



{"id":3520,"date":"2011-10-27T17:37:14","date_gmt":"2011-10-27T15:37:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3520"},"modified":"2011-10-31T12:05:23","modified_gmt":"2011-10-31T10:05:23","slug":"suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3520","title":{"rendered":"RTS: apr\u00e8s les belles promesses de la fusion, la dure r\u00e9alit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large311011.jpg\" alt=\"large311011.jpg\" title=\"large311011.jpg\" width=\"468\" height=\"328\" border=\"0\" \/>Le mercredi matin, sur la premi\u00e8re cha\u00eene de la radio publique, une voix pr\u00e9enregistr\u00e9e rappelle aux auditeurs de se poster devant leur t\u00e9l\u00e9viseur en fin de journ\u00e9e, pour assister aux d\u00e9bats de l&rsquo;\u00e9mission Infrarouge. Ces brefs messages, mettant en lien t\u00e9l\u00e9vision et radio, rappellent quotidiennement que l&rsquo;audiovisuel public ne forme d\u00e9sormais plus qu&rsquo;une seule et m\u00eame entit\u00e9: la Radio T\u00e9l\u00e9vision Suisse (RTS), n\u00e9e officiellement en janvier 2010 de la fusion de la T\u00e9l\u00e9vision Suisse Romande (TSR) et de la Radio Suisse Romande (RSR). Objectif annonc\u00e9 par ses concepteurs: adapter l&rsquo;offre aux nouveaux modes de consommation des m\u00e9dias.<\/p>\n<p>Forte de cet ambitieux projet &#8212; et d&rsquo;un budget annuel de 380 millions de francs et de 1600 employ\u00e9s r\u00e9partis entre Gen\u00e8ve et Lausanne &#8211;, l&rsquo;entreprise de service public subit des critiques de toutes parts. Tant de ses propres employ\u00e9s, que des politiques et des m\u00e9dias priv\u00e9s romands. Explications en quatre points.<\/p>\n<p><strong>TF1: double jeu de la RTS?<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s M6, TF1 vend depuis cet automne ses espaces publicitaires sur le march\u00e9 romand. La cha\u00eene fran\u00e7aise, qui a choisi comme r\u00e9gie le groupe de presse suisse Ringier, pr\u00e9voit de lever chaque ann\u00e9e entre 15 et 40 millions de francs en Suisse. (M6 enregistre d\u00e9j\u00e0 un chiffre d&rsquo;affaires de 66 millions dans notre pays).<\/p>\n<p>La nouvelle a suscit\u00e9 la col\u00e8re des m\u00e9dias romands, indign\u00e9s par cette nouvelle concurrence. L&rsquo;organisme Publicit\u00e9 romande y per\u00e7oit \u00abune \u00e9vasion de substance \u00e9conomique, qui manquera au financement des contenus en Suisse romande, pesant sur les emplois d&rsquo;un secteur d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9 et en pleine mutation\u00bb. Les m\u00e9dias priv\u00e9s, notamment les t\u00e9l\u00e9visions r\u00e9gionales, clament \u00eatre les grands perdants de l&rsquo;op\u00e9ration. Gilles Marchand, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la RTS, a aussi manifest\u00e9 ses craintes et sa d\u00e9ception, qualifiant l&rsquo;arriv\u00e9e de TF1 de \u00abtremblement de terre\u00bb pour le march\u00e9 publicitaire romand. Il pr\u00e9voit un manque \u00e0 gagner \u00abd&rsquo;environ 10 millions de francs suisses\u00bb pour son entreprise (sur un total de recettes commerciales de 110 millions).<\/p>\n<p>Un d\u00e9tail a pourtant soulev\u00e9 la col\u00e8re des priv\u00e9s envers le service public: l&rsquo;outil informatique utilis\u00e9 par TF1 pour g\u00e9rer ses r\u00e9servations publicitaires appartient \u00e0 Publisuisse, la r\u00e9gie de la SSR, dont Gilles Marchand est le pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration.<\/p>\n<p>\u00abLe service public ne peut se positionner en victime d&rsquo;une part et, de l&rsquo;autre, mettre \u00e0 disposition de ce concurrent \u00e9tranger son logiciel, lance Christophe Rasch, directeur de la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision valdo-fribourgeoise La T\u00e9l\u00e9, dont les r\u00e9servations publicitaires ont chut\u00e9 de 66% au second semestre 2011. La RTS et TF1 collaborent sur divers projets, il y a forc\u00e9ment eu une discussion entre eux. Les Fran\u00e7ais viennent ainsi se servir dans la caisse, sans rien apporter, et le service public leur a d\u00e9roul\u00e9 le tapis rouge!