



{"id":3516,"date":"2011-10-20T16:59:53","date_gmt":"2011-10-20T14:59:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3516"},"modified":"2011-10-23T21:11:12","modified_gmt":"2011-10-23T19:11:12","slug":"finance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3516","title":{"rendered":"Les millisecondes qui font gagner des millions"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large241011.jpg\" alt=\"large241011.jpg\" title=\"large241011.jpg\" width=\"468\" height=\"300\" border=\"0\" \/>A la Bourse, les patrons sont d\u00e9sormais des ordinateurs. A l\u2019aide de processeurs surpuissants et de connexions ultrarapides, des algorithmes de calcul automatiques investissent 24h\/24, seconde apr\u00e8s seconde, pour le compte de hedge funds et de banques d\u2019investissement. C\u2019est la r\u00e9volution, discr\u00e8te mais fondamentale, qui est en train de s\u2019op\u00e9rer sur les march\u00e9s financiers. Cette pratique qui domine aujourd\u2019hui le paysage financier mondial, c\u2019est le high frequency trading ou HFT pour les connaisseurs. Un myst\u00e8re pour le grand public et un probl\u00e8me de plus pour les r\u00e9gulateurs.   <\/p>\n<p>Etre plus rapide que tous les autres, voil\u00e0 le nerf de la guerre. Les adeptes du trading \u00e0 haute fr\u00e9quence placent leur \u00e9quipement informatique le plus pr\u00e8s possible des march\u00e9s \u00e9lectroniques. Etre \u00e9loign\u00e9 de 100 km rajouterait une milliseconde \u00e0 la transaction &#8212; bien trop dans un monde qui bat la cadence \u00e0 coups de microsecondes. Depuis peu, les bourses offrent la possibilit\u00e9 de louer des ordinateurs situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 de leurs locaux, dans lesquels des algorithmes concurrents tournant tranquillement les uns \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres se livrent une bataille acharn\u00e9e. \u00abEn r\u00e9agissant chaque seconde, ces march\u00e9s permettent aujour\u00add\u2019hui de faire en une minute autant de b\u00e9n\u00e9fice qu\u2019auparavant en une semaine\u00bb, commente Dietmar Maringer, professeur en finance computationnelle \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de B\u00e2le.  <\/p>\n<p><em>Dollars et controverses<\/em><\/p>\n<p>Ces programmes automatiques &#8212; appel\u00e9s \u00e9galement \u00abbots\u00bb ou \u00abalgos\u00bb &#8212; surveillent les tran\u00ad-sactions en cours, flairent la bonne affaire et l\u2019ex\u00e9cutent en quelques millisecondes. Les marges r\u00e9alis\u00e9es sont certes minuscules &#8212; parfois seulement quelques centimes par op\u00e9ration &#8212; mais elles s\u2019additionnent: plus de 50% des transactions boursi\u00e8res am\u00e9ricaines en 2011 impliqueront le high frequency trading, selon le Tabb Group. Concentr\u00e9 \u00e0 l\u2019origine sur les actions, le HFT se d\u00e9place d\u00e9sormais vers d\u2019autres produits tels que les options (dont il repr\u00e9sente 38% du volume) et les mati\u00e8res premi\u00e8res.  <\/p>\n<p>\u00abLe domaine du HFT est discret et il reste difficile de d\u00e9couvrir le fond des choses, confie Dietmar Maringer. Les acteurs n\u2019ont aucune raison de parler, autant lorsque leurs m\u00e9thodes fonctionnent que lorsqu\u2019elles ne marchent pas.\u00bb Surtout, il faut rester discret pour \u00e9viter de s\u2019attirer une mauvaise r\u00e9putation. Car si cette pratique rapporte gros, elle a acquis une image des plus sulfureuses. De nombreux m\u00e9dias, en particulier, questionnent la moralit\u00e9 d\u2019op\u00e9rations qui ne fournissent aucun service visible.  <\/p>\n<p><em>Ecr\u00e9mer les transactions<\/em><\/p>\n<p>La pratique la plus controvers\u00e9e est la \u00abliquidity detection\u00bb, qui consiste \u00e0 se glisser entre acheteur et vendeur pour \u00e9cr\u00e9mer au passage la transaction de quelques centimes (lire ci-dessous). Bas\u00e9e sur la rapidit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution, elle profite de transactions qui auraient lieu de toute fa\u00e7on &#8212; au contraire d\u2019un teneur de march\u00e9 qui apporte un service en mettant en relation acheteur et vendeur. Une pratique \u00abtotalement non \u00e9thique\u00bb, juge Richard Olsen, fondateur \u00e9ponyme de l\u2019entreprise financi\u00e8re zurichoise: \u00abCes m\u00e9thodes exploitent le design totalement inadapt\u00e9 des Bourses modernes qui permet aux participants de ne montrer qu\u2019un seul prix &#8212; celui d\u2019achat ou de vente. Cette lacune obscurcit compl\u00e8tement les transactions, permet de cacher sa strat\u00e9gie et d\u2019adapter instantan\u00e9ment son prix au march\u00e9.\u00bb Devoir indiquer les deux prix d\u00e9voile pr\u00e9cis\u00e9ment quelle valeur on accorde \u00e0 un titre, alors que donner un seul prix permet d\u2019adapter instantan\u00e9ment son offre en tenant uniquement compte du march\u00e9 &#8212; on peut alors se faufiler entre vendeur et acheteur.   <\/p>\n<p>Commentateur critique et singulier du monde boursier, Richard Olsen milite pour un retour aux r\u00e9gulations des ann\u00e9es 1970 qui obligeaient les acteurs \u00e0 toujours d\u00e9voiler leurs deux prix. Certaines m\u00e9thodes du HFT flirtent parfois d\u2019ailleurs avec la l\u00e9galit\u00e9. \u00abLancer des ordres uniquement dans le but de simuler un gros achat pour faire artificiellement monter les prix est consid\u00e9r\u00e9 comme une manipulation du march\u00e9, indique Miranda Mizen, analyste senior aupr\u00e8s du Tabb Group. Cette pratique est ill\u00e9gale, et le restera.\u00bb  <\/p>\n<p><em>Vision apocalyptique<\/em><\/p>\n<p>Le high frequency trading est une \u00e9volution issue de l\u2019algorithmic trading, qui a \u00e9merg\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980 avec des programmes informatiques effectuant des transactions de mani\u00e8re automatique. Si les r\u00e8gles d\u2019alors \u00e9taient simples et rigides, les \u00abbots\u00bb sont depuis devenus de plus en plus sophistiqu\u00e9s: certains sont capables d\u2019observer leur propre performance pour apprendre, s\u2019adapter et am\u00e9liorer leur rendement. Le r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant jou\u00e9 aujourd\u2019hui par ces algorithmes nourrit un sentiment de malaise diffus, voire m\u00eame une vision apocalyptique d\u2019une Matrix financi\u00e8re devenue compl\u00e8tement folle. De nombreux commentateurs ont vu dans le flash crash du 6 mai 2010 les effets mal\u00e9fiques d\u2019un syst\u00e8me boursier livr\u00e9 aux machines. \u00abLes risques sont toujours une affaire de perception, temp\u00e8re Dietmar Maringer. Dans le cas du flash crash, le march\u00e9 s\u2019est r\u00e9tabli. Le ph\u00e9nom\u00e8ne est invisible si on observe le march\u00e9 \u00e0 une \u00e9chelle temporelle de quinze minutes. Bien qu\u2019il n\u2019y ait pas eu de pertes r\u00e9elles, on parle tout de m\u00eame de crash.\u00bb <\/p>\n<p>Depuis les premiers effondrements \u00e9clairs survenus \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, les algorithmes sont de mieux en mieux test\u00e9s avant d\u2019\u00eatre lanc\u00e9s sur les march\u00e9s. Il reste n\u00e9anmoins difficile d\u2019estimer \u00e0 l\u2019avance l\u2019effet combin\u00e9 qu\u2019auront des algorithmes qui s\u2019influencent les uns les autres, en particulier lorsqu\u2019ils sont capables de s\u2019adapter. Un probl\u00e8me qui rappelle les effets \u00abcocktails\u00bb des m\u00e9dicaments: des substances individuellement inoffensives mais qui s\u2019av\u00e8rent dangereuses une fois m\u00e9lang\u00e9es.  <\/p>\n<p><em>La panique des robots-moutons<\/em><\/p>\n<p>Le risque principal, c\u2019est l\u2019effet de masse qui peut survenir lorsqu\u2019un certain nombre d\u2019algorithmes suivent exactement les m\u00eames r\u00e8gles (comme par exemple un \u00abstop-loss\u00bb consistant \u00e0 vendre lorsque les prix tombent en dessous d\u2019un plancher). Tous les bots vendront au m\u00eame instant, entra\u00eenant une chute des prix qui elle-m\u00eame poussera d\u2019autres algorithmes \u00e0 vendre et cr\u00e9era ainsi une spirale descendante. \u00abLa m\u00eame chose peut \u00e9videmment se produire avec des traders humains, glisse Dietmar Maringer, mais il y a une diff\u00e9rence: les algorithmes proc\u00e8dent extr\u00eamement rapidement et de mani\u00e8re tr\u00e8s rigide. Ils ne s\u2019arr\u00eatent pas facilement.\u00bb   <\/p>\n<p>Pour diminuer les risques d\u2019un effondrement boursier d\u00fb \u00e0 la panique des bots, les Bourses ont introduit des circuits breakers (ou \u00abfusibles\u00bb): un arr\u00eat de toutes les transactions pendant cinq secondes si le march\u00e9 devient trop turbulent et voit des valeurs plonger ou monter de plus de 10% en moins de cinq minutes. Cette intervention quasi divine (elle est d\u00e9cid\u00e9e par les autorit\u00e9s boursi\u00e8res) permet de calmer efficacement les algorithmes. Les programmes ont le temps de v\u00e9rifier leurs donn\u00e9es ou d\u2019\u00eatre carr\u00e9ment mis hors jeu. Dans le cas du flash crash de mai 2010, le fusible a fonctionn\u00e9 et les cours sont revenus petit \u00e0 petit \u00e0 la normale. Malgr\u00e9 le culte qu\u2019elle voue \u00e0 la l\u00e9gendaire sagesse des march\u00e9s (cens\u00e9e refl\u00e9ter automatiquement la vraie valeur du march\u00e9), l\u2019industrie financi\u00e8re a plut\u00f4t bien accept\u00e9 ce type d\u2019intervention artificielle.  <\/p>\n<p><em>Les r\u00e9gulateurs r\u00e9agissent<\/em><\/p>\n<p>\u00abPour l\u2019instant, il reste difficile de dire si le HFT rend les march\u00e9s vraiment plus instables, dit Christian Ewerhart, professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Zurich. Il faudra voir si les crashs se multiplient. Le trading \u00e0 haute fr\u00e9quence reste mal connu, et j\u2019ai l\u2019impression que les r\u00e9gulateurs, comme souvent, tentent de rester \u00e0 jour sans vraiment arriver \u00e0 voir clairement ce qui se passe.\u00bb   <\/p>\n<p>Des r\u00e8gles se mettent pourtant en place. Les nouvelles normes europ\u00e9ennes Misfid II se penchent actuellement sur le HFT, tandis que le gouvernement britannique \u00e9tudie ses impacts sur la liquidit\u00e9 des march\u00e9s. \u00abApr\u00e8s la crise globale et le flash crash, il est crucial de retrouver la confiance\u00bb, commente Miranda Mizen du Tabb Group.   <\/p>\n<p>Richard Olsen se montre des plus pessimistes et proph\u00e9tise la catastrophe: \u00abLe flash crash de 2010 s\u2019est r\u00e9tabli mais ce fut un coup de chance qui ne doit pas nous aveugler. Avec ces instruments extr\u00eamement rapides, le monde financier est devenu tr\u00e8s instable. Il se trouve \u00e0 deux doigts de l\u2019effondrement.\u00bb Mais interdire le high frequency trading comme le proposent certains n\u2019est pas du tout r\u00e9aliste, selon Dietmar Maringer: \u00abLes algorithmes ne pensent d\u00e9sormais qu\u2019en haute fr\u00e9quence. Il est impossible de revenir en arri\u00e8re.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>L\u2019essor du trading \u00e0 haute fr\u00e9quence  <\/strong><\/p>\n<p>Adopt\u00e9 d\u2019abord par des hedge funds et des compagnies sp\u00e9cialis\u00e9es, le trading \u00e0 haute fr\u00e9quence commence \u00e0 se d\u00e9mocratiser. \u00abLes \u00e9quipements n\u00e9cessaires pour des acc\u00e8s ultrarapides sont devenus plus accessibles, note Mike O\u2019Hara, consultant en technologies financi\u00e8res. L\u2019important n\u2019est plus forc\u00e9ment d\u2019\u00eatre le plus rapide, mais le plus malin, avec des algorithmes plus intelligents que ceux des concurrents.\u00bb   <\/p>\n<p>Les investissements de d\u00e9part sont cons\u00e9quents, mais ensuite les algorithmes tournent jour et nuit. Le HFT ne mobilise pas beaucoup de capital car il consiste toujours \u00e0 acheter et \u00e0 revendre pratiquement en m\u00eame temps. \u00abLes positions sont closes en moins d\u2019une seconde et ne figurent pas dans les comptes trimestriels\u00bb, rel\u00e8ve Christian Ewerhart de l\u2019Universit\u00e9 de Zurich.