



{"id":3761,"date":"2012-10-09T14:33:45","date_gmt":"2012-10-09T12:33:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3761"},"modified":"2012-10-09T16:29:57","modified_gmt":"2012-10-09T14:29:57","slug":"trading","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3761","title":{"rendered":"En Bourse, le risque z\u00e9ro peut rapporter gros"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/Edition_Largeur_LeRisque0rapporte.png\" alt=\"Edition_Largeur_LeRisque0rapporte.png\" title=\"Edition_Largeur_LeRisque0rapporte.png\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/><br \/>\nQuel est donc le secret de Warren Buffett? Ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e, le milliardaire am\u00e9ricain r\u00e9ussit \u00e0 battre les march\u00e9s en achetant des actions dont la stabilit\u00e9 apparente ne laisse a priori que peu d\u2019espoir de g\u00e9n\u00e9rer une grande rentabilit\u00e9. Sa soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement Berkshire Hathaway a enregistr\u00e9 une croissance annuelle moyenne de 19,8% entre 1965 et 2011 en termes de valeur comptable &#8212; une performance in\u00e9gal\u00e9e. Les manuels de finance sont pourtant clairs: plus un titre est risqu\u00e9, plus il devrait rapporter. A l\u2019inverse, les titres qui pr\u00e9sentent une moins grande volatilit\u00e9 &#8212; en d\u2019autres termes ceux qui fluctuent moins fortement \u00e0 la hausse ou \u00e0 la baisse &#8212; produiraient, en moyenne, des revenus moins \u00e9lev\u00e9s. <\/p>\n<p>Intrigu\u00e9s notamment par les r\u00e9sultats paradoxaux de Warren Buffett, deux chercheurs ont voulu tester la v\u00e9racit\u00e9 empirique de cette th\u00e9orie jusqu\u2019ici commun\u00e9ment admise par les investisseurs professionnels. Lasse Pedersen, professeur de finance \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de New York \u00e9galement actif dans la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine de gestion alternative AQR Capital Management, et Andrea Frazzini, gestionnaire dans cette m\u00eame soci\u00e9t\u00e9, ont pass\u00e9 en revue la Bourse am\u00e9ricaine sur une p\u00e9riode allant de 1926 \u00e0 2009, ainsi que 19 autres des plus importants march\u00e9s financiers mondiaux de 1984 \u00e0 2009. Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019actions, d\u2019obligations ou de produits d\u00e9riv\u00e9s, le r\u00e9sultat de leur \u00e9tude \u00abBetting Against Beta\u00bb est sans appel: la r\u00e9alit\u00e9 ne suit pas la th\u00e9orie.<\/p>\n<p>\u00abLes investissements non risqu\u00e9s (en termes de volatilit\u00e9, ndlr) produisent en moyenne quasiment les m\u00eames revenus que les investissements risqu\u00e9s, affirme par t\u00e9l\u00e9phone Andrea Frazzini. Par rapport au risque encouru, les revenus des actifs non risqu\u00e9s s\u2019av\u00e8rent donc syst\u00e9matiquement plus \u00e9lev\u00e9s que ceux des actifs risqu\u00e9s. Dans ce sens, la prise de risque ne vaut pas le coup.\u00bb Cette anomalie r\u00e9currente avait en r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e par un chercheur am\u00e9ricain \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, mais seulement pour le march\u00e9 des actions aux Etats-Unis. Le manque d\u2019accessibilit\u00e9 aux donn\u00e9es historiques internationales avait jusqu\u2019ici emp\u00each\u00e9 de savoir s\u2019il s\u2019agissait ou non d\u2019un cas isol\u00e9, et avait rel\u00e9gu\u00e9 au placard ce constat pourtant fondamental.<\/p>\n<p>Richard Olsen, directeur d\u2019un fonds d\u2019investissement zurichois et professeur invit\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Essex, d\u00e9couvre la nouvelle \u00e9tude avec surprise: \u00abLe plus \u00e9tonnant, c\u2019est qu\u2019il y a encore quelque temps la quasi-totalit\u00e9 des investisseurs estimait que les titres volatils \u00e9taient ceux qui rapportaient le plus. Je trouve ironique qu\u2019un hedge fund aussi r\u00e9put\u00e9 qu\u2019AQR publie des r\u00e9sultats contredisant ce dogme de la finance. Cela montre bien \u00e0 quel point les principes th\u00e9oriques de base doivent \u00eatre r\u00e9vis\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Boom des fonds de placement non risqu\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Les raisons des performances inattendues des valeurs s\u00fbres restent \u00e0 \u00e9lucider. Andrea Frazzini et Lasse Pedersen proposent une explication. Selon eux, la grande majorit\u00e9 des investisseurs a tendance \u00e0 se diriger vers des placements risqu\u00e9s dans l\u2019espoir de b\u00e9n\u00e9ficier des meilleurs revenus, comme le sugg\u00e8re la th\u00e9orie de base. Sous la pression de la tr\u00e8s forte demande, les cours de ces titres prennent l\u2019ascenseur et deviennent tr\u00e8s vite sur\u00e9valu\u00e9s. Une fois \u00e0 un niveau plafond, ils ne disposent plus de marge pour augmenter et les acheteurs suivants se retrouvent d\u00e9savantag\u00e9s. Les actifs non risqu\u00e9s sont quant \u00e0 eux \u00e9pargn\u00e9s par cette demande exag\u00e9r\u00e9e. Ils attirent un moins grand nombre d\u2019investisseurs mais ces derniers sont souvent fortun\u00e9s &#8212; comme Warren Buffett ou les fonds alternatifs &#8212; et disposent ainsi d\u2019un avantage que n\u2019a pas la majorit\u00e9: ils peuvent ais\u00e9ment emprunter de grosses sommes d\u2019argent et tirer parti de l\u2019effet de levier pour amplifier leurs gains (lire ci-dessous).