils sont maltrait\u00e9s.\u00bb Andrea Simoneschi, qui exerce la MTC \u00e0 Lausanne et \u00e0 Vevey, ajoute: \u00abLes centres peuvent exercer une grande pression sur les m\u00e9decins chinois pour les faire travailler \u00e0 la cha\u00eene. Ils n\u2019osent pas r\u00e9clamer, par peur de perdre leur emploi et, avec lui, leur permis de s\u00e9jour.\u00bb<\/p>\n<p>Les th\u00e9rapeutes suisses, qui accordent une grande importance \u00e0 l\u2019\u00e9coute et n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 rester une heure \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de leur patient lors d\u2019une s\u00e9ance d\u2019acupuncture, critiquent la pratique intensive des centres de MTC. Pour eux, les m\u00e9decins chinois sont l\u00e0 pour traiter les patients \u00e0 la cha\u00eene, voire \u00e0 pratiquer l\u2019acupuncture sur plusieurs patients en parall\u00e8le &#8212; comme c\u2019est courant en Chine.<\/p>\n<p>Vue de Suisse, l\u2019affaire est donc claire: les m\u00e9decins chinois seraient \u00e0 la fois exploit\u00e9s et avides, incapables d\u2019\u00e9couter et trop press\u00e9s\u2026 Un comble pour une m\u00e9decine vue en Occident comme holistique, patiente et centr\u00e9e sur le malade. Cette bataille id\u00e9ologique est p\u00e9trie de paradoxes: les th\u00e9rapeutes helv\u00e9tiques vendent la MTC comme essentiellement orientale, mais critiquent volontiers la mani\u00e8re de pratiquer des Chinois.<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9, elle, est plus subtile, souligne Maryl\u00e8ne Lieber, sociologue et auteure d\u2019une \u00e9tude sur l\u2019immigration chinoise en Suisse: \u00abLes th\u00e9rapeutes suisses reprochent \u00e0 leurs coll\u00e8gues chinois de ne pouvoir s\u2019adapter \u00e0 notre culture. Ceux-ci r\u00e9torquent qu\u2019ils sont bien mieux form\u00e9s et qu\u2019il faut \u00eatre Chinois pour pouvoir pratiquer la vraie MTC. C\u2019est un discours manich\u00e9en, mais dominant.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLes Suisses ont tendance \u00e0 dire que les m\u00e9decins chinois sont exploit\u00e9s, certains parlent m\u00eame d\u2019esclavage, poursuit Maryl\u00e8ne Lieber. Mais cela ne se confirme pas dans la r\u00e9alit\u00e9. Ces employ\u00e9s ont des contrats de travail corrects et ne pratiquent pas au noir. Il est vrai que leur r\u00e9mun\u00e9ration est basse et qu\u2019ils sont mis sous pression pour travailler beaucoup. Au final, la diff\u00e9rence vient surtout des conditions de travail: il est difficile de comparer une clinique o\u00f9 le m\u00e9decin chinois traite plusieurs patients en parall\u00e8le et communique par le biais d\u2019un interpr\u00e8te avec une th\u00e9rapeute suisse qui ouvre un cabinet dans sa villa apr\u00e8s une r\u00e9orientation personnelle et professionnelle.\u00bb<\/p>\n<p>Les migrants chinois se disent parfois d\u00e9\u00e7us de leur s\u00e9jour en Suisse, qui ne s\u2019av\u00e8re pas aussi enrichissant que pr\u00e9vu &#8212; au propre comme au figur\u00e9: \u00abUne fois arriv\u00e9s, ils se rendent compte que leur situation mat\u00e9rielle \u00e9tait meilleure en Chine, explique Maryl\u00e8ne Lieber. Le salaire suisse paraissait certes \u00e9lev\u00e9 avant de partir, mais ils sous-estiment souvent les co\u00fbts de la vie ici. Ils restent \u00e9galement tr\u00e8s isol\u00e9s \u00e0 cause de la langue, et ne peuvent trouver refuge dans la communaut\u00e9 chinoise qui, en Suisse, se compose essentiellement de personnes tr\u00e8s qualifi\u00e9es faisant partie du milieu des expats internationaux.