



{"id":3545,"date":"2011-12-02T11:45:49","date_gmt":"2011-12-02T09:45:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3545"},"modified":"2011-12-07T11:07:07","modified_gmt":"2011-12-07T09:07:07","slug":"presse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3545","title":{"rendered":"Le glorieux pass\u00e9 des revues suisses"},"content":{"rendered":"<p>Alors que magazines et feuilletons se sont tr\u00e8s t\u00f4t adress\u00e9s au grand public, les revues, elles, s\u2019\u00e9changent aujourd\u2019hui encore au sein de cercles restreints et sp\u00e9cialis\u00e9s. Illustration embl\u00e9matique en France: les diff\u00e9rences entre le magazine Premi\u00e8re (diffusion: 150&rsquo;000 exemplaires) et la revue Les Cahiers du cin\u00e9ma (20&rsquo;000). M\u00eame th\u00e9matique certes, mais l\u2019ambition critique et th\u00e9orique de la seconde publication d\u00e9tonne. Les Cahiers du cin\u00e9ma cherchent \u00e0 peser directement sur les courants esth\u00e9tiques du 7\u00e8me art, via des tribunes et d\u00e9bats d\u2019id\u00e9es, sans \u00eatre asservis \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 cin\u00e9matographique.<\/p>\n<p>Cette caract\u00e9ristique, celle d\u2019\u00eatre \u00e0 la fois t\u00e9moin et acteur de son milieu, la revue la doit \u00e0 ses origines universitaires. Les premi\u00e8res publications du genre &#8212; scientifiques &#8212; remontent au XVIe si\u00e8cle dans le monde anglo-saxon. Aujourd\u2019hui encore, les revues scientifiques anglo-saxonnes, comme Nature, The Lancet ou Science, constituent le Graal des chercheurs du monde entier, supr\u00e9matie linguistique oblige. Les revues servent d\u2019abord \u00e0 relier des communaut\u00e9s d\u2019esprits r\u00e9parties \u00e0 travers un pays, un continent, voire le globe.<\/p>\n<p><em>Lumi\u00e8res: des revues sans fronti\u00e8res<\/em><\/p>\n<p>Au XVIIIe si\u00e8cle, les revues de l\u2019intelligentsia europ\u00e9enne franchissent ais\u00e9ment les fronti\u00e8res. Ainsi, la premi\u00e8re revue de Suisse romande, \u00e9dit\u00e9e entre 1732 et 1784 \u00e0 Neuch\u00e2tel, s\u2019inspire directement du c\u00e9l\u00e8bre Mercure de France. Lanc\u00e9 par le philosophe, math\u00e9maticien et g\u00e9ologue huguenot Louis Bourguet, le Mercure suisse publie \u00e0 la fois des articles scientifiques et litt\u00e9raires. Cette revue devient un lieu d\u2019\u00e9change pour l\u2019intelligentsia romande et al\u00e9manique, mais aussi europ\u00e9enne. Parmi les correspondants et contributeurs, des penseurs de la stature de Leibniz, R\u00e9aumur, Voltaire, Rousseau ou encore Vattel.<\/p>\n<p>Mais le nombre de souscripteurs, qui s\u2019\u00e9levait \u00e0 400 en 1769, retombe sous les 200 en 1782, entra\u00eenant la disparition de la revue pionni\u00e8re en Suisse, qu\u2019aucun autre titre romand ne vient remplacer. Du temps de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, ce sont les libelles et les journaux qui dominent le paysage \u00e9ditorial helv\u00e9tique.<\/p>\n<p>Il faut attendre 1816 pour voir r\u00e9appara\u00eetre une revue d\u2019importance, \u00e0 Gen\u00e8ve, qui vient de rejoindre la Conf\u00e9d\u00e9ration: la Biblioth\u00e8que universelle. Cette publication litt\u00e9raire et scientifique, volumineuse et bourgeoise, fusionne en 1861 avec la Revue suisse, dirig\u00e9e par le philosophe Charles Secr\u00e9tan et l\u2019\u00e9crivain Juste Olivier \u00e0 Lausanne. Elle devient alors le plus important titre de Suisse romande, d\u00e9fendant le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique, le conservatisme social et l\u2019\u00e9thique protestante. Malgr\u00e9 des auteurs brillants, sa formule encyclop\u00e9dique s\u2019essoufflera au XXe si\u00e8cle. Apr\u00e8s une nouvelle fusion avec la Revue de Gen\u00e8ve, elle dispara\u00eet en 1930.<\/p>\n<p><em>Affrontement par revue interpos\u00e9e <\/em><\/p>\n<p>Les revues du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle ne connaissent pas une telle long\u00e9vit\u00e9. Les titres servent d\u2019abord de tremplin \u00e0 de grands \u00e9crivains romands comme Charles-Ferdinand Ramuz, Gonzague de Reynold et Charles-Albert Cingria, qui font leurs premi\u00e8res armes dans deux revues: La Voile latine et les Cahiers Vaudois.