\u00bb<\/p>\n<p>Le journaliste et producteur Pascal D\u00e9caillet, qui oeuvre sur les cha\u00eenes priv\u00e9es L\u00e9man Bleu et La T\u00e9l\u00e9, soup\u00e7onne \u00e9galement un \u00abdeal\u00bb. \u00abLorsque deux pays sont en guerre, et que l&rsquo;un offre ses canons \u00e0 l&rsquo;autre, cela s&rsquo;appelle une trahison.\u00bb A travers un communiqu\u00e9, la SSR a d\u00e9menti toute \u00abrelation contractuelle avec TF1\u00bb. Rappelant qu&rsquo;au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, la TSR s&rsquo;\u00e9tait battue jusqu&rsquo;au Tribunal f\u00e9d\u00e9ral pour que M6 cesse de vendre ses fen\u00eatres publicitaires en Suisse. Les juges avaient finalement tranch\u00e9 en faveur des Fran\u00e7ais, ouvrant ainsi la voie \u00e0 d&rsquo;autres cha\u00eenes \u00e9trang\u00e8res. Patrick Zanello, directeur de la publicit\u00e9 chez Ringier pour TF1, qualifie ces accusations de \u00abcompl\u00e8tement farfelues\u00bb. \u00abPublisuisse commercialise cet outil de r\u00e9servations depuis des ann\u00e9es, il a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la disposition d&rsquo;autres cha\u00eenes \u00e9trang\u00e8res et est utilis\u00e9 par des t\u00e9l\u00e9visions locales romandes.\u00bb Pour lui, les annonceurs suisses qui choisiront TF1 ne sont pas ceux qui jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent investissaient dans les t\u00e9l\u00e9visions r\u00e9gionales. Les taux d&rsquo;audience ainsi que les tarifs, l&rsquo;environnement des \u00e9missions et les outils marketing mis \u00e0 la disposition des annonceurs \u00e9tant diff\u00e9rents. \u00abNos tarifs bruts sont d&rsquo;ailleurs dans les m\u00eames eaux que ceux de la RTS.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une redevance anachronique<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9ternel d\u00e9bat. Quelle est la mission de l&rsquo;audiovisuel public, financ\u00e9 en grande partie par la redevance? Doit-il utiliser l&rsquo;argent du contribuable pour diffuser des s\u00e9ries am\u00e9ricaines? Depuis des ann\u00e9es, des politiques insistent pour que la taxe actuelle (463 francs par m\u00e9nage et par ann\u00e9e, ind\u00e9pendamment du revenu) soit revue \u00e0 la baisse ou carr\u00e9ment supprim\u00e9e, demandant par cons\u00e9quent \u00e0 la SSR (qui emploie 5000 personnes et a un budget de 1,6 milliard) de revoir son mandat et de faire des \u00e9conomies.<\/p>\n<p>En septembre dernier, une d\u00e9cision du Conseil national a fait bondir des politiciens aussi bien de gauche que de droite: tous les m\u00e9nages suisses devront \u00e0 l&rsquo;avenir s&rsquo;acquitter de la redevance pr\u00e9lev\u00e9e par Billag pour contribuer au financement de l&rsquo;audiovisuel. M\u00eame ceux qui, ne poss\u00e9dant ni poste de t\u00e9l\u00e9vision ni r\u00e9cepteur radio, se croyaient \u00e0 l&rsquo;abri d&rsquo;une visite impromptue d&rsquo;un contr\u00f4leur de la soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e \u00e0 Fribourg.<\/p>\n<p>\u00abCertaines personnes ont renonc\u00e9 volontairement \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, et pourtant elles doivent payer, s&rsquo;indigne Natalie Rickli, jeune conseill\u00e8re nationale zurichoise UDC et fer de lance des anti-Billag. Il s&rsquo;agit tout simplement d&rsquo;un nouvel imp\u00f4t.\u00bb La mobilisation sur les r\u00e9seaux sociaux, notamment via le groupe suisse al\u00e9manique \u00abBye Bye Billag\u00bb, a abouti en mai \u00e0 une p\u00e9tition visant \u00e0 abaisser la redevance \u00e0 200 francs, soutenue par l&rsquo;UDC et les jeunesses de plusieurs partis bourgeois.