\u00bb<\/p>\n<p>Certains patients appr\u00e9cieront l\u2019authenticit\u00e9 et la formation d\u2019un th\u00e9rapeute chinois, d\u2019autres pr\u00e9f\u00e9reront la psychologie et l\u2019\u00e9coute d\u2019un Suisse. Aujourd\u2019hui plus que jamais, le patient friand de m\u00e9decine alternative a l\u2019embarras du choix.<\/p>\n<p><strong>Les assureurs assurent la qualit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Chaque canton d\u00e9cide de r\u00e9guler ou non la pratique de la m\u00e9decine traditionnelle chinoise (MTC) par des non-m\u00e9decins. Si quelques cantons al\u00e9maniques ont impos\u00e9 des r\u00e8gles strictes, la Suisse romande se distingue cependant par une libert\u00e9 totale, \u00e0 l\u2019exception de Gen\u00e8ve. N\u2019importe qui peut donc ouvrir un cabinet et se d\u00e9clarer th\u00e9rapeute MTC. Les associations professionnelles organisent des formations, font du lobbying aupr\u00e8s des autorit\u00e9s et certifient parfois les th\u00e9rapeutes, mais leur nombre rend la situation peu lisible, avec l\u2019ASA, l\u2019AG MAR, la SACAM et autres SMS, OPS-MTC, ACU ou encore ASCA et FAMS. Au final, le contr\u00f4le est exerc\u00e9 par les caisses maladie, qui ne remboursent que des praticiens certifi\u00e9s aupr\u00e8s d\u2019ellesm\u00eames, du Registre de m\u00e9decine empirique (RME) ou de la Fondation suisse pour les m\u00e9decines compl\u00e9mentaires (ASCA). Les crit\u00e8res exigent par exemple d\u2019avoir accompli au moins 600 heures de formation et 250 heures de pratique.<\/p>\n<p>Les m\u00e9decins chinois doivent eux aussi s\u2019enregistrer pour que leur traitement soit rembours\u00e9. \u00abExaminer leurs dossiers nous demande du temps, pr\u00e9cise Silva Keberle, responsable du RME. Nous avons d\u00fb engager des interpr\u00e8tes pour v\u00e9rifier l\u2019authenticit\u00e9 des dipl\u00f4mes et avons \u00e9tabli des relations avec les universit\u00e9s sur place ainsi qu\u2019avec l\u2019ambassade de Chine \u00e0 Berne. Un assureur a mentionn\u00e9 des cas suspects, mais \u00e0 notre connaissance les fraudes restent tr\u00e8s rares.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>TEMOIGNAGES<\/p>\n<p><strong>\u00abMa vie ici est plus agr\u00e9able qu\u2019en Chine\u00bb<\/strong><br \/>\n<em>Tang Xianlu, 38 ans, acupuncteur, phytoth\u00e9rapeuthe et masseur chez Sinomed (\u00e0 Nyon et \u00e0 Montreux)<\/em><\/p>\n<p>Dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019Universit\u00e9 pour la m\u00e9decine chinoise de Chengdu (Chine), Tang Xianlu a pratiqu\u00e9 durant treize ans avant de venir en Suisse en 2010. Il a saisi l\u2019occasion apr\u00e8s une annonce parue dans un journal. \u00abCe poste m\u2019a offert l\u2019occasion de d\u00e9couvrir un nouveau continent et un pays o\u00f9 la nature est magnifique. Professionnellement, j\u2019\u00e9tais attir\u00e9 par la Suisse car la m\u00e9decine chinoise y est encore peu d\u00e9velopp\u00e9e. Il reste beaucoup \u00e0 faire dans ce domaine.\u00bb<\/p>\n<p>Les formalit\u00e9s pour s\u2019\u00e9tablir en Suisse ne lui ont pos\u00e9 aucun probl\u00e8me. Son employeur, Sinomed, s\u2019est charg\u00e9 de toutes les d\u00e9marches. \u00abJ\u2019ai d\u2019abord re\u00e7u un permis de travail d\u2019une dur\u00e9e limit\u00e9e \u00e0 deux ans. Par chance, j\u2019ai pu le faire r\u00e9cemment transformer en permis B. Je pense rester encore cinq ans.\u00bb S\u2019il appr\u00e9cie cette nouvelle stabilit\u00e9, son int\u00e9gration reste entrav\u00e9e par la barri\u00e8re de la langue. \u00abJe suis des cours de fran\u00e7ais depuis deux ans, mais je ne m\u2019exprime qu\u2019en anglais et en chinois. Au travail, j\u2019ai la chance de pouvoir compter sur la pr\u00e9sence constante d\u2019une interpr\u00e8te, mais pas dans ma vie priv\u00e9e. Cela me p\u00e8se, car j\u2019aimerais \u00e9largir mon cercle de connaissances.