



{"id":3604,"date":"2012-02-09T18:30:09","date_gmt":"2012-02-09T16:30:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3604"},"modified":"2012-02-09T23:38:17","modified_gmt":"2012-02-09T21:38:17","slug":"relocalisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3604","title":{"rendered":"Quand les usines reviennent en France"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.largeur.com\/wp-content\/uploads\/012012\/smoby.jpg\" alt=\"smoby.jpg\" title=\"smoby.jpg\" height=\"300\" width=\"468\" border=\"0\" \/>\u00abAcheter fran\u00e7ais\u00bb, \u00abproduire fran\u00e7ais\u00bb, disent-ils. Sur fond de crise et de licenciements, les favoris \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle fran\u00e7aise se placent tous comme les champions de la \u00abr\u00e9industrialisation\u00bb. En attendant, la France se vide inexorablement de ses usines, \u00e0 l\u2019exemple du fabricant de sous-v\u00eatements Lejaby qui ferme son site d\u2019Yssingeaux (Haute-Loire).<\/p>\n<p>Install\u00e9e \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Gen\u00e8ve, la marque jurassienne de jouets Smoby qui fabrique des d\u00eenettes, des poup\u00e9es ou encore des tricycles, offre une lueur d\u2019espoir. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019an dernier, Smoby sous-traitait 40% de sa production en Chine. Un chiffre qui est pass\u00e9 \u00e0 moins de 20% depuis que la production a \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9e sur les sites du Jura \u00e0 Arinthod, Lavans-l\u00e8s-Saint-Claude et Moirans-en-Montagne. Cette relocalisation partielle a permis de cr\u00e9er 90 emplois, ce qui porte les effectifs fran\u00e7ais de Smoby \u00e0 450 salari\u00e9s. Un miracle quand on sait que l\u2019entreprise, fruit de la fusion d\u2019une dizaine de marques de la \u00abPlastic Valley\u00bb jurassienne, \u00e9tait en faillite il y a quatre ans.<\/p>\n<p><strong>Repreneur allemand<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 Simba, son repreneur allemand, que Smoby doit sa renaissance. Le fabricant de \u00abSteffi\u00bb, la rivale teutonne de Barbie, a d\u00e9bours\u00e9 13 millions d\u2019euros pour construire une nouvelle usine \u00e0 Arinthod. Un gros investissement compar\u00e9 au chiffre d\u2019affaires de Smoby, qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 120 millions d\u2019euros par an, mais qui semble payant: l\u2019enseigne fran\u00e7aise est d\u00e9sormais rentable. \u00abNous avons la chance d\u2019avoir un propri\u00e9taire visionnaire qui compte r\u00e9cup\u00e9rer son investissement sur le long terme\u00bb, explique Thomas Le Paul, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Smoby.<\/p>\n<p>Si l\u2019entreprise reprend racine en France, ce n\u2019est pas pour des raisons \u00e9thiques, ni pour le made in France. La qualit\u00e9 chinoise n\u2019est pas non plus remise en cause: \u00ab80% du jouet mondial est fabriqu\u00e9 en Chine. Ils sont capables de tout faire. Si on veut la qualit\u00e9, on peut l\u2019obtenir.\u00bb<\/p>\n<p>Ce sont des arguments purement \u00e9conomiques qui ont d\u00e9cid\u00e9 le retour en France de Smoby. Gr\u00e2ce \u00e0 leur nouvel \u00e9quipement, les usines fran\u00e7aises parviennent \u00e0 concurrencer la Chine car elles sont moins gourmandes en main-d\u2019\u0153uvre. Cette rationalisation du personnel permet de combler des \u00e9carts de salaires qui sont de l\u2019ordre de 1 \u00e0 10.<\/p>\n<p>La comp\u00e9titivit\u00e9 fran\u00e7aise se limite pourtant \u00e0 quelques cat\u00e9gories de jouets comme les petites voitures ou les tricycles qui exigent une faible intervention. \u00abOn ne confectionnera plus jamais en France de poup\u00e9es ou de peluches qui n\u00e9cessitent des machines \u00e0 coudre et des couturiers\u00bb, tranche Thomas Le Paul.<\/p>\n<p>Les relocalisations b\u00e9n\u00e9ficient \u00e0 chaque fois d\u2019une large couverture m\u00e9diatique, \u00e0 l\u2019exemple des retours du fabricant de lunettes Atol dans le Jura, des jouets de construction Meccano dans le Pas-de-Calais ou des skis Rossignol \u00e0 Sallanches (Haute-Savoie). Mais les \u00e9conomistes rel\u00e8vent que pour une entreprise qui relocalise, vingt autres d\u00e9localisent. D\u2019ailleurs, les entreprises ne se sont pas ru\u00e9es pour profiter du fonds d\u2019aide \u00e0 la relocalisation mis \u00e0 disposition par l\u2019Etat fran\u00e7ais: seuls 77 millions sur 200 ont \u00e9t\u00e9 allou\u00e9s en 2010.<\/p>\n<p>Comme plusieurs de ses pairs, Jean-Luc Gaffard, directeur du d\u00e9partement de recherche sur l\u2019innovation et la concurrence de l\u2019OFCE et professeur d\u2019\u00e9conomie, juge ces aides inefficaces. \u00abElles peuvent cr\u00e9er un effet d\u2019aubaine. Les entreprises en profitent, puis repartent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.\u00bb Le professeur verrait plut\u00f4t dans l\u2019harmonisation fiscale \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne un moyen de lutter contre la concurrence de l\u2019Europe de l\u2019Est. Mais il doute qu\u2019une v\u00e9ritable r\u00e9industrialisation soit possible: \u00abAujourd\u2019hui l\u2019Europe doit se demander s\u2019il faut baisser le co\u00fbt du travail, ou se lancer dans un programme de recherche et d\u2019innovation b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019Union.\u00bb<\/p>\n<p>La port\u00e9e limit\u00e9e des relocalisations en termes de cr\u00e9ation d\u2019emplois fait plut\u00f4t pencher pour la deuxi\u00e8me solution. Ainsi, chez Smoby, o\u00f9 l\u2019on comptait auparavant 900 salari\u00e9s, seule une petite partie des employ\u00e9s est r\u00e9embauch\u00e9e. Dans le cas de Rossignol, ce ne sont qu\u2019une vingtaine de postes qui ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s alors que pr\u00e8s de 400 avaient \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s lors de la d\u00e9localisation \u00e0 Taiwan.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme avant eux Meccano ou les skis Rossignol, les jouets Smoby ont rapatri\u00e9 une partie de leur production en France, dans le Jura.<\/p>\n","protected":false},"author":19343,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-3604","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3604","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19343"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3604"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3604\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3604"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3604"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3604"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}