



{"id":3626,"date":"2012-03-21T20:07:05","date_gmt":"2012-03-21T18:07:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3626"},"modified":"2012-04-24T10:10:37","modified_gmt":"2012-04-24T08:10:37","slug":"climat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3626","title":{"rendered":"Et si le soleil entrait en l\u00e9thargie?"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large220312.jpg\" alt=\"large220312.jpg\" title=\"large220312.jpg\" border=\"0\" height=\"300\" width=\"468\" \/>Des recherches sur l\u2019activit\u00e9 solaire ont d\u00e9fray\u00e9 la chronique l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier. Elles laissaient penser que notre astre pourrait bient\u00f4t conna\u00eetre une longue p\u00e9riode de faible activit\u00e9, propre \u00e0 r\u00e9duire la quantit\u00e9 d\u2019\u00e9nergie re\u00e7ue par la Terre. Les climato-sceptiques, qui contestent la main de l\u2019homme dans le r\u00e9chauffement climatique, se sont engouffr\u00e9s dans la br\u00e8che: certains ont m\u00eame pr\u00e9dit un refroidissement imminent du climat. Les climatologues, eux, estiment que le r\u00e9chauffement ne s\u2019arr\u00eaterait pas pour autant.<\/p>\n<p>Que penser, alors que la science n\u2019a pas encore \u00e9lucid\u00e9 tous les liens existant entre le soleil et l\u2019atmosph\u00e8re? Thierry Dudok de Wit, du Laboratoire de physique et chimie de l\u2019environ\u00adnement et de l\u2019espace de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans (France), aspire \u00e0 une meilleure connaissance de l\u2019influ\u00adence climatique des caprices du soleil: \u00abLe dernier rapport des experts du Groupe d\u2019Experts Intergouvernemental sur l\u2019Evolution du Climat (Giec) comprend des centaines de pages sur les gaz \u00e0 effet de serre et les m\u00e9canismes qui les conduisent \u00e0 r\u00e9chauffer le climat, mais le r\u00f4le du soleil et des nuages est trait\u00e9 en quelques pages seulement.\u00bb<\/p>\n<p>A une \u00e9chelle de temps g\u00e9ologique, le climat est principalement gouvern\u00e9 par trois cycles astronomiques li\u00e9s \u00e0 l\u2019inclinaison et au mouvement de l\u2019axe de rotation de la Terre ainsi qu\u2019au caract\u00e8re plus ou moins circulaire de l\u2019orbite terrestre. Les premiers modulent la diff\u00e9rence d\u2019\u00e9nergie re\u00e7ue sur un point donn\u00e9 du globe entre l\u2019\u00e9t\u00e9 et l\u2019hiver, alors que le second influence l\u2019apport total.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9nergie solaire re\u00e7ue lors d\u2019une saison varie ainsi de plus de 20% au cours d\u2019un cycle durant environ 100\u2019000 ans et observ\u00e9 depuis 800\u2019000 ans. Ce cycle provoque l\u2019alternance des p\u00e9riodes glaciaires et interglaciaires. A court terme, l\u2019activit\u00e9 du soleil suit un cycle d\u2019environ onze ans et peut s\u2019estimer gr\u00e2ce au nombre de taches observ\u00e9es \u00e0 sa surface. Entre deux extr\u00eames, la diff\u00e9rence d\u2019\u00e9nergie rayonn\u00e9e par le soleil reste faible: elle est estim\u00e9e \u00e0 environ 0,1%. Mais ce cycle n\u2019est pas immuable: notre astre conna\u00eet parfois des p\u00e9riodes de l\u00e9thargie de plusieurs d\u00e9cennies &#8212; sans qu\u2019on puisse l\u2019expliquer ni le pr\u00e9voir.<\/p>\n<p>C\u2019est notamment le cas du minimum de Maunder, qui a pris place entre 1645 et 1715: une baisse d\u2019intensit\u00e9 solaire de 0,1% a renforc\u00e9 le froid qui r\u00e9gnait en Europe et en Am\u00e9rique du Nord entre les XVIe et XIXe si\u00e8cles, une \u00e9poque baptis\u00e9e \u00abpetit \u00e2ge glaciaire\u00bb.