



{"id":3691,"date":"2012-06-15T13:42:19","date_gmt":"2012-06-15T11:42:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3691"},"modified":"2012-07-09T09:50:55","modified_gmt":"2012-07-09T07:50:55","slug":"sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3691","title":{"rendered":"M\u00e9decines douces, un succ\u00e8s controvers\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large180612.jpg\" alt=\"large180612.jpg\" title=\"large180612.jpg\" border=\"0\" height=\"276\" width=\"468\" \/>\u00abL\u2019engouement des Suisses pour les m\u00e9decines compl\u00e9mentaires ne cesse de se confirmer au fil des ann\u00e9es. En mai 2009, une majorit\u00e9 de la population (67%) a vot\u00e9 pour que ce type de soins soit pris en compte par les autorit\u00e9s. Et, selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (OFS), 23% de la population a eu recours \u00e0 ce genre de prestations en 2007, contre 15% en 2002.<\/p>\n<p>Actuellement, pr\u00e8s de 1 personne sur 3 y ferait appel au moins une fois par ann\u00e9e. Les adeptes des m\u00e9decines compl\u00e9mentaires sont surtout des femmes: elles consultent deux fois plus que les hommes, les jeunes et les malades chroniques. Parmi ces femmes, G\u00e9raldine Fleury. Une m\u00e8re de famille qui, lors de ses grossesses, a consult\u00e9 un ost\u00e9opathe. \u00abGr\u00e2ce \u00e0 des man\u0153uvres tr\u00e8s douces sur ma colonne vert\u00e9brale, il a soulag\u00e9 mes douleurs dorsales.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abIl existe principalement deux types de patients, explique Pascal B\u00fcchler, m\u00e9decin FMH et hom\u00e9opathe \u00e0 Yverdonles-Bains. Ceux qui ont un probl\u00e8me de sant\u00e9 que la m\u00e9decine scientifique ne parvient pas \u00e0 r\u00e9soudre. Et ceux qui refusent d\u2019utiliser des mol\u00e9cules chimiques par conviction.\u00bb<\/p>\n<p>Les traitements les plus sollicit\u00e9s sont l\u2019hom\u00e9opathie (6% de la population), l\u2019ost\u00e9opathie, l\u2019acuponcture et le shiatsu\/r\u00e9flexologie (5% chacun), ainsi que la naturopathie (3%). Mais il existe une quantit\u00e9 d\u2019autres pratiques. Au total, le Registre de m\u00e9decine empirique (RME) d\u00e9nombre 125 types de soins qui peuvent pr\u00e9tendre au nom de m\u00e9decine non conventionnelle.<\/p>\n<p>La F\u00e9d\u00e9ration des m\u00e9decins suisses (FMH) reconna\u00eet cinq domaines (m\u00e9decine traditionnelle chinoise, th\u00e9rapie neurale, m\u00e9decine anthroposophique, phytoth\u00e9rapie et hom\u00e9opathie) et l\u2019assurance maladie en rembourse quatre depuis le 1er janvier 2012, si elles sont pratiqu\u00e9es par des m\u00e9decins dipl\u00f4m\u00e9s. La phytoth\u00e9rapie ne sera rembours\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 partir le 1er janvier 2013.<\/p>\n<p>Au sein de la FMH, pr\u00e8s de 4000 membres sur les 16 000 m\u00e9decins install\u00e9s pratiquent des m\u00e9decines compl\u00e9mentaires \u00e0 des niveaux vari\u00e9s. A cela, il faut ajouter pr\u00e8s de 30 000 th\u00e9rapeutes non-m\u00e9decins, dont un certain nombre exercent sans r\u00e9elle formation. Pour y rem\u00e9dier, la Fondation suisse pour les m\u00e9decines compl\u00e9mentaires (Asca), qui regroupe environ 15 000 th\u00e9rapeutes, et le RME ont mis en place des labels de qualit\u00e9. Un dipl\u00f4me f\u00e9d\u00e9ral en m\u00e9decine douce pourrait, par ailleurs, voir le jour \u00e0 l\u2019horizon 2013.<\/p>\n<p>Mais pourquoi les Suisses raffolent-ils de ces m\u00e9thodes? \u00abEn mati\u00e8re de gu\u00e9risseurs, le pays a une longue tradition, r\u00e9pond J\u00e9r\u00f4me Debons, assistant \u00e0 la Haute Ecole de sant\u00e9 Vaud et auteur d\u2019un livre sur les m\u00e9decines traditionnelles. En Valais, l\u2019arriv\u00e9e du m\u00e9decin dans les villages ne remonte souvent qu\u2019au milieu du XXe si\u00e8cle. Avant, les patients s\u2019adressaient au gu\u00e9risseur, qui \u00e9tait le premier recours contre la maladie. Quand la m\u00e9decine scientifique est devenue pr\u00e9pond\u00e9rante, les pratiques traditionnelles ont \u00e9t\u00e9 discr\u00e9dit\u00e9es. Avec la remise en cause du diktat de la m\u00e9decine, elles reviennent sur le devant de la sc\u00e8ne, accompagn\u00e9es de nouvelles pratiques.