<\/p>\n<p>Le Conseil national n&rsquo;a pas donn\u00e9 suite. \u00abNous nous r\u00e9servons la possibilit\u00e9 de lancer une initiative populaire suite \u00e0 cet \u00e9chec, glisse Natalie Rickli, sauf que nous ne disposons pas pour l&rsquo;heure des moyens financiers et logistiques ad\u00e9quats.\u00bb<\/p>\n<p>Certes, Doris Leuthard a soulign\u00e9 que \u00abtr\u00e8s peu de m\u00e9nages seront touch\u00e9s par une injustice\u00bb, car 93% des foyers paient d\u00e9j\u00e0 la redevance pour la radio et 98% pour la t\u00e9l\u00e9vision. Seulement, le principe d&rsquo;une \u00abinjustice\u00bb fait grincer des dents. Pour Philippe Nantermod, vice-pr\u00e9sident des Jeunes lib\u00e9raux-radicaux suisses, le syst\u00e8me de redevance est \u00abune m\u00e9thode d&rsquo;un autre \u00e2ge\u00bb. Le politicien pr\u00f4ne de sortir de la \u00ablogique des cha\u00eenes pour passer au paiement \u00e0 la carte, par programme, \u00e0 l&rsquo;instar de ce que propose d\u00e9j\u00e0 Swisscom TV\u00bb. Et de subventionner ce qui rel\u00e8ve strictement de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral: \u00abLa SSR devrait se limiter \u00e0 sa mission d&rsquo;information, ce n&rsquo;est pas son r\u00f4le de financer le Montreux Jazz Festival.\u00bb<\/p>\n<p>Les deux politiciens se prononcent pour la dissolution de Billag, dont le mandat arrive \u00e0 terme en 2014. \u00abPuisque tout le monde doit payer, autant passer par l&rsquo;imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral direct\u00bb, estime Philippe Nantermod. Une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, nourrie au paiement en ligne, se dresse contre la redevance, c&rsquo;est tout l&rsquo;\u00e9difice de la SSR qui pourrait vaciller. Gilles Marchand ne craint pas une remise en question de son budget. \u00abJe crois que les Suisses savent qu&rsquo;une radio et une t\u00e9l\u00e9vision g\u00e9n\u00e9ralistes de qualit\u00e9, en quatre langues, avec un cahier des charges exigeant, ont un prix. Et il est clair que les attaques permanentes contre la SSR la fragilisent.\u00bb<\/p>\n<p>Si la possibilit\u00e9 d&rsquo;ins\u00e9rer de la publicit\u00e9 sur les sites internet de la RTS semble pour l&rsquo;instant compromise, son directeur compte sur d&rsquo;autres sources de revenus. \u00abNous voulons d\u00e9velopper des coproductions dans le domaine de la fiction. Dans ce type de collaboration, la RTS et des partenaires externes cofinancent un programme, g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 parts \u00e9gales. Cela nous permettrait d&rsquo;augmenter la diffusion de s\u00e9ries maison. A titre de comparaison, une minute de fiction am\u00e9ricaine, comme les Experts par exemple, co\u00fbte \u00e0 la RTS 100 francs, alors que le prix d&rsquo;une m\u00eame minute d&rsquo;une s\u00e9rie produite en Suisse s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 12 000 francs.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des r\u00e9sultats encore peu visibles<\/strong><\/p>\n<p>\u00abPour l&rsquo;instant, la montagne a accouch\u00e9 d&rsquo;une souris Reste \u00e0 voir la taille de la souris\u00bb, s&rsquo;amuse ce producteur t\u00e9l\u00e9 de l&rsquo;entreprise. Pr\u00e9sent\u00e9 en grande pompe en 2009 comme la solution d&rsquo;avenir, le projet baptis\u00e9 \u00abConvergence et efficience\u00bb tarde \u00e0 prendre forme. Radio et t\u00e9l\u00e9 affichent toujours leur site et logo respectifs, et les envoy\u00e9s sp\u00e9ciaux concluent encore leur intervention en pr\u00e9cisant qu&rsquo;ils travaillent \u00abpour la RSR\u00bb. Des employ\u00e9s interrog\u00e9s estiment le r\u00e9sultat actuel \u00abd\u00e9cevant\u00bb ou, du moins, \u00abpeu visible\u00bb en terme d&rsquo;am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 ou de l&rsquo;efficacit\u00e9. \u00abUne telle fusion est un long processus, qui s&rsquo;imposera progressivement au fil des ann\u00e9es, se d\u00e9fend Gilles Marchand, qui rappelle que ce projet a, d\u00e8s le d\u00e9part, \u00e9t\u00e9 \u00e9chelonn\u00e9 sur quatre ans. Lors de ces deux premi\u00e8res ann\u00e9es, nous nous sommes concentr\u00e9s sur la fusion des supports techniques et administratifs de l&rsquo;entreprise. Cette partie est pleinement op\u00e9rationnelle, nous avons avanc\u00e9 de mani\u00e8re rapide et satisfaisante.