



{"id":3752,"date":"2012-09-24T17:58:04","date_gmt":"2012-09-24T15:58:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3752"},"modified":"2012-09-25T08:28:31","modified_gmt":"2012-09-25T06:28:31","slug":"geologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3752","title":{"rendered":"Les cartographes suisses apprivoisent la 3D"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/EditionLargeur_3DSwiss.png\" alt=\"EditionLargeur_3DSwiss.png\" title=\"EditionLargeur_3DSwiss.png\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/>Qu\u2019elles soient routi\u00e8res ou topographiques, nombreuses sont les cartes qui repr\u00e9sentent le territoire suisse. Enfin sa surface. Jusqu\u2019ici, la g\u00e9ologie n\u2019y avait pas droit \u00e0 une large \u00e9chelle. Une lacune qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 \u00eatre combl\u00e9e avec la mise \u00e0 disposition en 2013 de jeux de donn\u00e9es g\u00e9ologiques vectorielles pour chaque carte nationale au 1:25\u2019000. Ces donn\u00e9es proviennent \u00e0 la fois de l\u2019Atlas g\u00e9ologique de la Suisse, qui contient actuellement 140 feuilles, et de nouvelles recherches. Au total, 220 feuilles cartographiant enfin l\u2019ensemble de la Suisse.<\/p>\n<p>Mais comment s\u2019\u00e9tablissent ces cartes? \u00abSwisstopo ne fait pas les relev\u00e9s sur le terrain. Ce travail est d\u00e9volu \u00e0 des chercheurs des hautes \u00e9coles (EPF, HES, unis), ainsi qu\u2019\u00e0 des g\u00e9ologues confirm\u00e9s que nous mandatons\u00bb, r\u00e9pond Olivier Lateltin, responsable du service g\u00e9ologique national \u00e0 l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de topographie (Swisstopo). Un travail de fourmi. \u00abPour r\u00e9aliser une carte de 200 km2, les personnes mandat\u00e9es passent 400 \u00e0 500 jours sur le terrain pour r\u00e9colter les donn\u00e9es, auxquels s\u2019ajoutent trois mois de dessin \u00e0 la main, estime Yves Gouffon, r\u00e9dacteur \u00e0 la cartographie g\u00e9ologique chez Swisstopo. Chaque carte compte 80 \u00e0 120 couleurs, chacune repr\u00e9sentant un type de roche ou de sol. Sur le plateau suisse, r\u00e9colter toutes ces informations n\u2019est pas tr\u00e8s difficile. Mais dans les Alpes, cela s\u2019av\u00e8re plus complexe.\u00bb<\/p>\n<p>Une fois r\u00e9alis\u00e9s, ces manuscrits sont envoy\u00e9s \u00e0 Wabern (BE), en p\u00e9riph\u00e9rie de la capitale. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019une dizaine de collaborateurs \u00e9tablissent les cartes g\u00e9ologiques au sein de Swisstopo, qui compte en tout pr\u00e8s de 340 employ\u00e9s. De renomm\u00e9e internationale, le complexe bernois abrite diff\u00e9rents d\u00e9partements (g\u00e9od\u00e9sie, topographie, cartographie et g\u00e9ologie, notamment) ainsi qu\u2019une imprimerie. D\u2019anciennes cartes et autres appareils de mesure ornent les couloirs du b\u00e2timent de verre et de b\u00e9ton que des centaines de visiteurs souhaitent visiter chaque ann\u00e9e (il y a un an de liste d\u2019attente!).<\/p>\n<p>\u00abUne fois que nous avons re\u00e7u les donn\u00e9es relev\u00e9es sur le terrain, la premi\u00e8re \u00e9tape pour nous consiste \u00e0 contr\u00f4ler qu\u2019elles sont exactes\u00bb, raconte Yves Gouffon. Cette v\u00e9rification se fait en superposant les cartes num\u00e9ris\u00e9es \u00e0 un mod\u00e8le num\u00e9rique du terrain et \u00e0 des photographies a\u00e9riennes prises par des avions, \u00e0 4\u2019000 m d\u2019altitude. Une trentaine de clich\u00e9s permettent ainsi de composer une carte au 1:25\u2019000. Il en faut 7000 pour couvrir toute la Suisse. \u00abMais la principale v\u00e9rification reste l\u2019\u0153il du g\u00e9ologue, temp\u00e8re Olivier Lateltin. Gr\u00e2ce \u00e0 leur exp\u00e9rience, ils r\u00e9ussissent \u00e0 d\u00e9tecter des incoh\u00e9rences \u00e0 l\u2019\u0153il nu.