\u00bb<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute ce qu\u2019Ilario Rossi, anthropologue et professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, nomme \u00ables maladies de civilisation\u00bb: \u00abJusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, nous vivions dans une \u00e9poque o\u00f9 la croyance dans le progr\u00e8s \u00e9tait aveugle. En ce sens, la science m\u00e9dicale v\u00e9hiculait l\u2019id\u00e9e de gu\u00e9rison de toutes les maladies, de r\u00e9solution de tous les maux. Aujourd\u2019hui, bien que la perspective biologique soit encore valoris\u00e9e, elle n\u2019arrive pas \u00e0 r\u00e9pondre de mani\u00e8re toujours appropri\u00e9e aux nouveaux d\u00e9fis pathologiques. La m\u00e9decine scientifique est confront\u00e9e \u00e0 des maladies comme les cancers, les d\u00e9pressions, les maladies chroniques et psychosomatiques ou encore d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives qu\u2019elle ne parvient pas \u00e0 gu\u00e9rir. Au mieux, elle peut les ralentir. Les patients doivent apprendre \u00e0 vivre avec, comprendre pourquoi ils sont malades et g\u00e9rer au mieux leur condition. Mais les sciences ne leur apportent que des r\u00e9ponses partielles. Ils se tournent donc vers d\u2019autres sources de connaissances.\u00bb<\/p>\n<p>Collaboration: Camille Guignet et William T\u00fcrler<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Cinq m\u00e9decines compl\u00e9mentaires d\u00e9crypt\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>PHYTOTH\u00c9RAPIE<\/p>\n<p>Principe: l\u2019utilisation des plantes m\u00e9dicinales est encore aujourd\u2019hui la forme de m\u00e9decine la plus r\u00e9pandue \u00e0 travers le monde et de nombreux m\u00e9dicaments chimiques proviennent \u00e0 l\u2019origine des plantes, comme l\u2019aspirine ou le taxol. Mais, \u00e0 la diff\u00e9rence des m\u00e9dicaments de synth\u00e8se qui ne contiennent que la mol\u00e9cule active, la phytoth\u00e9rapie s\u2019int\u00e9resse aux effets de la plante dans sa globalit\u00e9.<\/p>\n<p>Applications: les rem\u00e8des sont principalement utilis\u00e9s dans le traitement du stress (millepertuis), des maux de t\u00eate (menthe poivr\u00e9e) ou des insomnies (val\u00e9riane).<\/p>\n<p>Efficacit\u00e9: plusieurs \u00e9tudes cliniques ont apport\u00e9 des r\u00e9sultats prometteurs dans l\u2019utilisation de la phytoth\u00e9rapie, seule ou en compl\u00e9ment de la m\u00e9decine scientifique, pour traiter par exemple l\u2019arthrite, la maladie d\u2019Alzheimer et la douleur.<\/p>\n<p>Nombre de praticiens: une cinquantaine de m\u00e9decins FMH la pratiquent en Suisse.<\/p>\n<p>M\u00c9DECINE ANTHROPOSOPHIQUE<\/p>\n<p>Principe: il s\u2019agit d\u2019une approche m\u00e9dicale fond\u00e9e par le scientifique et philosophe d\u2019origine autrichienne Rudolf Steiner (1861-1925). L\u2019anthroposophie propose une m\u00e9decine humaniste qui int\u00e8gre les dimensions mat\u00e9rielles et spirituelles de l\u2019\u00eatre humain. La m\u00e9decine anthroposophique se situe dans la continuit\u00e9 de la m\u00e9decine classique, entendant cependant \u00e9largir la pratique m\u00e9dicale en y introduisant des \u00e9l\u00e9ments d\u2019ordre spirituel.<\/p>\n<p>Applications: bien qu\u2019ils ne rejettent pas les m\u00e9dicaments chimiques, les m\u00e9decins anthroposophes les \u00e9vitent autant que possible. Les rem\u00e8des propos\u00e9s, de marque Weleda notamment, sont \u00e0 base de substances naturelles provenant de min\u00e9raux, de plantes ou d\u2019organes d\u2019animaux. Les adeptes utilisent cette m\u00e9decine pour soigner notamment les maladies chroniques, les otites et les conjonctivites.<\/p>\n<p>Efficacit\u00e9: il n\u2019existe aucun essai clinique de qualit\u00e9 prouvant une r\u00e9elle efficacit\u00e9. N\u00e9anmoins, deux \u00e9tudes, publi\u00e9es en 2007 et en 2009 dans les revues BMC Complementary and Alternative Medicine et BMC Pediatrics, sugg\u00e8rent un effet b\u00e9n\u00e9fique dans le traitement des pathologies chroniques.<\/p>\n<p>Nombre de praticiens: une centaine de m\u00e9decins FMH pratiquent cette m\u00e9thode, dont une petite dizaine en Suisse romande.