



{"id":3501,"date":"2011-09-28T11:10:57","date_gmt":"2011-09-28T09:10:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3501"},"modified":"2011-09-29T11:38:59","modified_gmt":"2011-09-29T09:38:59","slug":"suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3501","title":{"rendered":"Politique: les cadres ne s\u2019engagent plus"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large290911.jpg\" alt=\"large290911.jpg\" title=\"large290911.jpg\" width=\"468\" height=\"294\" border=\"0\" \/>\u00abDans certaines petites villes, il y a moins de candidats aux \u00e9lections que de postes disponibles\u00bb, d\u00e9plore Marianne Maret, pr\u00e9sidente de la commune de Troistorrents. Hormis dans les grandes villes o\u00f9 les politiciens sont des professionnels, les partis ne parviennent plus \u00e0 trouver des personnes pr\u00eates \u00e0 s\u2019engager. <\/p>\n<p>Les raisons de ce d\u00e9sengagement? \u00abNous vivons une v\u00e9ritable crise d\u00e9mocratique, r\u00e9pond Nuria Gorrite, d\u00e9put\u00e9e au Grand Conseil vaudois et syndique de Morges (PS\/VD). Avant, exercer une fonction politique suscitait l\u2019admiration, c\u2019\u00e9tait une reconnaissance sociale. Aujourd\u2019hui, les \u00e9lus sont d\u00e9nigr\u00e9s, ce qui peut d\u00e9courager les vocations.\u00bb<\/p>\n<p>Surtout, les salari\u00e9s n\u2019ont plus le temps de s\u2019engager pour leur commune &#8212; engagement qui, de surcroit, hypoth\u00e8que souvent leur carri\u00e8re. \u00abDans les villes de moins de 30&rsquo;000 habitants, les \u00e9lus sont g\u00e9n\u00e9ralement des miliciens qui exercent une profession en plus de leur engagement, explique Bernard Briguet, directeur romand de l\u2019Association suisse des cadres (ASC) et d\u00e9put\u00e9 au grand conseil valaisan (PDC\/VS). Ils consacrent au minimum 15 heures par semaine \u00e0 la vie publique, mandat qui s\u2019ajoute \u00e0 leur travail \u00e0 100%. Leur vie de famille et leur carri\u00e8re professionnelle en font les frais: ils doivent quitter leur travail \u00e0 16 heures pour se rendre aux s\u00e9ances de la municipalit\u00e9. Cette disponibilit\u00e9 ralentit leur progression au sein de leur entreprise, \u00e0 tel point qu\u2019il n\u2019est pas rare de voir des \u00e9lus quitter leur fonction en cours de l\u00e9gislature.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abLa charge de travail des \u00e9lus est de plus en plus importante\u00bb, poursuit Nuria Gorrite. R\u00e9sultat: certaines professions ne sont quasiment plus repr\u00e9sent\u00e9es au sein des ex\u00e9cutifs municipaux. \u00abLes employ\u00e9s de base et les cadres sont remplac\u00e9s par des retrait\u00e9s, des fonctionnaires, voire des ind\u00e9pendants qui peuvent mieux concilier leur emploi du temps professionnel avec leur activit\u00e9 communale\u00bb, constate le maire de Vernier (PS\/GE) Thierry Apoth\u00e9loz. Le risque? \u00abUne hyper-concentration de certaines cat\u00e9gories socioprofessionnelles au sein des ex\u00e9cutifs, r\u00e9pond Nuria Gorrite. Si une municipalit\u00e9 ne compte plus que des retrait\u00e9s au sein de son ex\u00e9cutif, cela pose le probl\u00e8me de la repr\u00e9sentativit\u00e9 des \u00e9lus.\u00bb <\/p>\n<p>Un ph\u00e9nom\u00e8ne amplifi\u00e9 par le fait que \u00ables employeurs ne veulent plus d\u00e9gager du temps \u00e0 leurs employ\u00e9s pour de telles fonctions civiques, estime Marianne Maret. Avant, pour une entreprise, il \u00e9tait int\u00e9ressant de poss\u00e9der quelqu\u2019un au sein de l\u2019ex\u00e9cutif municipal. Il existait une sorte de retour sur investissement. Aujourd\u2019hui, ce n\u2019est plus le cas puisque beaucoup de d\u00e9cisions se prennent au niveau intercommunal, r\u00e9gional ou cantonal. Les employ\u00e9s qui doivent justifier des absences pour cause de vie politique s\u2019en trouvent p\u00e9nalis\u00e9s dans leur progression professionnelle.\u00bb<\/p>\n<p>Pour tenter de r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, l\u2019Association suisse des cadres (ASC) projette de d\u00e9cerner un dipl\u00f4me de gestion aux \u00e9lus municipaux. \u00abEn g\u00e9rant un dicast\u00e8re communal, les \u00e9lus acqui\u00e8rent des comp\u00e9tences qui seront ainsi valid\u00e9es et pourront \u00eatre mis en avant dans la vie professionnelle priv\u00e9e\u00bb, explique Bernard Briguet. L\u2019ASC entend ainsi valider des comp\u00e9tences aussi vari\u00e9es que l\u2019expression orale, l\u2019esprit de synth\u00e8se, le leadership, la gestion de personnels, etc. <\/p>\n<p>Pour Thierry Apoth\u00e9loz, une telle reconnaissance des acquis est \u00abint\u00e9ressante et indispensable\u00bb. \u00abL\u2019engagement personnel dans une commune ne peut \u00eatre simplement humaniste, explique l\u2019\u00e9lu. La poursuite de la carri\u00e8re professionnelle ou le retour \u00e0 la vie active se posent pour tous les \u00e9lus apr\u00e8s quatre \u00e0 douze ans de mandats. Un tel dipl\u00f4me permettrait de reconnaitre et de valoriser des comp\u00e9tences aupr\u00e8s des entreprises.\u00bb<\/p>\n<p>Un avis que ne partage pas Marianne Maret, qui est aussi pr\u00e9sidente de la F\u00e9d\u00e9ration des communes valaisannes (FCV) et d\u00e9put\u00e9e au Grand Conseil valaisan (PDC\/VS): \u00abCela ne sert \u00e0 rien. Les municipaux sont libres d\u2019int\u00e9grer ou non leur parcours politique dans leur CV. C\u2019est aussi efficace et moins cher qu\u2019un dipl\u00f4me. Par ailleurs, aucun examen ne viendra valider les connaissances dans le dipl\u00f4me propos\u00e9 par l\u2019ASC. En d\u2019autres termes, le pire comme le meilleur conseiller municipal pourra obtenir ce bout de papier, qui n\u2019aura donc aucune valeur. Ce n\u2019est pourtant pas la fonction qui fait les comp\u00e9tences.\u00bb<\/p>\n<p>Sous couvert d\u2019anonymat, certains \u00e9lus jugent l\u2019id\u00e9e de l\u2019ASC \u00abbonne\u00bb, mais regrette que le dipl\u00f4me ne soit pas reconnu par la Conf\u00e9d\u00e9ration. \u00abDans ces conditions, il s\u2019agit surtout d\u2019une bonne campagne de recrutement pour l\u2019ASC, persifle un \u00e9lu. Il faudra \u00eatre membre de l\u2019Association pour pouvoir pr\u00e9tendre \u00e0 ce dipl\u00f4me, et en plus payer pour recevoir ce bout de papier&#8230;\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans PME Magazine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans les petites communes, les partis peinent \u00e0 trouver des candidats pour l&rsquo;ex\u00e9cutif municipal. Ce qui pose un vrai probl\u00e8me de repr\u00e9sentativit\u00e9 des \u00e9lus. 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