



{"id":3467,"date":"2011-08-07T17:51:24","date_gmt":"2011-08-07T15:51:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3467"},"modified":"2011-08-07T22:14:48","modified_gmt":"2011-08-07T20:14:48","slug":"consommation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3467","title":{"rendered":"Franc fort: acheter fut\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large080811.jpg\" alt=\"large080811.jpg\" title=\"large080811.jpg\" width=\"468\" height=\"302\" border=\"0\" \/>Depuis deux ans, l\u2019euro baisse, la livre sterling s\u2019effondre et le dollar touche le fond. Pourtant, le prix des biens import\u00e9s ne diminue pas en Suisse. Pire, l\u2019indice des prix a m\u00eame augment\u00e9 de 0,5% l\u2019an dernier, tandis que l\u2019euro perdait 15% de sa valeur. Un paradoxe qui ressemble \u00e0 une confiscation. Le Secr\u00e9tariat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (Seco) en convient timidement, lui qui signale dans un communiqu\u00e9 qu\u2019\u00aben comparaison internationale, la Suisse compte actuellement parmi les pays dans lesquels la r\u00e9percussion des variations de change est plut\u00f4t inf\u00e9rieure \u00e0 la moyenne\u00bb.<\/p>\n<p>Dans plusieurs secteurs, des ententes verticales entre fabricants, importateurs et distributeurs sont mises en cause. Gr\u00e2ce au franc fort, et au d\u00e9triment des consommateurs, ces acteurs augmentent consid\u00e9rablement leur marge. La Commission de la concurrence a ouvert une s\u00e9rie d\u2019enqu\u00eates \u00e0 ce sujet l\u2019an dernier. Notamment \u00e0 l\u2019encontre du groupe BMW qu\u2019elle soup\u00e7onne d\u2019entraver les importations parall\u00e8les de v\u00e9hicules BMW et Mini. Le secteur automobile appara\u00eet d\u2019ailleurs comme celui o\u00f9 les disparit\u00e9s de prix avec l\u2019Union europ\u00e9enne sont les plus importantes.<\/p>\n<p>Dans la grande distribution, on retrouve aussi des \u00e9carts de prix importants. Certes, la majorit\u00e9 des produits vendus dans nos supermarch\u00e9s sont fabriqu\u00e9s en Suisse et ne b\u00e9n\u00e9ficient pas du taux de change favorable. Mais, sur une longue liste de produits import\u00e9s, ces avantages mon\u00e9taires n\u2019apparaissent pas plus. Des abus tels que le surveillant des prix Stefan Meierhans conseille carr\u00e9ment aux consommateurs suisses d\u2019aller faire leurs achats hors du pays. M\u00eame la tr\u00e8s protectionniste F\u00e9d\u00e9ration romande des consommateurs tient le m\u00eame discours! \u00abJusqu\u2019\u00e0 maintenant, nous \u00e9vitions de recommander d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour d\u00e9fendre l\u2019emploi en Suisse, dit Nadia Thiongane, \u00e9conomiste \u00e0 la FRC. Nous trouvions \u00e9galement peu \u00e9cologique de rouler des kilom\u00e8tres pour s\u2019approvisionner de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re. Mais \u00e0 force de voir que les prix n\u2019\u00e9voluent pas dans le sens du consommateur, notre position s\u2019infl\u00e9chit. Aller faire les courses \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, c\u2019est un moyen de faire pression sur les distributeurs.\u00bb<\/p>\n<p>Les concern\u00e9s donnent diverses explications \u00e0 ces prix \u00e9lev\u00e9s. Pour Coop, c\u2019est la faute aux autres: \u00abCoop s\u2019engage pour que les consommateurs profitent des avantages de change. L\u2019an dernier, nous avons baiss\u00e9 les prix de 400 articles en lien avec le taux de change, assure Denise Stadler, porte-parole du distributeur. Cette ann\u00e9e, nous avons \u00e9tendu cette mesure \u00e0 2000 articles, dont environ 200 en lien avec la faiblesse de l\u2019euro. Pour faire pression sur les fournisseurs, nous avons aussi recours ponctuellement aux importations parall\u00e8les. Nous faisons profiter \u00e0 nos clients des avantages de prix sous forme d\u2019actions. Mais lorsque Coop ach\u00e8te par la \u00ab\u00a0voie officielle\u00a0\u00bb, chez des fournisseurs bas\u00e9s en Suisse, cela peut entra\u00eener un net rench\u00e9rissement par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.