



{"id":3636,"date":"2012-04-05T16:01:38","date_gmt":"2012-04-05T14:01:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3636"},"modified":"2012-07-09T09:44:59","modified_gmt":"2012-07-09T07:44:59","slug":"mobilite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3636","title":{"rendered":"V\u00e9los \u00e9lectriques, la r\u00e9volution silencieuse"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large090412.jpg\" alt=\"large090412.jpg\" title=\"large090412.jpg\" border=\"0\" height=\"256\" width=\"468\" \/>\u00abIl y a quinze ans, nous vendions 600 v\u00e9los \u00e9lectriques par ann\u00e9e, \u00e0 pr\u00e9sent ce chiffre est atteint en deux jours.\u00bb Kurt Sch\u00e4r, directeur du premier producteur suisse Flyer, peut sourire: dans les villes romandes comme en p\u00e9riph\u00e9rie, le v\u00e9lo avec assistance au p\u00e9dalage est en passe de supplanter le traditionnel city bike roulant \u00e0 la seule puissance humaine. La fi\u00e8vre de l\u2019e-bike a gagn\u00e9 les populations les plus vari\u00e9es: jeunes cadres contournant les bouchons, m\u00e8res de famille de retour des courses ou encore livreurs heureux de ne plus arriver \u00e0 bout de souffle chez leurs clients.<\/p>\n<p>A Lausanne, le responsable du Service des parcs de la Ville Micha\u00ebl Rosselet-Christ utilise depuis quatre ans le v\u00e9lo \u00e9lectrique pour inspecter les chantiers en cours: \u00abJe n\u2019y vois pratiquement que des avantages: mes d\u00e9placements sont rapides et \u00e9cologiques, et je suis plus r\u00e9actif car je peux m\u2019arr\u00eater \u00e0 l\u2019improviste. \u00bb Dans cette ville \u00e0 forte d\u00e9clivit\u00e9, un engin puissant se r\u00e9v\u00e8le rapidement indispensable, souligne ce cycliste chevronn\u00e9 de 44 ans: \u00abParfois, je peux presque me sentir frustr\u00e9 du peu d\u2019effort que demande un d\u00e9placement \u00e0 v\u00e9lo \u00e9lectrique!\u00bb<\/p>\n<p>Alors que les ventes de bicyclettes classiques et de scooters ont tendance \u00e0 se tasser, on observe un boom exponentiel du march\u00e9 du v\u00e9lo \u00e9lectrique depuis une d\u00e9cennie. En 2011, pr\u00e8s de 50&rsquo;000 e-bikes ont trouv\u00e9 preneur en Suisse, un quart de plus que l\u2019an pr\u00e9c\u00e9dent. \u00abIl y a huit ans, j\u2019\u00e9tais un peu pionni\u00e8re du v\u00e9lo \u00e9lectrique et j\u2019adorais pouvoir d\u00e9passer avec le sourire les cyclistes muscl\u00e9s dans les mont\u00e9es, raconte la journaliste Isabelle Moncada, pr\u00e9sentatrice de l\u2019\u00e9mission 36.9\u00b0 sur la RTS. Aujourd\u2019hui, c\u2019est plus dur, car ils en ont un eux aussi!\u00bb<\/p>\n<p>Parmi les utilisateurs en costume-cravate figure Michel D\u00e9robert, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Association des banquiers priv\u00e9s suisses: \u00abLe v\u00e9lo \u00e9lectrique repr\u00e9sente le moyen le plus efficace d\u2019aller rapidement \u00e0 mon travail sans transpirer. Il me faut dix \u00e0 vingt minutes de moins qu\u2019en voiture pour arriver \u00e0 mon bureau au centreville. Ce n\u2019est pas vraiment un acte de foi \u00e9cologique, plut\u00f4t un acte de foi contre la situation du trafic \u00e0 Gen\u00e8ve!\u00bb<\/p>\n<p>Automobilistes repentis. Le v\u00e9lo \u00e9lectrique \u00e9tant particuli\u00e8rement adapt\u00e9 au milieu urbain, les pendulaires forment le gros de la client\u00e8le des magasins sp\u00e9cialis\u00e9s. \u00abLa hausse du prix du carburant, les probl\u00e8mes de places de parking et d\u2019embouteillages ont conduit beaucoup de m\u00e9nages \u00e0 abandonner leur deuxi\u00e8me voiture pour un e-bike, constate Vincent Ebiner, g\u00e9rant des magasins Easycycle \u00e0 Gilly (VD) et Gen\u00e8ve. Certaines entreprises vont jusqu\u2019\u00e0 subventionner l\u2019achat d\u2019un v\u00e9lo \u00e9lectrique si leur employ\u00e9 restitue sa place de parc.