



{"id":3430,"date":"2011-06-03T16:22:06","date_gmt":"2011-06-03T14:22:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=3430"},"modified":"2011-06-10T11:55:09","modified_gmt":"2011-06-10T09:55:09","slug":"stress","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=3430","title":{"rendered":"Les enfants eux aussi surmen\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"\/wp-content\/uploads\/large070611.jpg\" alt=\"large070611.jpg\" title=\"large070611.jpg\" width=\"468\" height=\"311\" border=\"0\" \/>\u00abDes fois, je ne sais plus o\u00f9 donner de la t\u00eate. Pourtant, je planifie bien ma semaine.\u00bb Et son planning, Am\u00e9lie, 13 ans, le conna\u00eet par c\u0153ur. \u00abJ\u2019ai la gym le mardi et le jeudi, les cours d\u2019anglais le mercredi et je vais nager un week-end sur deux, quand je suis chez mon p\u00e8re.\u00bb Sans oublier que, le lundi et le mardi, elle d\u00e9jeune \u00abchez mamie\u00bb et, les autres jours, soit \u00e0 la cantine, soit chez une copine. \u00abMes parents m\u2019ont permis de choisir ces activit\u00e9s et j\u2019ai du plaisir \u00e0 les faire, dit-elle avec assurance. Mais, si je commence tard mes devoirs, je finis par m\u2019endormir sur mes cahiers!\u00bb<\/p>\n<p>Les r\u00e9flexions de cette jeune \u00e9coli\u00e8re genevoise, \u00abune excellente \u00e9l\u00e8ve, pleine de bonne volont\u00e9\u00bb, pr\u00e9cise sa maman, assistante de direction, refl\u00e8tent une situation toujours plus fr\u00e9quente chez les enfants et les ados: leurs emplois du temps sont surbook\u00e9s. Des cours de langues et de musique aux activit\u00e9s sportives, une grande majorit\u00e9 des jeunes parents, influenc\u00e9s par la culture tr\u00e8s en vogue du \u00abbaby Einstein\u00bb, encouragent leur prog\u00e9niture \u00e0 acqu\u00e9rir des connaissances &#8212; et \u00e0 \u00eatre la meilleure &#8212; dans un maximum de domaines.<\/p>\n<p>\u00abOn constate un mouvement qui incite un d\u00e9veloppement cognitif avanc\u00e9 chez l\u2019enfant, explique le p\u00e9dopsychiatre Daniel Schechter, responsable de l\u2019Unit\u00e9 de liaison et de recherche parents-enfants aux H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve. Par des activit\u00e9s extrascolaires ou par des jeux destin\u00e9s \u00e0 stimuler l\u2019apprentissage, les parents esp\u00e8rent que leurs enfants apprendront \u00e0 lire plus t\u00f4t que la normale ou \u00e0 parler plusieurs langues. Toutefois, au-del\u00e0 de l\u2019aspect cognitif, un enfant ou un adolescent a aussi besoin de se d\u00e9velopper d\u2019un point de vue socio\u00e9motionnel. Un d\u00e9calage entre les deux risque de nuire \u00e0 son bien-\u00eatre.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est ce qui arrive quand un enfant passe son temps libre \u00e0 suivre des cours, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 jouer librement avec ses copains. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9, pour les enseignants et la famille, de ne pas n\u00e9gliger le d\u00e9veloppement \u00e9motionnel des bons \u00e9l\u00e8ves. \u00abOn peut obtenir des notes tr\u00e8s satisfaisantes, mais avoir du mal \u00e0 s\u2019int\u00e9grer aupr\u00e8s de ses camarades et ne pas manifester beaucoup de bonne humeur.