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Le flash crash de 2010<\/strong><\/p>\n<p>Le 6 mai 2010, \u00e0 exactement 14 heures 47 et 54 secondes, l\u2019action d\u2019Accenture tombe \u00e0 1 cent, accompagn\u00e9e de sept autres actions qui chutent de 100% en quelques minutes. D\u2019autres telles qu\u2019Apple et Hewlett-Packard s\u2019envolent pour d\u00e9passer les 100\u2019000 dollars. Le Dow Jones d\u00e9gringole de plus de 500 points (5%) en moins de cinq minutes. Un quart d\u2019heure plus tard, la Bourse se r\u00e9tablit.   <\/p>\n<p>A la fin septembre 2010, l\u2019explication officielle est fournie par un rapport r\u00e9dig\u00e9 par la Securities &#038; Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission. Le 6 mai, le climat est nerveux \u00e0 la Bourse, en particulier \u00e0 cause de la situation \u00e9conomique europ\u00e9enne tr\u00e8s tendue li\u00e9e aux difficult\u00e9s de la Gr\u00e8ce. Le d\u00e9clencheur du flash crash se trouve dans la vente massive par un groupe de fonds mutuels de 75\u2019000 contrats \u00abE-mini\u00bb pour une valeur d\u00e9passant les 4 milliards de dollars. Cet ordre est ex\u00e9cut\u00e9 par un algorithme de vente automatique qui ne prend pas bien en compte la valeur et le temps d\u2019ex\u00e9cution. Au lieu de s\u2019\u00e9taler sur quelques heures comme d\u2019habitude, l\u2019ordre est ex\u00e9cut\u00e9 en une vingtaine de minutes, ce qui d\u00e9stabilise compl\u00e8tement le march\u00e9.   <\/p>\n<p>Les programmes automatiques des high frequency traders (HFT) absorbent une partie des E-mini. Cela pousse l\u2019algorithme de vente \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer encore sa vitesse d\u2019ex\u00e9cution alors que ses premi\u00e8res ventes n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9es par des acheteurs fondamentaux. Le prix chute de 3% en quatre minutes et les algorithmes de HFT commencent \u00e0 vendre ces E-mini les uns aux autres.   <\/p>\n<p>L\u2019\u00e9volution ultrarapide des prix refroidit les acheteurs fondamentaux: ils disparaissent pour ne fournir plus qu\u2019un centi\u00e8me de la demande qui existait au d\u00e9but de la journ\u00e9e. A 14h45, le Chicago Mercantile Exchange fait jouer le circuit breaker et exerce une pause de cinq secondes sur les E-mini. La pression \u00e0 la vente diminue et leur prix se stabilise.  <\/p>\n<p>Mais la crise se poursuit: en r\u00e9action \u00e0 la chute des prix observ\u00e9e sur les E-mini, d\u2019autres programmes de transaction automatiques temporisent. Certains se retirent enti\u00e8rement du march\u00e9 par crainte d\u2019un effondrement boursier, d\u2019autres se r\u00e9orientent sur des Bourses publiques o\u00f9 ils mettent la liquidit\u00e9 disponible sous pression. Certaines actions s\u2019effondrent alors \u00e0 1 cent pendant une fraction de seconde, d\u2019autres explosent \u00e0 100\u2019000 dollars. Les participants v\u00e9rifient leurs donn\u00e9es, des m\u00e9canismes de pricing plus rigoureux se remettent en place et les prix reviennent finalement \u00e0 un niveau normal qui refl\u00e8te le consensus du march\u00e9. A 15h00, le flash crash du 6 mai 2010 est termin\u00e9.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>La guerre des \u00abbots\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Vendre un nombre important de titres exige d\u00e9sormais de passer par un algorithme de vente, car les prix du march\u00e9 r\u00e9agissent tr\u00e8s vite \u00e0 un ordre pass\u00e9 sur un march\u00e9 \u00e0 haute fr\u00e9quence. L\u2019algorithme saucissonne les valeurs en plusieurs tranches, les \u00e9tale dans le temps et les distribue sur diff\u00e9rents march\u00e9s. Son but: \u00e9viter que les acheteurs ne r\u00e9alisent la taille de l\u2019ordre, car ils pourraient mettre alors la pression et r\u00e9duire leur prix d\u2019achat. Pour le vendeur, il s\u2019agit d\u2019\u00eatre plus malin que les bots ennemis lanc\u00e9s par les acheteurs et les interm\u00e9diaires voulant se glisser entre les deux. Par exemple, l\u2019algorithme de vente peut lancer des ordres d\u2019achat afin de semer la confusion.