<\/p>\n<p>Georg Feulner de l\u2019institut Potsdam de recherches sur l\u2019impact climatique (Allemagne) est un sp\u00e9cialiste de cette p\u00e9riode: \u00abIntroduire cette baisse d\u2019activit\u00e9 solaire dans les mod\u00e8les climatiques n\u2019arrive pas \u00e0 reconstituer le climat de l\u2019\u00e9poque. Pendant le petit \u00e2ge glaciaire, c\u2019est une intense activit\u00e9 des volcans qui a jou\u00e9 le plus grand r\u00f4le dans le refroidissement (les poussi\u00e8res volcaniques formant un \u00e9cran contre la lumi\u00e8re du soleil, nldr).<\/p>\n<p>Si le soleil devait conna\u00eetre un tr\u00e8s fort minimum au cours de ce si\u00e8cle, sa contribution \u00e0 la temp\u00e9rature terrestre consisterait en une baisse de l\u2019ordre de 0,3\u00b0 C en 2100 \u2013 \u00e0 comparer avec un r\u00e9chauffement attendu sup\u00e9rieur \u00e0 2\u00b0 C\u00bb, conclut le chercheur, qui a conduit des simulations avec son coll\u00e8gue Stefan Rahmstorf. Le cycle actuel a d\u00e9marr\u00e9 en 2009 avec deux ans de retard, ce qui avait laiss\u00e9 penser jusqu\u2019au prin\u00adtemps 2011 que le soleil aurait pu entrer dans une accalmie prolong\u00e9e, analogue \u00e0 celle du XVIIe si\u00e8cle. Mais il suit aujourd\u2019hui une \u00e9volution normale et devrait atteindre un pic d\u2019intensit\u00e9 modeste en 2013 &#8212; la violente \u00e9ruption solaire observ\u00e9e fin janvier 2011 en est d\u2019ailleurs un indice.<\/p>\n<p>Certains chercheurs britanniques pensent que le cycle suivant, qui devrait d\u00e9marrer en 2020, pourrait conna\u00eetre une activit\u00e9 anormalement basse, mais ce genre de pr\u00e9dictions bas\u00e9es sur l\u2019\u00e9tude des champs magn\u00e9tiques \u00e0 la surface du soleil restent peu fiables et controvers\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019influence climatique des variations d\u2019\u00e9nergie solaire semble aujourd\u2019hui bien d\u00e9crite, mais ce n\u2019est pas le cas de tous les ph\u00e9nom\u00e8nes li\u00e9s \u00e0 notre astre. Par exemple, sa lumi\u00e8re ultraviolette joue un r\u00f4le cl\u00e9 dansla chimie de la stratosph\u00e8re, notamment dans celle de la couche d\u2019ozone. Est-ce de nature \u00e0 jouer sur le climat?<\/p>\n<p>\u00abOn sait qu\u2019au cours d\u2019un cycle solaire, la quantit\u00e9 d\u2019ultraviolets varie dans une four\u00adchette d\u2019environ 10%, explique Thierry Dudok de Wit. Mais ce rayonnement est tr\u00e8s difficile \u00e0 mesurer et on manque de recul sur les donn\u00e9es spatiales qui, pour la plupart, remontent \u00e0 2002 seulement.\u00bbLes particules cosmiques sont \u00e9galement soup\u00e7onn\u00e9es de jouer un r\u00f4le dans la formation des nuages, qui jouent un double r\u00f4le sur notre climat: elles le refroidissent en r\u00e9fl\u00e9chissant une partie de l\u2019\u00e9nergie solaire vers l\u2019espace et le r\u00e9chauffent en bloquant le rayonnement terrestre infrarouge.<\/p>\n<p>Or, l\u2019intensit\u00e9 des rayons cosmiques d\u00e9pend elle aussi de l\u2019activit\u00e9 solaire. Le chercheur danois Henrik Svensmark affirme avoir d\u00e9montr\u00e9 une tr\u00e8s forte corr\u00e9lation entre les variations de la couverture nuageuse et celles du rayonnement cosmique. Ces r\u00e9sultats divisent la communaut\u00e9 scientifique: \u00abIls ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9mentis par d\u2019autres \u00e9tudes, commente Thierry Dudok de Wit. Mais il y a s\u00fbrement une part de vrai dans ce lien entre activit\u00e9 solaire et n\u00e9bulosit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Une exp\u00e9rience du Cern tente d\u2019ailleurs d\u2019y voir plus clair (voir encadr\u00e9).\u00abLorsqu\u2019on regarde les donn\u00e9es climatiques depuis le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, il n\u2019y a pas de corr\u00e9lation entre les fluctuations du soleil et celles de temp\u00e9rature\u00bb, tranche Herv\u00e9 Le Treut, directeur de l\u2019Institut Pierre-Simon Laplace, le plus important centre de recherches fran\u00e7ais sur le climat. Ce constat conduit \u00e0 simplifier les mod\u00e8les pour qu\u2019ils soient compatibles avec la puissance des ordinateurs, et donc \u00e0 mettre de c\u00f4t\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes certes mal compris mais qui semblent moins essentiels.