



{"id":3719,"date":"2012-08-05T18:54:02","date_gmt":"2012-08-05T16:54:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3719"},"modified":"2012-08-05T23:23:56","modified_gmt":"2012-08-05T21:23:56","slug":"wellness","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3719","title":{"rendered":"Chirurgie esth\u00e9tique: le boom romand"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large060812.jpg\" alt=\"large060812.jpg\" title=\"large060812.jpg\" width=\"458\" height=\"293\" border=\"0\" \/>Chaque jour ouvrable, 173 personnes passent sous le bistouri d\u2019un chirurgien esth\u00e9tique en Suisse pour corriger un nez, rehausser une poitrine, retendre la peau du visage. Et de plus en plus souvent, ces patients sont \u00e9trangers. Dans ce secteur \u00e0 forte concurrence, la Suisse romande s\u2019est impos\u00e9e comme un centre mondial de chirurgie esth\u00e9tique o\u00f9 le nombre de clients ne cesse de cro\u00eetre. Cons\u00e9quence: les \u00e9tablissements se multiplient sur l\u2019arc l\u00e9manique.<\/p>\n<p>Pour ne citer qu\u2019un exemple, le groupe Matignon, six cliniques en Suisse dont cinq en Suisse romande, est devenu le plus important client helv\u00e9tique de la compagnie Allergan, producteur du Botox. Depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e, le groupe a utilis\u00e9 ce produit pour traiter pr\u00e8s de 1200 patients, dont 90% de femmes, \u00abce qui correspond \u00e0 une croissance de 80% par rapport au premier semestre de 2011\u00bb, note l\u2019un de ses responsables, le docteur Roland Ney. Pour les produits de comblement, la croissance est encore plus impressionnante sur la m\u00eame p\u00e9riode: 156%.<\/p>\n<p><strong>Une formation au label de qualit\u00e9 suisse<\/strong><\/p>\n<p>Les raisons de ce savoir-faire si pris\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger? Elles sont \u00e0 chercher du c\u00f4t\u00e9 du haut niveau des formations en m\u00e9decine et en chirurgie ainsi que dans \u00abl\u2019esprit civique et responsable extr\u00eamement d\u00e9velopp\u00e9 des Suisses\u00bb, selon le docteur Sabri Derder, qui pratique \u00e0 Lausanne \u00e0 la clinique Matignon et op\u00e8re dans les cliniques La Prairie et de Genolier: \u00abLa chirurgie esth\u00e9tique demande dans l\u2019\u00e9valuation de chaque patient un grand respect de ses int\u00e9r\u00eats. Les m\u00e9decins dans notre r\u00e9gion font tout leur possible pour rendre le patient heureux plut\u00f4t que d\u2019essayer \u00e0 tout prix de se remplir les poches, comme on le voit tr\u00e8s fr\u00e9quemment \u00e0 Paris, Londres ou New York, par exemple.\u00bb<\/p>\n<p>Pour le docteur genevois Pierre Quinodoz le label de qualit\u00e9 suisse, mondialement reconnu, s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019ensemble du pays. Il rel\u00e8ve notamment la forte mobilit\u00e9 du corps m\u00e9dical: \u00abNous voyageons beaucoup pendant notre formation et n\u2019h\u00e9sitons pas \u00e0 aller par exemple en Am\u00e9rique du Sud, aux Etats-Unis ou ailleurs en Europe pour apprendre une technique particuli\u00e8re. Les chirurgiens nord-am\u00e9ricains sont plus nombrilistes et restent davantage confin\u00e9s dans les grandes villes am\u00e9ricaines pour se perfectionner.\u00bb Il arrive m\u00eame que certains chirurgiens esth\u00e9tiques suisses, plus philanthropes, acceptent de partir quelques semaines dans un pays africain pour y op\u00e9rer des patients mutil\u00e9s ou bless\u00e9s lors de conflits.<\/p>\n<p>Une habitude li\u00e9e selon le praticien genevois \u00e0 la tradition humanitaire du pays qui abrite de longue date des institutions comme le CICR. Il rappelle d\u2019ailleurs que le d\u00e9veloppement de la chirurgie plastique est indissociable de la guerre et que cette discipline s\u2019est fortement d\u00e9velopp\u00e9e durant les deux guerres mondiales, en parall\u00e8le \u00e0 la chirurgie reconstructive.