



{"id":3632,"date":"2012-03-30T16:46:45","date_gmt":"2012-03-30T14:46:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3632"},"modified":"2012-04-01T23:09:25","modified_gmt":"2012-04-01T21:09:25","slug":"alimentation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3632","title":{"rendered":"Des descendants d\u2019animaux clon\u00e9s dans nos assiettes"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large020412d.jpg\" alt=\"large020412d.jpg\" title=\"large020412d.jpg\" width=\"468\" height=\"295\" border=\"0\" \/>L&rsquo;information est livr\u00e9e de mani\u00e8re on ne peut plus transparente:  \u00abEn Suisse vivent quelques centaines de b\u0153ufs de deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration dont les anc\u00eatres \u00e9taient des clones. Les produits laitiers et la viande obtenus \u00e0 partir de tels animaux ont vraisemblablement \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s dans des denr\u00e9es alimentaires, puis vendus en Suisse.\u00bb Tir\u00e9es du site internet de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP), ces deux phrases pourraient en choquer plus d\u2019un, mais sont pass\u00e9es relativement inaper\u00e7ues. Sans le savoir, nous mangeons peut-\u00eatre des aliments issus d\u2019animaux clon\u00e9s.<\/p>\n<p>Cloner une vache ou un porc reste on\u00e9reux (plusieurs dizaines de milliers de dollars), mais certains \u00e9leveurs am\u00e9ricains, br\u00e9siliens ou argentins utilisent cette technique pour reproduire et mettre sur le march\u00e9 des animaux d\u2019\u00e9levage aux qualit\u00e9s exceptionnelles comme une production intensive de lait et une viande moins grasse.<\/p>\n<p>Soumis \u00e0 autorisation mais l\u00e9gal en Suisse, le clonage n\u2019a encore jamais \u00e9t\u00e9 mis en pratique. Des descendants d\u2019animaux clon\u00e9s, eux, ont fait leur apparition en 2005 avec l\u2019ins\u00e9mination artificielle de 300 vaches par de la semence d\u2019un taureau am\u00e9ricain issu d\u2019une vache clon\u00e9e. Leur prog\u00e9niture a produit du lait et a \u00e9t\u00e9 conduite \u00e0 l\u2019abattoir &#8212; garnissant sans qu\u2019il le sache l\u2019assiette du consommateur. <\/p>\n<p>L\u2019arbre g\u00e9n\u00e9alogique du salami Mais les citoyens veulent \u00eatre inform\u00e9s sur ce qu\u2019ils mangent. \u00abLa tra\u00e7abilit\u00e9 de ce type de produits est l\u2019une des requ\u00eates principales qui \u00e9merge de nos sondages sur le sujet\u00bb, commente Richard Felleisen, expert pour la division de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00e0 l\u2019OFSP. Des \u00e9tiquettes alimentaires stipulant le recours ou non au clonage permettraient aux consommateurs de faire leur choix. Les \u00e9leveurs enregistrent leurs animaux ainsi que leur origine dans une base de donn\u00e9es de l\u2019OFSP, mais poursuivre la trace plus loin dans la cha\u00eene de production s\u2019av\u00e8re dans les faits peu r\u00e9alisable, note Richard Felleisen: \u00abConsid\u00e9rez les efforts \u00e0 d\u00e9ployer pour suivre les produits \u00e9labor\u00e9s: un p\u00e2t\u00e9, un salami, un g\u00e2teau industriel. De plus il faudrait appliquer la m\u00eame d\u00e9marche aux pr\u00e9parations import\u00e9es. Un travail titanesque.\u00bb  <\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs devant la complexit\u00e9 du probl\u00e8me que les n\u00e9gociations europ\u00e9ennes ont \u00e9chou\u00e9 en mars 2011. Le Parlement europ\u00e9en revendiquait une tra\u00e7abilit\u00e9 totale de tous les animaux clon\u00e9s sur plusieurs g\u00e9n\u00e9rations ainsi qu\u2019une interdiction de l\u2019importation de clones et de leurs produits, mais les Etats membres ont refus\u00e9, d\u00e9fendant les int\u00e9r\u00eats commerciaux avec le continent am\u00e9ricain. Depuis, la situation est rest\u00e9e inchang\u00e9e en Europe comme en Suisse: aucune prescription ne r\u00e9gule la commercialisation des produits issus des descendants d\u2019animaux clon\u00e9s.