\u00bb<\/p>\n<p>Les cartes sont ensuite redessin\u00e9es \u00e0 l\u2019ordinateur, sous forme vectorielle, puis imprim\u00e9es. Swisstopo con\u00e7oit, dessine et imprime ainsi chaque ann\u00e9e une centaine de cartes en tout genre, vendues \u00e0 plusieurs centaines de milliers d\u2019exemplaires. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, toutes les cartes ont v\u00e9cu un profond bouleversement avec la d\u00e9mocratisation des nouvelles technologies: elles se d\u00e9clinent d\u00e9sormais sur CD et DVD, se consultent sur internet et feront leur apparition ces prochaines ann\u00e9es sur les smartphones et autres tablettes.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 quoi servent au juste les cartes g\u00e9ologiques? Un des objectifs de Swisstopo est de sensibiliser le grand public \u00e0 la g\u00e9ologie. \u00abJusqu\u2019ici, nos clients sont principalement l\u2019administration (50% du chiffre d\u2019affaires), les hautes \u00e9coles (HES, EPF, unis) et les priv\u00e9s, r\u00e9v\u00e8le Olivier Lateltin. Mon objectif est de faire passer la part du grand public \u00e0 50%, en proposant des cartes simplifi\u00e9es. Nous travaillons actuellement sur des apps andro\u00efd pour smartphones et sur 150 itin\u00e9raires g\u00e9ologiques. Il y a une grosse demande des touristes pour ces produits.\u00bb<\/p>\n<p>Mais l\u2019int\u00e9r\u00eat des cartes g\u00e9ologiques demeure bien entendu la construction: \u00abBien conna\u00eetre la structure g\u00e9ologique de notre territoire permet de mieux appr\u00e9hender l\u2019avenir, affirme Olivier Lateltin. Pour exploiter le sol, pr\u00e9venir les catastrophes naturelles et adapter notre milieu de vie dans une perspective durable.\u00bb<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, la conception des grandes infrastructures (tunnels, parking souterrain, etc.) n\u00e9cessite de tr\u00e8s bien conna\u00eetre les propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9ologiques du sous-sol. Dans le domaine de l\u2019\u00e9cologie, les connaissances g\u00e9ologiques sont importantes notamment pour la protection des eaux souterraines, ainsi que pour l\u2019exploitation de l\u2019\u00e9nergie g\u00e9othermique, le stockage du CO2 dans des roches profondes et m\u00eame des d\u00e9chets nucl\u00e9aires, comme exp\u00e9riment\u00e9 actuellement dans le laboratoire du Mont-Terri (JU). \u00abDans ce domaine, des mod\u00e8les tridimensionnels (3D) sont r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 partir des cartes g\u00e9ologiques corr\u00e9l\u00e9es \u00e0 des carottes de forage, explique Olivier Lateltin. Ils permettent de visualiser des structures g\u00e9ologiques complexes avec l\u2019avantage de pr\u00e9senter \u00e0 la fois la surface et le sous-sol.\u00bb<\/p>\n<p>A l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, l\u2019\u00e9quipe du professeur Fran\u00e7ois Marillier vient de r\u00e9aliser des cartes g\u00e9ologiques tridimensionnelles de l\u2019ensemble du bassin molassique suisse, c\u2019est-\u00e0-dire une r\u00e9gion de 700 km longeant les Alpes. \u00abNous avons utilis\u00e9 les donn\u00e9es des compagnies p\u00e9troli\u00e8res, qui ont r\u00e9alis\u00e9 dans la r\u00e9gion de nombreux forages et \u00e9chographies du sol \u00e0 partir des ann\u00e9es 1970, explique Fran\u00e7ois Marillier. En r\u00e9unissant toutes ces informations, nous avons dessin\u00e9 des cartes qui donnent une bonne connaissance du sous-sol jusqu\u2019\u00e0 7\u2019000 m de profondeur. Ce travail reste essentiellement scientifique, puisqu\u2019il nous permet de mieux conna\u00eetre la g\u00e9ologie suisse dans son ensemble.