<\/p>\n<p>Essentiel au bon d\u00e9roulement d\u2019une intervention, ainsi qu\u2019\u00e0 la pr\u00e9vention des infections, le personnel param\u00e9dical et de salle d\u2019op\u00e9ration b\u00e9n\u00e9ficie lui aussi d\u2019une excellente formation, notamment par le biais d\u2019apprentissages qui n\u2019existent \u00abquasiment nulle part ailleurs\u00bb, selon Sabri Derder. L\u2019ensemble du corps chirurgical en Suisse romande ne provient pas uniquement de fili\u00e8res helv\u00e9tiques. Bas\u00e9e \u00e0 Montreux, Laclinic souligne que le nombre de chirurgiens esth\u00e9tiques install\u00e9s en Suisse romande &#8212; environ 80, soit l\u2019un des niveaux les plus denses au monde &#8212; est indissociable de la libre circulation des personnes et de la reconnaissance automatique des dipl\u00f4mes europ\u00e9ens. Ces diverses raisons concourent \u00e0 donner \u00e0 la Suisse une r\u00e9putation de s\u00e9curit\u00e9 bien ancr\u00e9e. A Laclinic, par exemple, la client\u00e8le internationale &#8212; qui dispose souvent de liens \u00e9troits avec le pays, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019\u00e9coles priv\u00e9es, de banques ou de r\u00e9sidences secondaires &#8212; repr\u00e9sente le tiers des patients.<\/p>\n<p><strong>Une approche globale et des co\u00fbts variables.<\/strong><\/p>\n<p>En ce qui concerne le type de demandes, il varie selon l\u2019\u00e2ge (visage et cou pour les patientes et les patients les plus \u00e2g\u00e9s, silhouette pour les plus jeunes), mais aussi en fonction des saisons: le visage \u00e9tant plus fr\u00e9quemment demand\u00e9 en hiver et la silhouette davantage d\u00e8s le retour des beaux jours. \u00abPour notre part, note Alyona Gaillard, porte-parole de Laclinic, nous suivons une approche globale du patient, en combinant des techniques invasives et non invasives et en privil\u00e9giant ces derni\u00e8res lorsque c\u2019est possible.\u00bb Par non invasif, il faut comprendre des traitements se pratiquant sans bistouri tels que les injections de comblement, le traitement par laser, ou encore la m\u00e9soth\u00e9rapie (lire encadr\u00e9).<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, la chirurgie esth\u00e9tique repr\u00e9sente un business tr\u00e8s lucratif. Pour le patient, les co\u00fbts d\u00e9pendent de plusieurs facteurs comme la dur\u00e9e op\u00e9ratoire, le type d\u2019\u00e9tablissement et d\u2019intervention. Une simple correction d\u2019un lobe d\u2019oreille d\u00e9chir\u00e9 peut co\u00fbter 500 francs, alors qu\u2019une intervention plus complexe comme un lifting complet du visage et du cou chez une personne tr\u00e8s marqu\u00e9e par le temps, combin\u00e9 \u00e0 un travail sur les paupi\u00e8res et des traits jug\u00e9s disgracieux touchant le nez ou le menton peut atteindre 30&rsquo;000 francs. \u00abChez une personne moins marqu\u00e9e, les prix pourront \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rents, pr\u00e9cise Sabri Derder. C\u2019est comme de demander ce que peut co\u00fbter une maison. Elle variera en fonction de ce que l\u2019on souhaite y mettre, de sa surface, etc.\u00bb<\/p>\n<p>Certains chirurgiens op\u00e8rent encore dans leur propre cabinet, d\u2019autres dans des cadres beaucoup plus luxueux. Les frais annexes de bloc op\u00e9ratoire, d\u2019h\u00f4tellerie, de soins et d\u2019anesth\u00e9sie peuvent donc facilement varier du simple au double. A titre d\u2019exemple, une plastie d\u2019augmentation mammaire pourra co\u00fbter entre 10&rsquo;000 et 16&rsquo;000 francs suivant le choix de la patiente de se rendre dans un simple cabinet ou dans une clinique r\u00e9pondant aux crit\u00e8res de qualit\u00e9, de s\u00e9curit\u00e9 et de luxe les plus \u00e9lev\u00e9s. \u00abCertains co\u00fbts, comme la formation du praticien ou du personnel soignant, ainsi que le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire, sont incompressibles, note cependant le m\u00e9decin genevois Pierre Quinodoz. C\u2019est la raison pour laquelle plusieurs cliniques voulant limiter les co\u00fbts au maximum ont d\u00fb fermer leurs portes.