<\/p>\n<p>HOM\u00c9OPATHIE<\/p>\n<p>Principe: cr\u00e9\u00e9e au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle par Samuel Hahnemann, l\u2019hom\u00e9opathie se base sur l\u2019id\u00e9e que le corps poss\u00e8de en lui-m\u00eame la force de g\u00e9n\u00e9rer un processus naturel de gu\u00e9rison. Les rem\u00e8des propos\u00e9s, \u00e0 base de plantes, de min\u00e9raux ou de substances animales, cherchent \u00e0 stimuler le processus de gu\u00e9rison naturel. Ils sont dilu\u00e9s \u00e0 tel point qu\u2019on n\u2019y trouve parfois aucune trace chimique des mol\u00e9cules qui composaient la substance originale.<\/p>\n<p>Applications: les partisans de cette m\u00e9thode soutiennent qu\u2019une multitude de troubles de la sant\u00e9 peuvent \u00eatre trait\u00e9s par l\u2019hom\u00e9opathie, en compl\u00e9ment ou non de la m\u00e9decine conventionnelle. En pratique, l\u2019hom\u00e9opathie est utilis\u00e9e pour soigner notamment les migraines, les rhumatismes, les allergies, les otites,les cystites et pour att\u00e9nuer les effets secondaires des chimioth\u00e9rapies.<\/p>\n<p>Efficacit\u00e9: en 2005, The Lancet, l\u2019une des revues m\u00e9dicales les plus respect\u00e9es au monde, a conclu que les effets de l\u2019hom\u00e9opathie ne sont dus qu\u2019\u00e0 l\u2019effet placebo, en d\u2019autres termes que cette pratique n\u2019a aucun effet. Plus r\u00e9cemment, en 2010, une vaste \u00e9tude command\u00e9e par le Parlement britannique est arriv\u00e9e \u00e0 la m\u00eame conclusion et a recommand\u00e9 que l\u2019hom\u00e9opathie ne soit plus rembours\u00e9e par l\u2019Etat. N\u00e9anmoins, des r\u00e9sultats publi\u00e9s en 1997 dans le Journal of Clinical Gastroenterology sugg\u00e8rent qu\u2019un traitement hom\u00e9opathique est b\u00e9n\u00e9fique dans le r\u00e9tablissement postop\u00e9ratoire des fonctions de l\u2019intestin.<\/p>\n<p>Nombre de praticiens: pr\u00e8s de 300 m\u00e9decins FMH, dont une petite centaine en Suisse romande.<\/p>\n<p>M\u00c9DECINE TRADITIONNELLE CHINOISE<\/p>\n<p>Principe: vieille de quelques milliers d\u2019ann\u00e9es, la m\u00e9decine traditionnelle chinoise (MTC) comprend plusieurs disciplines telles que l\u2019acuponcture, la pharmacop\u00e9e chinoise, la di\u00e9t\u00e9tique chinoise, le massage Tui Na, ainsi que les exercices \u00e9nerg\u00e9tiques Qi Gong et ta\u00ef-chi. Selon elle, tout dans l\u2019univers est m\u00fb par une force fondamentale appel\u00e9e Qi. Pour soigner les patients, il s\u2019agit de r\u00e9tablir les flux d\u2019\u00e9nergies le long des lignes de forces appel\u00e9es m\u00e9ridiens.<\/p>\n<p>Applications: la MTC est g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9e pour traiter les probl\u00e8mes de dos, la constipation, le diab\u00e8te, la d\u00e9mence, l\u2019\u00e9pilepsie, les allergies, l\u2019endom\u00e9triose, la d\u00e9pression et le syndrome de l\u2019intestin irritable.<\/p>\n<p>Efficacit\u00e9: plusieurs \u00e9tudes scientifiques ont conclu \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019acuponcture, qui est d\u00e9j\u00e0 rembours\u00e9e d\u00e9finitivement par l\u2019assurance de base, pour diminuer les naus\u00e9es provoqu\u00e9es par les chimioth\u00e9rapies, pr\u00e9venir les migraines et soulager la douleur. L\u2019efficience du ta\u00ef-chi est \u00e9galement sugg\u00e9r\u00e9e par exemple dans le traitement de la fibromyalgie, selon une \u00e9tude publi\u00e9e dans le New England Journal of Medicine. Les autres disciplines de la MTC sont peu \u00e9tudi\u00e9es scientifiquement en dehors de la Chine.<\/p>\n<p>Nombre de praticiens: la plupart des th\u00e9rapeutes ne pratiquent que l\u2019acuponcture. Ils sont 600 m\u00e9decins FMH en Suisse, dont une centaine en Suisse romande.<\/p>\n<p>TH\u00c9RAPIE NEURALE<\/p>\n<p>Principe: mise au point par le chirurgien allemand Ferdinand Huneke (1891-1966), la th\u00e9rapie neurale estime que la maladie ou les traumatismes peuvent provoquer des champs perturbateurs, qu\u2019il convient de traiter en injectant localement (dans les nerfs, ganglions, ou cicatrice\u2026) des anesth\u00e9siques en faible quantit\u00e9.<\/p>\n<p>Applications: cette m\u00e9thode, surtout pris\u00e9e dans les pays germanophones, est utilis\u00e9e principalement dans le traitement de la douleur (migraine, douleurs chroniques, etc.), mais aussi des maladies chroniques comme le syndrome de l\u2019intestin irritable.