



{"id":365,"date":"2000-03-27T00:00:00","date_gmt":"2000-03-26T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=365"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=365","title":{"rendered":"A\u00efe, \u00abAmerican Beauty\u00bb triomphe aux Oscars\u00a9"},"content":{"rendered":"<p>C&rsquo;\u00e9tait une belle nuit. Trey Parker, cor\u00e9alisateur de <a href=http:\/\/largeur.com\/expArt.asp?artID=184 target=_blank>\u00abSouth Park\u00bb<\/a>, portait la m\u00eame tenue ultramoulante que Jennifer Lopez \u00e0 la soir\u00e9e des Grammys le mois dernier. Une vraie sensation. Il \u00e9tait en lice pour l&rsquo;Oscar\u00a9 de la meilleure chanson avec \u00abBlame Canada\u00bb, mais c&rsquo;est finalement Phil Collins qui l&rsquo;a eu pour \u00abYou&rsquo;ll Be In My Heart\u00bb, la scie du d\u00e9primant \u00abTarzan\u00bb de Disney. C&rsquo;est dire l&rsquo;ouragan d&rsquo;anticonformisme qui soufflait sur la c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n<p>Le sommet de l&rsquo;audace alternative a \u00e9t\u00e9 atteint avec le couronnement de Hilary Swank, jeune inconnue \u00e9lue meilleure actrice pour son r\u00f4le de gar\u00e7onne transexuelle dans \u00abBoys Don&rsquo;t Cry\u00bb. Tant pis pour Annette Bening, enceinte de huit mois et qui mena\u00e7ait d&rsquo;accoucher en direct-live de la c\u00e9r\u00e9monie: l&rsquo;ex-potentielle first lady n&rsquo;aura rien obtenu, alors qu&rsquo;elle \u00e9tait l&rsquo;unique contractuelle d&rsquo;\u00abAmerican Beauty\u00bb \u00e0 m\u00e9riter un troph\u00e9e. Sans ses rires hyst\u00e9riques de quadra n\u00e9vros\u00e9e, le film de Sam Mendes aurait paru mortel d&rsquo;ennui th\u00e9orique. Mais voil\u00e0, c&rsquo;est la grande injustice de ces Oscars\u00a9 2000: \u00e0 peu pr\u00e8s tous les nomin\u00e9s d&rsquo;\u00abAmerican Beauty\u00bb sont repartis avec une statuette sauf Mrs Bening, qui n&rsquo;a que le troph\u00e9e de son mari pour se consoler (Warren Beatty a obtenu l&rsquo;Irving G. Thalberg Memorial Award For Career Achievement). <\/p>\n<p>La moisson d&rsquo;\u00abAmerican Beauty\u00bb \u00e9tait \u00e0 pr\u00e9voir puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un film juste assez sulfureux pour faire bander le grand public et r\u00e9alis\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re suffisamment conventionnelle pour ne pas l&rsquo;effrayer. Cette histoire d&rsquo;un p\u00e8re de famille excit\u00e9 par une coll\u00e9gienne offre une image naturellement tordue de l&rsquo;Am\u00e9rique contemporaine (on est rassur\u00e9 d&rsquo;apprendre qu&rsquo;elle s&rsquo;y est reconnue), dommage que la r\u00e9alisation pompeuse du Britannique Sam Mendes lui \u00f4te toutes ses asp\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n<p>Avec ce sc\u00e9nario subtil sign\u00e9 Alan Ball (son Oscar\u00a9 est m\u00e9rit\u00e9, m\u00eame si on aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 Charlie Kaufman pour \u00abBeing John Malkovich), un bon r\u00e9alisateur aurait pu faire des merveilles. Mais Mendes n&rsquo;est pas un bon r\u00e9alisateur, ni m\u00eame un t\u00e2cheron, et surtout pas un habile technicien. Sa r\u00e9compense est un pur scandale, surtout si l&rsquo;on tient compte de la qualit\u00e9 des quatre autres nominations (le magnifque Spike Jonze, le solide Michael Mann, le prometteur  M. Night Shyamalan et l&rsquo;\u00e9ternellement sentimental Lasse Hallstrom). Un simple coup d&rsquo;\u0153il \u00e0 cette liste garnie d&rsquo;un Su\u00e9dois et d&rsquo;un Indo-Am\u00e9ricain d\u00e9montre d&rsquo;ailleurs que Hollywood n&rsquo;\u00e9chappe pas \u00e0 la mondialisation des talents.