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une relation qui a fortement \u00e9volu\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Si la bonne sant\u00e9 du secteur est en partie li\u00e9e aux patients \u00e9trangers \u00e0 fort pouvoir d\u2019achat, la perception des Helv\u00e8tes \u00e9volue elle aussi en mati\u00e8re de chirurgie esth\u00e9tique: \u00abLes gens sont de mieux en mieux inform\u00e9s par les m\u00e9dias et par internet, ce qui explique une certaine d\u00e9mocratisation des actes de nature esth\u00e9tique\u00bb, rel\u00e8ve Pierre Quinodoz. Une transparence qui ne concerne toutefois pas tout le monde. Lorsqu\u2019il s\u2019agit de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s, nombreuses depuis longtemps \u00e0 venir se faire op\u00e9rer en Suisse, les praticiens sont tenus au plus grand secret et ne le brisent jamais de peur de perdre cette prestigieuse client\u00e8le extr\u00eamement pointilleuse lorsqu\u2019il s\u2019agit de discr\u00e9tion. \u00abSouvent, ils sont enregistr\u00e9s sous de faux noms dans les cliniques afin d\u2019\u00e9viter les fuites, poursuit le chirurgien. Seuls les m\u00e9decins et quelques infirmi\u00e8res sont tenus au courant de leur pr\u00e9sence.\u00bb<\/p>\n<p>Cette approche plus d\u00e9complex\u00e9e qu\u2019il y a quelques ann\u00e9es concerne donc surtout les particuliers vis-\u00e0-vis de leur entourage proche. \u00abLes gens h\u00e9sitent moins \u00e0 avouer qu\u2019ils ont eu recours \u00e0 un acte de chirurgie esth\u00e9tique, souligne Pierre Quinodoz. Ils ne cherchent plus des stratag\u00e8mes comme, par exemple, affirmer qu\u2019ils ont eu recours \u00e0 la chirurgie des paupi\u00e8res en raison d\u2019une maladie.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Toxine botulique: Gare aux abus!<\/strong><\/p>\n<p><em>La substance antiride reste privil\u00e9gi\u00e9e par la client\u00e8le des cliniques romandes. Son risque principal: l\u2019exc\u00e8s.<\/em><\/p>\n<p>Difficile de ne pas avoir en t\u00eate certains abus lorsqu\u2019on pense \u00e0 la toxine botulique, notamment le fameux effet \u00abfront fig\u00e9\u00bb de quelques actrices am\u00e9ricaines. Un effet g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9 \u00e0 un probl\u00e8me de dosage. \u00abAfin d\u2019\u00e9viter ce genre de difficult\u00e9s, il faut d\u00e9finir la quantit\u00e9 juste, souligne Alyona Gaillard de Laclinic. L\u2019objectif est d\u2019affaiblir le tonus des muscles pour effacer des rides, tout en ne paralysant pas compl\u00e8tement les muscles et que le visage garde une certaine expression naturelle. Le facteur le plus important est donc le professionnalisme du m\u00e9decin qui effectue les injections.\u00bb<\/p>\n<p>On le sait peu, mais au-del\u00e0 de l\u2019effacement des rides, la toxine botulique peut \u00eatre utilis\u00e9e dans toutes sortes d\u2019indications, parfois esth\u00e9tiques, parfois m\u00e9dicales (le Botox est le nom du produit commercialis\u00e9 par le laboratoire Allergan). On peut citer le traitement de la migraine, la transpiration excessive des aisselles et des mains, les spasmes des cordes vocales chez les personnes stress\u00e9es ou victimes de tumeurs de la gorge, le strabisme et les spasmes musculaires chez les nouveau-n\u00e9s \u00e0 la suite d\u2019un manque d\u2019oxyg\u00e8ne \u00e0 la naissance.<\/p>\n<p>\u00abCe m\u00e9dicament n\u2019est ni plus ni moins dangereux que n\u2019importe quel autre, note le chirurgien lausannois Sabri Derder. Les dosages et les indications doivent simplement \u00eatre respect\u00e9s, de m\u00eame qu\u2019une technique bas\u00e9e sur le respect de l\u2019anatomie et de l\u2019harmonie faciales, lorsqu\u2019on parle d\u2019esth\u00e9tique du visage.