<\/p>\n<p>Efficacit\u00e9: il existe peu d\u2019\u00e9tudes scientifiques s\u00e9rieuses prouvant l\u2019efficacit\u00e9 de cette m\u00e9thode pour traiter une pathologie. Toutefois, il para\u00eet logique que l\u2019injection d\u2019anesth\u00e9siant diminue la douleur.<\/p>\n<p>Nombre de praticiens: une centaine de m\u00e9decins FMH pratiquent en Suisse, mais tr\u00e8s peu du c\u00f4t\u00e9 romand de la Sarine.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>INTERVIEW<\/p>\n<p><strong>\u00abL\u2019hypnose donne de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Le CHUV et les HUG fournissent \u00e0 leurs patients les num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone de th\u00e9rapeutes alternatifs. Mette Berger, m\u00e9decin adjointe au service de m\u00e9decine intensive et coordinatrice du centre des br\u00fbl\u00e9s au CHUV, en explique la raison.<\/em><\/p>\n<p>&#8211; A quel type de m\u00e9decine compl\u00e9mentaire avez-vous recours dans le cadre de vos activit\u00e9s?<\/p>\n<p>Nous mettons \u00e0 disposition des familles une liste de gu\u00e9risseurs. Certes, un tissu d\u00e9truit ne pourra \u00eatre r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 de cette mani\u00e8re. Toutefois, nous observons que cela apporte un soutien psychologique important et donne l\u2019impression au patient et \u00e0 son entourage de ne pas \u00eatre compl\u00e8tement impuissants face \u00e0 ce qui leur arrive. Ce type de demande reste toutefois rare.<\/p>\n<p>&#8211; Quel autre type de m\u00e9decine compl\u00e9mentaire utilisez-vous?<\/p>\n<p>L\u2019hypnose donne de tr\u00e8s bons r\u00e9sultats. On observe gr\u00e2ce \u00e0 elle un meilleur contr\u00f4le de la douleur, moins de m\u00e9dication, moins d\u2019anesth\u00e9sies g\u00e9n\u00e9rales et donc des s\u00e9jours moins longs en soins intensifs. L\u00e0 aussi, la composante psychologique s\u2019av\u00e8re cruciale. Nous op\u00e9rons en collaboration avec le service psychiatrique de l\u2019h\u00f4pital et avec des th\u00e9rapeutes sp\u00e9cialis\u00e9s. Trois \u00e0 quatre s\u00e9ances sont n\u00e9cessaires pour apprendre les bases. Cette technique est ouverte \u00e0 des patients d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 5 ans.<\/p>\n<p>&#8211; Et pour quel type de patient cette m\u00e9thode ne peut servir?<\/p>\n<p>Les personnes inconscientes. Pour \u00eatre efficace, cette technique doit s\u2019appliquer \u00e0 des patients \u00e9veill\u00e9s, avec des douleurs pr\u00e9cises.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>TEMOIGNAGES<\/p>\n<p><strong>\u00abMon gu\u00e9risseur m\u2019a beaucoup aid\u00e9e\u00bb<\/strong><br \/>\n<em>Laurence Rochat, 33 ans, coordinatrice \u00e9v\u00e9nement chez Audemars Piguet, m\u00e9daill\u00e9e olympique de ski de fond <\/em><\/p>\n<p>\u00abLes m\u00e9decines naturelles constituent un excellent traitement pr\u00e9ventif et diminuent la chance de contracter une maladie plus grave.\u00bb Ancienne skieuse de fond, Laurence Rochat est persuad\u00e9e de l\u2019efficacit\u00e9 des m\u00e9decines non conventionnelles. M\u00e9daill\u00e9e de bronze aux Jeux olympiques de Salt Lake City, en 2002, cette sportive d\u2019\u00e9lite y a souvent eu recours lors de sa carri\u00e8re d\u2019athl\u00e8te. Mais il n\u2019en a pas toujours \u00e9t\u00e9 ainsi. \u00abLe d\u00e9clic a eu lieu en 2003. Je suivais un traitement \u00e0 base d\u2019infiltrations d\u2019antibiotiques pour soigner mon pied gauche, atteint d\u2019une p\u00e9riostite caus\u00e9e par un changement d\u2019\u00e9quipement. Apr\u00e8s une ann\u00e9e de traitement, la douleur \u00e9tait toujours pr\u00e9sente. Sur le conseil d\u2019amis, je suis all\u00e9e voir Marcel Cuttat, un rebouteux \u00e9nerg\u00e9ticien ayant re\u00e7u de sa m\u00e8re le don d\u2019enlever les inflammations. Il m\u2019a gu\u00e9rie en quelques semaines.