\u00bb<\/p>\n<p>En ville, le moteur permet de franchir les d\u00e9nivel\u00e9s que l\u2019on croyait insurmontables sans devoir prendre de douche \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e: \u00abJe ne me pose plus la question du chemin \u00e0 prendre, t\u00e9moigne Delphine Demeure, psychomotricienne genevoise de 32 ans. Auparavant, je regardais toujours la carte \u00e0 l\u2019avance pour contourner les plus grandes mont\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Lausanne, citadelle r\u00e9put\u00e9e difficile d\u2019acc\u00e8s aux deux-roues classiques, \u00abse transforme en ville cycliste gr\u00e2ce au v\u00e9lo \u00e9lectrique \u00bb, rel\u00e8ve Vincent Ebiner. M\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 Neuch\u00e2tel, une autre cit\u00e9 en pente: \u00abJ\u2019ai re\u00e7u un v\u00e9lo motoris\u00e9 pour mes 60 ans car je commen\u00e7ais \u00e0 avoir de la peine en mont\u00e9e, explique Marie-Claire Evard Rodrigues, technicienne dentaire. La premi\u00e8re ann\u00e9e, j\u2019ai fait mille kilom\u00e8tres!\u00bb<\/p>\n<p>Pour Manon Giger, coordinatrice romande de l\u2019association Pro Velo, \u00abl\u2019ebike pr\u00e9sente l\u2019avantage de toucher des personnes qui ne faisaient pas forc\u00e9ment de v\u00e9lo auparavant\u00bb. Isabelle Moncada se d\u00e9finit comme une automobiliste et conductrice de scooter repentie: \u00abLorsque j\u2019ai install\u00e9 un petit moteur sur mon v\u00e9lo, cela a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9v\u00e9lation.\u00bb<\/p>\n<p>La nouvelle silhouette du cycle \u00e9lectrique, dont le poids varie entre 20 et 30 kilos, est pour beaucoup dans ce succ\u00e8s: \u00abIl y a quelques ann\u00e9es, le look des v\u00e9los \u00e9lectriques \u00e9tait tr\u00e8s typ\u00e9 pour les dames d\u2019un certain \u00e2ge, qui constituaient la majorit\u00e9 des clients, explique J\u00e9r\u00f4me Steimer, associ\u00e9 responsable de production chez le fabricant genevois Wattworld. Aujourd\u2019hui, ils ressemblent beaucoup plus aux deux-roues traditionnels et s\u00e9duisent aussi les jeunes et les hommes.\u00bb<\/p>\n<p>Marques suisses de renom. Profitant de l\u2019engouement actuel pour les v\u00e9los \u00e9lectriques, les magasins sp\u00e9cialis\u00e9s fleurissent en Suisse romande. M\u00eame les grands distributeurs s\u2019y mettent: M-Way, filiale de Migros consacr\u00e9e aux v\u00e9hicules \u00e9lectriques, vient d\u2019ouvrir deux surfaces de vente \u00e0 Gen\u00e8ve et \u00e0 Lausanne. Pour son directeur marketing Thomas Schr\u00f6der, \u00abil y a une forte demande en Suisse romande, qui n\u2019est pas encore satisfaite\u00bb.<\/p>\n<p>Le responsable observe une client\u00e8le plus juv\u00e9nile qu\u2019en Suisse al\u00e9manique: \u00abL\u2019ebike attire beaucoup de couples entre 25 et 40 ans, qui appr\u00e9cient de rouler avec une remorque pour les enfants et les courses.\u00bb Le v\u00e9lo \u00e9lectrique s\u2019est implant\u00e9 un peu plus t\u00f4t de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la Sarine. Vincent Ebiner, du magasin Easycycle, donne une explication culturelle: \u00abLes Suisses al\u00e9maniques avaient d\u00e9j\u00e0 int\u00e9gr\u00e9 la notion de v\u00e9lo utilitaire avec les bicyclettes classiques. Ici, c\u2019est un peu une r\u00e9volution de penduler \u00e0 v\u00e9lo.