\u00bb Les effets d\u2019une injection s\u2019estompent apr\u00e8s cinq \u00e0 six mois et le traitement peut \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 raison de deux fois par an. \u00abLa qualit\u00e9 de la toxine est tr\u00e8s importante si l\u2019on ne veut pas risquer des complications ou des probl\u00e8mes ult\u00e9rieurs, poursuit Alyona Gaillard. Actuellement, il y a deux fournisseurs en Suisse autoris\u00e9s par Swissmedic pour les indications esth\u00e9tiques. D\u00e8s lors, si votre m\u00e9decin ach\u00e8te son produit en Chine, il convient de se m\u00e9fier\u2026\u00bb Selon elle, la consommation importante en Suisse romande est indissociable des flux importants de personnes \u00e9trang\u00e8res et du haut niveau de vie. L\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 de la client\u00e8le est f\u00e9minine. Le groupe Matignon enregistre cependant une croissance de la proportion d\u2019hommes (actuellement 10%), dont les demandes concernent principalement la zone entre les sourcils ainsi que la transpiration des aisselles. Quant \u00e0 la client\u00e8le \u00e9trang\u00e8re du groupe, elle s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 10% dans les cliniques de Lausanne et de Vevey.<\/p>\n<p>Pour le docteur genevois Pierre Quinodoz, les principales am\u00e9liorations depuis quelques ann\u00e9es en mati\u00e8re de toxine botulique proviennent du type de seringues avec des aiguilles de meilleure p\u00e9n\u00e9tration, plus fines et parfois silicon\u00e9es, ainsi que de l\u2019utilisation de canules mousse \u00e9vitant les saignements. \u00abIl s\u2019agit d\u2019un acte m\u00e9dical car des dangers sont r\u00e9els avec des contre-indications absolues telles que les maladies de la transmission neuromusculaire, l\u2019hypersensibilit\u00e9 connue \u00e0 l\u2019un des composants, comme l\u2019albumine, l\u2019inflammation ou l\u2019infection du site d\u2019injection, ainsi que la grossesse et l\u2019allaitement. Il n\u2019existe pas d\u2019\u00e9tude contr\u00f4l\u00e9e chez la femme enceinte.\u00bb D\u2019autres contre-indications concernent les interactions m\u00e9dicamenteuses, notamment les m\u00e9dicaments anticoagulants.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re esth\u00e9tique, la toxine botulique permet d\u2019att\u00e9nuer les rides de la mimique, principalement du front, de la glabelle (surface situ\u00e9e entre les deux arcades sourcili\u00e8res) et des pattes-d\u2019oie. Le m\u00e9decin esth\u00e9tique Philippe Sillard rappelle qu\u2019il existe deux sortes de rides. Celles de contraction situ\u00e9es dans le haut du visage, typiquement li\u00e9es au soleil ou au travail sur ordinateur: \u00abLes muscles se contractent et se d\u00e9contractent, jusqu\u2019au moment o\u00f9 ils ne se d\u00e9contractent plus, comme des petites crampes. La toxine botulique agit en emp\u00eachant l\u2019hypercontraction de ces muscles.\u00bb Les rides d\u2019affaissement, qui concernent plut\u00f4t le bas du visage, sont le plus souvent combl\u00e9es en injectant de l\u2019acide hyaluronique, constituant naturel de la peau qui diminue avec l\u2019\u00e2ge.<\/p>\n<p>Le sp\u00e9cialiste ajoute que le risque li\u00e9 \u00e0 la toxine botulique reste tr\u00e8s faible aux doses utilis\u00e9es en m\u00e9decine esth\u00e9tique (des doses beaucoup plus importantes sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine, neurologie ou en ophtalmologie). \u00abEn ce qui concerne ma pratique, elle \u00e9volue dans le sens d\u2019un rajeunissement des patientes\u00bb, ajoute Philippe Sillard. Il n\u2019est plus rare de voir des jeunes femmes de 25 ans demander ce type de traitement. Mais pour lui, l\u2019\u00e2ge n\u2019est pas un crit\u00e8re en soi: \u00abSoit il y a une bonne indication \u00e0 la toxine botulique, soit non, quel que soit l\u2019\u00e2ge, avec un r\u00f4le int\u00e9ressant de pr\u00e9vention de l\u2019apparition des rides. Il faut savoir dire non, car certaines patientes en veulent toujours plus, mais cela reste marginal.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;arc l\u00e9manique s&rsquo;est impos\u00e9 comme un centre mondial de chirurgie esth\u00e9tique. 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