



{"id":3585,"date":"2012-01-18T16:31:07","date_gmt":"2012-01-18T14:31:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3585"},"modified":"2012-07-09T10:09:22","modified_gmt":"2012-07-09T08:09:22","slug":"management","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3585","title":{"rendered":"Remplacer le \u00abtoujours plus\u00bb par le \u00abtoujours mieux\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large060212.jpg\" alt=\"large060212.jpg\" title=\"large060212.jpg\" border=\"0\" height=\"311\" width=\"468\" \/>C\u2019\u00e9tait au printemps 2010. Responsables en ressources humaines, \u00e9conomistes et managers, au nombre desquels des membres de la direction de la compagnie d\u2019assurances Swiss Re, de la banque Julius B\u00e4r ou encore de l\u2019entreprise pharmaceutique Johnson &amp; Johnson Medical s\u2019\u00e9taient r\u00e9unis au Schloss Lenzburg, en Argovie, pour d\u00e9battre du slow management.<\/p>\n<p>Le symposium s\u2019est tenu sous l\u2019\u00e9gide de la Gesellschaft f\u00fcr Arbeitsmarktkompetenz, qui se veut une plate-forme de r\u00e9f\u00e9rence pour les responsables en ressources humaines.<\/p>\n<p>Le slow management? Un concept encore tr\u00e8s mal connu, \u00e0 glisser dans la besace toujours plus remplie du mouvement slow, et que l\u2019on pourrait traduire en fran\u00e7ais par \u00abgestion durable\u00bb. Mais comme pour le slow food, l\u2019adjectif est trom\u00adpeur.<\/p>\n<p>\u00abIl ne s\u2019agit pas de faire les choses plus lentement, pas de ralentir l\u2019entreprise mais de l\u2019humaniser, de prendre conscience de ce que l\u2019on fait, souligne John Sadowsky, professeur de marketing en France. Bref, il faut remettre l\u2019humain au c\u0153ur de l\u2019entreprise.\u00bb<\/p>\n<p>En France, le terme a \u00e9t\u00e9 m\u00e9diatis\u00e9 suite \u00e0 des vagues de suicides professionnels. Coauteur, avec John Sadowsky et le sp\u00e9cialiste du stress Dominique Steiler, de l\u2019ouvrage \u00abEloge du bien-\u00eatre au travail\u00bb, le professeur Lo\u00efck Roche, de l\u2019Ecole de management de Grenoble, a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 par la mission d\u2019information sur le mal-\u00eatre au travail du S\u00e9nat l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Ce chantre de ce qu\u2019il appelle une \u00ab\u00e9cologie humaine\u00bb a plaid\u00e9 pour de nouvelles m\u00e9thodes de management, notamment que les dirigeants se mettent de nouveau \u00e0 passer du temps avec leurs salari\u00e9s, et souhait\u00e9 une impulsion politique en ce sens.<\/p>\n<p>Il y a bien un malaise actuellement dans le monde du travail. Des employ\u00e9s sous pression, en souffrance, en burn-out, voire en bore-out, ce dernier \u00e9tant sans doute le plus symptomatique d\u2019un manque de dialogue au travail (lire ci-dessous).<\/p>\n<p>Le slow management reconna\u00eet ces probl\u00e8mes mais veut les prendre \u00e0 la source. Humaniser l\u2019entreprise \u00e9vitera ce genre de maux \u00e0 l\u2019avenir. \u00abOn parle beaucoup de Google, de ses bureaux et de l\u2019atmosph\u00e8re ludique. Bien s\u00fbr, cette entreprise a d\u2019importantes ressources et les employ\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficient de nombreux avantages. Mais ce qui est plus important, c\u2019est la mani\u00e8re dont le dialogue et les contacts entre un employ\u00e9 et son sup\u00e9rieur sont constants\u00bb, estime John Sadowsky.