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est aussi dans la partie germanophone du pays que se concentrent les poids lourds du secteur, les marques sp\u00e9cialis\u00e9es Flyer, Stromer ou encore Dolphin, qui jouissent d\u2019une r\u00e9putation internationale. Le num\u00e9ro un suisse Flyer, bas\u00e9 \u00e0 Huttwil, dans le canton de Berne, a sorti 50&rsquo;000 e-bikes de ses usines en 2011, dont la moiti\u00e9 pour l\u2019exportation, vers l\u2019Allemagne, les Pays-Bas ou l\u2019Autriche. \u00abEn raison de la popularit\u00e9 croissante des v\u00e9los \u00e9lectriques, toutes les grandes marques de v\u00e9los classiques attaquent d\u00e9sormais ce march\u00e9, observe Lucas Girardet, fondateur du r\u00e9seau romand de v\u00e9los en libre-service Velopass. M\u00eame les constructeurs sportifs proposent des VTT \u00e9lectriques.\u00bb<\/p>\n<p>Selon lui, cette concurrence accrue est susceptible d\u2019entra\u00eener une baisse du prix \u00e0 d\u00e9bourser pour un v\u00e9lo \u00e9lectrique, qui s\u2019\u00e9tablit en moyenne \u00e0 2800 francs selon l\u2019Office suisse de conseil pour deux-roues (OSCD), mais grimpe facilement \u00e0 5000 francs pour un mod\u00e8le aux performances routi\u00e8res et \u00e0 l\u2019autonomie optimis\u00e9es.<\/p>\n<p>Subventions g\u00e9n\u00e9reuses. De nombreuses communes romandes se sont mobilis\u00e9es pour encourager leurs habitants \u00e0 opter pour le v\u00e9lo \u00e9lectrique. Encore r\u00e9cemment, la ville de Gland proposait par exemple de prendre en charge jusqu\u2019\u00e0 1200 francs pour l\u2019achat d\u2019un v\u00e9lo \u00e9lectrique d\u2019une valeur sup\u00e9rieure \u00e0 3000 francs. \u00abFace au succ\u00e8s de l\u2019initiative, nous avons l\u00e9g\u00e8rement diminu\u00e9 les subventions, afin de mieux les r\u00e9partir sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e, pr\u00e9cise Thierry Genoud, municipal charg\u00e9 des B\u00e2timents et de l\u2019Urbanisme. En 2011, nous avons consacr\u00e9 50&rsquo;000 francs \u00e0 la subvention de v\u00e9los, dont une moiti\u00e9 d\u2019e-bikes.\u00bb<\/p>\n<p>De m\u00eame, la Ville de Fribourg propose d\u00e9sormais, et jusqu\u2019au 31 d\u00e9cembre 2012, \u00e0 ses habitants et aux pendulaires, d\u2019\u00e9changer gratuitement leur automobile contre un v\u00e9lo \u00e9lectrique.<\/p>\n<p>Reste maintenant \u00e0 adapter les infrastructures routi\u00e8res: \u00abL\u2019am\u00e9nagement s\u2019am\u00e9liore certes, mais pas assez rapidement au vu du trafic croissant de deuxroues \u00bb, constate Christophe Perrin, architecte et pendulaire genevois de 38 ans. A terme, les embouteillages rencontr\u00e9s en voiture risquent de se transposer sur les pistes cyclables. \u00abNous sommes en retard par rapport aux autoroutes cyclistes que l\u2019on trouve en Allemagne ou aux Pays-Bas\u00bb, estime J\u00e9r\u00f4me Steimer, de Wattworld.<\/p>\n<p>Marcel Maurer, pr\u00e9sident de la Ville de Sion, conna\u00eet bien les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les cyclistes. L\u2019\u00e9lu lib\u00e9ral- radical parcourt 2000 kilom\u00e8tres par ann\u00e9e avec son v\u00e9lo \u00e9lectrique pour se rendre \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville: \u00abEn pratiquant, j\u2019ai pu remarquer les points \u00e0 am\u00e9liorer pour la mobilit\u00e9 urbaine. Nous avons introduit plus d\u2019espaces de rencontre, qui permettent aux v\u00e9los d\u2019emprunter les sens uniques automobiles. Gr\u00e2ce aux am\u00e9nagements et aux subventions, la culture du v\u00e9lo se d\u00e9veloppe \u00e0 Sion.