\u00bb<\/p>\n<p>Mauvaise foi? Exemple extr\u00eame, une cr\u00e8me solaire Nivea, annonc\u00e9e en baisse de 4% chez Coop \u00e0 20 francs, est vendue l\u2019\u00e9quivalent de 10 francs en Allemagne, soit \u00e0 moiti\u00e9 prix*. \u00abSur le march\u00e9 suisse, cette cr\u00e8me est fournie par Beiersdorf Suisse qui nous propose un prix d\u2019achat substantiellement plus cher qu\u2019en Allemagne, explique Denise Stadler. De plus, avec l\u2019introduction du principe du Cassis de Dijon (qui facilite l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 suisse pour les produits europ\u00e9ens, ndlr), ce produit peut d\u00e9sormais \u00eatre vendu avec une notice en une seule langue. Cela signifie que nous ne pouvons l\u2019\u00e9couler qu\u2019en Suisse al\u00e9manique et pas au Tessin ni en Suisse romande. La logistique s\u2019en trouve compliqu\u00e9e et rench\u00e9rie.\u00bb<\/p>\n<p>Dans les cha\u00eenes internationales comme Ikea o\u00f9 des \u00e9carts de prix d\u2019environ 30% sont aussi d\u00e9tectables, on objecte que les catalogues et des millions d\u2019\u00e9tiquettes de prix ont \u00e9t\u00e9 imprim\u00e9s en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, lorsque l\u2019euro se maintenait au niveau de 1,30 franc, alors qu\u2019il n\u2019en vaut plus que 1,16 aujourd\u2019hui*. \u00abNous allons baisser une grande partie de nos prix dans notre prochain catalogue \u00e0 para\u00eetre en ao\u00fbt, promet David Affentranger, porte-parole du g\u00e9ant su\u00e9dois. Par exemple, le canap\u00e9 trois places Ektorp (actuellement 699 francs, ndlr) co\u00fbtera 100 francs de moins.\u00bb<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit (raisons valables ou mauvaise foi crasse), le fait est que les r\u00e9percussions \u00e0 la baisse ont du mal \u00e0 intervenir. Pour y rem\u00e9dier, la F\u00e9d\u00e9ration romande des consommateurs a demand\u00e9 \u00e0 Johann Schneider-Ammann l\u2019organisation d\u2019une table ronde avec tous les acteurs du march\u00e9. D\u2019ici l\u00e0, le consommateur a pour arme d\u2019acheter malin en \u00e9vitant les canaux qui distribuent des marchandises en franc suisse, c\u2019est-\u00e0-dire: l\u2019internet, les importations directes et les achats pendant les vacances \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p><strong>Grande consommation<\/strong><\/p>\n<p>En raison de la politique protectionniste de la Suisse dans le secteur agricole, la viande, les fruits et les l\u00e9gumes sont meilleur march\u00e9 en France. La perte de 25% de valeur de l\u2019euro ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es renforce encore les diff\u00e9rences de prix. Ainsi, le kilo de bananes qui co\u00fbte 3,50 francs \u00e0 la Migros s\u2019ach\u00e8te pour l\u2019\u00e9quivalent de 1,90 franc (-46%) chez Carrefour de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re. Et les c\u00f4telettes de veau passent de 51 francs le kilo en Suisse \u00e0 22 francs le kilo en France (-57%). Plus impressionnant encore, le kilo de steak de b\u0153uf, qui co\u00fbte 44,50 francs \u00e0 la Migros, s\u2019ach\u00e8te 15,20 francs en France, presque trois fois moins cher! Il semble logique que sur ce type de denr\u00e9es, dont l\u2019approvisionnement se fait pour partie en Suisse, les \u00e9carts de prix se creusent. On s\u2019\u00e9tonne par contre de voir que des produits de marques similaires comme le jus d\u2019orange sanguine Tropicana (\u00e0 5,50 francs en Suisse contre 3,20 francs en France) ou le Boursin ail et fines herbes (\u00e0 3,75 francs contre 2 francs) soient vendus respectivement 42% et 47% moins cher en France.