<\/p>\n<p>\u00abAfin de tester notre raisonnement en pratique, nous avons analys\u00e9 la composition des portefeuilles de diff\u00e9rents investisseurs ayant une plus ou moins grande facilit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit, explique Andrea Frazzini. Nous avons pu montrer que certains investisseurs qui n\u2019ont pas le droit de trop s\u2019endetter, comme, par exemple, les fonds mutuels, prennent en effet plus de risques. A l\u2019inverse, Warren Buffett utilise des emprunts \u00e0 long terme pour investir dans des valeurs s\u00fbres.\u00bb Richard Olsen relativise, quant \u00e0 lui, l\u2019argumentation des auteurs sur la dichotomie observ\u00e9e entre la th\u00e9orie de base et la r\u00e9alit\u00e9. Il souligne que d\u2019autres explications sont possibles, notamment par l\u2019influence de la baisse constante des taux directeurs des banques centrales sur les march\u00e9s financiers au cours des vingt-cinq ans sous revue dans l\u2019\u00e9tude.<\/p>\n<p>Quelle qu\u2019en soit la raison, les actifs stables g\u00e9n\u00e8rent en pratique de meilleurs revenus par rapport au risque encouru. \u00abLa beaut\u00e9 de notre observation, c\u2019est qu\u2019elle peut servir \u00e0 mettre au point de nombreuses strat\u00e9gies concr\u00e8tes d\u2019investissement, explique Andreas Frazzini. La plus simple consiste \u00e0 construire des portefeuilles qui surpond\u00e8rent les titres peu volatiles, qu\u2019on d\u00e9signe en g\u00e9n\u00e9ral par \u00abportefeuilles d\u00e9fensifs\u00bb ou \u00abportefeuilles de volatilit\u00e9 minimale\u00bb. La demande de ce type de produits a explos\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es.\u00bb Le gestionnaire sugg\u00e8re aussi d\u2019utiliser l\u2019effet de levier pour booster les gains des actions les moins risqu\u00e9es, \u00e0 la mani\u00e8re de Warren Buffett. Mais prendre un cr\u00e9dit augmente \u00e0 nouveau les risques, \u00e0 d\u00e9faut de quoi tout le monde userait de l\u2019effet de levier. Une fois endett\u00e9, pas s\u00fbr qu\u2019un investisseur priv\u00e9 puisse rester aussi serein que la troisi\u00e8me fortune du monde.<\/p>\n<p>________<\/p>\n<p><strong>Un cr\u00e9dit pour amplifier ses gains<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019effet de levier sert \u00e0 d\u00e9multiplier ses revenus gr\u00e2ce \u00e0 un emprunt. Exemple: Un investisseur ach\u00e8te une action \u00e0 100 francs avec son propre argent. Si le cours grimpe de 10%, le b\u00e9n\u00e9fice se monte \u00e0 10 francs. En revanche, si l\u2019investisseur place 200 francs dans la m\u00eame action, en utilisant 100 francs de sa poche et 100 francs sous forme d\u2019emprunt qu\u2019il rembourse apr\u00e8s la revente, le b\u00e9n\u00e9fice atteint 20 francs (moins le co\u00fbt des int\u00e9r\u00eats). Il a ainsi pratiquement doubl\u00e9 ses gains sans augmenter sa part de fonds propres.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Valeurs s\u00fbres: dix fois plus de b\u00e9n\u00e9fices<\/strong><\/p>\n<p>Une \u00e9tude de Malcolm Baker de l\u2019Universit\u00e9 de Harvard et Jeffrey Wurgler de l\u2019Universit\u00e9 de New York montre \u00e9galement \u00e0 quel point les valeurs s\u00fbres peuvent rapporter davantage que les actions risqu\u00e9es. Les chercheurs ont compar\u00e9 deux strat\u00e9gies virtuelles d\u2019investissement sur l\u2019\u00e9volution historique du march\u00e9 des actions am\u00e9ricain de 1968 \u00e0 2008. La plus aventureuse, qui consiste \u00e0 acheter chaque mois les actions les 20% les plus volatiles, aurait transform\u00e9 100 dollars en 735 dollars au cours de cette p\u00e9riode. En revanche, la moins risqu\u00e9e, qui consiste \u00e0 choisir les actions les 20% les plus stables, aurait rapport\u00e9 5\u2019381 dollars dans le m\u00eame laps de temps!<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans Swissquote Magazine (no 4 \/ 2012).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00e9tude am\u00e9ricaine vient bousculer une vieille croyance de la finance. Les valeurs s\u00fbres produiraient en r\u00e9alit\u00e9 davantage de gains que les placements aventureux. 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