



{"id":3511,"date":"2011-10-13T14:26:58","date_gmt":"2011-10-13T12:26:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3511"},"modified":"2011-10-14T15:07:07","modified_gmt":"2011-10-14T13:07:07","slug":"tourisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3511","title":{"rendered":"Le brillant r\u00e9veil du bed and breakfast"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large141011b.jpg\" alt=\"large141011b.jpg\" title=\"large141011b.jpg\" width=\"468\" height=\"301\" border=\"0\" \/>Accueillir des inconnus chez soi, les conseiller sur les sorties et les visites, leur faire d\u00e9couvrir les produits du terroir, et aborder leur culture&#8230; Les valeurs phare du bed and breakfast &#8212; hospitalit\u00e9, partage, authenticit\u00e9 &#8212; correspondent \u00e0 une tendance de fond: \u00abLe voyageur du XXIe si\u00e8cle ne souhaite plus de vacances standardis\u00e9es, il veut sortir des circuits classiques, rencontrer l\u2019habitant, explique Jean-Claude Morand, professeur de tourisme \u00e0 la Haute Ecole du paysage, d\u2019ing\u00e9nierie et d\u2019architecture de Gen\u00e8ve. Loin du tourisme de masse globalis\u00e9, il recherche des exp\u00e9riences originales et in\u00e9dites. L\u2019offre des bed and breakfast correspond \u00e0 cela.\u00bb<\/p>\n<p>Dans ce contexte, le succ\u00e8s des chambres d\u2019h\u00f4tes en Suisse n\u2019est pas surprenant: \u00abNous connaissons une croissance d\u2019environ 25% par an, constate Laurent Tabin, directeur de Bed and Breakfast Switzerland, l\u2019organe qui f\u00e9d\u00e8re l\u2019offre au niveau national. Durant les dix derni\u00e8res ann\u00e9es, les chambres d\u2019h\u00f4tes se sont multipli\u00e9es par cinq.\u00bb R\u00e9cemment, l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral des statistiques annon\u00e7ait une croissance de pr\u00e8s de 10% des nuit\u00e9es 2010 par rapport \u00e0 2009. Et pour le premier semestre 2011, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9volution \u00e0 la hausse du franc, celle-ci atteignait encore 8% de plus que l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Pendant ce temps, le secteur h\u00f4telier fait plut\u00f4t la grimace avec son 1% de croissance, et se pr\u00e9pare \u00e0 une fin d\u2019ann\u00e9e particuli\u00e8rement difficile.<\/p>\n<p><strong>Concurrence pour les h\u00f4tels<\/strong><\/p>\n<p>Actuellement, les chambres d\u2019h\u00f4tes ne repr\u00e9sentent que 1% des nuit\u00e9es, et donc une concurrence encore faible pour les h\u00f4tels, mais il ne faut pas sous-estimer la tendance, car le mouvement de fond est entam\u00e9. \u00abLe potentiel est immense, constate Jean-Claude Morand. De r\u00e9centes \u00e9tudes de consommateurs indiquent que pour 45% des clients d\u2019un h\u00f4tel, l\u2019accueil repr\u00e9sente l\u2019aspect le plus important. L\u2019hospitalit\u00e9 \u00e9tant le point fort des bed and breakfast, cela montre qu\u2019ils r\u00e9pondent \u00e0 une demande. Avec un personnel \u00e9tranger et souvent temporaire, m\u00eame les meilleurs h\u00f4tels ne peuvent pas rivaliser \u00e0 ce niveau.\u00bb<\/p>\n<p>Le sp\u00e9cialiste estime que les chambres d\u2019h\u00f4tes pourraient facilement grimper \u00e0 5% de parts de march\u00e9. Une situation d\u2019autant plus probable qu\u2019en Suisse, et plus particuli\u00e8rement du c\u00f4t\u00e9 al\u00e9manique, les bed and breakfast se sont d\u00e9velopp\u00e9s tardivement et sont encore nettement moins nombreux que dans les pays voisins. Du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019offre, les Suisses sont \u00e9galement de plus en plus \u00e0 vouloir se lancer dans l\u2019aventure des chambres d\u2019h\u00f4tes. \u00abIl y a encore quelques ann\u00e9es, il s\u2019agissait principalement de femmes au foyer d\u2019un certain \u00e2ge, dont les enfants \u00e9taient partis du nid en laissant leurs chambres vides, raconte Laurent Tabin. Maintenant, il y a davantage de jeunes qui se lancent.\u00bb Et ce que notent les sp\u00e9cialistes, c\u2019est une professionnalisation de l\u2019offre: certains tenanciers ont fait des \u00e9coles h\u00f4teli\u00e8res ou d\u2019architecture, et offrent des prestations de standing.