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Les variantes subtiles du trading \u00e0 haute fr\u00e9quence<\/strong><\/p>\n<p>Le high frequency trading (HFT) implique des transactions extr\u00eamement rapides effectu\u00e9es automatiquement par des ordinateurs en quelques minutes. Les traders profitent de l\u00e9gers d\u00e9s\u00e9quilibres sur les march\u00e9s et ferment rapidement leurs positions (vendre lorsqu\u2019on a achet\u00e9, acheter lorsqu\u2019on a vendu).<\/p>\n<p><em>Liquidity detection<br \/>\n<\/em><br \/>\nC\u2019est la pratique la plus sulfureuse, mais pas forc\u00e9ment la plus utilis\u00e9e. Des ordres d\u2019achat sont lanc\u00e9s en \u00e9claireur. Ils doivent sentir la pr\u00e9sence d\u2019un investisseur d\u00e9sirant vendre une valeur en grande quantit\u00e9 et estimer le prix minimal de vente qu\u2019il peut accepter. En quelques millisecondes, l\u2019al\u00adgorithme tente alors de trouver avant lui des acheteurs pr\u00eats \u00e0 mettre un prix l\u00e9g\u00e8rement plus \u00e9lev\u00e9. Dans ce cas, il leur vendra \u00e0 d\u00e9couvert, ach\u00e8tera au vendeur &#8212; et empochera la diff\u00e9rence.  <\/p>\n<p><em>Arbitrage <\/em><\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie consiste \u00e0 observer constamment des valeurs li\u00e9es entre elles et de profiter d\u2019un d\u00e9s\u00e9quilibre momentan\u00e9 entre les diff\u00e9rents march\u00e9s pour effectuer une suite de transactions avec un profit. Dans le cas le plus simple, une incoh\u00e9rence sur le march\u00e9 des changes permet par exemple de changer 100 francs suisses en dollars, puis ceux-ci en euros avant de les rechanger pour 101 francs suisses. \u00abCe genre de situation existe toujours, mais les marges sont r\u00e9duites au minimum car de nombreux algorithmes se pr\u00e9cipitent dessus\u00bb, commente Dietmar Maringer.  <\/p>\n<p>Une variante plus \u00e9labor\u00e9e compare le revenu garanti par une obligation d\u2019Etat en monnaie \u00e9trang\u00e8re avec celui obtenu en combinant une obligation en monnaie locale avec un contrat de change \u00e0 terme. Les deux devraient donner le m\u00eame profit &#8212; dans le cas contraire, on peut en profiter. Dans le \u00abpairs trading\u00bb, l\u2019algorithme suit des valeurs qui normalement \u00e9voluent en parall\u00e8le (comme Coca-Cola et Pepsi). D\u00e8s qu\u2019elles divergent, il vend celle qui est mont\u00e9e et ach\u00e8te celle qui est descendue &#8212; et fera l\u2019inverse aussit\u00f4t le trend retrouv\u00e9.   <\/p>\n<p>En pratique, cette m\u00e9thode s\u2019op\u00e8re de mani\u00e8re bien plus complexe et \u00e9tudie des corr\u00e9lations multiples sur un grand nombre de valeurs. Elle peut se faire autant \u00e0 haute fr\u00e9quence que sur le long terme.  <\/p>\n<p><em>Market making<\/em><\/p>\n<p>Les grandes banques concurrencent d\u00e9sormais les Bourses en jouant les interm\u00e9diaires directs entre des acheteurs et des vendeurs trouv\u00e9s parmi leur client\u00e8le. Leur revenu est fourni par le spread (la diff\u00e9rence entre le cours d\u2019achat et de vente). Cette approche exige de d\u00e9velopper des plateformes ultrarapides pour satisfaire les clients adeptes du high frequency trading.<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans Swissquote Magazine (no 4 \/ 2011).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des algorithmes ultrarapides observent les march\u00e9s financiers 24h\/24. Ils permettent de gagner de l\u2019argent en quelques millisecondes. 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