\u00bb<\/p>\n<p>Sp\u00e9cialis\u00e9 en massages anmo et tuina, le m\u00e9decin traite surtout les personnes atteintes de lombalgies, de cervicalgies, mais aussi de d\u00e9pression. \u00abEn Suisse, les patients qui viennent me voir le font souvent en dernier recours, apr\u00e8s avoir suivi un traitement occidental classique. Ils sont atteints de troubles de sant\u00e9 plus lourds que ceux que je suivais en Chine.\u00bb Tang Xianlu se dit satisfait de son exp\u00e9rience. \u00abIci, le niveau de vie des m\u00e9decins est le m\u00eame qu\u2019en Chine, mais la vie est plus agr\u00e9able: nous avons droit \u00e0 davantage de vacances et nous ne travaillons pas le week-end.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abLa barri\u00e8re de la langue d\u00e9courage de nombreux praticiens\u00bb<\/strong><br \/>\nHu Weiguo, 47 ans, sp\u00e9cialiste en m\u00e9decine chinoise chez Sinomedica (Gen\u00e8ve)<\/p>\n<p>\u00abJe me suis bien int\u00e9gr\u00e9 en Suisse.\u00bb Hu Weiguo travaille chez Sinomedica et vit \u00e0 Gen\u00e8ve depuis sept ans. Vice-secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration mondiale d\u2019acupuncture (WFAS), cet homme mari\u00e9 et p\u00e8re d\u2019un adolescent a obtenu un doctorat apr\u00e8s onze ans de formation en Chine. Il a travaill\u00e9 six ans \u00e0 Nice comme professeur de m\u00e9decine chinoise \u00e0 l\u2019universit\u00e9 avant de se tourner vers la Suisse pour des raisons pratiques et familiales. \u00abJe voulais que mon fils de 16 ans poursuive ses \u00e9tudes dans un syst\u00e8me francophone. A l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9tais en contact avec deux anciens professeurs de l\u2019Universit\u00e9 de P\u00e9kin \u00e9tablis \u00e0 Gen\u00e8ve, qui ont beaucoup facilit\u00e9 mon arriv\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>Parlant couramment fran\u00e7ais, ce professionnel reconnu dans sa discipline est conscient de la nature exceptionnelle de son parcours. \u00abLa barri\u00e8re de la langue d\u00e9courage de nombreux praticiens chinois, qui h\u00e9sitent \u00e0 changer de pays. D\u2019autant que le niveau de vie des m\u00e9decins en Chine s\u2019est beaucoup am\u00e9lior\u00e9 depuis trente ans.\u00bb<\/p>\n<p>Hu Weiguo ne se plaint pas de son rythme de travail, mais regrette de travailler seul. \u00abEn Chine, les m\u00e9decins sont aid\u00e9s par des assistants. Cela leur permet de voir jusqu\u2019\u00e0 100 personnes par jour! Et comme les patients connaissent souvent mal les m\u00e9thodes de la m\u00e9decine chinoise, il faut prendre le temps pour des explications. Pour ces deux raisons, le nombre de consultations en Suisse est divis\u00e9 par quatre.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Six id\u00e9es re\u00e7ues sur la m\u00e9decine traditionnelle chinoise<\/strong><\/p>\n<p>La Suisse a d\u00e9velopp\u00e9 une MTC adapt\u00e9e \u00e0 sa culture et aux attentes des patients qui ne correspond pas vraiment \u00e0 la m\u00e9decine ancestrale pratiqu\u00e9e autrefois en Chine. On y pratique une m\u00e9decine psychologisante o\u00f9 l\u2019on prend le temps d\u2019\u00e9couter, alors qu\u2019en Chine, par exemple, les salles de consultation offrent bien moins d\u2019intimit\u00e9. Entre l\u2019Occident et l\u2019Orient s\u2019immiscent ainsi nombre de malentendus. Paul Unschuld, c\u00e9l\u00e8bre sinologue de Berlin sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019histoire de la m\u00e9decine chinoise*, d\u00e9monte les plus gros clich\u00e9s qui accompagnent la m\u00e9decine traditionnelle chinoise.