<\/p>\n<p>Accueillir des inconnus chez soi serait m\u00eame devenu une sorte d\u2019id\u00e9al, une mani\u00e8re de lutter contre l\u2019individualisation de la soci\u00e9t\u00e9 et la globalisation. \u00abRecevoir des gens du monde entier, c\u2019est quelque chose de magique, raconte Marc Tissot, qui a fond\u00e9 le Bed and Breakfast Wonderlandscape au Grand-Saconnex (GE). Ce sont des moments de partage tr\u00e8s enrichissants.\u00bb Beaucoup racontent qu\u2019ils se sont li\u00e9s d\u2019amiti\u00e9 avec leurs h\u00f4tes et se r\u00e9jouissent du respect dont font preuve leurs clients: \u00abContrairement \u00e0 l\u2019h\u00f4tel, les gens ne laissent jamais leur chambre sens dessus dessous et essaient de faire doucement s\u2019ils rentrent tard\u00bb, poursuit Marc Tissot. Selon C\u00e9line Jeanneret, qui g\u00e8re la Maison DuBois au Locle, \u00abon ne fait pas \u00e7a pour de l\u2019argent uniquement. Depuis que je me suis lanc\u00e9e, je travaille trois fois plus, je gagne trois fois moins, mais je suis trois fois plus heureuse!\u00bb<\/p>\n<p>\u00abTout plaquer pour cr\u00e9er sa chambre d\u2019h\u00f4tes a pris la forme d\u2019un \u00ab\u00a0ph\u00e9nom\u00e8ne de soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, constate Gr\u00e9goire Ev\u00e9quoz, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Office pour l\u2019orientation professionnelle de Gen\u00e8ve. Les raisons sont \u00e9videmment multiples, mais on observe que les reconversions professionnelles et les nouvelles exp\u00e9riences sont tr\u00e8s valoris\u00e9es socialement aujourd\u2019hui: on r\u00eave de changer de vie, de d\u00e9cor et celles et ceux qui le font sont souvent pr\u00e9sent\u00e9s en mod\u00e8les. En ce qui concerne les bed and breakfast, le d\u00e9sir de devenir enfin son propre patron trouve sa motivation dans le d\u00e9sir de se r\u00e9aliser, de revenir \u00e0 ce qui est essentiel pour soi. On veut faire quelque chose qui a du sens, partager et recevoir, m\u00eame si dans la plupart des cas cela implique des sacrifices et une modification de son niveau de vie.\u00bb<br \/>\n______<\/p>\n<p>TEMOIGNAGES<\/p>\n<p><strong>\u00abJ\u2019aime faire plaisir aux gens\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Pascal Siggen et Alain Praz, La Grande Maison, Chandolin-pr\u00e8s-Savi\u00e8ze (VS)<\/em><\/p>\n<p>\u00abAvec mon ami, nous avons toujours ador\u00e9 recevoir des gens \u00e0 la maison, raconte Pascal Siggen, instituteur de 37 ans. Le hasard de la vie a fait que j\u2019ai h\u00e9rit\u00e9 d\u2019une grande maison class\u00e9e monument historique de mes grands-parents. Nous avons alors d\u00e9cid\u00e9 d\u2019y am\u00e9nager sept chambres d\u2019h\u00f4tes en 2007. Nous venons maintenant d\u2019ouvrir un restaurant et allons encore am\u00e9nager trois autres chambres.\u00bb Pour g\u00e9rer son bed and breakfast, Pascal Siggen ne travaille plus qu\u2019\u00e0 40% comme enseignant. Son ami Alain Praz poss\u00e8de sa propre entreprise d\u2019informatique et travaille \u00e0 100%. Depuis le lancement de La Grande Maison, au dernier \u00e9tage de laquelle le couple a am\u00e9nag\u00e9 son appartement, le succ\u00e8s est au rendez-vous. \u00abNotre bed and breakfast est rentable et nous en tirons un revenu qui \u00e9quivaut \u00e0 un bon salaire annuel, explique Pascal Siggen. Nous amortissons gentiment notre investissement, qui s\u2019est tout de m\u00eame \u00e9lev\u00e9 \u00e0 plusieurs centaines de milliers de francs.\u00bb B\u00e9n\u00e9ficiant de l\u2019aide d\u2019une femme de m\u00e9nage, Pascal Siggen estime qu\u2019il faut un minimum de cinq chambres &#8212; la double co\u00fbte 160 francs la nuit &#8212; pour tirer un revenu int\u00e9ressant d\u2019une telle structure.<\/p>\n<p>L\u2019affaire est rapidement devenue rentable et La Grande Maison ne d\u00e9semplit pas les week-ends. \u00abLes gens recherchent le contact avec les locaux et l\u2019authenticit\u00e9. Les recommandations d\u2019excursions ou de restaurants que nous pouvons leur faire n\u2019ont pas de prix. De mon c\u00f4t\u00e9, cela me pla\u00eet beaucoup, c\u2019est une fa\u00e7on de vivre. Je n\u2019ai pas de patron et j\u2019aime faire plaisir.