\u00bb Depuis cette gu\u00e9rison, la jeune femme n\u00e9e dans la vall\u00e9e de Joux n\u2019h\u00e9site plus \u00e0 se tourner vers la m\u00e9decine douce. \u00abEn tant que sportive d\u2019\u00e9lite, je devais toujours \u00eatre au top de ma forme. Cette pression m\u2019a pouss\u00e9e \u00e0 m\u2019int\u00e9resser \u00e0 diff\u00e9rentes approches th\u00e9rapeutiques. J\u2019ai, par exemple, \u00e9t\u00e9 plusieurs fois chez l\u2019ost\u00e9opathe pour soigner mes lumbagos.\u00bb Pour elle, les m\u00e9decines parall\u00e8les pr\u00e9sentent l\u2019avantage d\u2019aller \u00e0 l\u2019origine du mal et de chercher \u00e0 en soigner les causes. Elles ne doivent pas pour autant remplacer une alimentation \u00e9quilibr\u00e9e, ni faire obstacle \u00e0 la m\u00e9decine conventionnelle. \u00abLorsque j\u2019ai eu un probl\u00e8me au tendon d\u2019Achille, je n\u2019ai pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 me faire op\u00e9rer.\u00bb Quand elle \u00e9tait fondeuse, Laurence Rochat consommait beaucoup d\u2019Echinacea, une plante \u00e0 l\u2019effet curatif, de la spiruline, un compl\u00e9ment alimentaire \u00e0 base d\u2019algues, et des om\u00e9ga-3 pour soigner son asthme. Autant de substances qu\u2019elle n\u2019utilise plus. \u00abJ\u2019ai mis un terme \u00e0 ma carri\u00e8re d\u2019athl\u00e8te il y a deux ans. Depuis, je suis moins souvent malade. Je continue tout de m\u00eame \u00e0 suivre, une fois par mois, des s\u00e9ances de reiki, une m\u00e9thode de soins japonaise pour me r\u00e9\u00e9quilibrer et retrouver mon \u00e9nergie.\u00bb Loin de vouloir pr\u00eacher la bonne parole, la jeune femme conclut dans un sourire: \u00abAvec le temps, j\u2019ai appris \u00e0 savoir ce qui me faisait du bien. Mais chacun doit chercher le rem\u00e8de qui lui convient.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJ\u2019ai choisi de soigner ma tumeur par l\u2019hom\u00e9opathie\u00bb<\/strong><br \/>\n<em>Dominique*, hom\u00e9opathe<\/em><\/p>\n<p>\u00abQuand j\u2019ai appris en 2009 que je souffrais d\u2019un cancer du sein, mon fr\u00e8re cadet venait de mourir d\u2019une tumeur, apr\u00e8s un long et infructueux traitement par chimioth\u00e9rapie. Je n\u2019avais pas envie de suivre le m\u00eame chemin.\u00bb Dominique, hom\u00e9opathe de profession, s\u2019est donc tourn\u00e9 vers les m\u00e9decines douces. \u00abJ\u2019aurais pu choisir de faire une op\u00e9ration chirurgicale suivie d\u2019une chimioth\u00e9rapie. Mais la deuxi\u00e8me intervention affaiblit terriblement l\u2019organisme et provoque de nombreux effets collat\u00e9raux. Lorsqu\u2019elle \u00e9choue, le patient voit son \u00e9nergie vitale et ses espoirs de gu\u00e9rison diminu\u00e9s. La maladie peut m\u00eame devenir chronique. J\u2019ai donc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder ma tumeur intacte.\u00bb Dominique choisit alors de faire appel \u00e0 un m\u00e9decin hom\u00e9opathe reconnu dans le traitement des maladies tumorales. Il lui prescrit des doses de globules, \u00e0 prendre tous les quarante jours. Les petits granul\u00e9s sont cens\u00e9s s\u2019attaquer \u00e0 sa tumeur tout en \u00e9vitant l\u2019apparition de sympt\u00f4mes. \u00abCe traitement permet une grande libert\u00e9 de mouvement, car il peut \u00eatre r\u00e9ajust\u00e9 \u00e0 tout moment, selon l\u2019\u00e9volution de mon \u00e9tat.\u00bb<\/p>\n<p>Si son choix de la m\u00e9decine douce peut surprendre &#8212; habituellement l\u2019hom\u00e9opathie est utilis\u00e9e principalement pour diminuer les effets secondaires des traitements anticanc\u00e9reux &#8212; Dominique n\u2019y voit que des avantages: \u00abL\u2019hom\u00e9opathie s\u2019int\u00e9resse aussi bien aux facteurs physiques que psychiques susceptibles d\u2019avoir provoqu\u00e9 la maladie. Il s\u2019agit d\u2019un traitement de fond, qui consid\u00e8re l\u2019individu dans sa globalit\u00e9 avant d\u2019\u00e9tablir un diagnostic. Ce type de m\u00e9dication pr\u00e9sente surtout l\u2019\u00e9norme avantage de ne pas entra\u00eener d\u2019effets secondaires. Je me souviens qu\u2019\u00e0 la fin de sa vie, mon fr\u00e8re d\u00e9p\u00e9rissait et avait le sentiment de vivre pour se soigner. J\u2019ai choisi de suivre le processus inverse et de vivre pleinement, malgr\u00e9 ma tumeur. J\u2019ai augment\u00e9 mon temps de travail et entrepris des \u00e9tudes. J\u2019ai aussi pris le temps de mieux me conna\u00eetre en faisant un travail sur moi. Finalement, l\u2019avantage principal de l\u2019hom\u00e9opathie est peut-\u00eatre de m\u2019avoir donn\u00e9 du temps.