\u00bb<\/p>\n<p>Les cartes pourraient m\u00eame \u00e0 l\u2019avenir afficher quatre dimensions, puisqu\u2019une donn\u00e9e importante de la g\u00e9ologie est le temps: comment \u00e9tait un sous-sol il y a cent ans, comment est-il maintenant et comment sera-t-il dans un si\u00e8cle? Une question importante avant de stocker en grande profondeur des d\u00e9chets nucl\u00e9aires dont la radio\u00adactivit\u00e9 perdurera pendant des millions d\u2019ann\u00e9es.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Densifier les villes sous terre?<\/strong><\/p>\n<p>Ces cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, les villes suisses se sont d\u00e9velopp\u00e9es de mani\u00e8re spectaculaire. D\u2019apr\u00e8s les pr\u00e9visions de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, la population de Gen\u00e8ve augmentera selon les sc\u00e9narii de 13 \u00e0 33% d\u2019ici \u00e0 2040. Idem dans le canton de Vaud o\u00f9 le nombre d\u2019habitants devrait atteindre 940\u2019000 personnes en 2040, soit une progression de 33% par rapport \u00e0 2010. Comment loger et faire travailler tous ces habitants sans transformer les villes en petits Shanghai? <\/p>\n<p>L\u2019une des possibilit\u00e9s serait d\u2019exploiter davantage le sous-sol. C\u2019est la conclusion du projet Deep City, men\u00e9 dans le cadre du Programme national de recherche 54 (PNR54), auquel participent plusieurs HES. Il n\u2019est pas question ici de construire des habitations et bureaux sous la surface, la lumi\u00e8re du jour \u00e9tant capitale au bien-\u00eatre des personnes. Mais en plus des parkings souterrains, il serait possible d\u2019implanter sous la surface du sol des commerces et des b\u00e2timents r\u00e9cr\u00e9atifs tels que les salles de sport, les cin\u00e9mas et les th\u00e9\u00e2tres. Un gain d\u2019espace qui n\u00e9cessitera une connaissance approfondie du sous-sol.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Gen\u00e8ve en 3D<\/strong><\/p>\n<p>Le canton de Gen\u00e8ve se d\u00e9voile d\u00e9sormais en trois dimensions. Plus de 70\u2019000 b\u00e2timents sont accessibles sur le cadastre en trois dimensions \u00abGeo 3D\u00bb. Retour en arri\u00e8re: depuis 1985, le canton accumule un grand nombre de donn\u00e9es g\u00e9ographiques 2D <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.sitg.ch\">accessibles gratuitement<\/a>. Gr\u00e2ce \u00e0 un partenariat avec le p\u00f4le de recherche de la Haute \u00e9cole du paysage, d\u2019ing\u00e9nierie et d\u2019architecture &#8211; hepia, Gen\u00e8ve, ces donn\u00e9es 2D ont \u00e9t\u00e9 transform\u00e9es en profil tridimensionnel. Cette nouvelle visualisation permet de mieux appr\u00e9hender les projets de d\u00e9veloppement urbain.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la revue H\u00e9misph\u00e8res (no 3).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Atlas g\u00e9ologique de la Suisse sera disponible en version num\u00e9rique d\u00e8s l&rsquo;an prochain. Il couvrira l\u2019ensemble du territoire au 1:25\u2019000. Visite dans les locaux de Swisstopo, o\u00f9 des cartographes ach\u00e8vent ce travail de haute pr\u00e9cision.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-3752","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3752","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3752"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3752\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3752"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3752"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3752"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}