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abIl faut \u00eatre bien dans sa t\u00eate pour se lancer\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>Marc Tissot, Wonderlandscape, Grand-Saconnex (GE)<\/em><\/p>\n<p>De retour des Etats-Unis apr\u00e8s une carri\u00e8re d\u2019acteur, Marc Tissot, fils d\u2019une famille de paysans du Grand-Saconnex, d\u00e9cide de se reconnecter avec sa nature profonde: \u00abLes vraies relations, l\u2019hospitalit\u00e9, la simplicit\u00e9, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9: le bed and breakfast correspond \u00e0 tout cela, c\u2019est pourquoi j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019en ouvrir un.\u00bb En accord avec sa famille, Marc Tissot r\u00e9am\u00e9nage sa maison pour y exploiter trois chambres. \u00abEtant \u00e9loign\u00e9 du centre de Gen\u00e8ve, je re\u00e7ois avant tout des gens qui travaillent pour les organisations internationales et j\u2019assiste \u00e0 d\u2019\u00e9tonnants et enrichissants m\u00e9langes de cultures. Ce sont pour la plupart des clients fid\u00e8les. Des amiti\u00e9s profondes sont n\u00e9es ici. Ce que j\u2019appr\u00e9cie le plus, c\u2019est lorsque mes h\u00f4tes me disent qu\u2019ils se sentent ici comme \u00e0 la maison.\u00bb<\/p>\n<p>Les chambres du Wonderlandscape &#8212; dont le prix varie entre 120 et 240 francs la nuit &#8212; sont occup\u00e9es quasiment tout au long de l\u2019ann\u00e9e. Une affaire rentable? \u00abOui, lorsque mes h\u00f4tes restent pour de longs s\u00e9jours. Mais c\u2019est beaucoup de travail et je n\u2019ai que l\u2019aide d\u2019une repasseuse. J\u2019en tire un petit revenu, mais je dois investir passablement dans l\u2019entretien. Cela ne me suffit pas pour vivre, alors je g\u00e8re encore une entreprise de paysagisme \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Pour se lancer dans un bed and breakfast, il faut \u00eatre bien dans sa t\u00eate, car il faut \u00eatre disponible et tol\u00e9rant avec les gens que l\u2019on re\u00e7oit. Je ne pense pas que cela soit compatible avec des probl\u00e8mes personnels.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>\u00abJe dois refuser du monde\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><em>C\u00e9line Jeanneret, La Maison DuBois, Le Locle (NE)<\/em><\/p>\n<p>\u00abJ\u2019ai toujours ador\u00e9 l\u2019h\u00f4tellerie, mais fr\u00e9quenter une \u00e9cole h\u00f4teli\u00e8re \u00e9tait au-dessus de mes moyens quand j\u2019\u00e9tais jeune, raconte C\u00e9line Jeanneret, qui g\u00e8re la Maison DuBois au Locle depuis 2005. C\u2019est pourquoi j\u2019ai fait une premi\u00e8re carri\u00e8re dans les assurances avant de m\u2019investir dans un bed and breakfast. Partager, recevoir, cr\u00e9er, c\u2019est une vraie passion pour moi.\u00bb<\/p>\n<p>Ayant grandi au Locle, la jeune femme de 35 ans avait alors contact\u00e9 la famille Dubois, propri\u00e9taire d\u2019une fabrique historique de montres au centre de la ville, afin de l\u2019am\u00e9nager en bed and breakfast. Les propri\u00e9taires s\u2019enthousiasment pour le projet et laissent carte blanche \u00e0 la jeune femme. \u00abJ\u2019ai am\u00e9nag\u00e9 cinq chambres en conservant l\u2019\u00e2me des lieux. Le petit-d\u00e9jeuner se prend m\u00eame sur un \u00e9tabli!\u00bb Pour des tarifs allant de 80 \u00e0 140 francs, la client\u00e8le, provenant du monde entier, est conquise. \u00abIl y a beaucoup de passionn\u00e9s de montres qui visitent les grands mus\u00e9es et ateliers de la r\u00e9gion. Je suis victime de mon succ\u00e8s: je dois refuser beaucoup de demandes et les r\u00e9servations doivent parfois se faire des mois \u00e0 l\u2019avance.\u00bb En plus de ce cadre exceptionnel, C\u00e9line Jeanneret propose des d\u00e9jeuners-buffets m\u00e9morables, avec de nombreuses p\u00e2tisseries r\u00e9gionales faites maison. A tel point que les autochtones se pressent maintenant chez elle les week-ends.<\/p>\n<p>\u00abTout cela m\u2019occupe \u00e9videmment \u00e0 100% et 7 jours sur 7. Cela fonctionne bien au niveau financier, mais je gagne moins que si j\u2019\u00e9tais rest\u00e9e employ\u00e9e de commerce. Et je passe \u00e9norm\u00e9ment de temps avec mes h\u00f4tes, qui m\u2019appellent tous par mon pr\u00e9nom. C\u2019est ce partage et cette authenticit\u00e9 qui sont appr\u00e9ci\u00e9s, je crois.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En Suisse, les chambres d\u2019h\u00f4tes connaissent une croissance spectaculaire de 25% par an. 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