<\/p>\n<p>Dans la cat\u00e9gorie des interpr\u00e8tes masculins, c&rsquo;est Kevin Spacey qui a remport\u00e9 le pompon, toujours pour \u00abAmerican Beauty\u00bb. On est en droit de se demander s&rsquo;il va r\u00e9ussir \u00e0 conserver son aura d&rsquo;acteur le plus cool de Hollywood apr\u00e8s cet adoubement consensuel par la profession. N&rsquo;oublions pas qu&rsquo;il y a un com\u00e9dien terriblement ennuyeux qui sommeille en Kevin Spacey.<\/p>\n<p>On passera rapidement sur les meilleurs r\u00f4les secondaires pusque tout le monde s&rsquo;en fiche (Michael Caine et Angelina Jolie, b\u00e2illements) pour filer vers les r\u00e9compenses techniques o\u00f9 \u00abMatrix\u00bb a empoch\u00e9 les troph\u00e9es du meilleur montage, du meilleur son, des meilleurs effets sonores et des meilleurs effets visuels. Un quart\u00e9 amplement m\u00e9rit\u00e9 si l&rsquo;on mesure l&rsquo;influence spectaculaire de \u00abMatrix\u00bb sur la syntaxe des films d&rsquo;action contemporains (\u00abMission Impossible 2\u00bb, de John Woo, en est para\u00eet-il une pure resuc\u00e9e).<\/p>\n<p>Plus pr\u00e8s de nous, comme le disent les pr\u00e9sentateurs de JT, on pr\u00e9cisera que la Suisse n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9e au palmar\u00e8s puisque c&rsquo;est un citoyen helv\u00e9tique, Arthur Cohn, qui est mont\u00e9 sur sc\u00e8ne pour l&rsquo;Oscar\u00a9 du meilleur documentaire, \u00abOne Day In September\u00bb. Grand habitu\u00e9 des r\u00e9compenses hollywoodiennes, cet Arthur Cohn doit avoir un secret: c&rsquo;est la 3654e fois qu&rsquo;il est nomin\u00e9.<\/p>\n<p>A part \u00e7a, on aurait bien voulu que \u00abAustin Powers 2\u00bb remporte l&rsquo;Oscar\u00a9 du maquillage (c&rsquo;est \u00abTopsy-Turvy\u00bb qui l&rsquo;a eu), ou que \u00abSleepy Hollow\u00bb d\u00e9croche celui de la photo, mais le pauvre Tim Burton a d\u00fb se contenter de la meilleure direction artistique. <\/p>\n<p>La nouvelle la plus r\u00e9jouissante de ces Oscars\u00a9 2000, c&rsquo;est finalement la statuette du film non-anglophone (\u00abNon-English language film\u00bb, texto) remise \u00e0 Pedro Almodovar. Le r\u00e9alisateur madril\u00e8ne, qui a perdu sa m\u00e8re peu apr\u00e8s la sortie de \u00abTout sur ma m\u00e8re\u00bb, est enfin consacr\u00e9 \u00e0 Hollywood, m\u00e8re patrie du m\u00e9lodrame. Emouvant. \u00abCette r\u00e9compense a de l&rsquo;importance pour nous, mais elle ne va rien changer au genre de film que je vais faire par la suite\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 s\u00e9chement le grand Pedro, tout de noir v\u00eatu, \u00e0 l&rsquo;issue de la c\u00e9r\u00e9monie. Nous voil\u00e0 rassur\u00e9s. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hollywood a remis ce matin ses r\u00e9compenses annuelles. Une c\u00e9r\u00e9monie conventionnelle dont Annette Bening est revenue bredouille et o\u00f9 la Suisse n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-365","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/365","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=365"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/365\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=365"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=365"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=365"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}