\u00bb<\/p>\n<p>Des attentes trop \u00e9lev\u00e9es. C\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9cole que la qu\u00eate de la performance commence. \u00abAutour de l\u2019\u00e2ge de 12 ans, selon les cantons, les \u00e9coliers sont orient\u00e9s; leurs r\u00e9sultats finaux d\u00e9termineront dans quelle section ils continueront leur formation secondaire, c\u2019est une p\u00e9riode tr\u00e8s stressante pour eux, observe Isabel P\u00e9rez, enseignante et conseill\u00e8re p\u00e9dagogique ind\u00e9pendante \u00e0 Lausanne. Dans le cadre de coaching scolaire, je rencontre des parents qui donnent des exercices suppl\u00e9mentaires \u00e0 leurs enfants pour s\u2019assurer de leur r\u00e9ussite. Plusieurs \u00e9coliers me disent que leurs parents ne rel\u00e8vent que les mauvaises notes, et tr\u00e8s peu les bonnes. On sent chez eux une v\u00e9ritable envie de ne pas d\u00e9cevoir.\u00bb Le risque de cette surstimulation? \u00abL\u2019enfant peut faire un blocage, voire manifester du d\u00e9go\u00fbt vis-\u00e0-vis de l\u2019\u00e9cole.\u00bb<\/p>\n<p>En 2002, une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019Institut de psychologie de Berne et l\u2019Institut universitaire de m\u00e9decine sociale et pr\u00e9ventive de Lausanne (IUMSP) relevait d\u00e9j\u00e0 que, \u00abchez les 16-20 ans, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des filles (48%) souhaitent de l\u2019aide pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes de stress et de nervosit\u00e9 (contre 28% pour les gar\u00e7ons)\u00bb. On a du mal \u00e0 imaginer que la situation se soit am\u00e9lior\u00e9e depuis. \u00abCes chiffres sont toujours d\u2019actualit\u00e9, confirme Pierre-Andr\u00e9 Michaud, m\u00e9decin chef de l\u2019Unit\u00e9 multidisciplinaire de sant\u00e9 des adolescents du CHUV. Le contexte socio\u00e9conomique actuel (la crise financi\u00e8re, le ch\u00f4mage, les menaces sur l\u2019environnement\u2026) dont la jeune g\u00e9n\u00e9ration entend constamment parler, suscite chez elle une profonde incertitude quant \u00e0 son avenir professionnel et celui du monde en g\u00e9n\u00e9ral.\u00bb<\/p>\n<p>Chlo\u00e9, 11 ans, en fin de cycle primaire \u00e0 Rolle, dit beaucoup r\u00e9viser \u00abpour r\u00e9ussir dans la vie. Entre copines, on discute de nos emplois du temps, on essaie de trouver des trucs pour prendre de l\u2019avance sur nos r\u00e9visions et nos devoirs, pour ne pas \u00eatre trop stress\u00e9es \u00e0 l\u2019approche des tests finaux.\u00bb Ces angoisses se renforcent au cours de l\u2019adolescence. Pierre-Yves Aubert, directeur adjoint au Service de sant\u00e9 de la jeunesse du canton de Gen\u00e8ve, constate que, lors des cours d\u2019\u00e9ducation \u00e0 la sant\u00e9 pour les 12-15 ans, la pr\u00e9occupation du stress est tr\u00e8s rapidement \u00e9voqu\u00e9e, juste apr\u00e8s la sexualit\u00e9. \u00abA la fin de la scolarit\u00e9 obligatoire, les jeunes doivent faire le choix d\u2019un cursus de formation, qui les m\u00e8nera \u00e0 une profession. Certains vivent ce moment avec une vive appr\u00e9hension.\u00bb<\/p>\n<p>Autre grande source de stress: internet et son d\u00e9bit d\u2019informations. \u00abAujourd\u2019hui, nous sommes bombard\u00e9s de news, note le p\u00e9dopsychiatre Daniel Schechter. Ce grand nombre de stimulations, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019images, de textes ou de vid\u00e9os, emp\u00eache les enfants de s\u2019arr\u00eater, de r\u00e9fl\u00e9chir.\u00bb Isabel P\u00e9rez pointe les interactions virtuelles comme une potentielle cause d\u2019angoisse. \u00abSi, un soir, un \u00e9l\u00e8ve est victime d\u2019insultes sur Facebook (90% des ados sont inscrits sur le r\u00e9seau social, ndlr), il y a de fortes chances pour qu\u2019il ait du mal \u00e0 s\u2019endormir et risque d\u2019y penser encore le lendemain matin; et, donc, de ne pas \u00eatre capable de se concentrer sur son travail.