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re, cr\u00e9\u00e9e par un groupe d\u2019intellectuels romands \u00e0 la recherche d\u2019une identit\u00e9 litt\u00e9raire commune dans un climat fortement nationaliste, dispara\u00eet en 1911, \u00e0 la suite d\u2019une scission interne: les \u00abhelv\u00e9tistes\u00bb, des f\u00e9d\u00e9ralistes soutenant le concept d\u2019une identit\u00e9 suisse, s\u2019opposent aux \u00ablatinistes\u00bb, des r\u00e9gionalistes d\u00e9fendant l\u2019id\u00e9e d\u2019une culture romande sp\u00e9cifique. Les Cahiers Vaudois, dont les dates de publication correspondent \u00e0 celles de la Premi\u00e8re guerre mondiale, s\u2019inscrivent dans cette seconde tendance, sous la tutelle de Ramuz.<\/p>\n<p>Sans surprise, l\u2019entre-deux-guerres, soumis \u00e0 la mont\u00e9e du communisme et du fascisme, voit se d\u00e9velopper une s\u00e9rie de revues romandes plus politis\u00e9es, tr\u00e8s influenc\u00e9es par les d\u00e9bats dans l\u2019Hexagone. Certaines, comme les titres Suisse romande ou L\u2019Eveil, se situent dans la lign\u00e9e \u00abpersonnaliste\u00bb de la revue fran\u00e7aise Esprit, qui cherche une troisi\u00e8me voie humaniste entre le marxisme et le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique. Elles s\u2019opposent \u00e0 des publications d\u2019inspiration maurassienne, aux titres sans \u00e9quivoque comme Le Centurion, Ordre et tradition ou Homme de droite.<\/p>\n<p><em>Refuge romand pour les revues fran\u00e7aises<\/em><\/p>\n<p>Pendant l\u2019Occupation, la Suisse romande se transforme en un v\u00e9ritable sanctuaire humaniste francophone. Nombre d\u2019intellectuels fran\u00e7ais s\u2019y r\u00e9fugient. En d\u00e9pit de la censure f\u00e9d\u00e9rale, les id\u00e9es peuvent circuler sous le manteau afin de rejoindre Paris.<\/p>\n<p>Plus bel exemple de cette d\u00e9localisation de circonstance: la revue Labyrinthe, \u00e0 laquelle le Mus\u00e9e Rath de Gen\u00e8ve rendait hommage il y a deux ans. Le Tessinois Albert Skira, c\u00e9l\u00e8bre pour ses livres d\u2019art et sa revue parisienne Minotaure, terrain d\u2019expression de l\u2019avant-garde surr\u00e9aliste et dada de l\u2019entre-deux-guerres, d\u00e9place sa maison d\u2019\u00e9dition dans la cit\u00e9 de Calvin. En 1944, il y fonde la revue Labyrinthe, avec Alberto Giacometti et le peintre Balthus. La publication reprend les orientations po\u00e9tiques et plastiques de Minotaure, mais para\u00eet sur du papier journal, aust\u00e9rit\u00e9 de temps de guerre oblige.<\/p>\n<p>Gen\u00e8ve prend alors le relais artistique et litt\u00e9raire de Paris exangue. Stefan Zweig parle du Labyrinthe comme de \u00ab22 num\u00e9ros qui montrent que la culture n&rsquo;a rien perdu de sa puissance \u00e0 l&rsquo;issue de la catastrophe\u00bb. Malraux exerce la charge de critique d\u2019art. Matisse, Sartre, Beauvoir, Cingria et Eluard participent aussi \u00e0 l\u2019aventure \u00e9ditoriale, qui dure jusqu\u2019en 1946.<\/p>\n<p>D\u2019autres revues profitent d\u2019une censure f\u00e9d\u00e9rale peu vers\u00e9e dans la po\u00e9sie pour d\u00e9fendre des positions r\u00e9sistantes. Un groupe d\u2019\u00e9tudiants de l\u2019\u00e9crivain et essayiste de gauche Edmond Gilliard, qui critique la pseudo-neutralit\u00e9 helv\u00e9tique, lance la revue Traits \u00e0 Fribourg en 1940. Elle publie les premiers po\u00e8mes r\u00e9sistants sign\u00e9s par les Fran\u00e7ais Pierre Seghers et Pierre Emmanuel. A partir de 1942, la revue accueille des plumes c\u00e9l\u00e8bres comme Aragon et Eluard. Leurs textes voyagent dans la valise diplomatique de l\u2019\u00e9diteur et attach\u00e9 \u00e0 la L\u00e9gation de Suisse \u00e0 Vichy, Fran\u00e7ois Lachenal, qui est membre du comit\u00e9 r\u00e9dactionnel de la revue.