<\/p>\n<p>\u00abNos choix reposent sur des bases scientifiques, affirme Herv\u00e9 Le Treut. Si un mod\u00e8le n\u2019explique pas les observations, on essaie de mieux prendre en compte des m\u00e9canismes qu\u2019on avait d\u00e9crit grossi\u00e8rement.\u00bb Thierry Dudok de Wit ne conteste pas le bien-fond\u00e9 de cette d\u00e9marche: \u00abIl est raisonnable d\u2019\u00e9tudier d\u2019abord les ph\u00e9nom\u00e8nes les plus importants. Le probl\u00e8me avec les param\u00e8tres du syst\u00e8me climatique, c\u2019est que de faibles causes peuvent avoir des cons\u00e9quences importantes par un effet boule de neige.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLe r\u00f4le climatique important jou\u00e9 par les gaz \u00e0 effet de serre rejet\u00e9s par les activit\u00e9s humaines est \u00e9vident, rappelle Thierry Dudok de Wit. La question est de savoir si l\u2019activit\u00e9 solaire repr\u00e9sente quelques \u2030, 1%, ou 20% du suppl\u00e9ment d\u2019\u00e9nergie capt\u00e9e par l\u2019atmosph\u00e8re qu\u2019on observe.\u00bb 20%? Cela peut para\u00eetre beaucoup. Mais alors que la consommation mondiale de combustibles fossiles s\u2019envole, le poids du soleil dans les variations climatiques au cours des prochaines d\u00e9cennies ira sans doute en s\u2019amenuisant.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>La machine \u00e0 nuages du Cern<\/strong><\/p>\n<p>Une \u00e9quipe du Cern conduite par le Britannique Jasper Kirkby veut mieux comprendre l\u2019influence des rayons cosmiques sur la formation des nuages. Elle enferme dans une chambre \u00e0 brouillard les \u00e9l\u00e9ments connus pour jouer un r\u00f4le dans la formation des nuages: vapeur d\u2019eau, ammoniaque et acide sulfurique en faibles quantit\u00e9s. Le tout est bombard\u00e9 par un faisceau de protons pour simuler les rayons cosmiques.Publi\u00e9s en ao\u00fbt 2011, les premiers r\u00e9sultats indiquent que les rayons cosmiques favorisent la formation de petits agr\u00e9gats de mol\u00e9cules &#8212; une premi\u00e8re \u00e9tape, primordiale, du m\u00e9canisme de formation des nuages, r\u00e9sume Jasper Kirkby. Dans l\u2019atmosph\u00e8re, ces a\u00e9rosols grossissent progressivement et si leur taille est suffisante, la vapeur d\u2019eau se condense et des gouttes se forment.\u00abNous avons constat\u00e9 que la production de nouveaux a\u00e9rosols reste trop faible pour expliquer les observations atmosph\u00e9riques, conc\u00e8de Jasper Kirkby. D\u2019autres vapeurs, probablement organiques, doivent jouer un r\u00f4le.\u00bb Ce pourrait \u00eatre, par exemple, des substances volatiles lib\u00e9r\u00e9es par les arbres.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans le magazine Reflex.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que les inqui\u00e9tudes se focalisent sur le r\u00e9chauffement, des chercheurs estiment qu\u2019une baisse de l\u2019activit\u00e9 solaire pourrait refroidir la plan\u00e8te.<\/p>\n","protected":false},"author":19911,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-3626","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3626","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19911"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3626"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3626\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3626"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3626"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3626"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}