<\/p>\n<p>A cette partie, Migros joue sur les deux tableaux puisque le distributeur pratique des prix suisses \u00e0 Gen\u00e8ve et des prix fran\u00e7ais dans ses enseignes de l\u2019Ain et de Haute-Savoie. Claude Deffaugt, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Migros France, a pourtant refus\u00e9 de commenter les \u00e9carts d\u2019\u00e9tiquetage entre les filiales du m\u00eame groupe, pr\u00e9f\u00e9rant nous expliquer par \u00e9crit qu\u2019\u00abune comparaison qui ne prendrait pas en compte une analyse exhaustive des param\u00e8tres et des cons\u00e9quences \u00e0 moyen et long terme pourrait induire une appr\u00e9ciation non r\u00e9aliste\u00bb\u2026<\/p>\n<p>Plus pragmatique, le consommateur, lui, fait vite le calcul. Son pouvoir d\u2019achat est multipli\u00e9 au-del\u00e0 de la fronti\u00e8re. Et autant qu\u2019il en profite. Attention tout de m\u00eame \u00e0 ne pas d\u00e9passer la somme de 300 francs par trajet, audessus de laquelle la douane per\u00e7oit des redevances d\u2019importation.<\/p>\n<p><strong>Vacances<\/strong><\/p>\n<p>\u00abJe rentre de quelques jours \u00e0 New York. C\u2019est ahurissant le pouvoir d\u2019achat qu\u2019on a avec le franc suisse\u00bb, s\u2019exclame Serge Bacher, responsable des ventes pour la Suisse romande chez Kuoni. Mais c\u2019est aussi dans toute la zone euro et en Grande-Bretagne que ce sentiment d\u2019\u00eatre tout d\u2019un coup plus riche va animer les Suisses pendant leurs vacances cet \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Sans surprise, les ventes vers ces destinations s\u2019envolent. \u00abLes Etats-Unis marchent tr\u00e8s fort, tout comme la Gr\u00e8ce et les Bal\u00e9ares\u00bb, confirme l\u2019agent de voyages. Pour profiter du franc fort, mieux vaut choisir un voyage sur mesure que sur catalogue. On obtient par ce biais billets d\u2019avion, nuits d\u2019h\u00f4tel et liaisons int\u00e9rieures au taux du jour. Les voyagistes ont fix\u00e9 les tarifs de leurs forfaits avec leurs tourop\u00e9rateurs, il y a quelques mois, lorsque le franc ne valait comparativement pas autant.<\/p>\n<p>Renforc\u00e9 par la d\u00e9saffection pour la Tunisie et l\u2019Egypte en lien avec les r\u00e9volutions arabes, le succ\u00e8s des plages europ\u00e9ennes a tout de m\u00eame pour cons\u00e9quence f\u00e2cheuse une rar\u00e9faction des places. \u00abCette ann\u00e9e, les gens ont moins sp\u00e9cul\u00e9 sur les last minute et r\u00e9serv\u00e9 t\u00f4t. Il devient difficile de trouver des places pour les Bal\u00e9ares notamment\u00bb, avertit Serge Bacher.<\/p>\n<p>Autre gros succ\u00e8s saisonnier, la Gr\u00e8ce et ses \u00eeles n\u2019est pourtant pas brad\u00e9e, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait croire. La crise de la dette a oblig\u00e9 le gouvernement Papandr\u00e9ou \u00e0 relever le taux de TVA, ce qui r\u00e9duit les effets avantageux du change. Mais quand on est si riche, autant donner un coup de pouce aux plus d\u00e9munis en consommant chez eux, n\u2019est-ce pas?<\/p>\n<p><strong>Automobile<\/strong><\/p>\n<p>La Suisse importe l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des v\u00e9hicules \u00e0 moteur de son march\u00e9. La fluctuation du change devrait donc particuli\u00e8rement se faire ressentir chez les concessionnaires. Mais la r\u00e9alit\u00e9 ne suit pas du tout cette logique comptable. \u00abLe prix des v\u00e9hicules particuliers est manifestement d\u00e9coupl\u00e9 de l\u2019\u00e9volution des prix dans le pays de fabrication et des variations du cours de change\u00bb, rel\u00e8ve ainsi le Seco. Une remarque qui se confirme dans le d\u00e9tail. \u00abChez nous, il n\u2019y a eu aucune baisse de prix\u00bb, confirme un vendeur du garage Emil Frey \u00e0 Crissier qui nous renvoie \u00e0 l\u2019importateur.<\/p>\n<p>De forts soup\u00e7ons d\u2019entente verticale p\u00e8sent sur l\u2019industrie automobile. La Commission de la concurrence accuse diff\u00e9rentes marques d\u2019intimider leurs revendeurs europ\u00e9ens pour limiter les importations directes vers la Suisse. Elle rendra publics les r\u00e9sultats de son enqu\u00eate sur ce point \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, selon son vice-directeur Olivier Schaller. Difficile de dire quel sera l\u2019impact de ces r\u00e9sultats sur l\u2019ensemble du secteur. D\u2019ici l\u00e0, l\u2019importation directe, lorsqu\u2019elle est possible, demeure le meilleur moyen