<\/p>\n<p>La revue pacifiste Suisse contemporaine, fond\u00e9e en 1941 \u00e0 Lausanne par le journaliste Ren\u00e9 Bovard, d\u00e9fend les m\u00eames valeurs, mais publie des textes moins explicites politiquement. Elle s\u2019oppose au Mois suisse, revue conservatrice fond\u00e9e en 1939 par le pasteur et journaliste Philippe Amiguet, qui affiche des positions plut\u00f4t favorables \u00e0 l\u2019Axe.<\/p>\n<p><em>La vocation sp\u00e9cialis\u00e9e des revues suisses<\/em><\/p>\n<p>La fin de la guerre met un terme \u00e0 ce bouillonnement culturel et litt\u00e9raire. La Suisse retrouve sa position p\u00e9riph\u00e9rique dans le monde intellectuel francophone. \u00abAu XXe si\u00e8cle, l\u2019histoire des id\u00e9es reste domin\u00e9e par la m\u00e9tropole parisienne, analyse l\u2019historien lausannois Fran\u00e7ois Vallotton. Les revues qui se cr\u00e9ent en Suisse se d\u00e9veloppent sur des segments sp\u00e9cialis\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Les revues d\u2019art, de graphisme et d\u2019architecture se multiplient en Suisse, certaines connaissant une r\u00e9sonnance internationale. La plus embl\u00e9matique demeure sans doute la revue d\u2019art contemporain zurichoise Parkett, fond\u00e9e dans les ann\u00e9es 1980, dont la co-fondatrice Bice Curiger a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e directrice artistique de la Biennale de Venise. En revanche, aucun \u00e9quivalent aux piliers intellectuels fran\u00e7ais que constituent les revues Le D\u00e9bat de Marcel Gauchet, Commentaire de Raymond Aron ou encore Esprit.<\/p>\n<p>\u00abDes questions structurelles li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9mocratie directe, au d\u00e9coupage cantonal et linguistique peuvent expliquer cette absence de revue intellectuelle, estime le politologue Fran\u00e7ois Cherix. Le d\u00e9bat par la discussion, par l\u2019assembl\u00e9e, au bistrot ou au sein d\u2019associations est tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9 dans notre pays. Et \u00e0 l\u2019\u00e9crit, le d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es s\u2019organise surtout dans les journaux quotidiens. \u00bb D\u2019o\u00f9 un certain morcellement de la r\u00e9flexion, par rapport \u00e0 la construction par \u00e9cole de pens\u00e9e des revues culturelles en France.<\/p>\n<p>Certaines pouss\u00e9es de contestation politique ravivent n\u00e9anmoins p\u00e9riodiquement l\u2019\u00e9dition de revues intellectuelles engag\u00e9es, comme dans les ann\u00e9es 1960. Le p\u00e9riodique zurichois Opposition (1962-1965) milite par exemple contre les armes nucl\u00e9aires et contre une sc\u00e8ne politique conservatrice qui assimile les mouvements pacifistes \u00e0 des \u00abennemis de la patrie\u00bb. La jeune \u00e9quipe de la revue compte notamment l\u2019artiste H.R. Giger dans ses rangs, qui illustre par des dessins macabres la vie humaine dans une \u00e8re post-atomique.<\/p>\n<p>Cependant, les universitaires se cantonnent essentiellement aux revues scientifiques sp\u00e9cialis\u00e9es. Certaines d\u2019entre elles parviennent parfois \u00e0 d\u00e9passer le d\u00e9bat d\u2019initi\u00e9s. Parmi celles-ci, Les Nouvelles questions f\u00e9ministes, une revue dirig\u00e9e par des chercheuses de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la question de la construction des genres, est aujourd\u2019hui publi\u00e9e par les \u00e9ditions Antipodes et conna\u00eet une diffusion internationale.<\/p>\n<p>Autre exception: la revue trimestrielle Le Temps strat\u00e9gique (1982-2001), fond\u00e9e par les journalistes du Journal de Gen\u00e8ve et de la Gazette de Lausanne Andr\u00e9 Monnier et Marian Stepczynski, a quant \u00e0 elle l\u2019ambition de prendre du recul par rapport \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 et rassemblait dans ses pages des auteurs de renom du monde entier, pour examiner les probl\u00e8mes de fond de notre soci\u00e9t\u00e9. Le titre rencontre cependant un \u00e9chec commercial.