



{"id":3722,"date":"2012-08-08T17:41:30","date_gmt":"2012-08-08T15:41:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3722"},"modified":"2012-08-09T12:01:33","modified_gmt":"2012-08-09T10:01:33","slug":"competition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3722","title":{"rendered":"Le sportif, nouvel animal de laboratoire"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large090812.jpg\" alt=\"large090812.jpg\" title=\"large090812.jpg\" width=\"468\" height=\"277\" border=\"0\" \/>Sans recourir aux derni\u00e8res techniques d\u2019entra\u00eenement, un sportif d\u2019endurance, m\u00eame tr\u00e8s talentueux, n\u2019a aujourd\u2019hui plus aucune chance de s\u2019imposer au plus haut niveau.\u00bb C\u2019est le constat implacable dress\u00e9 par Jon Wehrlin, qui suit les sportifs d\u2019endurance suisses \u00e0 la Haute Ecole f\u00e9d\u00e9rale du sport de Macolin (BE). \u00abLa mani\u00e8re de tester les capacit\u00e9s physiques des athl\u00e8tes a \u00e9norm\u00e9ment \u00e9volu\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Nous disposons aujourd\u2019hui d\u2019un mat\u00e9riel de test sp\u00e9cifique \u00e0 chaque discipline et type d\u2019\u00e9preuve (sprint, demi-fond ou endurance, ndlr). Ce n\u2019\u00e9tait pas le cas il y a encore deux ans.\u00bb<\/p>\n<p>Les param\u00e8tres physiologiques enregistr\u00e9s en laboratoire (fr\u00e9quences cardiaques, seuil lactique, seuil ana\u00e9robie, VO2 max, etc.) ne sont pas nouveaux, mais les infrastructures peuvent d\u00e9sormais reproduire encore plus fid\u00e8lement les conditions r\u00e9elles de comp\u00e9tition. Les skieurs de fond, par exemple, passent d\u00e9sormais leur test physique \u00e9quip\u00e9s de skis \u00e0 roulettes et de b\u00e2tons. \u00abAuparavant, tout le monde courait sur un tapis roulant ou p\u00e9dalait sur un v\u00e9lo, explique Jon Wehrlin. Cette m\u00e9thode est certes efficace pour \u00e9valuer les performances des athl\u00e8tes directement concern\u00e9s, mais ne s\u2019av\u00e8re pas enti\u00e8rement satisfaisante pour les fondeurs. Ils peuvent aujourd\u2019hui conna\u00eetre exactement leur capacit\u00e9 maximale sur une distance donn\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p><strong>D\u00e9tecter les talents<\/strong><\/p>\n<p>Les derni\u00e8res connaissances portant sur le taux d\u2019h\u00e9moglobine des athl\u00e8tes permettent une d\u00e9tection pr\u00e9coce des talents. \u00abD\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 16 ans, le taux d\u2019h\u00e9moglobine d\u00e9termine pour une large part la capacit\u00e9 de transport d\u2019oxyg\u00e8ne du sang, explique Jon Wehrlin. Ce param\u00e8tre essentiel pour les sports d\u2019endurance d\u00e9pend de facteurs g\u00e9n\u00e9tiques mais augmente avec un entra\u00eenement adapt\u00e9. Au terme d\u2019un stage en altitude, nous pouvons, par exemple, observer comment le taux d\u2019h\u00e9moglobine de tel ou tel jeune athl\u00e8te a r\u00e9agi. En fonction des r\u00e9sultats observ\u00e9s, il est possible d\u2019\u00e9tablir un programme personnalis\u00e9 et ainsi d\u2019optimiser les effets de l\u2019entra\u00eenement.\u00bb<\/p>\n<p>Dans les sports o\u00f9 la vitesse et l\u2019explosivit\u00e9 jouent un r\u00f4le d\u00e9terminant (du hockey sur glace au football, en passant par le saut \u00e0 skis, la lutte, le tennis ou encore l\u2019athl\u00e9tisme), les avanc\u00e9es scientifiques permettent l\u00e0 aussi de parfaire la pr\u00e9paration. A Macolin, l\u2019\u00e9lite du sport suisse d\u00e9file r\u00e9guli\u00e8rement dans le laboratoire de Klaus H\u00fcbener, sp\u00e9cialiste du diagnostic des performances musculaires. Les athl\u00e8tes se soumettent \u00e0 des batteries de tests visant \u00e0 \u00e9valuer la force maximale qu\u2019ils peuvent atteindre lors d\u2019un mouvement donn\u00e9. Une m\u00e9thode consiste \u00e0 ajouter graduellement des poids lors d\u2019un saut \u00e0 la verticale sur une plateforme munie de capteurs jusqu\u2019\u00e0 approcher ou d\u00e9passer les niveaux requis pour une performance au plus haut niveau. \u00abDans certains sports tels que le bob ou le hockey, la prise de masse est recherch\u00e9e, alors que pour le tennis ou le saut \u00e0 skis, l\u2019athl\u00e8te doit gagner en explosivit\u00e9 sans prendre trop de poids, explique Klaus H\u00fcbener. Il est possible de limiter l\u2019hypertrophie musculaire en effectuant des s\u00e9ries tr\u00e8s courtes (cinq r\u00e9p\u00e9titions au maximum) avec la charge la plus \u00e9lev\u00e9e possible au lieu de r\u00e9p\u00e9ter plus souvent l\u2019exercice avec une charge plus faible. Cette mani\u00e8re de proc\u00e9der entra\u00eene le corps \u00e0 solliciter un maximum de fibres musculaires.