de faire des \u00e9conomies. Depuis 1995, les prescriptions techniques suisses sont quasiment conformes \u00e0 celles de l\u2019Union europ\u00e9enne, ce qui facilite ce type d\u2019achat. De nombreux garages et mandataires op\u00e8rent sur ce march\u00e9. En d\u00e9pit des frais de douane, de transport et la commission d\u2019environ 5% du mandataire, on peut gagner pr\u00e8s de 20% sur l\u2019achat d\u2019un v\u00e9hicule neuf. \u00abJ\u2019ai le cas d\u2019un client qui offre une bonne comparaison, raconte Lucien Della Franca, du garage du Grand-Pont \u00e0 Orbe. Apr\u00e8s n\u00e9gociation avec son concessionnaire et deux offres de baisse du prix catalogue, il obtenait sa Mini Cooper cabriolet \u00e0 29 000 francs. Je lui ai import\u00e9 le m\u00eame v\u00e9hicule pour 24 000 francs, ce qui correspond \u00e0 une \u00e9conomie de 17%.\u00bb<\/p>\n<p>Autociel \u00e0 La Conversion (VD) est un garage qui n\u00e9gocie uniquement des affaires d\u2019importation au-dessus d\u2019un prix catalogue de 50 000 francs. Il propose par exemple une Audi Q5 3.0 TDI Quattro neuve avec options, avec un prix catalogue de 107 990 francs, pour seulement 74 500 francs en importation directe. Gain pour l\u2019acheteur: 31%, pour autant que le v\u00e9hicule soit livr\u00e9 avant 2012 (entr\u00e9e en vigueur de la future taxe CO2).<\/p>\n<p>Il y a m\u00eame moyen, sur certaines marques, d\u2019effacer quelques milliers de francs suppl\u00e9mentaires. \u00abCitro\u00ebn ou Renault par exemple proposent des offres de reprise en France. Il suffit de pr\u00e9senter un permis de conduire pour en b\u00e9n\u00e9ficier\u00bb, note Lucien Della Franca. Le syst\u00e8me de ce revendeur est tr\u00e8s simple. Son portail internet renvoie aux sites fran\u00e7ais des diff\u00e9rentes marques qu\u2019il g\u00e8re. Le client s\u00e9lectionne en ligne son mod\u00e8le avec les diff\u00e9rentes options puis lui envoie la r\u00e9f\u00e9rence exacte. L\u2019importateur se charge ensuite de la commande, des formalit\u00e9s de TVA, du transport et des frais d\u2019inscription de 250 francs au Service des automobiles, obligatoire pour un v\u00e9hicule venant de l\u2019\u00e9tranger. Pas plus long qu\u2019aupr\u00e8s d\u2019un concessionnaire agr\u00e9\u00e9, le d\u00e9lai de livraison va de trois \u00e0 six mois selon la marque et le mod\u00e8le.<\/p>\n<p>L\u2019instauration l\u2019an prochain de la taxe sur les \u00e9missions de CO2 pourrait cependant donner un coup de frein \u00e0 ce march\u00e9 des importations directes. \u00abContrairement au particulier qui doit s\u2019acquitter de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la taxe, les importateurs officiels vont payer un montant global pour leurs importations annuelles. Ils sont ensuite libres de reporter sur des v\u00e9hicules peu polluants une partie de la taxe de gros v\u00e9hicules polluants pour baisser artificiellement le prix de ces derniers\u00bb, explique Jo\u00ebl Thi\u00e9baud, secr\u00e9taire de la Verband Freier Autohandel Schweiz (VFAS).<\/p>\n<p>Des d\u00e9s\u00e9quilibres qui penchent en faveur du march\u00e9 officiel et risquent d\u2019annihiler les effets favorables de change sur certains mod\u00e8les. Dans l\u2019expectative, certains importateurs directs d\u00e9conseillent \u00e0 leurs clients de passer commande pour une livraison en 2012. La VFAS a demand\u00e9 aux pouvoirs politiques de modifier ces aspects de la loi d\u00e9favorables aux importations directes. En cas d\u2019\u00e9chec, elle pr\u00e9voit de participer au lancement d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum.<\/p>\n<p><strong>Vin<\/strong><\/p>\n<p>On l\u2019oublie parfois: l\u2019importation de vin de l\u2019\u00e9tranger est soumise \u00e0 des droits de douane, mais cette taxe est li\u00e9e \u00e0 la quantit\u00e9 de vin et non au prix des bouteilles. Ainsi, qui ram\u00e8ne une caisse de Cos d\u2019Estournel 2003 \u00e0 100 euros la bouteille ou une piquette \u00e0 cinq euros doit s\u2019acquitter des m\u00eames 60 centimes par litre \u00e0 la fronti\u00e8re. Le premier aura par contre d\u00e9pens\u00e9 35 francs de moins qu\u2019il y a deux ans pour acheter une bouteille de la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Comme le vin est un produit qui se garde longtemps, la plupart des prix affich\u00e9s dans notre pays sont bas\u00e9s sur un taux de change ant\u00e9rieur \u00e0 la chute de l\u2019euro. De nombreux Suisses ont saisi l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019aller s\u2019approvisionner \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Ils affluent notamment dans les caves de France voisine. \u00abNous faisons de beaux samedis gr\u00e2ce \u00e0 la client\u00e8le suisse. Je note une augmentation de chiffre d\u2019affaires de 15% depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e en lien avec le taux de change\u00bb, confirme Jean-Christophe Boudot de la Vinoth\u00e8que du L\u00e9man \u00e0 Ferney-Voltaire.<\/p>\n<p>Il n\u2019est cependant pas exclu de faire quelques bonnes affaires sans sortir des fronti\u00e8res. \u00abLorsque je fais un r\u00e9assortiment avec un taux de change avantageux, je propose une action pour attirer les clients\u00bb, assure le Fribourgeois Pierre Wyss, un marchand sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019importation de vins fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><strong>Habillement<\/strong><\/p>\n<p>Le secteur de l\u2019habillement pr\u00e9sente un visage contrast\u00e9. De mani\u00e8re \u00e9tonnante, l\u2019infatigable casseur de prix H&#038;M se distingue par des \u00e9carts de l\u2019ordre de 30% \u00e0 40% entre la Suisse et la zone euro: un blazer prince de galles femme \u00e0 69,90 francs co\u00fbte l\u2019\u00e9quivalent de 47,80 francs seulement de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re. Au taux de change actuel, cela signifie 32% d\u2019\u00e9conomie. Chez les hommes, on peut acheter pour 96 francs une parka \u00e0 l\u2019\u00e9tranger qui co\u00fbte 149 francs en Suisse, soit 36% d\u2019\u00e9conomie. Pourquoi de tels \u00e9carts? \u00abIl est clair que le taux de change joue un r\u00f4le dans la configuration des prix. Mais comme les achats textiles chez H&#038;M se font en dollar am\u00e9ricain, c\u2019est cette monnaie qu\u2019il faut prendre en consid\u00e9ration et non l\u2019euro\u00bb, tente de r\u00e9pondre la porte-parole du groupe Verena Cottier. Pas tr\u00e8s convaincant quand on sait que le dollar a aussi nettement recul\u00e9 face au franc.<\/p>\n<p>Il vaut donc la peine en tant que Genevois de faire un tour jusqu\u2019au magasin H&#038;M de Thoiry par exemple. Les autres profiteront de leurs vacances \u00e0 l\u2019\u00e9tranger car la boutique en ligne de la cha\u00eene su\u00e9doise ne fonctionne pas en Suisse. Chez Zara, o\u00f9 en valeur relative les diff\u00e9rences de prix sont moindres (de l\u2019ordre de 20%-25% selon nos pointages) mais plus int\u00e9ressantes en valeur absolue car la cha\u00eene espagnole pratique des prix plus \u00e9lev\u00e9s que son concurrent su\u00e9dois. Pas moyen non plus de commander en euros sur l\u2019internet car le magasin en ligne ne livre que dans le pays de la commande. Il faut donc se d\u00e9placer jusqu\u2019\u00e0 Annecy pour profiter de Zara en euros.<\/p>\n<p>A mesure que l\u2019on monte en gamme, les prix suisses se rapprochent des prix europ\u00e9ens. Chez Louis Vuitton par exemple, le sac Speedy 25 bandouli\u00e8re monogramme \u00e0 895 francs en Suisse co\u00fbte 822 francs en France. Un \u00e9cart de prix faible (-10%) que les amateurs de la marque ressentiront \u00e0 peine au moment d\u2019un tel achat, r\u00e9put\u00e9 pulsionnel\u2026<\/p>\n<p>*Pour les calculs comparatifs de cet article, un taux de change de 1 euro = 1,20 franc a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 (moyenne des trois derniers mois).<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Euro, dollar, livre sterling&#8230; Les taux de change dopent le pouvoir d\u2019achat des Suisses, pour autant qu&rsquo;ils sortent du pays. 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