\u00bb<\/p>\n<p>Cette sollicitation constante, par les activit\u00e9s ou le web, \u00e9vince un sentiment pourtant indispensable au d\u00e9veloppement des jeunes: l\u2019ennui. \u00abPour se construire, un enfant a besoin de r\u00eaver, de fl\u00e2ner\u00bb, s\u2019accordent \u00e0 dire les sp\u00e9cialistes interrog\u00e9s. La sophrologue Monique Masset, qui travaille essentiellement avec des enfants depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, dit accueillir dans ses s\u00e9ances des \u00e9l\u00e8ves toujours plus jeunes. \u00abDes petits d\u00e8s 4 ans, souvent envoy\u00e9s par des enseignants ou des p\u00e9diatres, viennent dans le but d\u2019apprendre \u00e0 s\u2019apaiser, \u00e0 se reconnecter avec eux-m\u00eames. Habitu\u00e9s \u00e0 ce qu\u2019on leur propose constamment une nouvelle activit\u00e9, quand ils n\u2019ont rien \u00e0 faire, ils se sentent mal \u00e0 l\u2019aise.\u00bb<\/p>\n<p>Doit-on s\u2019inqui\u00e9ter de la situation? \u00abUne grande partie des enfants et adolescents parvient \u00e0 surmonter ce stress, rassure le p\u00e9dopsychiatre Daniel Schechter, qui codirige une \u00e9tude sur l\u2019impact du stress sur le d\u00e9veloppement des enfants. Gr\u00e2ce au soutien de leurs proches et \u00e0 un cadre familial s\u00e9curisant, les \u00e9ventuels sympt\u00f4mes provoqu\u00e9s par le stress (troubles du sommeil, fatigue, irritabilit\u00e9\u2026) disparaissent. C\u2019est lorsque le stress devient chronique que des cons\u00e9quences plus importantes peuvent surgir.\u00bb<\/p>\n<p>Car le stress peut \u00eatre dangereux, m\u00eame si, \u00e0 bonnes doses, tout \u00eatre humain en a besoin. Cette pouss\u00e9e d\u2019adr\u00e9naline fournit l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire pour r\u00e9agir face \u00e0 une situation (menace, examens, etc.). \u00abLe cortisol, l\u2019une des hormones s\u00e9cr\u00e9t\u00e9es par l\u2019organisme stress\u00e9, stimule l\u2019augmentation de glucose sanguin, explique le m\u00e9decin. Mais, lorsque le cerveau, plus pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019hippocampe, est constamment expos\u00e9 \u00e0 cette hormone pendant le d\u00e9veloppement pr\u00e9coce de l\u2019enfant, certaines de ses structures peuvent \u00eatre endommag\u00e9es. Sur le long terme, la d\u00e9motivation et la fatigue risquent de laisser place \u00e0 la d\u00e9pression, \u00e0 des troubles comportementaux, voire \u00e0 de l\u2019autodestructivit\u00e9 ou m\u00eame \u00e0 des id\u00e9es suicidaires.\u00bb<\/p>\n<p>Les plus vuln\u00e9rables sont les jeunes ressentant \u00e9galement des tensions dans leur cadre familial. Notamment quand les parents, pris dans leurs probl\u00e8mes (conflits conjugaux, divorce, ch\u00f4mage et emploi stressant\u2026) n\u2019arrivent pas \u00e0 faire preuve de disponibilit\u00e9. \u00abLorsque le p\u00e8re et la m\u00e8re travaillent &#8212; un mod\u00e8le familial toujours plus fr\u00e9quent &#8211;, les enfants sont souvent seuls \u00e0 la maison et peuvent avoir des difficult\u00e9s \u00e0 trouver des rep\u00e8res stables et rassurants\u00bb, remarque Thomas Mattig, directeur de Promotion Sant\u00e9 Suisse.