\u00bb<\/p>\n<p>Ces tests en laboratoire donnent de pr\u00e9cieuses indications pour \u00e9tablir des programmes d\u2019entra\u00eenement adapt\u00e9s et permettent du m\u00eame coup aux athl\u00e8tes d\u2019\u00e9valuer leur \u00e9tat de forme momentan\u00e9 \u00e0 un instant pr\u00e9cis de leur pr\u00e9paration. Les habitudes ont l\u00e0 aussi nettement \u00e9volu\u00e9. Le suivi des skieurs actuels n\u2019a, par exemple, plus rien de commun avec celui de la g\u00e9n\u00e9ration Pirmin Zurbriggen: \u00abLes skieurs viennent passer des tests 2 ou 3 fois par an durant leur p\u00e9riode de pr\u00e9paration entre avril et octobre, indique Klaus H\u00fcbener. Avec l\u2019exp\u00e9rience, certains athl\u00e8tes se connaissent tellement bien qu\u2019ils ne ressentent plus le besoin d\u2019\u00eatre examin\u00e9s aussi souvent. C\u2019\u00e9tait le cas de Didier Cuche qui, \u00e0 la fin de sa carri\u00e8re, savait tr\u00e8s exactement comment se pr\u00e9parer physiquement. Mais Simon Ammann (double champion olympique suisse de saut \u00e0 skis aux JO de 2002 et 2010, ndlr) continue de passer des tests r\u00e9guliers, malgr\u00e9 sa grande exp\u00e9rience. C\u2019est une mani\u00e8re pour lui de savoir tr\u00e8s exactement o\u00f9 il se situe sur le plan physique.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un million la m\u00e9daille<\/strong><\/p>\n<p>Pour le spectateur, les effets de la pr\u00e9paration physique sp\u00e9cifique des athl\u00e8tes de haut niveau s\u2019observent \u00e0 l\u2019\u0153il nu. En termes de musculature, de vitesse et d\u2019explosivit\u00e9, les \u00e9quipes actuelles de football ou de rugby n\u2019ont plus rien \u00e0 voir avec leurs homologues des ann\u00e9es 1980 \u2013 un constat qui reste valable en dehors de toute suspicion de dopage. Le tennisman Novak Djokovic incarne cet id\u00e9al de l\u2019athl\u00e8te ultime parfaitement calibr\u00e9 pour l\u2019exercice de son sport &#8212; un \u00aballiage parfait d\u2019endurance et d\u2019explosivit\u00e9\u00bb selon les termes de l\u2019ancien num\u00e9ro un mondial Jim Courrier.<\/p>\n<p>Les f\u00e9d\u00e9rations sportives peuvent consentir \u00e0 de tr\u00e8s gros investissements afin d\u2019am\u00e9liorer la pr\u00e9paration physique de leurs athl\u00e8tes, rappelle Jon Wehrlin: \u00abDans la perspective des Jeux olympiques de Vancouver 2010, le Canada avait d\u00e9bloqu\u00e9 un budget de plusieurs dizaines de millions de dollars &#8212; et a termin\u00e9 en t\u00eate avec 14 m\u00e9dailles d\u2019or et 26 m\u00e9dailles au total.\u00bb Soit, grosso modo, un million la m\u00e9daille. En Suisse, les moyens allou\u00e9s ne peuvent rivaliser avec de telles d\u00e9penses, mais des projets existent n\u00e9anmoins pour tirer parti des derni\u00e8res m\u00e9thodes d\u2019entra\u00eenement. C\u2019est notamment le cas de \u00abFooturo\u00bb, un concept mis sur pied par l\u2019Association suisse de football (ASF) en collaboration avec l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral du sport, qui s\u2019adresse aux jeunes talents. \u00abLes meilleurs joueurs suisses \u00e2g\u00e9s de 17 \u00e0 20 ans viennent \u00e0 Macolin jusqu\u2019\u00e0 5 fois par an pour passer des tests en laboratoire, explique Klaus H\u00fcbener. Cet encadrement va leur permettre de disposer de conseils personnalis\u00e9s. Et ainsi, d\u2019exploiter au maximum tout leur potentiel.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Reflex.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Athl\u00e8tes et chercheurs travaillent ensemble pour optimiser les performances. L\u2019entra\u00eenement est devenu une science. <\/p>\n","protected":false},"author":19406,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-3722","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3722","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19406"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3722"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3722\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3722"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3722"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3722"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}