<\/p>\n<p><em>Internet n\u2019a pas tu\u00e9 la revue <\/em><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les blogs et sites internet sont  devenus un terrain privil\u00e9gi\u00e9 pour la diffusion des textes, commentaires et d\u00e9bats que l\u2019on retrouvait nagu\u00e8re dans des revues. La revue de gauche Domaine public utilise ainsi la forme \u00e9lectronique pour analyser des probl\u00e9matiques politiques et sociales helv\u00e9tiques. Mais la Toile ne pr\u00e9t\u00e9rite pas pour autant totalement l\u2019imprim\u00e9. \u00abLe foisonnement d\u2019articles sur les blogs exige une soigneuse s\u00e9lection qu\u2019op\u00e8rent les comit\u00e9s de r\u00e9daction des revues, explique Claude Pahud, fondateur des \u00e9ditions lausannoises Antipodes. Le papier l\u00e9gitime ce qui est important.\u00bb<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s en librairie des revues fran\u00e7aises XXI et Usbek &amp; Rica d\u00e9montre que le papier garde la main dans certains domaines, comme le grand reportage et la bande dessin\u00e9e, par rapport \u00e0 Internet. Ce succ\u00e8s a fait des \u00e9mules en Suisse (<a href=\"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3544\">lire article principal<\/a>).<\/p>\n<p>Parmi les nouveaux titres apparus au printemps de cette ann\u00e9e, la revue associative Ithaque, dirig\u00e9e par l\u2019enseignant et blogueur Guillaume Henchoz, entour\u00e9 d\u2019une \u00e9quipe de journalistes et de photographes romands. \u00abIthaque est con\u00e7u comme un laboratoire pour d\u00e9crire le r\u00e9el, jouer sur le texte, raconter des histoires, gr\u00e2ce \u00e0 la photographie et \u00e0 la bande dessin\u00e9e.\u00bb La vingtaine de pages de la revue propose des genres d\u00e9laiss\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es par la presse quotidienne et magazine, comme le reportage narratif et le reportage subjectif \u00abgonzo\u00bb.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la concentration du march\u00e9 de la presse helv\u00e9tique, des publications r\u00e9centes comme H\u00e9misph\u00e8res, la revue des Hautes Ecole Sp\u00e9cialis\u00e9es de Suisse romande, les revues artistiques Dorade et Novembre ainsi que les magazines photographiques Else et Strates offrent une nouvelle diversit\u00e9 au lecteur contemporain, incarnant la vivacit\u00e9 du support papier et des formats longs h\u00e9rit\u00e9s des Lumi\u00e8res, face au sentiment d\u2019atomisation qui r\u00e8gne sur internet.<\/p>\n<p>Derni\u00e8re apparition en cette ann\u00e9e de renaissance pour les revues helv\u00e9tiques, La Couleur des jours a sorti son premier num\u00e9ro en septembre. La publication expose quatre fois l\u2019an les r\u00e9cits et interventions visuelles de journalistes, artistes et photographes romands. Ce renouveau international de la revue nourrit aussi l\u2019imagination des distributeurs sp\u00e9cialis\u00e9s. Lanc\u00e9e en 2007, la compagnie zurichoise Motto Distribution propose ainsi un catalogue de plus de cent titres internationaux. Le distributeur, qui a ouvert des bureaux \u00e0 Vancouver et Berlin, propose aussi de la vente de revues haut de gamme en ligne. Gr\u00e2ce \u00e0 ce nouveau modus vivendi, le papier et le virtuel, longtemps fr\u00e8res ennemis, semblent sur la voie de la r\u00e9conciliation.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>A lire aussi: <a href=\"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3544\" target=\"_blank\">Le nouvel \u00e2ge d&rsquo;or des revues<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les publications litt\u00e9raires et scientifiques ont largement fa\u00e7onn\u00e9 le paysage intellectuel occidental depuis quatre si\u00e8cles. En Suisse aussi, les revues ont relay\u00e9 les grands affrontements id\u00e9ologiques des temps pass\u00e9s. R\u00e9trospective.<\/p>\n","protected":false},"author":19343,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-3545","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3545","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19343"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3545"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3545\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3545"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3545"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3545"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}