<\/p>\n<p>M\u00e8re de deux enfants de 6 et 8 ans, Christine, infirmi\u00e8re de formation, raconte avoir beaucoup souffert d\u2019imposer ses propres tensions \u00e0 ses enfants. \u00abEn tant que m\u00e8re c\u00e9libataire, je me devais de continuer mon activit\u00e9. Je confiais mes petits le soir \u00e0 des copines, \u00e0 ma m\u00e8re, \u00e0 des baby-sitters. Je sentais que la situation n\u2019\u00e9tait pas confortable pour eux. Quand j\u2019ai senti que la plus jeune se renfermait, et parlait tr\u00e8s peu, j\u2019ai pris la d\u00e9cision de d\u00e9missionner et de trouver un emploi dont les horaires correspondaient davantage \u00e0 ceux de mes enfants.\u00bb<\/p>\n<p>Tout allait-il mieux quand les mamans restaient \u00e0 la maison? \u00abLa soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9volu\u00e9 dans ce sens et on ne peut revenir en arri\u00e8re, poursuit Thomas Mattig. Aujourd\u2019hui, il est important de trouver des solutions, de r\u00e9fl\u00e9chir et de mettre en place des mesures adapt\u00e9es \u00e0 nos modes de vie, qui permettraient de mieux encadrer la jeune g\u00e9n\u00e9ration en misant par exemple sur la cr\u00e9ation d\u2019institutions ou d\u2019autres structures qui soulageraient les parents.\u00bb<\/p>\n<p>En Suisse, l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019accueil parascolaire est discut\u00e9e depuis quelque temps. L\u2019une des initiatives salu\u00e9es en Suisse romande a \u00e9t\u00e9 prise par la Ville de Lausanne qui, en 1998, a lanc\u00e9 son Apems (Accueil pour enfants en milieux scolaires). Vingt et un \u00e9tablissements, situ\u00e9s dans ou \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une \u00e9cole, accueillent 50% des \u00e9coliers lausannois, d\u00e8s 7 h jusqu\u2019\u00e0 18 h 30. Les responsables disent pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 toutes les demandes. Objectif: offrir un concept socio\u00e9ducatif \u00e0 l\u2019ensemble des familles, puisque le tarif d\u00e9pend du revenu des parents. \u00abLes enfants sont encadr\u00e9s lors des repas ou des activit\u00e9s par des professionnels de la petite enfance, explique l\u2019adjointe responsable Claire Attinger. C\u2019est un cadre rassurant, les enfants disent avoir du plaisir \u00e0 pouvoir s\u2019amuser entre copains.\u00bb Depuis plus de dix ans, Education et Accueil, l\u2019association fa\u00eeti\u00e8re suisse des structures d\u2019accueil pour enfants et adolescents en \u00e2ge scolaire, encourage la cr\u00e9ation de syst\u00e8mes \u00e0 horaire continu. \u00abLe syst\u00e8me scolaire continue de fonctionner comme \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la femme restait \u00e0 la maison pour s\u2019occuper de l\u2019\u00e9ducation des enfants, d\u00e9plore la pr\u00e9sidente et conseill\u00e8re nationale socialiste Maria Roth-Bernasconi. Le parascolaire ne doit pas se limiter \u00e0 du gardiennage, il doit repr\u00e9senter de vrais espaces \u00e9ducatifs.\u00bb Tr\u00e8s active en Suisse al\u00e9manique, l\u2019association dit rechercher des fonds pour militer du c\u00f4t\u00e9 romand.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude men\u00e9e par l\u2019Institut des sciences de l\u2019\u00e9ducation de Berne affirme que \u00ables enfants fr\u00e9quentant l\u2019\u00e9cole \u00e0 horaire continu sont meilleurs en ce qui concerne le d\u00e9veloppement social et \u00e9motionnel\u00bb, \u00abg\u00e8rent mieux le quotidien\u00bb et \u00absont moins nerveux quand ils sont confront\u00e9s \u00e0 une nouvelle situation\u00bb.