<\/p>\n<p><strong>1. Un savoir ancestral?<\/strong><\/p>\n<p>Paul Unschuld: \u00abCe que l\u2019Occident appelle la m\u00e9decine traditionnelle chinoise est en fait le produit d\u2019une rationalisation men\u00e9e par le Gouvernement chinois entre 1950 et 1975, qui voulait r\u00e9concilier les pratiques traditionnelles avec une vue moderniste de la science.\u00bb<\/p>\n<p><strong>2. Focalis\u00e9e sur le patient?<\/strong><\/p>\n<p>\u00abEn Chine, certains praticiens traitent 200 patients par jour. Ils recourent volontiers aux m\u00e9dicaments et aux plantes m\u00e9dicinales, carils touchent des commissions surles prescriptions qu\u2019ils d\u00e9livrent.\u00bb<\/p>\n<p><strong>3. Centr\u00e9e sur l&rsquo;acupuncture?<\/strong><\/p>\n<p>\u00abA part une petite r\u00e9surgence pendant la R\u00e9volution culturelle, l\u2019acupuncture n\u2019a jamais jou\u00e9 un grand r\u00f4le en Chine.\u00bb<\/p>\n<p><strong>4. Garder en bonne sant\u00e9 plut\u00f4t que gu\u00e9rir?<\/strong><\/p>\n<p>\u00abAu d\u00e9but, l\u2019acupuncture \u00e9tait d\u00e9crite comme un moyen pour corriger tr\u00e8s t\u00f4t des \u201cd\u00e9viations\u00a0\u00bb hors d\u2019un \u00e9tat d\u2019\u00e9quilibre souhaitable. Mais cette approche a rapidement fait place \u00e0 un usage th\u00e9rapeutique. L\u2019id\u00e9e que le patient paie son m\u00e9decin pour rester en bonne sant\u00e9 et non pas en cas de maladie est un mythe complet.\u00bb<\/p>\n<p><strong>5. Alternative \u00e0 la m\u00e9decine occidentale? <\/strong><\/p>\n<p>\u00abPour P\u00e9kin, le futur de la m\u00e9decine chinoise se trouve du c\u00f4t\u00e9 de la science moderne et de la biochimie. Le gouvernement travaille depuis des d\u00e9cennies \u00e0 identifier les aspects traditionnels efficaces et \u00e0 les int\u00e9grer dans la m\u00e9decine moderne \u2013 et \u00e0 se d\u00e9barrasser des pratiques trop archa\u00efques. Pour lui, il n\u2019y a pas d\u2019opposition avec la m\u00e9decine occidentale.\u00bb<\/p>\n<p><strong>6. Chinoise par essence?<\/strong><\/p>\n<p>\u00abDes d\u00e9veloppements importants se sont faits en Europe, comme l\u2019acupuncture auriculaire, par exemple, invent\u00e9e par le Fran\u00e7ais Paul Nogier. La MTC telle qu\u2019on la pratique en Europe est une projection de nos propres anxi\u00e9t\u00e9s face \u00e0 la m\u00e9decine occidentale et de notre d\u00e9sir d\u2019une approche alternative. La majorit\u00e9 des livres sur la MTC n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crits par des Chinois, mais par des Occidentaux\u2026\u00bb<\/p>\n<p>*\u00abApproches occidentales et orientales de la gu\u00e9rison\u00bb, 2012, Springer France.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Collaboration: Camille Guignet<br \/>\nUne version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des dizaines de cliniques sp\u00e9cialis\u00e9es font venir des m\u00e9decins directement de Chine, livrant une concurrence f\u00e9roce aux praticiens suisses de la discipline. Avec, \u00e0 la cl\u00e9, un march\u00e9 en forte croissance, p\u00e9tri d\u2019id\u00e9es re\u00e7ues et de pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"author":19478,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-3794","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3794","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19478"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3794"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3794\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3794"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3794"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3794"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}