



{"id":3766,"date":"2012-10-16T11:27:39","date_gmt":"2012-10-16T09:27:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3766"},"modified":"2012-10-17T10:59:38","modified_gmt":"2012-10-17T08:59:38","slug":"geneve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3766","title":{"rendered":"Succession Maudet: la passionaria et le bon gar\u00e7on"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/SalikaGuillaume.png\" alt=\"SalikaGuillaume.png\" title=\"SalikaGuillaume.png\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/>Le jour et la nuit, ou la pluie et le beau temps, tous les oppos\u00e9s sont bons pour les d\u00e9crire: Guillaume Barazzone et Salika Wenger n\u2019ont rien en commun. Ou presque: ils sont tous deux candidats \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif de la Ville de Gen\u00e8ve. A la suite du d\u00e9part de Pierre Maudet pour le Conseil d\u2019Etat en d\u00e9but d\u2019\u00e9t\u00e9, les Genevois devront \u00e9lire le 4 novembre prochain leur nouveau conseiller administratif. A leurs c\u00f4t\u00e9s, deux autres candidats: l\u2019UDC Eric Bertinat et l\u2019ind\u00e9pendant Didier Bonny (lire ci-dessous).<\/p>\n<p>Pascal D\u00e9caillet, producteur de l\u2019\u00e9mission politique Gen\u00e8ve \u00e0 chaud sur la cha\u00eene locale, ose la m\u00e9taphore \u00abdu feu et de la glace. Salika Wenger est un v\u00e9ritable personnage dramaturgique! Elle est tr\u00e8s certainement la politicienne qui s\u2019exprime le mieux du canton. C\u2019est une femme de tr\u00e8s grande culture. Telle une com\u00e9dienne, elle d\u00e9clame comme si une audience de 200 personnes se trouve face \u00e0 elle.\u00bb Un temp\u00e9rament bouillonnant qui contraste avec celui de Guillaume Barazzone. \u00abC\u2019est un jeune gar\u00e7on qui pr\u00e9sente bien, qui conna\u00eet bien ses dossiers, mais il manque de niaque! Et pour un avocat, sa rh\u00e9torique manque de caract\u00e8re et de charisme\u2026\u00bb<\/p>\n<p>Des profils si diff\u00e9rents s\u2019expliquent par des parcours qui le sont tout autant. Alors que Salika Wenger milite d\u00e9j\u00e0 dans les rues parisiennes en mai 1968 \u00e0 presque 20 ans, Guillaume Barazzone voit le jour en 1982. Ce Genevois, de grands-parents italiens, grandit dans le quartier de Malagnou, entour\u00e9 de parents m\u00e9decins &#8212; ses grand-p\u00e8re et arri\u00e8re-grandp\u00e8re paternels exer\u00e7aient \u00e9galement ce m\u00e9tier. \u00abNous ne discutions pas \u00e9norm\u00e9ment de politique en famille. De par leur profession, mes parents \u00e9taient en contact avec toutes les classes de la soci\u00e9t\u00e9, de l\u2019ouvrier au diplomate. A mon fr\u00e8re et \u00e0 ma s\u0153ur, des jumeaux de 29 ans, et \u00e0 moi, ils ont toujours rappel\u00e9 que si nous avions la chance d\u2019\u00e9voluer dans un milieu ais\u00e9, il ne fallait pas oublier les plus d\u00e9favoris\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est aupr\u00e8s de Jean-Philippe Maitre, avocat et conseiller national PDC, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2006, qu\u2019il d\u00e9veloppe ses r\u00e9flexions politiques. \u00abC\u2019\u00e9tait l\u2019un des meilleurs amis de mes parents. Il venait tr\u00e8s souvent \u00e0 la maison, je l\u2019admirais beaucoup.