<\/p>\n<p>Est-ce que, \u00e0 l\u2019avenir, des professionnels se chargeront continuellement de l\u2019\u00e9ducation des plus jeunes? \u00abCe qui est certain, note Daniel Schechter, c\u2019est qu\u2019un jeune enfant, tout comme un adolescent, a besoin de stabilit\u00e9 et de personnes disponibles pour le rassurer.\u00bb Et pour \u00eatre moins stress\u00e9.<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Des cours pour mieux g\u00e9rer son stress<\/strong><\/p>\n<p>M\u00e9ditation, massages, yoga ou sophrologie: depuis quelques ann\u00e9es, une pl\u00e9thore de cours sont propos\u00e9s aux enfants stress\u00e9s. Si les moyens diff\u00e8rent, l\u2019objectif consiste toujours \u00e0 donner des outils pour mieux g\u00e9rer ses \u00e9motions, ses angoisses ou sa respiration. Il ne reste donc que l\u2019embarras du choix aux parents, qui devraient n\u00e9anmoins, avant de se pr\u00e9cipiter, se poser la question si une activit\u00e9 de plus agirait autant sur le surmenage de leur ch\u00e9rubin qu\u2019une heure de jeu en toute libert\u00e9.<\/p>\n<p>Ateliers de psychologie<\/p>\n<p>La psychologue genevoise Francine Blanchard organise des ateliers de gestion du stress pour les adolescents d\u00e8s 14 ans. \u00abNous nous focalisons sur la pr\u00e9paration des examens, qui pose de plus en plus probl\u00e8me. Notre m\u00e9thode consiste \u00e0 expliquer les m\u00e9canismes du stress, puis d\u2019enseigner des techniques d\u2019ancrage qui permettent de contr\u00f4ler les angoisses, la m\u00e9moire et le sommeil. Nous mettons \u00e9galement l\u2019accent sur l\u2019\u00e9change entre les participants.\u00bb Des ateliers apparemment tr\u00e8s efficaces, qui permettent parfois de r\u00e9instaurer un meilleur climat entre parents et enfants.<\/p>\n<p>Massages<\/p>\n<p>La d\u00e9tente physique peut aussi calmer un mental agit\u00e9. C\u2019est du moins le credo du Spa After the rain, qui propose depuis 2009 toute une palette de massages pour les enfants d\u00e8s 7 ans. Au-del\u00e0 de l\u2019aspect ludique de soins \u00e0 la fraise et au chocolat, les th\u00e9rapeutes sp\u00e9cialement form\u00e9s apprennent aux petits, dont la famille a les moyens de payer de telles s\u00e9ances, \u00e0 s\u2019occuper d\u2019eux-m\u00eames et \u00e0 prendre conscience de leur corps.<\/p>\n<p>M\u00e9ditation<\/p>\n<p>Certains enfants adorent la m\u00e9ditation, d\u2019apr\u00e8s Patrizia D\u2019Ambrosi, enseignante au Centre bouddhiste Atisha \u00e0 Gen\u00e8ve. Elle propose depuis quelques ann\u00e9es des ateliers de d\u00e9couverte de ces techniques ancestrales, accompagn\u00e9s d\u2019explications sur la culture bouddhique. \u00abIl ne s\u2019agit pas d\u2019un cours de religion, pr\u00e9cise-t-elle. Nous mettons l\u2019accent sur le c\u00f4t\u00e9 pratique, afin que les enfants puissent mieux g\u00e9rer leurs \u00e9motions et changer leur point de vue sur les choses. Ils apprennent tr\u00e8s vite et les parents me racontent qu\u2019il leur arrive, ensuite, de se mettre en position de m\u00e9ditation tout seuls lorsqu\u2019ils sont stress\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Sophrologie<\/p>\n<p>Le but de la sophrologie consiste \u00e0 proposer aux enfants d\u00e8s 6 ans des outils adapt\u00e9s aux faiblesses et aux pathologies de chacun. \u00abLes s\u00e9ances se d\u00e9roulent avec une alternance de moments calmes et plus actifs, explique Maud-Catherine Cornu, enseignante de sophrologie \u00e0 Neuch\u00e2tel. Nous faisons des exercices d\u2019enracinement et de prise de conscience de notre corps. G\u00e9n\u00e9ralement, les enfants progressent apr\u00e8s trois s\u00e9ances. Ils gardent ensuite ces petits trucs pour toute la vie.