\u00bb<\/p>\n<p>Casque obligatoire. Autre inqui\u00e9tude li\u00e9e \u00e0 l\u2019augmentation du nombre de v\u00e9los \u00e9lectriques dans le trafic urbain: les accidents. \u00abIl faudrait mieux s\u00e9curiser les pistes, car nous sommes encore trop souvent en conflit avec les automobilistes et les pi\u00e9tons\u00bb, estime la journaliste Isabelle Moncada. Au Bureau de pr\u00e9vention des accidents (BPA) \u00e0 Berne, le porte-parole Rolf Moning souligne que le v\u00e9lo \u00e9lectrique ne provoque pas plus d\u2019accidents que les bicyclettes classiques, mais que les cons\u00e9quences sont plus graves, en raison de la vitesse atteinte par les e-bikes: en 2011, 35% des accidents \u00e0 v\u00e9lo motoris\u00e9 ont men\u00e9 \u00e0 des l\u00e9sions graves ou \u00e0 une issue fatale, contre 26% pour les deux-roues traditionnels.<\/p>\n<p>\u00abLes automobilistes sous-estiment trop souvent la rapidit\u00e9 des v\u00e9los \u00e9lectriques, avant de prendre un virage par exemple\u00bb, pr\u00e9cise le porte-parole. Face aux risques croissants, la loi change: d\u00e8s le 1er juillet, le port du casque de v\u00e9lo sera obligatoire pour les utilisateurs d\u2019engins \u00e9quip\u00e9s d\u2019une assistance au p\u00e9dalage fonctionnant au-del\u00e0 de 25 km\/h. Les d\u00e9tenteurs d\u2019e-bikes d\u00e9passant les 20 km\/h sans p\u00e9dalage doivent m\u00eame se munir d\u2019un casque de moto.<\/p>\n<p>\u00abAvec le v\u00e9lo \u00e9lectrique, la fronti\u00e8re entre le v\u00e9lo et le scooter est brouill\u00e9e\u00bb, souligne Lauriane Altwegg, responsable pour la Suisse romande de NewRide, une plateforme de promotion et d\u2019information sur les deux-roues \u00e9lectriques. La jeune femme en profite pour attirer l\u2019attention sur la disparition cette ann\u00e9e d\u2019un symbole suisse, la vignette pour v\u00e9los: \u00abD\u00e9sormais, avec une assistance jusqu\u2019\u00e0 25 km\/h, chaque utilisateur doit faire jouer son assurance responsabilit\u00e9 civile priv\u00e9e en cas de d\u00e9g\u00e2ts \u00e0 des tiers.\u00bb Prescrit contre la transpiration, le v\u00e9lo \u00e9lectrique peut aussi provoquer des sueurs froides.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>PRATIQUE<\/p>\n<p><strong>Fonctionnement<\/strong><br \/>\nLes e-bikes sont \u00e9quip\u00e9s d\u2019un moteur \u00e9lectrique et d\u2019une batterie rechargeable, qui servent \u00e0 amplifier le mouvement du p\u00e9dalier sur ces v\u00e9los dont le poids varie entre 20 et 30 kilos. Le moteur ne s\u2019actionne qu\u2019une fois le p\u00e9dalage lanc\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Vitesse<\/strong><br \/>\nLes mod\u00e8les les plus courants ont une assistance jusqu\u2019\u00e0 25 km\/h et leur moteur n\u2019exc\u00e8de pas 250 watts. Les v\u00e9los \u00e9lectriques \u00abrapides\u00bb (classe des 500 watts) fonctionnent sous assistance \u00e9lectrique jusqu\u2019\u00e0 45 km\/h. Ils doivent porter une plaque jaune et sont soumis \u00e0 la r\u00e9glementation des cyclomoteurs, impliquant d\u2019\u00eatre en possession d\u2019un permis de conduire.<\/p>\n<p><strong>Batterie<\/strong><br \/>\nElle est en principe amovible pour \u00eatre recharg\u00e9e \u00e0 la maison ou au travail. Le temps de charge varie de deux \u00e0 six heures pour une autonomie moyenne de 40 \u00e0 80 kilom\u00e8tres, en fonction du poids du cycliste, de la motorisation et de la topographie.<\/p>\n<p><strong>Prix<\/strong><br \/>\nHors action sp\u00e9ciale, un bon mod\u00e8le d\u2019entr\u00e9e de gamme co\u00fbte environ 2000 francs, tandis que le haut de gamme d\u00e9passe les 4000 francs.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019e-bike s&rsquo;impose dans les villes. Il convertit des automobilistes lass\u00e9s par les bouchons aux joies du deux-roues sans transpiration. 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