\u00bb A 18 ans, il devient pr\u00e9sident des Jeunes PDC, avant de si\u00e9ger au Conseil municipal de la Ville, puis, d\u00e8s 2005, au Grand Conseil genevois. Il joue de la guitare &#8212; tous les membres de sa famille sont musiciens &#8212; au foot et au basket. A la fin de ses \u00e9tudes de droit effectu\u00e9es aux Universit\u00e9s de Gen\u00e8ve et de Zurich, il obtient son brevet, apr\u00e8s un stage au sein du cabinet de Charles Poncet, de l\u2019ex-conseiller d\u2019Etat socialiste Bernard Ziegler et du conseiller national PLR Christian L\u00fcscher. \u00abEnsuite, j\u2019ai travaill\u00e9 chez Lenz &#038; Staehelin, et \u00e0 pr\u00e9sent chez Schellenberg Wittmer, des gros cabinets d\u2019avocats de Suisse\u00bb, souligne Guillaume Barazzone, \u00e9galement titulaire d\u2019un master en droit de la Columbia University (USA).<\/p>\n<p>Autre pays, autre contexte. A l\u2019\u00e2ge d\u2019un mois, Salika Wenger quitte sa Kabylie natale pour s\u2019installer en banlieue parisienne. Elle y restera jusqu\u2019\u00e0 ses 25 ans, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019un p\u00e8re syndicaliste (CGT), employ\u00e9 chez Renault, et d\u2019une m\u00e8re au foyer, s\u2019occupant de 10 enfants. \u00abNous vivions dans une r\u00e9sidence ouvri\u00e8re, mais nous ne manquions de rien. C\u2019est lorsque je suis all\u00e9e dans un autre quartier au lyc\u00e9e, que je me suis rendu compte que nous \u00e9tions pauvres!\u00bb A 7 ans, son p\u00e8re l\u2019inscrit aux Vaillants, une organisation de jeunesse li\u00e9e au Parti communiste fran\u00e7ais. \u00abEn fait, j\u2019ai toujours fait de la politique. On partait en colo avec le parti&#8230; on chantait des chansons sur la mort de L\u00e9nine!\u00bb<\/p>\n<p>Son m\u00e9tier de mod\u00e9liste (\u00abje dessine et je couds des v\u00eatements\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle, le doigt lev\u00e9) l\u2019emm\u00e8nera \u00e0 travers le monde, \u00e0 New York et \u00e0 Rio notamment. C\u2019est au Br\u00e9sil qu\u2019elle rencontre le Genevois Nicolas Wenger. Elle l\u2019\u00e9pouse et le suivra \u00e0 Gen\u00e8ve dans les ann\u00e9es 1980. \u00abUn homme de gauche! Je n\u2019aurais pu me marier qu\u2019avec un homme de gauche. Je suis de gauche, je suis incapable de lire la soci\u00e9t\u00e9 de mani\u00e8re diff\u00e9rente.\u00bb<\/p>\n<p>Pr\u00e9sidente de la section genevoise de l\u2019association Ni putes ni soumises, Salika Wenger, f\u00e9ministe convaincue, lutte depuis toujours aux c\u00f4t\u00e9s des minorit\u00e9s, pouss\u00e9e par \u00abces injustices qui l\u2019ont toujours r\u00e9volt\u00e9e\u00bb: membre du conseil administratif de l\u2019association homosexuelle Dialogai pendant des ann\u00e9es, elle a aussi \u0153uvr\u00e9 aupr\u00e8s des femmes du Gouvernement iranien en exil. De son c\u00f4t\u00e9, Guillaume Barazzone soutient l\u2019all\u00e8gement fiscal pour les start-up, la construction d\u2019\u00e9coquartiers ou encore l\u2019introduction du bilinguisme dans des classes du canton&#8230;<\/p>\n<p>La pugnacit\u00e9 politique que l\u2019on attribue \u00e0 Salika Wenger, passionaria au franc-parler, pla\u00eet autant qu\u2019elle agace. \u00abElle peut parfois se montrer tr\u00e8s col\u00e9rique, note la socialiste Loly Bolay. Elle s\u2019est d\u2019ailleurs disput\u00e9e avec ses propres rangs et a claqu\u00e9 la porte du parti Solidarit\u00e9s, de l\u2019Alliance de gauche et du Parti du travail, avant d\u2019y revenir.\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, sa candidature n\u2019est d\u2019ailleurs soutenue ni par les socialistes ni par les Verts. Pour \u00e9viter un gouvernement monocolore, ont-ils dit &#8212; les quatre \u00e9lus en fonction \u00e9tant de gauche. Une \u00abcandidate folklorique incapable de se ma\u00eetriser et de s\u2019int\u00e9grer dans un conseil administratif\u00bb glissent, anonymement, certains de ses pairs. \u00abC\u2019est un personnage haut en couleur, une excellente parlementaire. Il est vrai que son profil n\u2019est pas celui que l\u2019on trouve d\u2019ordinaire au sein d\u2019un ex\u00e9cutif\u00bb, reconna\u00eet le socialiste Gr\u00e9goire Carasso, qui si\u00e8ge \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s au Conseil municipal.