\u00bb La sophrologie pour les petits a tellement de succ\u00e8s qu\u2019elle est d\u00e9sormais enseign\u00e9e dans certaines \u00e9coles.<\/p>\n<p>Yoga<\/p>\n<p>A la diff\u00e9rence de celle des adultes, la pratique du yoga pour les enfants est simplifi\u00e9e et rendue ludique, les positions se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des noms d\u2019animaux. \u00abNous avons de plus en plus de gens int\u00e9ress\u00e9s, raconte Miranda Mattig, fondatrice de Swiss Pilates &#038; Yoga. Le yoga permet aux enfants d\u2019exercer une activit\u00e9 physique, tout en apprenant \u00e0 mieux se concentrer et \u00e0 respirer. Il apporte un retour sur soi bienvenu dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 ils sont sursollicit\u00e9s.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p><strong>Que faire en tant que parents?<\/strong><\/p>\n<p>Les sp\u00e9cialistes interrog\u00e9s recommandent vivement de rester attentif au changement d\u2019attitude chez son enfant, notamment \u00e0 des manifestations de fatigue constantes, \u00e0 des plaintes de maux de ventre ou de t\u00eate, \u00e0 une d\u00e9motivation ou \u00e0 une angoisse de se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9cole. \u00abLes parents doivent cr\u00e9er un contexte tranquillisant pour l\u2019enfant, indique Daniel Schechter. Lui rappeler qu\u2019ils sont pr\u00e9sents et disponibles. Et savoir d\u00e9dramatiser dans certaines situations, lui dire que tout va bien se passer.\u00bb<\/p>\n<p>Le p\u00e9dopsychiatre souligne \u00e9galement que, en cas d\u2019indisponibilit\u00e9 \u00e0 un moment donn\u00e9, un parent peut retourner plus tard vers l\u2019enfant. \u00abEt lui dire qu\u2019il devait terminer quelque chose par exemple, mais qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent il est pr\u00eat \u00e0 l\u2019\u00e9couter.\u00bb<\/p>\n<p>En cas de perte de rep\u00e8res (d\u00e9m\u00e9nagement, divorce\u2026), le maintien d\u2019une continuit\u00e9 est indispensable. \u00abJouer avec les m\u00eames jouets, continuer \u00e0 raconter les m\u00eames histoires ou chansons, garder des contacts avec les anciens camarades, repr\u00e9sentent des points rassurants.\u00bb L\u2019enseignante Isabel P\u00e9rez, auteure de l\u2019ouvrage Mon enfant r\u00e9ussit sa scolarit\u00e9 (\u00e0 para\u00eetre en septembre), rappelle l\u2019importance de valoriser le travail de l\u2019enfant. \u00abIl ne faut pas seulement se focaliser sur les notes, mais le r\u00e9compenser pour l\u2019effort fourni se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s motivant.\u00bb L\u2019\u00e9coute reste le mot d\u2019ordre: un enfant s\u2019accommodera parfaitement de suivre plusieurs activit\u00e9s, tandis qu\u2019un autre se sentira d\u00e9bord\u00e9. \u00abUn planning hebdomadaire doit se faire ensemble. Il faut r\u00e9server des plages \u00e0 l\u2019\u00e9tude, sans oublier des moments de d\u00e9tente et de jeux.\u00bb<br \/>\n_______<\/p>\n<p>Une version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Surstimul\u00e9e et bombard\u00e9e d\u2019informations, la jeune g\u00e9n\u00e9ration n\u2019a plus le temps de s\u2019ennuyer et vit sous tension. La difficult\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer cette pression affecte s\u00e9rieusement les plus vuln\u00e9rables. 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