\u00bb Risqu\u00e9 ou pas, son choix lui donne pour l\u2019instant raison: depuis un an, dit-il, la taille de sa tumeur a diminu\u00e9 de moiti\u00e9.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJe soigne surtout les d\u00e9pressions\u00bb<\/strong><br \/>\n<em>Helmut Thomas, 68 ans, magn\u00e9tiseur et gu\u00e9risseur spirituel<\/em><\/p>\n<p>Helmut Thomas respire la bienveillance. Depuis cinq ans, cet homme de 68 ans re\u00e7oit des patients dans son cabinet situ\u00e9 \u00e0 Montreux. \u00abLes gens viennent me voir pour toutes sortes de probl\u00e8mes, de la d\u00e9pression \u00e0 la cataracte en passant par la prostate.\u00bb D\u00e9tenteur du secret, l\u2019Appenzellois soigne aussi les h\u00e9morragies, les douleurs et les br\u00fblures. Pour les autres maladies, il utilise la m\u00e9thode des 4 dimensions, une th\u00e9rapie \u00e9nerg\u00e9tique bas\u00e9e sur l\u2019harmonisation entre l\u2019organisme, la conscience, l\u2019\u00e9nergie et la spiritualit\u00e9. \u00abLes \u00e9motions n\u00e9gatives comme le stress, la tristesse, le surmenage ou la solitude affectent le syst\u00e8me immunitaire. Lorsque ce dernier est affaibli, l\u2019organisme est davantage sujet \u00e0 la maladie. Je r\u00e9\u00e9quilibre donc les \u00e9nergies d\u00e9fectueuses pour faciliter le processus de gu\u00e9rison.\u00bb La m\u00e9thode peut se pratiquer \u00e0 distance ou en pr\u00e9sence du patient. Aujourd\u2019hui \u00e0 la retraite, cet imprimeur de profession raconte volontiers son parcours. \u00abJ\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par le travail des gu\u00e9risseurs. A l\u2019\u00e9poque, cette pratique \u00e9tait interdite en Suisse, sauf \u00e0 Appenzell. Je me souviens qu\u2019un garagiste zurichois avait quitt\u00e9 son canton pour venir y pratiquer. Cela m\u2019avait beaucoup intrigu\u00e9.\u00bb Lui a pris conscience de son don en 1994, lors d\u2019un cours sur la gu\u00e9rison spirituelle. \u00abLa personne qui le donnait a remarqu\u00e9 chez moi quelque chose de sp\u00e9cial: la pr\u00e9sence d\u2019une force que les autres n\u2019avaient pas. Selon elle, cette force \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 un accident que j\u2019avais subi quelques ann\u00e9es auparavant lors duquel j\u2019avais fr\u00f4l\u00e9 la mort.\u00bb Peu apr\u00e8s cet \u00e9v\u00e9nement, il am\u00e9nage son premier cabinet dans une annexe de son imprimerie \u00e0 Carouge et commence \u00e0 pratiquer comme gu\u00e9risseur spirituel. A 63 ans, il s\u2019installe dans le canton de Vaud, o\u00f9 il re\u00e7oit ses patients pour 140 francs les deux heures. \u00abJe traite les d\u00e9pressions avec beaucoup de succ\u00e8s en r\u00e9activant l\u2019\u00e9nergie au niveau du duod\u00e9num et du syst\u00e8me v\u00e9g\u00e9tatif nerveux.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>M\u00e9decines naturelles, rembours\u00e9es mais sans effet? Pas tout \u00e0 fait.<\/strong><\/p>\n<p><em>La d\u00e9cision politique de faire prendre en charge cinq m\u00e9decines compl\u00e9mentaires par l\u2019assurance maladie de base cache mal le d\u00e9bat sur leur efficacit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p>Introduites dans l\u2019assurance de base en 1999, retir\u00e9es en 2005, puis finalement r\u00e9introduites en 2012\u2026 Le feuilleton des m\u00e9decines non conventionnelles n\u2019est pas pr\u00e8s de s\u2019arr\u00eater. Malgr\u00e9 l\u2019avis n\u00e9gatif de la Commission f\u00e9d\u00e9rale des prestations g\u00e9n\u00e9rales et des principes (CFPP), le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019int\u00e9rieur (DFI) a d\u00e9cid\u00e9 de r\u00e9int\u00e9grer dans l\u2019assurance de base le remboursement de la m\u00e9decine traditionnelle chinoise, la m\u00e9decine anthroposophique, l\u2019hom\u00e9opathie et la phytoth\u00e9rapie, pour une p\u00e9riode transitoire courant du 1er janvier 2012 jusqu\u2019\u00e0 fin 2017, ainsi que la th\u00e9rapie neurale de mani\u00e8re d\u00e9finitive.