<\/p>\n<p>Sur Guillaume Barazzone, les politiques interrog\u00e9s aiment \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter qu\u2019il est \u00abun bon gar\u00e7on\u00bb. Le PLR Christian L\u00fcscher le d\u00e9crit comme \u00abvif d\u2019esprit et plein de ressources\u00bb, ajoutant qu\u2019il \u00abdevra se faire les dents sur le tas\u00bb. Pour rappel, l\u2019avocat PDC repr\u00e9sente le candidat unique de l\u2019Entente &#8212; les lib\u00e9raux-radicaux ayant choisi de ne pas revendiquer ce si\u00e8ge.<\/p>\n<p>\u00abIl est tr\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9coute et ouvert au dialogue, estime Thomas Putallaz, pr\u00e9sident du PDC de la Ville de Gen\u00e8ve. Il est actif politiquement depuis pr\u00e8s de 15 ans, ses comp\u00e9tences sont ind\u00e9niables.\u00bb A gauche, les commentaires sont plus s\u00e9v\u00e8res: exp\u00e9rience insuffisante, manque de carrure politique et attitude dilettante le caract\u00e9riseraient. \u00abUn bel avenir politique lui est destin\u00e9 mais pour l\u2019instant, il ne me semble pas pr\u00eat \u00e0 assumer ce type de responsabilit\u00e9\u00bb, dit Loly Bolay.<\/p>\n<p>\u00abLa population risque d\u2019\u00eatre s\u00e9duite par l\u2019image de gendre id\u00e9al qu\u2019il renvoie et qu\u2019il affiche sur tous les trams depuis quelques semaines, mais il n\u2019est pas un candidat enthousiasmant, regrette Pascal D\u00e9caillet. Il ne ressemble en rien \u00e0 Pierre Maudet, le seul point commun \u00e9tant leur jeune \u00e2ge.\u00bb<\/p>\n<p>A voir si les Genevois \u00e9liront, pour l\u2019avenir de leur s\u00e9curit\u00e9, le charisme extravagant d\u2019une f\u00e9ministe soixante-huitarde, ou l\u2019esprit vif et conciliant d\u2019un jeune avocat, qui a encore beaucoup \u00e0 prouver&#8230;<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Un UDC et un ind\u00e9pendant aussi en lice<\/strong><\/p>\n<p>Didier Bonny, 48 ans, a surpris en d\u00e9posant sa candidature \u00e0 la derni\u00e8re minute. Directeur d\u2019\u00e9cole, pr\u00e9sident du Groupe sida Gen\u00e8ve et ancien membre du PDC, il se pr\u00e9sente en ind\u00e9pendant. De sa longue carri\u00e8re politique, les Genevois retiennent des id\u00e9es de droite \u00e0 tendance sociale. Il fait ainsi figure de \u00abcandidat du compromis\u00bb pour beaucoup d\u2019\u00e9lecteurs h\u00e9sitants, car ni trop \u00e0 gauche, ni trop \u00e0 droite &#8212; clairement moins que Guillaume Barazzone. Il pourrait cr\u00e9er la surprise.<\/p>\n<p>En lice \u00e9galement, l\u2019UDC Eric Bertinat, 56 ans, d\u00e9put\u00e9 au Grand Conseil. En sa d\u00e9faveur: des valeurs et des propos conservateurs parfois choquants. En 2007, il d\u00e9clarait publiquement que \u00ables homosexuels n\u2019apportent rien \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 car ils sont incapables de se reproduire\u00bb. Sa candidature est soutenue par le MCG.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les citoyens s\u2019appr\u00eatent \u00e0 \u00e9lire le successeur de Pierre Maudet au Conseil administratif de la Ville. Parmi les candidats, Salika Wenger (Parti du travail) et Guillaume Barazzone (PDC), que tout oppose. 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