\u00bb<\/p>\n<p>Ce qui est s\u00fbr, c&rsquo;est que cette fusion ne permettra pas \u00e0 l&rsquo;entreprise de service public d&rsquo;\u00e9conomiser de l&rsquo;argent. La trentaine de postes supprim\u00e9s d&rsquo;ici \u00e0 2014 dans les secteurs de l&rsquo;administration, de la logistique et de l&rsquo;informatique permettra un gain de 5 millions de francs. Cette somme sera r\u00e9inject\u00e9e dans l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des productions, quelques signes de la convergence ont fait leur apparition. Cet \u00e9t\u00e9, par exemple, le Cully Jazz Festival ou la manifestation de musique classique la Schubertiade ont eu droit \u00e0 une couverture coordonn\u00e9e radio et t\u00e9l\u00e9 ainsi qu&rsquo;\u00e0 un suivi sous forme de blog. Ou encore, telle th\u00e9matique peut \u00eatre d\u00e9battue sur la premi\u00e8re cha\u00eene de la radio publique, avant d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9e sous forme d&rsquo;enqu\u00eate dans l&rsquo;\u00e9mission t\u00e9l\u00e9 Temps Pr\u00e9sent. A chaque fois, des \u00abrenvois de balles\u00bb entre diff\u00e9rents m\u00e9dias sont pr\u00e9vus. Le but premier de ces initiatives est donc de fid\u00e9liser le public: \u00abNous voulons habituer progressivement les Romands \u00e0 s&rsquo;informer tout au long de la journ\u00e9e sur les diff\u00e9rents supports de la RTS, r\u00e9sume Gilles Marchand. Par la radio le matin, par le Web pendant les heures de bureau et par la t\u00e9l\u00e9vision en soir\u00e9e.\u00bb Traiter ainsi, \u00e0 travers des m\u00e9dias, un m\u00eame sujet permettra-t-il d&rsquo;attirer auditeurs et t\u00e9l\u00e9spectateurs? Pour le directeur, ce fonctionnement permet en tout cas de \u00abrenforcer la visibilit\u00e9 d&rsquo;une \u00e9mission sur le march\u00e9. Les contenus seront compl\u00e9mentaires et chaque m\u00e9dia les transmettra selon ses propres sp\u00e9cificit\u00e9s.\u00bb Et d\u00e8s d\u00e9but 2012, c&rsquo;est \u00e0 la visibilit\u00e9 de la marque RTS que la direction va s&rsquo;atteler. \u00abTout notre contenu sera r\u00e9uni sur une seule et m\u00eame plateforme, <a target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.rts.ch\">RTS.ch<\/a>, et nous allons revoir le branding de nos marques. Nous y travaillons actuellement, le r\u00e9sultat sera tr\u00e8s int\u00e9ressant pour le public. Un temps d&rsquo;adaptation sera n\u00e9cessaire, et dans deux ans, je suis persuad\u00e9 qu&rsquo;une image claire et parfaitement identifiable de l&rsquo;offre du service public radiot\u00e9l\u00e9-Web, s&rsquo;imposera sur le march\u00e9 romand.\u00bb<\/p>\n<p>Le public devra attendre 2013 pour constater de plus grandes coop\u00e9rations entre les programmes des diff\u00e9rents m\u00e9dias. \u00abC&rsquo;est l&rsquo;aspect qui prendra le plus de temps.\u00bb<\/p>\n<p><strong>La radio subit, la t\u00e9l\u00e9vision attend <\/strong><\/p>\n<p>Premiers surpris par ce projet de convergence, les employ\u00e9s de la RTS se divisent en deux camps: ceux de la radio et ceux de la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Les \u00abanciens de la RSR\u00bb se disent plus affect\u00e9s. \u00abOn nous impose le rythme et les modes de fonctionnement de la t\u00e9l\u00e9vision, bien diff\u00e9rents des n\u00f4tres, regrette une productrice radio, qui pr\u00e9f\u00e8re garder l&rsquo;anonymat. Nous ressentons quotidiennement le poids de cette nouvelle grosse structure: une couche hi\u00e9rarchique suppl\u00e9mentaire, davantage de s\u00e9ances et de bureaucratie.