



{"id":3647,"date":"2012-04-23T15:57:00","date_gmt":"2012-04-23T13:57:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3647"},"modified":"2012-07-09T09:45:38","modified_gmt":"2012-07-09T07:45:38","slug":"commerce","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3647","title":{"rendered":"L\u2019aberration \u00e9cologique des plantes import\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large250412.jpg\" alt=\"large250412.jpg\" title=\"large250412.jpg\" border=\"0\" height=\"334\" width=\"468\" \/>Comme \u00e0 chaque printemps, les Romands se pr\u00e9cipitent dans les magasins sp\u00e9cialis\u00e9s pour leurs travaux de jardinage. Et, souvent, ils ignorent que la plupart des plantes commercialis\u00e9es en grande surface ont parcouru la moiti\u00e9 du globe avant de s\u2019y retrouver.<\/p>\n<p>\u00abImporter des roses d\u2019Equateur est une v\u00e9ritable aberration \u00e9cologique, regrette Olivier Mark, pr\u00e9sident de Jardin Suisse. Chaque bouquet n\u00e9cessite des litres de p\u00e9trole pour arriver dans les rayons. Un probl\u00e8me auquel les gens sont peu sensibilis\u00e9s. Lorsqu\u2019ils ach\u00e8tent des tomates, ils s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 leur provenance. Mais pour les fleurs et les plantes, il r\u00e8gne une grande indiff\u00e9rence.\u00bb<\/p>\n<p>En 2011, le march\u00e9 des v\u00e9g\u00e9taux vivants repr\u00e9sentait en Suisse pr\u00e8s de 1,3 milliard de francs, dont 55% assur\u00e9 par la production autochtone et 45% par les importations.<\/p>\n<p>Des chiffres qui cachent des r\u00e9alit\u00e9s tr\u00e8s diverses. Si les plantes destin\u00e9es aux professionnels sont g\u00e9n\u00e9ralement produites en Suisse, les v\u00e9g\u00e9taux en pot d\u00e9volus aux \u00abjardiniers du dimanche\u00bb, proviennent en majorit\u00e9 de l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Et c\u2019est pire pour les fleurs coup\u00e9es: elles sont import\u00e9es \u00e0 85%. \u00abPour certaines plantes, notamment les cultures tropicales, il est normal de les faire venir, puisque cela co\u00fbterait davantage de les cultiver en Suisse sous serre chauff\u00e9e, explique Jean-Luc Pasquier, consultant et chroniqueur horticole. Mais de nombreux plants poussent naturellement ici et il n\u2019est d\u2019aucun int\u00e9r\u00eat de les importer.\u00bb<\/p>\n<p>Face \u00e0 la concurrence \u00e9trang\u00e8re, les horticulteurs suisses ont du mal \u00e0 subsister, d\u2019autant que, contrairement au secteur de l\u2019agriculture, il n\u2019existe pas de quotas d\u2019importations sur les plantes ornementales. \u00abM\u00eame si nous restons optimistes, c\u2019est dur de survivre, ne cache pas Jean-Marc Crousaz, directeur de l\u2019entreprise Crousaz Fleurs \u00e0 Paudex. Beaucoup de v\u00e9g\u00e9taux, comme ceux provenant d\u2019Equateur, se n\u00e9gocient en dollars. Une rose \u00e0 un dollar revenait \u00e0 4 francs suisses dans les ann\u00e9es 1970. Aujourd\u2019hui, elle vaut moins d\u2019un franc\u2026 Difficile de lutter \u00e0 ce tarif.\u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9sultat: le secteur a perdu une centaine d\u2019entreprises en douze ans. Alors qu\u2019elles \u00e9taient encore plus de 800, en 1996, \u00e0 produire en Suisse, leur nombre est pass\u00e9 \u00e0 moins de 700 en 2008. Pour contrer cette tendance, \u00abnous devons sensibiliser les consommateurs au fait d\u2019acheter des plantes nationales, certes un peu plus ch\u00e8res que les \u00e9trang\u00e8res, mart\u00e8le Olivier Mark. Malheureusement, les distributeurs ne font pratiquement rien pour diff\u00e9rencier les unes des autres car leurs marges sont plus importantes sur les produits import\u00e9s.\u00bb Difficile, toutefois, de stigmatiser les consommateurs lorsqu\u2019ils ne peuvent distinguer ce qui est cultiv\u00e9 en Suisse de ce qui ne l\u2019est pas.<\/p>\n<p>Afin de se d\u00e9marquer, les horticulteurs suisses ont alors cr\u00e9\u00e9 plusieurs labels garantissant la provenance des plantes. Pr\u00e8s de 200 producteurs ont ainsi adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 Plantiance, cr\u00e9\u00e9 en 2001 par Jardin Suisse. Et d\u2019autres appellations existent comme Suisse Garantie ou Gen\u00e8ve R\u00e9gion.<\/p>\n<p>\u00abJe trouve l\u2019id\u00e9e des labels excellente, mais je ne veux pas y participer. Cela demande beaucoup trop de paperasse, commente le fleuriste Jean-Marc Crousaz. Et l\u2019origine est rarement, pour ne pas dire jamais, indiqu\u00e9e lorsqu\u2019on ach\u00e8te un bouquet de fleurs.\u00bb Quand elle n\u2019est pas mensong\u00e8re. \u00abBeaucoup de plantes sont estampill\u00e9es made in Holland, mais c\u2019est une indication trompeuse, explique Olivier Mark: 80% de la production mondiale passe par les Pays-Bas, mais cela ne veut pas dire qu\u2019elle y a \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>La qualit\u00e9 des plantes \u00e9trang\u00e8res n\u2019est cependant pas remise en question: \u00abLes fleurs suisses sont les plus fra\u00eeches, mais ce serait mentir de dire qu\u2019elles sont les plus belles\u00bb, avoue Jean-Marc Crousaz. N\u00e9anmoins, la beaut\u00e9, m\u00eame pour une rose, n\u2019est pas tout, estime Olivier Mark. \u00abLes produits qui viennent de nos r\u00e9gions n\u00e9cessitent peu de transport et ne sont pas cultiv\u00e9s par des personnes pay\u00e9es quelques centimes de l\u2019heure.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e8s de 85% des fleurs vendues en Suisse sont d\u2019origine \u00e9trang\u00e8re. Une absurdit\u00e9 \u00e9conomique et environnementale: la plupart pourraient \u00eatre cultiv\u00e9es sur place. Enqu\u00eate.<\/p>\n","protected":false},"author":19489,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3647","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3647","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19489"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3647"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3647\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3647"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3647"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3647"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}