<\/p>\n<p>Une d\u00e9cision qui interpelle puisque le DFI juge lui-m\u00eame \u00abqu\u2019\u00e0 ce jour, il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 possible de prouver que ces m\u00e9decines remplissent pleinement les crit\u00e8res l\u00e9gaux d\u2019efficacit\u00e9, d\u2019ad\u00e9quation et d\u2019\u00e9conomicit\u00e9 (EAE)\u00bb. Alors pourquoi les rembourser? \u00abIl s\u2019agit d\u2019une d\u00e9cision politique prise suite \u00e0 la votation populaire, r\u00e9pond Pierre-Yves Rodondi, m\u00e9decin au CHUV et chercheur \u00e0 l\u2019Unit\u00e9 de recherche et d\u2019enseignement sur les m\u00e9decines compl\u00e9mentaires \u00e0 l\u2019Unil. D\u2019un point de vue strictement scientifique, c\u2019est probablement un peu t\u00f4t.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abIl n\u2019existe pas de preuves de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019hom\u00e9opathie, confirme le m\u00e9decin hom\u00e9opathe Pascal B\u00fcchler. Mais je vois chaque jour dans mon cabinet que cela marche.\u00bb Un avis partag\u00e9 par l\u2019ancien pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des m\u00e9decins suisse (FMH) et g\u00e9n\u00e9raliste Jacques de Haller: \u00abCertains patients se portent mieux avec ce type de traitements. Certes, les effets ne s\u2019expliquent pas par des causes observables au microscope ou par une radiographie, mais l\u2019effet placebo n\u2019est qu\u2019une explication possible parmi d\u2019autres.\u00bb<\/p>\n<p>Ces observations empiriques cachent mal l\u2019absence ou le peu de preuves scientifiques d\u2019une quelconque efficacit\u00e9: \u00abJe suis oppos\u00e9 \u00e0 toute forme d\u2019irrationalit\u00e9s, mart\u00e8le Beda Stadler, directeur de l\u2019Institut d\u2019immunologie de l\u2019Universit\u00e9 de Berne. Vendre un simple effet placebo revient \u00e0 tromper les patients. En ce qui concerne l\u2019hom\u00e9opathie, par exemple, toutes les \u00e9tudes prouvent que cela ne fonctionne pas. On se situe davantage dans la croyance que dans le savoir.<\/p>\n<p>A l\u2019oppos\u00e9, la th\u00e9rapie neurale utilise les m\u00eames anesth\u00e9siants que la m\u00e9decine conventionnelle. La seule diff\u00e9rence est que les tenants de ce courant osent l\u2019injecter dans des organes comme le foie o\u00f9 jamais un m\u00e9decin n\u2019oserait s\u2019aventurer.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abIl existe encore beaucoup d\u2019a priori sur les m\u00e9decines compl\u00e9mentaires, constate Pierre-Yves Rodondi. Mais le vent est en train de tourner. Je sens un grand int\u00e9r\u00eat des jeunes m\u00e9decins pour ces techniques et nous disposons d\u00e9sormais de r\u00e9sultats qui ne permettent plus d\u2019accepter ou de rejeter en bloc les m\u00e9decines compl\u00e9mentaires. Certaines pratiques fonctionnent. Par exemple, alors que la m\u00e9decine conventionnelle ne parvient pas \u00e0 traiter toutes les douleurs, les techniques de relaxation, l\u2019hypnose et l\u2019acuponcture apportent de bons r\u00e9sultats.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019effet b\u00e9n\u00e9fique de la phytoth\u00e9rapie, lui aussi, n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer. \u00abL\u2019\u00e9corce de saule, par exemple, est un excellent antidouleur, raconte Kurt Hostettmann, professeur honoraire aux universit\u00e9s de Gen\u00e8ve et de Lausanne et sp\u00e9cialiste de la phytoth\u00e9rapie. Cit\u00e9e dans la m\u00e9decine \u00e9gyptienne et grecque, cette plante est enregistr\u00e9e par Swissmedic comme m\u00e9dicament contre les douleurs, car elle a montr\u00e9 une grande efficience dans des \u00e9tudes cliniques en double aveugle contre placebo. Elle a par ailleurs donn\u00e9 lieu \u00e0 la d\u00e9couverte de l\u2019acide salicylique, mol\u00e9cule \u00e0 l\u2019origine de la synth\u00e8se de l\u2019aspirine par Bayer.