<\/p>\n<p>Passer plus de temps avec ses employ\u00e9s, encourager les discussions, mieux am\u00e9nager le temps de travail de chacun, renoncer aux projets \u00e0 court terme qui n\u2019apportent rien de bon sur le long terme. De l\u2019accent mis sur le bien-\u00eatre des employ\u00e9s \u00e0 une vision paternaliste un rien r\u00e9trograde&#8230; Le pas est trop vite franchi, avertit le sp\u00e9cialiste en management Michael Kres, membre de la Schweizerischen Gesellschaft f\u00fcr Arbeitsmarktkompetenz.<\/p>\n<p>\u00abCe que veut le slow management, c\u2019est que les employ\u00e9s participent aux d\u00e9cisions. Ce qui veut aussi dire de prendre des risques. Ils travaillent dans l\u2019entreprise, mais en sont partenaires. Les employ\u00e9s sont d\u00e9responsabilis\u00e9s, alors que s\u2019ils sont consult\u00e9s, l\u2019\u00e9quipe va \u00eatre plus stable, plus fiable et plus r\u00e9siliente. A l\u2019heure actuelle, on n\u00e9glige le 95% des employ\u00e9s, leur avis n\u2019est pas pris en compte, alors que c\u2019est bien eux qui font le boulot.\u00bb<\/p>\n<p>Bien-\u00eatre des employ\u00e9s mais aussi &#8212; et surtout? &#8212; de l\u2019entreprise. Le slow management se demande \u00abcomment prendre en compte les exigences de toutes les parties int\u00e9ress\u00e9es dans une entreprise\u00bb, r\u00e9sume  Paolo Baracchini, charg\u00e9 de cours en \u00e9conomie d\u2019entreprise \u00e0 la Haute Ecole de gestion de Gen\u00e8ve. Il ne s\u2019agit pas de se focaliser sur les employ\u00e9s, mais bien de \u00abmanagement global\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abToute autre notion est limitative\u00bb, estime-t-il. Selon lui, \u00abmieux une entreprise ma\u00eetrise les diff\u00e9rents param\u00e8tres, mieux elle se porte et mieux les \u00e9l\u00e9ments qui la constituent se portent.\u00bb<\/p>\n<p>Autre d\u00e9finition, celle de Michael Kres, qui parle de passer d\u2019une \u00e9conomie quantitative \u00e0 une \u00e9conomie qualitative, de transf\u00e9rer le maximum vers l\u2019optimum. Explications. \u00abLa croissance quantitative a atteint ses limites. Les gens sont malades, des syst\u00e8mes entiers sont malades. Il est temps de r\u00e9agir, mais sans n\u00e9gliger la productivit\u00e9, \u00e9videmment, sans quoi le concept sera rejet\u00e9 par le milieu \u00e9conomique.\u00bb<\/p>\n<p>Bref, un concept aux nuances vari\u00e9es. Joli, mais encore assez flou, non? \u00abBien s\u00fbr, cela reste de la th\u00e9orie, r\u00e9pond Michael Kres. Mais en r\u00e9alit\u00e9, de nombreuses PME et entreprises familiales fonctionnent d\u00e9j\u00e0 ainsi, et on a oubli\u00e9 de les regarder. La proximit\u00e9 cr\u00e9e de l\u2019optimum, alors que les entreprises qui grandissent trop ou trop vite vont se fourvoyer en chemin.\u00bb<\/p>\n<p>A quand la r\u00e9volution du management? On en est encore loin. \u00abPeu d\u2019entreprises l\u2019appliquent, r\u00e9pond Paolo Baracchini. Ce n\u2019est pas qu\u2019elles ne font rien, mais elles n\u2019ont pas de vision globale, elles n\u2019appliquent que des mesures partielles. Il ne s\u2019agit pas seulement de politique salariale ou anti-discriminatoire, d\u2019envoyer de vieux PC en Afrique, mais d\u2019int\u00e9grer cette vision gestionnaire dans la strat\u00e9gie globale de l\u2019entreprise.\u00bb<\/p>\n<p>Michael Kres est plus cat\u00e9gorique: \u00abL\u2019int\u00e9r\u00eat public pour ce d\u00e9bat est inexistant, d\u00e9plore-t-il. Les chefs d\u2019entreprise sont tr\u00e8s sceptiques. Par contre, il existe un fort int\u00e9r\u00eat priv\u00e9, d\u2019individus et de citoyens. Mais en Suisse, on n\u2019ose pas dire ce qui ne marche pas ouvertement. Ce n\u2019est pas tant li\u00e9 \u00e0 la tradition ultra-lib\u00e9rale, mais \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise.\u00bb<\/p>\n<p>Ailleurs, cette \u00abgestion durable\u00bb se met gentiment en place. Ainsi, la firme allemande BMW est cit\u00e9e en exemple pour avoir su \u00e9voluer en profondeur. \u00abLes impulsions viennent des employ\u00e9s, du bas vers le haut\u00bb, souligne Michael Kres. Autre exemple: la cha\u00eene &#8211; \u00e9galement allemande &#8211; Dm-drogeriemarkt, o\u00f9 chaque magasin d\u00e9cide de ses prix et des salaires. Ou encore la Handelsbanken en Su\u00e8de.<\/p>\n<p>Et pourtant, tous nos interlocuteurs en sont persuad\u00e9s: l\u2019entreprise du futur devra int\u00e9grer le slow management. \u00abMais attention aux apparences, pr\u00e9vient Michael Kres. Le slow management est port\u00e9 par une vision politique proche du socialisme et semble, en surface, anti-capitaliste. Mais au fond, c\u2019est tr\u00e8s capitaliste. Le but, c\u2019est bien que \u00e7a marche, pas de couler les entreprises!\u00bb<\/p>\n<p>Si la crise actuelle n\u2019est pas tr\u00e8s encourageante pour le slow management, John Sadowsky se veut optimiste sur le long terme.<\/p>\n<p>\u00abAujourd\u2019hui, il y a beaucoup de partages d\u2019informations, que ce soit dans les congr\u00e8s, sur le net&#8230; Intuitivement, les meilleures entreprises comprennent qu\u2019une gestion r\u00e9fl\u00e9chie est un \u00e9l\u00e9ment-cl\u00e9 de leur durabilit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Le bore-out, cet \u00e9trange contrepoint du burn-out<\/strong><\/p>\n<p>Voil\u00e0 une maladie qui en fait se gausser plus d\u2019un: contrairement au burn-out, d\u00fb \u00e0 une cadence excessive ou \u00e0 une pression devenue trop forte, le bore-out est l\u2019id\u00e9e qu\u2019on peut tomber malade d\u2019ennui au travail. On parle aussi de sous-exploitation des comp\u00e9tences. Outre-Sarine, le sp\u00e9cialiste en communication Peter Werder a \u00e9crit deux ouvrages sur ce th\u00e8me, dont l\u2019un destin\u00e9 aux employeurs. Il y explique qu\u2019il ne sert \u00e0 rien d\u2019embaucher des gens surqualifi\u00e9s pour un poste ou une charge de travail trop l\u00e9g\u00e8re, qui pourrait \u00eatre abattue en moins de temps. Et plaide lui aussi pour une culture d\u2019entreprise fond\u00e9e sur le dialogue et la confiance plut\u00f4t que sur la seule performance. Le ph\u00e9nom\u00e8ne serait susceptible de toucher 10% des employ\u00e9s dans le monde. En premi\u00e8re ligne: la tr\u00e8s zappeuse g\u00e9n\u00e9ration Y, \u00e0 la fois avide de d\u00e9fis et susceptible de s\u2019ennuyer tr\u00e8s vite.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans la Revue H\u00e9misph\u00e8res (no 2).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mieux g\u00e9rer une entreprise, prendre en compte tous ceux qui la font, pour leur bien-\u00eatre et pour sa p\u00e9rennit\u00e9 sur le long terme: bienvenue dans le monde du slow management.<\/p>\n","protected":false},"author":19622,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-3585","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3585","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19622"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3585"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3585\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3585"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3585"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3585"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}