<\/p>\n<p>Cent cas sur 2 millions de b\u00eates Le consommateur suisse n\u2019a qu\u2019une chance minime de rencontrer de tels aliments: le clonage ne concerne que quelques centaines de b\u0153ufs sur un cheptel avoisinant les 2 millions de t\u00eates, note Richard Felleisen. \u00abSomme toute, cette question est pour l\u2019instant mineure en Suisse et nous avons encore le temps de voir venir. Le probl\u00e8me ici n\u2019est pas tant une question sanitaire, car le risque pour la sant\u00e9 a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 comme nul par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes. Non, si les gens rejettent les produits issus d\u2019animaux clon\u00e9s, c\u2019est avant tout pour des raisons \u00e9thiques.\u00bb Le clonage am\u00e8ne son lot de souffrances: plus gros que la normale, les embryons occasionnent de nombreuses fausses couches et g\u00e9n\u00e9ralisent le recours \u00e0 la c\u00e9sarienne. A cause de mutations importantes, les descendants ne sont que 60% \u00e0 atteindre leur premi\u00e8re ann\u00e9e (lire ci-desssous).<\/p>\n<p>\u00abA l\u2019heure actuelle, nous ne savons pas si nous vendons ou avons vendu ce type de produits, d\u00e9clare Monika Weibel, porte-parole de Migros. Mais nous partirions en qu\u00eate de cette information s\u2019il y avait une obligation l\u00e9gale \u00e0 garantir une origine non clon\u00e9e.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Analyse des denr\u00e9es: aucune diff\u00e9rence relev\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>\u00abRien n\u2019indique qu\u2019il existe des diff\u00e9rences en termes de s\u00e9curit\u00e9 des aliments entre la viande et le lait obtenus \u00e0 partir d\u2019animaux clon\u00e9s ou de leur descendance et ceux d\u00e9riv\u00e9s d\u2019animaux con\u00e7us de mani\u00e8re traditionnelle.\u00bb C\u2019est la conclusion prononc\u00e9e en 2008 par le comit\u00e9 scientifique de l\u2019Autorit\u00e9 europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9 des aliments (EFSA) et reprise par l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique (OFSP). La composition chimique de ces denr\u00e9es ne varie pas avec le type de reproduction. Aucune nouvelle toxine n\u2019a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Les donn\u00e9es restent n\u00e9anmoins peu \u00e9lev\u00e9es et le nombre de g\u00e9n\u00e9rations suivies restreint.<\/p>\n<p>\u00abLe clonage est loin d\u2019\u00eatre une technique parfaitement ma\u00eetris\u00e9e, souligne Xavier Vignon de l\u2019Institut de recherche agronomique fran\u00e7ais (Inra). Le milieu de culture cellulaire et des embryons ainsi que le tissu d\u2019origine des cellules de l\u2019animal que l\u2019on d\u00e9sire cloner peuvent repr\u00e9senter des sources de contamination ou de mutations g\u00e9n\u00e9tiques. Lorsqu\u2019elles sont importantes, elles conduisent \u00e0 la mort de l\u2019embryon. On ne peut exclure que des mutations se r\u00e9v\u00e8lent n\u00e9fastes apr\u00e8s quelques g\u00e9n\u00e9rations, mais le risque qu\u2019elles soient dangereuses pour l\u2019homme semble faible.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Reflex.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Viande et lait issus de la lign\u00e9e d\u2019animaux clon\u00e9s ont fait leur apparition en Suisse. Les dangers sanitaires semblent inexistants, mais la tra\u00e7abilit\u00e9 reste un voeu pieux.<\/p>\n","protected":false},"author":19917,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-3632","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3632","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19917"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3632"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3632\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3632"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3632"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3632"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}