\u00bb Une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e au printemps par le Syndicat suisse des mass media (SSM) aupr\u00e8s des employ\u00e9s de la radio confirme ces propos. \u00abUne plainte revient constamment: la d\u00e9sorganisation et la lenteur du processus de d\u00e9cision, analyse Val\u00e9rie Perrin, secr\u00e9taire du syndicat SSM. Beaucoup de sond\u00e9s font \u00e9tat d&rsquo;un organigramme trop compliqu\u00e9 et de la multiplication des r\u00e9f\u00e9rents, avec comme cons\u00e9quences une perte de temps et d&rsquo;\u00e9nergie. Ils soulignent des d\u00e9lais de r\u00e9ponse excessivement longs, d\u00e9crits comme une r\u00e9elle entrave au travail, et des s\u00e9ances jug\u00e9es souvent inutiles.\u00bb Le syndicat s&rsquo;opposait \u00e0 la fusion, estimant notamment que l&rsquo;entreprise ne pourrait pas harmoniser les salaires de ses collaborateurs. \u00abDes in\u00e9galit\u00e9s existent entre employ\u00e9s qui assument les m\u00eames responsabilit\u00e9s. Equilibrer les salaires co\u00fbterait cher, et la RTS n&rsquo;en a pas les moyens.\u00bb<\/p>\n<p>Depuis la mise en place du projet, des r\u00e9dactions th\u00e9matiques communes ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es. La productrice radio pr\u00e9cise que l&rsquo;entente entre les employ\u00e9s des diff\u00e9rents m\u00e9dias est \u00abtout \u00e0 fait cordiale et respectueuse\u00bb. \u00abMais ces collaborations nous permettront-elles d&rsquo;am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de nos programmes?\u00bb La diversit\u00e9 d&rsquo;opinions risque d&rsquo;\u00eatre limit\u00e9e. \u00abLorsqu&rsquo;un journaliste sp\u00e9cialiste du cin\u00e9ma, par exemple, doit traiter un m\u00eame sujet pour trois cha\u00eenes, il n&rsquo;aura pas le temps de le traiter de trois mani\u00e8res diff\u00e9rentes.\u00bb<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9vision, l&rsquo;heure est \u00e0 l&rsquo;attente. \u00abDu c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Unit\u00e9 actuelle des magazines, nous ne sommes pas encore concern\u00e9s par la convergence, explique Manuelle Pernoud, productrice de l&rsquo;\u00e9mission A Bon Entendeur. Des synergies avec la radio devraient commencer en 2013.\u00bb La journaliste, qui pr\u00e9side une association informelle de producteurs t\u00e9l\u00e9 au sein de l&rsquo;entreprise, craint de voir les processus de d\u00e9cisions s&rsquo;alourdir. \u00abNous n&rsquo;avons pas le temps de perdre du temps.\u00bb<\/p>\n<p>Les collaborateurs ont d\u00e9j\u00e0 fait part de leur inqui\u00e9tude \u00e0 la direction de la RTS. \u00abJe me heurte \u00e0 des r\u00e9sistances et je m&rsquo;y attendais, note Gilles Marchand. Les choses doivent se mettre en place progressivement. Je suis conscient qu&rsquo;il est impossible d&rsquo;obtenir l&rsquo;unanimit\u00e9 dans ce genre de processus. Et nous veillons \u00e0 limiter au maximum l&rsquo;impact social de la fusion.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En plein processus de fusion, l&rsquo;audiovisuel public attire beaucoup de critiques: de la part de ses employ\u00e9s, des m\u00e9dias priv\u00e9s et des politiques. Et en plus, il se voit attaqu\u00e9 par TF1. Dossier.<\/p>\n","protected":false},"author":19078,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-3520","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3520","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/19078"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3520"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3520\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3520"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3520"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3520"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}