



{"id":376,"date":"2000-04-06T00:00:00","date_gmt":"2000-04-05T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=376"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"dependance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=376","title":{"rendered":"Quand le Net devient une drogue"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019histoire est devenue une l\u00e9gende urbaine. A Rome, un fanatique d\u2019Internet a d\u00fb \u00eatre hospitalis\u00e9 apr\u00e8s avoir surf\u00e9 sans interruption durant trois jours et trois nuits. Un exemple extr\u00eame de d\u00e9pendance au Net. En Suisse, il y aurait 50\u2019000 personnes concern\u00e9es par le ph\u00e9nom\u00e8ne, soit 3% de la population branch\u00e9e sur le r\u00e9seau. Mais selon d\u2019autres \u00e9tudes, plus alarmistes, la proportion de \u00abtoxicos\u00bb du web pourrait grimper jusqu\u2019\u00e0 12%.<\/p>\n<p>\u00abOn est d\u00e9pendant \u00e0 partir du moment o\u00f9 ce que l\u2019on vit sur Internet prend davantage d\u2019importance que la vie r\u00e9elle\u00bb, explique Franz Eidenbenz. Ce psychologue du bureau de conseil \u00abOffene T\u00fcr\u00bb a fond\u00e9 \u00e0 Zurich le premier groupe de rencontre pour les drogu\u00e9s du Net. Une demi-douzaine de personnes se voient tous les quinze jours. Leur objectif: ma\u00eetriser leur utilisation compulsive d\u2019Internet.<\/p>\n<p>\u00abLe ph\u00e9nom\u00e8ne touche des entrepreneurs, des personnes sans travail ou des m\u00e8res de famille. Les gens concern\u00e9s n\u2019arrivent plus \u00e0 contr\u00f4ler leur relation avec Internet. Ils dorment de moins en moins. Ils se nourrissent mal, abusent de stimulants comme la caf\u00e9ine et n\u00e9gligent leurs proches\u00bb, poursuit Franz Eidenbenz. Lorsqu\u2019un toxico ne peut pas se connecter, il devient nerveux et \u00e9prouve un sentiment de vide. Des sympt\u00f4mes de manque.<\/p>\n<p>Ce sont souvent les \u00abchat-rooms\u00bb, ces espaces de communication virtuels en direct, qui intoxiquent les internautes. Les utilisateurs ont l\u00e0 des rendez-vous fixes avec des \u00abamis\u00bb qu\u2019ils ne verront jamais. Les rencontres sont incroyablement faciles et flatteuses. Tout le monde discute avec tout le monde. On dit de soi uniquement ce qu\u2019on veut. \u00abCe genre de contacts peut passer pour id\u00e9al, surtout lorsqu\u2019on se sent seul ou incompris. Mais en se r\u00e9fugiant sur le r\u00e9seau, la personne s\u2019isole encore plus\u00bb, rel\u00e8ve Franz Eidenbenz. <\/p>\n<p>Le groupe d\u2019entraide zurichois s\u2019est inspir\u00e9 d\u2019un mod\u00e8le allemand, cr\u00e9\u00e9 au printemps 1999 par une cybertoxicomane maintenant gu\u00e9rie. La fondatrice en \u00e9tait arriv\u00e9e \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer le \u00abchat\u00bb on-line \u00e0 la compagnie de sa fille. Se sentant d\u00e9laiss\u00e9e, l\u2019adolescente s\u2019\u00e9loignait de sa m\u00e8re, qui se sentait \u00e0 son tour rejet\u00e9e. Une situation qui peut d\u00e9boucher sur une crise grave si personne ne rompt le silence.<\/p>\n<p>Organis\u00e9 par Offene T\u00fcr, le premier congr\u00e8s suisse consacr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9pendance \u00e0 Internet aura lieu le 7 septembre, \u00e0 Zurich. En Europe, le ph\u00e9nom\u00e8ne commence maintenant \u00e0 faire l\u2019objet d\u2019\u00e9tudes. En Allemagne, des scientifiques de l\u2019Universit\u00e9 Humboldt, \u00e0 Berlin*, ont lanc\u00e9 une recherche sous la direction du professeur Matthias Jerusalem pour identifier les facteurs de risque de d\u00e9pendance au r\u00e9seau.<\/p>\n<p>Si le th\u00e8me est neuf sur le Vieux Continent, la d\u00e9pendance \u00e0 Internet est d\u00e9j\u00e0 un lieu commun aux Etats-Unis. On parle de \u00abInternet Addiction Disorder\u00bb (IAD). Le New York Times a \u00e9voqu\u00e9 le probl\u00e8me pour la premi\u00e8re fois en 1995, \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019Europe ignorait encore en grande partie l\u2019existence de la toile. La litt\u00e9rature am\u00e9ricaine compte son lot d\u2019ouvrages sur le sujet. Le plus connu est \u00ab<a href= http:\/\/www.amazon.co.uk\/exec\/obidos\/ASIN\/0471191590\/largeurcom\/ target=_blank>Caught on the Net<\/a>\u00bb, de Kimberley Young.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents auteurs ont r\u00e9pertori\u00e9 une s\u00e9rie de sympt\u00f4mes. Perdre la notion du temps une fois que l\u2019on est connect\u00e9 sur le r\u00e9seau. Nier que l\u2019on passe trop de temps sur Internet. V\u00e9rifier sans arr\u00eat le contenu de sa bo\u00eete aux lettres \u00e9lectronique. Penser que l\u2019on a cr\u00e9\u00e9 le meilleur site du monde. Se connecter subrepticement au r\u00e9seau lorsque l\u2019on se retrouve seul chez soi, avec un sentiment de soulagement. <\/p>\n<p>Une simple recherche sur le web \u00e0 partir des mots cl\u00e9 \u00abInternet Addiction\u00bb fait appara\u00eetre une foule de sites, pour la plupart am\u00e9ricains. Il y a l\u00e0 des associations, des groupes de soutien, des espaces de discussion, des t\u00e9moignages, des \u00e9tudes universitaires&#8230; Enfin, tout ce qu\u2019il faut pour se retrouver d\u00e9finitivement&#8230; accro.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n*Bureau de conseil psycho-social, \u00abOffene T\u00fcr\u00bb: 01\/202.30.00<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Scotch\u00e9 nuit et jour \u00e0 son \u00e9cran, le fanatique ne contr\u00f4le plus sa relation avec le r\u00e9seau. Bien connu aux Etats-Unis, le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019addiction fait son apparition en Europe. A Zurich, un groupe s\u2019est form\u00e9 pour soutenir ceux qui essaient de d\u00e9crocher.<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-376","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/376","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=376"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/376\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=376"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=376"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=376"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}