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019acuponcture, pratique admise par l\u2019assurance de base, a \u00e9galement fait ses preuves scientifiquement. Pour la th\u00e9rapie neurale, ainsi que pour les m\u00e9decines traditionnelles chinoise et anthroposophique, l\u2019absence d\u2019\u00e9tudes scientifiques incontestables rend difficile l\u2019appr\u00e9ciation de leur qualit\u00e9. \u00abLa difficult\u00e9 pour prouver la pertinence de ces m\u00e9thodes est que les tests scientifiques traditionnels ne peuvent pas toujours s\u2019appliquer aux m\u00e9decines non conventionnelles, explique Pierre-Yves Rodondi. Par exemple, il n\u2019est pas possible de faire des tests en double aveugle avec la m\u00e9ditation. Il faut donc \u00e9tablir de nouvelles techniques. Des chercheurs ont, par exemple, mis au point des aiguilles qui donnent l\u2019impression aux patients d\u2019\u00eatre piqu\u00e9s, alors qu\u2019ils ne le sont pas vraiment. Cela permet de tester l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019acuponcture.\u00bb<\/p>\n<p>Pour le m\u00e9decin hom\u00e9opathe Pascal B\u00fcchler, les tests biologiques auront du mal \u00e0 apporter une preuve que l\u2019hom\u00e9opathie est b\u00e9n\u00e9fique. \u00abLa m\u00e9decine scientifique valide l\u2019effet d\u2019un m\u00e9dicament sur une maladie. Mais l\u2019hom\u00e9opathie ne fonctionne pas comme \u00e7a, explique le th\u00e9rapeute. Nous choisissons un compos\u00e9 pour un patient, et non en fonction d\u2019une maladie. C\u2019est une m\u00e9decine individualis\u00e9e. Deux patients qui ont la m\u00eame pathologie, mais des sympt\u00f4mes diff\u00e9rents, peuvent recevoir des traitements distincts.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abDes recherches scientifiques de qualit\u00e9 et ind\u00e9pendantes doivent \u00eatre mises en place, afin de pr\u00e9ciser les indications et am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des soins, estime Pierre-Yves Rodondi. En m\u00e9decine conventionnelle, les r\u00e9sultats des recherches influencent les pratiques. En m\u00e9decine compl\u00e9mentaire, c\u2019est une \u00e9volution qui doit se mettre en place en parall\u00e8le avec le d\u00e9veloppement de la recherche. La question de l\u2019\u00e9valuation scientifique est essentielle. Cette mission n\u00e9cessite d\u2019importants moyens qui devraient \u00eatre mis \u00e0 disposition des scientifiques.\u00bb<\/p>\n<p>Une autre question pr\u00eate \u00e0 d\u00e9bat: pourquoi avoir choisi uniquement de rembourser ces 5 m\u00e9thodes, parmi les quelque 125 pratiques de m\u00e9decines compl\u00e9mentaires recens\u00e9es en Suisse? \u00abC\u2019est certainement le poids des lobbys, estime Pierre-Yves Rodondi. L\u2019ost\u00e9opathie, tr\u00e8s pris\u00e9e en Suisse, pourrait aussi faire partie de la liste si l\u2019on retient le crit\u00e8re de la popularit\u00e9 et m\u00e9riterait une plus grande attention du point de vue de l\u2019\u00e9valuation scientifique. L\u2019hypnose, qui est utilis\u00e9e au CHUV pour les grands br\u00fbl\u00e9s avec de bons r\u00e9sultats, pourrait y pr\u00e9tendre \u00e9galement. Une \u00e9tude men\u00e9e dans l\u2019h\u00f4pital vaudois a montr\u00e9 qu\u2019elle diminue les frais de 19 000 francs chez les grands br\u00fbl\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9duction des co\u00fbts pour le syst\u00e8me de sant\u00e9, c\u2019est l\u2019autre argument des partisans des m\u00e9decines non conventionnelles: \u00abGr\u00e2ce \u00e0 l\u2019hom\u00e9opathie, je prescris beaucoup moins d\u2019antibiotiques, explique l\u2019hom\u00e9opathe Pascal B\u00fcchler. En termes de m\u00e9dication, cela repr\u00e9sente une \u00e9conomie, m\u00eame si mes consultations reviennent plus cher, car elles sont plus longues.\u00bb Dans son rapport, le Programme \u00e9valuation m\u00e9decine compl\u00e9mentaire (PEK) admet que \u00able co\u00fbt global annuel des praticiens des m\u00e9decines compl\u00e9mentaires est nettement inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne de ce qu\u2019il est chez les m\u00e9decins conventionnels\u00bb. Mais ces pratiques prennent principalement en charge des jeunes et des femmes. \u00abCorrig\u00e9 de ces deux facteurs, le co\u00fbt global par patient ne diff\u00e8re pas de fa\u00e7on significative de celui observ\u00e9 dans la m\u00e9decine conventionnelle.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hom\u00e9opathie, naturopathie, phytoth\u00e9rapie, bior\u00e9sonance, acuponcture&#8230; Les m\u00e9decines alternatives sont pl\u00e9biscit\u00e9es, malgr\u00e9 des r\u00e9sultats souvent scientifiquement discutables. 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